Mali – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Fri, 14 Aug 2026 14:44:28 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Mali – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Mali : 82 militaires détenus par le Jnim et le FLA retrouvent la liberté https://planete7.info/mali-82-militaires-detenus-par-le-jnim-et-le-fla-retrouvent-la-liberte/ Fri, 14 Aug 2026 14:41:23 +0000 https://planete7.info/?p=61652 Après plusieurs mois, voire plusieurs années de détention, 82 militaires maliens ont retrouvé la liberté. L’état-major général des armées maliennes a annoncé, jeudi 13 août, la libération de ces soldats détenus par des groupes armés opérant dans le nord du pays, notamment le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à […]]]>

Après plusieurs mois, voire plusieurs années de détention, 82 militaires maliens ont retrouvé la liberté. L’état-major général des armées maliennes a annoncé, jeudi 13 août, la libération de ces soldats détenus par des groupes armés opérant dans le nord du pays, notamment le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim).

L’annonce, faite à travers un communiqué lu à la télévision nationale, a été confirmée par le FLA. Selon l’armée malienne, cette libération constitue « l’aboutissement d’un processus engagé dès leur capture » par des groupes armés affiliés à la coalition Jnim/FLA.

Les 82 soldats libérés ne proviennent pas d’un seul épisode militaire. Certains avaient été capturés le 25 avril 2026, lors des affrontements autour de Kidal entre les forces armées maliennes et le FLA, allié au Jnim.

D’autres étaient détenus depuis beaucoup plus longtemps. Selon des sources sécuritaires, certains militaires avaient été capturés en 2023, lors d’une attaque contre une base de l’armée malienne dans le nord du pays. Leur libération met ainsi fin à plusieurs années d’incertitude pour leurs familles.

Le porte-parole du FLA, Maouloud El Ramadane, a confirmé la remise en liberté des 82 militaires, capturés entre 2023 et 2026. Il a assuré que l’opération s’était déroulée « dans un cadre strictement humanitaire ».

Si les autorités maliennes n’ont pas détaillé les conditions ayant permis cette libération, des sources sécuritaires évoquent des négociations entre les différentes parties, accompagnées de contreparties.

Le gouvernement malien reste pour l’heure discret sur la nature de ces éventuelles contreparties et sur les acteurs ayant facilité les discussions. L’armée s’est toutefois félicitée de l’issue du processus, qui permet à plusieurs dizaines de militaires de regagner leurs familles.

Pour les proches des soldats, l’annonce représente surtout un immense soulagement. Contacté par RFI, le père de l’un des militaires libérés a exprimé sa joie après avoir enfin retrouvé son fils, détenu depuis 2023.

Cette libération intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le nord du Mali, où les forces armées maliennes continuent de faire face à plusieurs groupes armés.

Le retour de ces 82 militaires constitue donc un événement majeur pour leurs familles, mais aussi un signal important dans une région où les captures de soldats et les affrontements restent fréquents.

Alors que les modalités exactes de leur remise en liberté demeurent confidentielles, une certitude demeure : après des mois ou des années de détention, 82 militaires maliens ont enfin retrouvé la liberté et leurs proches.

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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Mali : un an après les arrestations pour « tentative de coup d’État », le procès se fait toujours attendre https://planete7.info/mali-un-an-apres-les-arrestations-pour-tentative-de-coup-detat-le-proces-se-fait-toujours-attendre/ Tue, 11 Aug 2026 15:02:04 +0000 https://planete7.info/?p=61384 Arrêtés depuis août 2025 dans le cadre d’une affaire de présumée tentative de déstabilisation, plusieurs dizaines de militaires maliens sont toujours détenus sans avoir été jugés. Parmi eux, deux généraux, Abass Dembélé et Néma Sagara. Alors que l’affaire entre dans sa deuxième année, la défense réclame l’ouverture du procès. À Bamako, le temps passe, mais […]]]>

Arrêtés depuis août 2025 dans le cadre d’une affaire de présumée tentative de déstabilisation, plusieurs dizaines de militaires maliens sont toujours détenus sans avoir été jugés. Parmi eux, deux généraux, Abass Dembélé et Néma Sagara. Alors que l’affaire entre dans sa deuxième année, la défense réclame l’ouverture du procès.

