Matières premières – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Wed, 02 Sep 2026 23:50:27 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Matières premières – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Mines : « Nous allons utiliser nos matières premières pour faire des produits semi-finis et finis », annonce Ismaël Diakité https://planete7.info/mines-nous-allons-utiliser-nos-matieres-premieres-pour-faire-des-produits-semi-finis-et-finis-annonce-ismael-diakite/ Wed, 02 Sep 2026 23:50:27 +0000 https://planete7.info/?p=63116 Invité de l’émission « Face à Pathé », l’ingénieur des Mines Ismaël Diakité appelle la Guinée à rompre avec le modèle fondé essentiellement sur l’exportation des matières premières. Il préconise une stratégie axée sur la transformation locale, la recherche scientifique, la maîtrise des données et le transfert de technologies afin de faire des ressources minières […]]]>

Invité de l’émission « Face à Pathé », l’ingénieur des Mines Ismaël Diakité appelle la Guinée à rompre avec le modèle fondé essentiellement sur l’exportation des matières premières. Il préconise une stratégie axée sur la transformation locale, la recherche scientifique, la maîtrise des données et le transfert de technologies afin de faire des ressources minières un véritable levier de développement industriel.

La Guinée possède d’importantes richesses minières, mais leur exploitation ne suffit pas, à elle seule, à garantir une pleine retombée économique pour le pays. Pour l’ingénieur des Mines Ismaël Diakité, l’enjeu consiste désormais à franchir un nouveau cap : transformer davantage les ressources extraites sur le territoire national afin de créer de la valeur, des emplois et surtout renforcer les capacités industrielles et technologiques du pays.

S’exprimant dans l’émission « Face à Pathé », il estime que la transformation locale ne doit pas se limiter au simple conditionnement des matières premières. « La première réaction, c’est de dire : on va transformer nos ressources. La transformation ne veut pas dire le conditionnement seulement. Nous allons utiliser nos matières premières pour faire des produits semi-finis et finis, donc des produits à valeur ajoutée », a-t-il expliqué.

Pour lui, cette orientation permettrait à la Guinée de renforcer simultanément sa maîtrise technologique, économique, commerciale et financière. Il défend ainsi une approche de long terme, capable de garantir une meilleure répartition des bénéfices issus de l’exploitation minière et de préserver les intérêts des générations futures.

Au-delà de la transformation industrielle, Ismaël Diakité considère que la maîtrise de l’information géologique constitue un autre défi majeur. Selon lui, la Guinée doit disposer de bases de données fiables, régulièrement actualisées et accessibles, afin de mieux connaître ses ressources et d’être en mesure de prendre elle-même les décisions stratégiques qui les concernent.

« Notre objectif, c’est à la fois de construire des bases de données solides, accessibles, mais également d’assurer qu’il y ait une transformation économique qui vient de la transformation des matières dont on a besoin », a-t-il souligné.

Cette maîtrise des données revêt, à ses yeux, une importance particulière dans un contexte mondial marqué par une compétition accrue autour des minerais stratégiques et critiques. La Guinée doit, estime-t-il, être capable de produire ses propres connaissances sur son sous-sol, de les interpréter et de les valoriser.

« Ça passe par la maîtrise de nos données, nos données existantes et nos données futures. Il faut que nous soyons capables nous-mêmes de générer nos données, de savoir les interpréter et de les mettre sur le marché », a-t-il indiqué.

L’ingénieur insiste également sur la nécessité d’intensifier la recherche scientifique afin d’explorer toutes les possibilités offertes par les ressources minières guinéennes. Il cite notamment la bauxite, dont le potentiel, selon lui, ne devrait pas être réduit à la seule production d’alumine.

« De plus en plus, il y a la réflexion autour du fait qu’il n’y a pas que de l’alumine qu’on peut tirer de la bauxite. Il y a du Calcium qu’on a cité. Il y a d’autres. Il faut créer les bases pour que la recherche continue, le développement continue, afin qu’on profite au maximum des ressources du pays », a-t-il déclaré.

Cette démarche suppose, selon lui, de créer un environnement favorable à la recherche, à l’innovation et au développement de nouvelles applications industrielles issues des matières premières disponibles en Guinée.