À Bamako, le temps passe, mais le dossier reste au point mort. Un an après les premières arrestations de militaires accusés d’avoir participé à une présumée tentative de déstabilisation, aucune date de procès n’a encore été fixée.

Depuis août 2025, plusieurs dizaines de militaires maliens sont maintenus en détention dans le cadre de cette affaire. Parmi les personnes concernées figurent notamment les généraux Abass Dembélé et Néma Sagara, poursuivis, entre autres, pour « atteinte contre la Constitution ».

Les militaires mis en cause ont déjà été entendus à deux reprises par les autorités judiciaires. Ils rejettent toutefois catégoriquement les accusations portées contre eux et contestent avoir participé à une quelconque tentative de coup d’État.

Le dossier avait pris une nouvelle dimension en octobre 2025, lorsque plusieurs officiers concernés avaient été radiés des forces armées par décret du général Assimi Goïta.

Cette décision disciplinaire n’a cependant pas été suivie, à ce jour, par l’ouverture d’un procès. Malgré les auditions déjà réalisées et la durée de leur détention, aucune date d’audience n’a été officiellement annoncée.

Pour les familles et les avocats des militaires détenus, l’attente devient de plus en plus longue. La défense demande désormais que la justice se prononce sur le fond du dossier et que les droits des personnes poursuivies soient pleinement respectés.

Les avocats des prévenus plaident ainsi pour la tenue rapide du procès, estimant que leurs clients ne devraient pas rester indéfiniment en détention sans avoir été jugés.

Au-delà des accusations portées contre les militaires, c’est donc désormais la question du délai de la procédure qui se retrouve au centre des préoccupations de la défense.

Un an après le début des arrestations, l’affaire reste ainsi suspendue à une éventuelle décision de la justice malienne. En attendant l’ouverture d’une audience, les militaires concernés demeurent détenus et continuent de contester les faits qui leur sont reprochés.

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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Corridor logistique : la Guinée mise sur une nouvelle stratégie pour désengorger le port de Conakry et fluidifier le transit vers le Mali https://planete7.info/corridor-logistique-la-guinee-mise-sur-une-nouvelle-strategie-pour-desengorger-le-port-de-conakry-et-fluidifier-le-transit-vers-le-mali/ Wed, 29 Jul 2026 17:21:11 +0000 https://planete7.info/?p=60394 Le gouvernement guinéen accélère sa stratégie de modernisation du corridor logistique reliant la Guinée au Mali, avec un double objectif : décongestionner le port autonome de Conakry et renforcer les capacités de transit des marchandises à destination du pays voisin. S’exprimant lors d’une conférence de presse, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a expliqué […]]]>

Le gouvernement guinéen accélère sa stratégie de modernisation du corridor logistique reliant la Guinée au Mali, avec un double objectif : décongestionner le port autonome de Conakry et renforcer les capacités de transit des marchandises à destination du pays voisin.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a expliqué que les infrastructures actuelles ne permettent pas d’absorber l’ensemble des flux commerciaux maliens, notamment les importations d’hydrocarbures, sans exercer une forte pression sur le réseau routier guinéen.

« Si toutes les marchandises destinées au Mali, en particulier les hydrocarbures, devaient transiter par Conakry, cela entraînerait la circulation de centaines de camions-citernes sur nos routes. Une telle situation ne serait ni viable ni soutenable », a-t-il souligné.

Face à cette réalité, les autorités envisagent la mise en place d’un corridor logistique reposant sur le transport fluvial. Le projet prévoit que les conteneurs débarqués au port autonome de Conakry soient rapidement transférés sur des barges, puis acheminés vers des plateformes logistiques situées notamment à Dubréka et à Moribaya, où ils seront pris en charge avant leur transport vers le Mali.

Selon le ministre, cette solution permettra de réduire de manière significative le trafic des poids lourds sur les routes nationales. Il a précisé qu’une barge d’une capacité d’environ 7 500 tonnes peut transporter près de 200 conteneurs, soit l’équivalent de 200 camions retirés de la circulation à chaque rotation.