Pour concrétiser cette ambition, Ismaël Diakité met enfin l’accent sur le développement du capital humain. La transformation industrielle ne saurait être durable sans des compétences nationales capables de maîtriser les technologies, les procédés industriels et les connaissances nécessaires à la valorisation des ressources.

« Cela passe par la formation, le transfert de technologies, le transfert d’expertise. La transformation économique doit s’accompagner d’une transformation technologique et scientifique en Guinée », a-t-il soutenu.

L’ingénieur appelle ainsi à une coopération avec les partenaires étrangers qui ne se limite pas à l’exploitation des ressources, mais qui permette également à la Guinée d’acquérir des compétences, des technologies et une expertise durable.

« Pour le moment, ce qu’on sait, c’est ce qu’on nous dit. Il faut que nous soyons capables nous-mêmes de mener des recherches », a-t-il insisté.

À travers cette vision, Ismaël Diakité défend une évolution du modèle minier guinéen : passer progressivement d’un pays qui extrait et exporte ses ressources à un pays capable de les connaître, les transformer et en maîtriser les chaînes de valeur. Une transition qui repose, selon lui, sur une stratégie de long terme combinant recherche, formation, données, technologie et industrialisation.

Sylla Ama pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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N’Zérékoré : au centre d’exposition artisanale, le savoir-faire local face au recul du tourisme et à la pénurie de matières premières https://planete7.info/nzerekore-au-centre-dexposition-artisanale-le-savoir-faire-local-face-au-recul-du-tourisme-et-a-la-penurie-de-matieres-premieres/ Wed, 19 Aug 2026 20:55:35 +0000 https://planete7.info/?p=62070 À N’Zérékoré, le centre d’exposition artisanale continue de faire vivre des savoir-faire transmis de génération en génération. Mais derrière les sculptures, teintures, tableaux et objets en bambou ou en raphia, les artisans font face à une double difficulté : l’accès de plus en plus compliqué aux matières premières et la faiblesse du tourisme, qui réduit […]]]>

À N’Zérékoré, le centre d’exposition artisanale continue de faire vivre des savoir-faire transmis de génération en génération. Mais derrière les sculptures, teintures, tableaux et objets en bambou ou en raphia, les artisans font face à une double difficulté : l’accès de plus en plus compliqué aux matières premières et la faiblesse du tourisme, qui réduit considérablement leurs débouchés.

Au cœur de la capitale forestière, le centre d’exposition artisanale de N’Zérékoré reste un lieu emblématique de valorisation du patrimoine culturel local. Depuis 1992, des artisans y perpétuent des techniques traditionnelles à travers la teinture, la sculpture, la calligraphie ou encore la transformation du bambou et du raphia.

Pourtant, derrière les couleurs chatoyantes des tissus, les silhouettes sculptées dans le bois et les objets soigneusement façonnés, une inquiétude grandit. L’activité tourne au ralenti, faute de visiteurs et de matières premières accessibles.

Installé dans un espace forestier depuis plus de trois décennies, le centre regroupe plusieurs groupes de travail spécialisés. Selon Antoni Théa, président de l’association coopérative du centre d’exposition artisanale de N’Zérékoré, cette organisation permet aux artisans de travailler dans différents domaines tout en contribuant à la préservation du patrimoine culturel de la région.

« Nous sommes installés dans cette forêt depuis 1992. Nous sommes organisés en groupes de travail », explique-t-il.

Parmi ces groupes figure notamment celui de la teinture, connue sous l’appellation de « teinture forêt sacrée ». Selon Antoni Théa, cette dénomination renvoie à une couleur marron traditionnellement utilisée par certaines communautés après le retour du camp d’initiation.

Le centre abrite également des sculpteurs qui transforment le bois en statues et en masques, des calligraphes qui réalisent tableaux, paysages et portraits, ainsi que des artisans spécialisés dans le travail du bambou. Gobelets et autres objets utilitaires sont fabriqués à partir de cette matière. Le raphia, quant à lui, sert notamment à confectionner des sacs et divers accessoires.

Autant de métiers qui témoignent de la richesse du patrimoine artisanal de la Guinée forestière.