Au-delà du transport, cette réorganisation prévoit également d’inciter les opérateurs économiques à installer leurs entrepôts en dehors de Conakry afin de limiter les mouvements de marchandises dans la capitale. Dans cette dynamique, les services des douanes seront progressivement déployés sur ces nouvelles plateformes logistiques afin de faciliter les opérations de dédouanement.

Ousmane Gaoual Diallo a par ailleurs indiqué que des discussions sont déjà en cours avec plusieurs partenaires intéressés par le financement de cette infrastructure, dont la mise en œuvre pourrait intervenir dans un délai relativement court.

À terme, cette nouvelle organisation logistique devrait offrir un second souffle au port autonome de Conakry, améliorer la fluidité des échanges commerciaux avec le Mali et renforcer le rôle de la Guinée comme hub régional de transit en Afrique de l’Ouest, grâce notamment aux plateformes de Moribaya et de Boké, connectées aux corridors routiers menant vers Bamako.

 

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info 

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Sénégal – Mali : Bassirou Diomaye Faye en mission à Bamako pour relancer le dialogue entre la Cédéao et l’AES https://planete7.info/senegal-mali-bassirou-diomaye-faye-en-mission-a-bamako-pour-relancer-le-dialogue-entre-la-cedeao-et-laes/ Tue, 28 Jul 2026 21:40:24 +0000 https://planete7.info/?p=60312 Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, est arrivé ce mardi 28 juillet à Bamako pour une visite de travail de quelques heures. Ce déplacement, le premier depuis sa désignation à la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), s’inscrit dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. Il traduit la […]]]>

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, est arrivé ce mardi 28 juillet à Bamako pour une visite de travail de quelques heures. Ce déplacement, le premier depuis sa désignation à la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), s’inscrit dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. Il traduit la volonté de Dakar de favoriser un rapprochement entre l’organisation sous-régionale et la Confédération des États du Sahel (AES).

Au cours de son séjour dans la capitale malienne, le chef de l’État sénégalais doit s’entretenir avec son homologue, le général Assimi Goïta. Les discussions porteront essentiellement sur les relations entre la Cédéao et les trois pays membres de l’AES – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – qui ont officiellement quitté l’organisation régionale.

Cette visite constitue le deuxième déplacement de Bassirou Diomaye Faye au Mali depuis son accession à la magistrature suprême. Le 30 mai 2024, quelques semaines après son investiture, il s’était déjà rendu à Bamako afin d’établir un premier contact avec les autorités maliennes. Il y avait alors défendu l’idée d’un dialogue constructif entre la Cédéao et les États de l’AES, dans le but de préserver la cohésion et la stabilité de la sous-région.

Cette mission intervient quelques jours après le lancement officiel de son parti politique à Dakar. Elle marque surtout son premier déplacement à l’étranger en qualité de président en exercice de la Cédéao, une responsabilité qui lui a été confiée le 19 juillet dernier par les chefs d’État de l’organisation.

Au cœur des échanges figure le processus de médiation engagé depuis plusieurs mois entre la Cédéao et la Confédération des États du Sahel. Conduites sous l’égide du médiateur Lansana Kouyaté, les négociations peinent toutefois à déboucher sur un compromis susceptible de rétablir la confiance entre les deux blocs.

Au-delà des questions politiques, les enjeux économiques et sécuritaires devraient également occuper une place importante dans les discussions. Le corridor routier Dakar–Bamako demeure une artère essentielle pour l’approvisionnement du Mali. Ces derniers mois, cette voie stratégique a cependant été fortement perturbée par des attaques jihadistes ciblant des convois de marchandises. Face à cette insécurité grandissante, plusieurs transporteurs sénégalais avaient suspendu temporairement leurs activités en mai dernier, affectant les échanges commerciaux entre les deux pays.

Dans ce contexte, la visite de Bassirou Diomaye Faye est perçue comme une initiative diplomatique majeure. Au-delà du symbole, elle pourrait contribuer à redynamiser le dialogue entre la Cédéao et l’AES, tout en ouvrant la voie à une coopération renforcée face aux défis sécuritaires, politiques et économiques qui continuent de fragiliser l’Afrique de l’Ouest.

Antoine Neima pour Planete7.info

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BEPC 2026 à Labé : Koubia signe un exploit historique, Tougué ferme la marche avec 42 % de réussite https://planete7.info/bepc-2026-a-labe-koubia-signe-un-exploit-historique-tougue-ferme-la-marche-avec-42-de-reussite/ Wed, 15 Jul 2026 18:59:20 +0000 https://planete7.info/?p=59286 La région administrative de Labé a enregistré un taux global de réussite de 54 % au Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC), session 2026. Derrière cette moyenne régionale se cachent toutefois de fortes disparités entre les préfectures : si Koubia réalise une performance exceptionnelle avec un taux proche de la perfection, Tougué peine à suivre […]]]>

La région administrative de Labé a enregistré un taux global de réussite de 54 % au Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC), session 2026. Derrière cette moyenne régionale se cachent toutefois de fortes disparités entre les préfectures : si Koubia réalise une performance exceptionnelle avec un taux proche de la perfection, Tougué peine à suivre avec les résultats les plus faibles de la région.

Selon les chiffres communiqués par Algassimou Diallo, chef de la cellule examens et contrôle scolaire de l’Inspection Régionale de l’Éducation (IRE) de Labé, sur les 5 664 candidats ayant effectivement composé, 3 052 ont obtenu leur admission, soit un taux de réussite global de 54 %.

Les filles, largement représentées parmi les candidats, affichent également des résultats encourageants. Sur les 3 594 candidates inscrites, 1 870 ont été déclarées admises, correspondant à un taux de réussite de 52 %.

La véritable surprise de cette session vient de la préfecture de Koubia. Avec 125 admis sur 126 candidats présentés, cette localité s’impose comme le meilleur élève de la région de Labé avec un taux de réussite remarquable de 99 %. Une performance encore plus impressionnante chez les filles, puisque les 69 candidates inscrites ont toutes décroché leur admission, soit un taux de réussite de 100 %.

À l’inverse, Tougué connaît une session beaucoup plus difficile. La préfecture arrive en dernière position dans le classement régional avec seulement 120 admis sur 286 candidats, soit un taux de réussite de 42 %. Chez les filles, les résultats restent également faibles avec 61 admises sur 147 candidates, représentant un taux de 41 %.

D’autres préfectures tirent également leur épingle du jeu. Lélouma et Mali enregistrent chacune un taux de réussite de 76 %. À Lélouma, 373 candidats ont été admis sur 493, tandis qu’à Mali, 539 candidats ont obtenu leur diplôme sur 708 participants.

Les performances des filles dans ces deux préfectures restent également appréciables, avec des taux de réussite respectifs de 76 % à Lélouma et 73 % à Mali.

Dans la commune urbaine de Labé, principale circonscription scolaire de la région, les résultats restent en dessous de la moyenne régionale. Sur les 4 051 candidats ayant participé aux épreuves, seuls 1 895 ont été déclarés admis, soit un taux de réussite de 47 %.

Chez les filles, la situation est similaire : 1 167 candidates ont réussi sur les 2 606 présentées, pour un taux de réussite de 45 %.

Malgré certaines performances remarquables, la région de Labé connaît une légère régression par rapport à la session précédente. Le taux de réussite passe ainsi de 57 % en 2025 à 54 % en 2026, soit une baisse de trois points.

Face à cette évolution, l’Inspection Régionale de l’Éducation annonce une analyse approfondie des résultats afin d’identifier les facteurs à l’origine de cette baisse et d’adapter les stratégies d’accompagnement pédagogique.

En attendant, les autorités éducatives félicitent les candidats admis pour leurs efforts et encouragent ceux qui n’ont pas franchi cette étape à garder espoir et à poursuivre leurs efforts pour les prochaines échéances scolaires.