Confrontés à diverses difficultés, les artisans ont également choisi de se structurer en coopérative. L’initiative vise à renforcer la solidarité entre les différents groupes et à prévenir les conflits.

« Nous avons créé une coopérative au sein du centre pour éviter les conflits, afin que la paix, l’union et la fraternité règnent au sein de notre activité, sans distinction de race, d’ethnie ou de religion », souligne le responsable.

Au-delà de la cohésion entre les artisans, cette organisation doit permettre à chacun de vivre de son activité et de bénéficier de la solidarité des autres membres.

Le centre actuel représente, pour les artisans, une avancée importante. Il fait partie des infrastructures réalisées à l’occasion des festivités marquant le 55e anniversaire de l’indépendance de la Guinée, célébrées à N’Zérékoré.

Avant sa construction, les conditions de travail étaient particulièrement difficiles.

« Depuis 1992, nous vivions dans des cases et des hangars qui coulaient un peu partout en cas de pluie. Nous et nos produits n’étions pas à l’abri », se souvient Antoni Théa.

La construction du centre a ainsi permis aux artisans de disposer d’un cadre plus adapté pour produire et exposer leurs œuvres. Mais si les infrastructures se sont améliorées, les difficultés économiques, elles, persistent.

Aujourd’hui, l’un des principaux obstacles à la poursuite de l’activité réside dans l’accès aux matières premières. Certaines ressources indispensables à la fabrication des œuvres deviennent difficiles à trouver, tandis que les moyens financiers limitent la capacité des artisans à constituer des stocks.

« Beaucoup de matières premières sont en rupture de stock. Nous n’arrivons vraiment pas à les acquérir en gros parce que nous n’avons pas les moyens », déplore Antoni Théa.

À cette contrainte financière s’ajoutent les mesures liées à la protection de l’environnement. Le bois, certaines écorces ou encore le raphia, utilisés depuis longtemps dans l’artisanat local, sont désormais soumis à différentes restrictions.

Les artisans se retrouvent ainsi confrontés à un équilibre difficile à trouver : préserver les ressources naturelles tout en continuant à exercer des métiers qui en dépendent directement.

Autre préoccupation, et non des moindres : la faiblesse du tourisme à N’Zérékoré.

Le centre a pourtant vocation à être une vitrine du savoir-faire de la Guinée forestière. Ses ateliers pourraient constituer une étape importante pour les visiteurs désireux de découvrir les traditions et la créativité des artisans locaux.

Mais les visiteurs se font rares.

« Aujourd’hui, le tourisme n’est pas ouvert ici à N’Zérékoré. On ne reçoit pas de touristes. Tout ce que nous fabriquons ne se limite qu’ici », regrette le président de la coopérative.

Cette faible fréquentation réduit considérablement les possibilités de vente. Certains artisans sont même obligés de transporter leurs productions vers les zones frontalières afin de trouver de nouveaux acheteurs. Une démarche qui entraîne des frais supplémentaires et réduit davantage leurs marges.

Pour Antoni Théa, les créations réalisées dans les ateliers de N’Zérékoré ont pourtant le potentiel de conquérir des marchés bien au-delà de la région.

« Nos produits devraient être vendus sur le marché international », estime-t-il.

Face à cette situation, les responsables du centre lancent un appel aux pouvoirs publics. Ils souhaitent un accompagnement accru pour faciliter l’accès aux matières premières, dynamiser le tourisme dans la région et permettre aux artisans de prendre part aux grandes foires et expositions nationales et internationales.

« Nous lançons vraiment un appel pressant au gouvernement afin qu’il puisse nous faciliter l’accès à ces matières pour la confection de nos œuvres. Nous sommes là à développer la culture guinéenne et nous voulons vraiment être présents lors des expositions », plaide Antoni Théa.

À travers leurs sculptures, leurs teintures, leurs tableaux et leurs créations en bambou et en raphia, les artisans du centre d’exposition de N’Zérékoré continuent de faire vivre une mémoire et un savoir-faire transmis au fil des générations.