Thierno Abdourahmane Diallo, correspondant à Labé pour Planete7.info

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Sahel : l’alerte stratégique pour l’Afrique de l’Ouest https://planete7.info/sahel-lalerte-strategique-pour-lafrique-de-louest/ Sun, 26 Apr 2026 14:23:24 +0000 https://planete7.info/?p=54566 Le Sahel est aujourd’hui bien plus qu’une zone géographique confrontée à des défis sécuritaires. Il est devenu le théâtre d’une mutation profonde des menaces contemporaines, où le terrorisme, les trafics transnationaux et les fragilités institutionnelles s’entrecroisent pour former une crise systémique. Réduire cette réalité à un problème local serait une erreur d’analyse aux conséquences potentiellement […]]]>

Le Sahel est aujourd’hui bien plus qu’une zone géographique confrontée à des défis sécuritaires. Il est devenu le théâtre d’une mutation profonde des menaces contemporaines, où le terrorisme, les trafics transnationaux et les fragilités institutionnelles s’entrecroisent pour former une crise systémique. Réduire cette réalité à un problème local serait une erreur d’analyse aux conséquences potentiellement irréversibles.

Depuis plusieurs années, l’intensification des attaques et l’extension des zones d’insécurité traduisent une dynamique préoccupante : celle d’un phénomène qui déborde progressivement de son épicentre sahélien pour toucher l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Les frontières, souvent poreuses, ne constituent plus des barrières efficaces face à des groupes mobiles, organisés et adaptatifs. Ce qui se joue aujourd’hui à Bamako, Niamey ou Ouagadougou préfigure ce qui pourrait advenir ailleurs si aucune réponse collective n’est structurée.

L’émergence de l’Alliance des États du Sahel (AES) illustre une volonté politique de faire face à cette menace dans un cadre souverain et coordonné. Toutefois, penser que cet engagement peut, à lui seul, contenir un phénomène aussi diffus relève d’une perception incomplète de la réalité. La sécurité régionale ne peut être fragmentée. Elle est, par essence, interdépendante.

L’histoire récente montre que les crises sécuritaires non contenues tendent à se propager. Elles exploitent les failles : inégalités sociales, faiblesse des institutions, manque de coopération régionale. Dans ce contexte, l’attentisme devient un facteur aggravant. Croire que l’on peut rester en marge d’un incendie qui gagne du terrain revient à ignorer les lois mêmes de la propagation des crises.

Au-delà de la dimension militaire, la situation au Sahel interpelle sur les modèles de gouvernance, les politiques de développement et la capacité des États à répondre aux attentes de leurs populations. La lutte contre l’insécurité ne saurait être efficace sans une approche globale intégrant l’éducation, l’inclusion économique, la justice sociale et la confiance citoyenne.

C’est pourquoi la réponse ne peut être uniquement nationale, ni même sous-régionale au sens restreint. Elle doit être pensée à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, voire du continent. Une coordination renforcée des politiques de sécurité, un partage accru du renseignement, et une solidarité stratégique réelle entre États sont désormais des impératifs.

La métaphore est simple mais parlante : lorsque la maison du voisin brûle, il ne s’agit pas d’un spectacle à observer, mais d’un signal d’alarme. Car tôt ou tard, les flammes atteindront d’autres toits. Le Sahel n’est pas un front isolé ; il est une ligne avancée d’un combat commun.

L’Afrique de l’Ouest se trouve ainsi à un tournant décisif. Soit elle choisit l’anticipation, la coopération et l’action concertée, soit elle s’expose à subir une instabilité croissante dont les effets dépasseront largement le cadre sécuritaire.

Comprendre que le destin sécuritaire de la région est lié n’est plus une option. C’est une nécessité stratégique.

Et dans ce combat, le temps n’est pas un allié.

Il est un facteur de pression.

Agir maintenant, ensemble, est la seule voie raisonnable.

 

Abdourahamane NABE, Analyste social et des questions de gouvernance

drastone70@gmail.com

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Mali : le corps sans vie d’un jeune retrouvé enterré dans un trou à Diendjen https://planete7.info/mali-le-corps-sans-vie-dun-jeune-retrouve-enterre-dans-un-trou-a-diendjen/ Sat, 20 Dec 2025 22:22:12 +0000 https://planete7.info/?p=49655 Une macabre découverte a été faite le vendredi 19 décembre 2025 dans le district de Diendjen, relevant de la commune rurale de Dougountouny, dans la préfecture de Mali. Le corps sans vie d’un jeune homme a été retrouvé enterré dans un trou, après plusieurs jours de recherches menées par la famille et les habitants de […]]]>

Une macabre découverte a été faite le vendredi 19 décembre 2025 dans le district de Diendjen, relevant de la commune rurale de Dougountouny, dans la préfecture de Mali. Le corps sans vie d’un jeune homme a été retrouvé enterré dans un trou, après plusieurs jours de recherches menées par la famille et les habitants de la localité.

Selon les informations recueillies sur place, la victime avait été portée disparue depuis le mardi 16 décembre 2025. Ce n’est qu’au cours de l’après-midi du vendredi que son corps a été découvert, dissimulé dans un trou, non loin du lieu où il avait été aperçu pour la dernière fois.

Joint par téléphone ce samedi 20 décembre 2025, un citoyen de Diendjen, Elhadj Mamadou Saliou Diallo, a livré un témoignage détaillé des circonstances entourant cette disparition tragique.

« Le mardi dernier, le frère du défunt se trouvait dans la sous-préfecture de Wora. À son retour, il a appelé son frère — la victime — pour venir le chercher à moto à un point précis. Arrivé sur les lieux, il ne l’a pas trouvé. Des recherches ont été engagées. Ce n’est que le vendredi que le corps a été retrouvé. Nous avons constaté qu’il avait été assassiné avant d’être enterré dans un trou », a-t-il expliqué.

La victime a été identifiée comme Amadou Tidiane Bah, âgé d’une vingtaine d’années. Informées, les autorités locales de Dougountouny et de la préfecture de Mali se sont rendues sur les lieux dans la matinée de ce samedi afin de procéder aux constats d’usage.

Après l’examen du corps par les autorités compétentes, la dépouille a été remise à la famille et inhumée dans la journée du samedi 20 décembre 2025 à Dougountouny, en présence des proches, des voisins et des responsables locaux.

Par ailleurs, le chef secteur, des membres de la famille de la victime ainsi que plusieurs riverains ont été entendus par les autorités dans le cadre de l’enquête en cours.

À noter que la gendarmerie de Mali a officiellement ouvert une enquête afin d’identifier et d’interpeller les auteurs présumés de ce crime, qui suscite une vive émotion au sein de la population locale.

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Mali : le risque d’un effondrement qui ferait vaciller toute la sous-région https://planete7.info/mali-le-risque-dun-effondrement-qui-ferait-vaciller-toute-la-sous-region/ Mon, 10 Nov 2025 16:02:51 +0000 https://planete7.info/?p=48162 Alors que plusieurs pays occidentaux recommandent à leurs ressortissants de quitter le Mali, la sous-région ouest-africaine garde un silence aussi pesant qu’inquiétant. Ce silence, à l’heure où les lignes de front se rapprochent de Bamako, résonne comme une abdication collective face à la montée d’un péril qui dépasse largement les frontières maliennes. Car laisser le […]]]>

Alors que plusieurs pays occidentaux recommandent à leurs ressortissants de quitter le Mali, la sous-région ouest-africaine garde un silence aussi pesant qu’inquiétant.

Ce silence, à l’heure où les lignes de front se rapprochent de Bamako, résonne comme une abdication collective face à la montée d’un péril qui dépasse largement les frontières maliennes.

Car laisser le Mali s’effondrer, c’est accepter qu’un nouveau sanctuaire du terrorisme s’installe au cœur du Sahel — une menace qui n’épargnera aucun voisin.

Un silence qui dérange.

Depuis plusieurs semaines, les signaux d’alerte se multiplient.

Les chancelleries occidentales, notamment européennes et  américaine, conseillent à leurs citoyens de quitter le Mali, indice d’une dégradation accélérée de la situation sécuritaire.

Pour ces puissances, le Mali reste avant tout un dossier de politique étrangère ; mais pour les pays limitrophes — Mauritanie, Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Burkina Faso et Niger —, il s’agit d’un enjeu vital de sécurité nationale.