Mais sans accès régulier aux matières premières, sans débouchés commerciaux et surtout sans véritable relance du tourisme, cette richesse culturelle risque de rester confinée entre les murs du centre.

À N’Zérékoré, les artisans ne demandent donc pas seulement à vendre leurs œuvres. Ils souhaitent surtout que leur savoir-faire puisse voyager, rencontrer de nouveaux publics et trouver sa place sur les marchés nationaux et internationaux.

Antoine Neima pour Planete7.info

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Kindia : la coopérative des teinturières à l’épreuve des défis économiques et de la contrefaçon https://planete7.info/kindia-la-cooperative-des-teinturieres-a-lepreuve-des-defis-economiques-et-de-la-contrefacon/ Thu, 30 Apr 2026 17:11:36 +0000 https://planete7.info/?p=54715 À Kindia, le centre de production artisanale, communément appelé coopérative des teinturières, traverse une phase critique. Cette structure solidaire, qui fédère teinturières, tailleurs, saponificateurs et autres artisans, fait aujourd’hui face à une accumulation de difficultés qui fragilisent son fonctionnement et menacent sa pérennité. Selon Sékou Diawara, gestionnaire du centre, la coopérative regroupe près d’une centaine […]]]>

À Kindia, le centre de production artisanale, communément appelé coopérative des teinturières, traverse une phase critique. Cette structure solidaire, qui fédère teinturières, tailleurs, saponificateurs et autres artisans, fait aujourd’hui face à une accumulation de difficultés qui fragilisent son fonctionnement et menacent sa pérennité.

Selon Sékou Diawara, gestionnaire du centre, la coopérative regroupe près d’une centaine de femmes et onze hommes, organisés autour de règles internes visant à garantir efficacité et cohésion. « Nous travaillons en synergie avec plusieurs corps de métiers. Les hommes jouent un rôle clé dans la gestion des conflits, la coordination des activités et l’encadrement des enfants. Tout est structuré pour assurer un fonctionnement harmonieux », explique-t-il.

Au-delà de la production artisanale, la coopérative s’illustre par une initiative sociale majeure : la création d’une école primaire intégrée. Ce projet est né d’un besoin concret, celui de prendre en charge les enfants des travailleuses souvent livrés à eux-mêmes. « Pendant la guerre en Sierra Leone, le président Lansana Conté avait fait construire deux salles de classe pour les protéger. Face à l’augmentation du nombre d’enfants, nous avons progressivement agrandi l’établissement », précise M. Diawara.

Pour Hadja Nana Keïta, présidente de la coopérative, cette école incarne l’esprit de solidarité qui anime la structure. « Nous comptons aujourd’hui 132 femmes issues de différents quartiers. Nous soutenons en priorité les plus vulnérables, notamment les veuves. L’école représente un investissement collectif pour l’avenir de nos enfants, financé par les cotisations des membres qui servent à rémunérer les enseignants », souligne-t-elle.

Malgré cette organisation rigoureuse et cet engagement social, la coopérative reste confrontée à de fortes contraintes économiques.

Mabinty Bangoura, teinturière, déplore la flambée des prix et la difficulté d’accès aux matières premières. « Le tissu est au cœur de notre activité, mais il devient de plus en plus rare et coûteux. Les prix ont fortement augmenté : le plateau de bougies est passé de 130 000 à 210 000 francs guinéens, le tissu de 400 000 à 430 000 FG, et le guéziner de 3 400 000 à 4 200 000 FG. Sans sources de revenus alternatives, la situation devient très difficile », confie-t-elle.

À ces défis s’ajoute un phénomène préoccupant : la prolifération des produits contrefaits. Le Kèndeli, tissu emblématique et symbole d’identité culturelle locale, est aujourd’hui imité et commercialisé à bas prix, perturbant profondément le marché. « Dans d’autres pays, ce type de pratique est encadré. Ici, elle se développe sans contrôle. Nous appelons les autorités à protéger notre savoir-faire », alerte la teinturière.

Entre engagement communautaire, résilience économique et menaces croissantes, la coopérative des teinturières de Kindia s’efforce de préserver un patrimoine artisanal essentiel, tout en luttant pour sa survie dans un environnement de plus en plus contraignant.

 

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info

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