« Si Bamako tombe, c’est toute la sous-région qui tremble », 

Les groupes armés qui opèrent au Mali n’ont ni frontière ni drapeau. Leur objectif désormais assumé est d’asphyxier la capitale, d’affaiblir l’État, et de semer la peur jusque dans les zones autrefois épargnées. La stratégie du chaos est claire : isoler Bamako pour mieux la faire vaciller.

Les racines d’une crise prolongée.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, le Mali, le Niger et le Burkina Faso vivent sous la pression constante des groupes djihadistes.

Les armes sorties des arsenaux libyens ont inondé le Sahel, nourrissant une nébuleuse de mouvements armés qui ont conquis, morceau par morceau, des territoires jadis sous contrôle étatique.

Malgré les efforts successifs des Forces armées maliennes (FAMA) et l’appui de partenaires étrangers — d’abord européens, aujourd’hui russes —, le pays peine à retrouver son intégrité et sa stabilité.

Les routes d’approvisionnement se raréfient, les zones rurales s’enlisent dans la violence, et le cœur même de Bamako semble désormais visé.

Une communauté régionale apathique.

Face à cette dérive, une question s’impose : où sont passées la CEDEAO et l’Union africaine ?

L’une et l’autre, si promptes à condamner les coups d’État militaires, se montrent d’une prudence presque coupable face à l’avancée du terrorisme.

Pourtant, les 4 000 kilomètres de frontières partagés entre le Mali et ses voisins devraient imposer une approche collective, coordonnée et solidaire.

La déstabilisation du Mali ne serait pas qu’un désastre politique : elle provoquerait aussi une onde de choc économique.

Les ports de Dakar, Conakry et Abidjan, principaux points d’entrée du commerce malien, seraient directement affectés.

Une crise prolongée risquerait d’interrompre les échanges, de fragiliser les chaînes d’approvisionnement et de menacer la stabilité de plusieurs États côtiers déjà confrontés à des défis internes.

Dépasser les clivages institutionnels.

Il est temps de dépasser les rivalités politiques et les divergences institutionnelles entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la CEDEAO.

La fracture née de ces désaccords n’a profité qu’aux groupes armés, qui exploitent les failles diplomatiques pour renforcer leur emprise.

« L’échec du dialogue ne doit pas justifier l’attentisme. »

Il faut urgemment réactiver la force d’attente régionale conçue avant la scission, et remettre à l’ordre du jour une coalition panafricaine contre le terrorisme.

L’Afrique de l’Ouest doit cesser de sous-traiter sa sécurité et prendre pleinement la mesure de sa responsabilité commune.

Un enjeu de survie collective.

L’effondrement du Mali ne serait pas une crise isolée, mais un drame collectif, celui de la solidarité africaine mise en échec.

L’histoire récente du Sahel enseigne une vérité simple : aucune frontière, aucune alliance ne protège durablement un État si son voisin s’enflamme.

« Quand la case du voisin brûle, il faut arroser la tienne », rappelle la sagesse africaine.

La survie de la sous-région dépendra de la capacité de ses dirigeants à agir avant qu’il ne soit trop tard.

Il ne s’agit plus de diplomatie, mais de lucidité historique.

Entre l’unité et le chaos, le choix est clair : se parler, s’unir, agir — ou se taire, et subir.

 

Abdourahamane NABE

Responsable RSE et observateur des questions sociales et de gouvernance.

drastone70@gmail.com

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Burkina Faso, Mali et Niger annoncent leur retrait immédiat de la CPI https://planete7.info/burkina-faso-mali-et-niger-annoncent-leur-retrait-immediat-de-la-cpi/ Tue, 23 Sep 2025 07:46:15 +0000 https://planete7.info/?p=46457 Réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annoncé, ce 22 septembre 2025 à Bamako, leur retrait « avec effet immédiat » du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale. Les trois pays dénoncent une justice « sélective » et « néocoloniale […]]]>

Réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annoncé, ce 22 septembre 2025 à Bamako, leur retrait « avec effet immédiat » du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale. Les trois pays dénoncent une justice « sélective » et « néocoloniale », affirmant vouloir recourir désormais à des mécanismes endogènes pour garantir paix, justice et respect des droits humains.

Communiqué ci-dessous :

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Bamako : un espace public baptisé au nom d’Ahmed Kanté https://planete7.info/bamako-un-espace-public-baptise-au-nom-dahmed-kante/ Tue, 17 Jun 2025 11:15:24 +0000 https://planete7.info/?p=42795 Un moment fort en symbole et en émotions s’est déroulé durant le week-end du 14 au 15 Juin 2025 dans la capitale malienne, où un espace public situé au quartier Kouralé a été baptisé au nom d’Ahmed Kanté, ancien ministre guinéen des Mines et de la Géologie. Ce geste de reconnaissance, porté par des jeunes […]]]>

Un moment fort en symbole et en émotions s’est déroulé durant le week-end du 14 au 15 Juin 2025 dans la capitale malienne, où un espace public situé au quartier Kouralé a été baptisé au nom d’Ahmed Kanté, ancien ministre guinéen des Mines et de la Géologie.

Ce geste de reconnaissance, porté par des jeunes activistes maliens, marque un pont de fraternité entre la Guinée et le Mali, deux nations unies par l’histoire, le sang et l’idéal panafricain.

En séjour à Bamako sur invitation de jeunes leaders engagés, M. Ahmed Kanté a été accueilli avec chaleur et respect, témoins de l’estime que lui portent les citoyens maliens.

C’est dans ce cadre qu’une activité de reboisement a été organisée à Kouralé, en présence de plusieurs personnes, dont M. Lalamalan Kanté, représentant de l’Union des descendants de Soumaoro Kanté, et Mme Nicole N’Doubayo, de l’organisation Impact Ladies.

L’espace vert couvre un demi-hectare, destiné à devenir un lieu écologique et citoyen. Le baptiser au nom d’une personnalité guinéenne est une manière, selon les organisateurs, de rendre hommage à un homme engagé pour le développement durable, la coopération sous-régionale et la jeunesse africaine.

Pour Mohamed Keita, enseignant-chercheur et initiateur de cette action symbolique, il ne s’agit pas seulement de planter des arbres, mais de semer les graines de la reconnaissance et de l’intégration africaine :

« Moi je pense que M. Kanté n’est pas honoré à sa juste valeur. Si la Guinée ne l’honore pas, les Maliens vont le faire. C’est pourquoi nous avons décidé d’offrir le nom de cet espace public à M. Kanté. C’est pour lui rendre hommage. C’est pour l’encourager dans ses efforts pour tout ce qu’il fait pour la Guinée et le Mali. »

Touché par cet acte fort, Ahmed Kanté, actuel administrateur général de la société AGB2A – GIC, a exprimé sa profonde gratitude et a rappelé l’importance des liens historiques entre les deux pays frères :

« Mon souhait est que demain, ces jeunes filles et jeunes enfants puissent porter haut le flambeau des pays de l’AES. Souvenez-vous toujours qu’un ancien président du Mali, le Général Moussa Traoré, avait dit que la Guinée et le Mali sont deux poumons d’un même cœur. Je suis chez moi ici, et je peux vous rassurer que quiconque d’entre vous viendrait en Guinée y trouvera la même hospitalité, la même écoute. »

Présent à ses côtés, Lalamalan Kanté a salué la portée de cet hommage :

« Ici à Bamako, il y a des jeunes qui ont beaucoup d’estime pour M. Kanté, mais cette estime vient de la valeur qu’il incarne. Je pense qu’il faut saluer ce geste des jeunes Maliens qui ont choisi de donner le nom de cet espace public à un digne fils de la Guinée. C’est le pays qui est honoré à travers M. Kanté. »

En plus du baptême de l’espace vert, Ahmed Kanté s’est vu remettre un grand chiwara, une distinction traditionnelle malienne honorifique, offerte à des personnalités de valeur. Ce geste vient couronner une visite placée sous le signe de l’unité, de la reconnaissance et de l’engagement panafricain.

N’namarie Camara

 

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