Malado Kaba – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Tue, 03 Mar 2026 18:19:31 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Malado Kaba – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Croissance économique, démographie, budget et services publics : le vrai stress-test de la Guinée ? (Par Malado Kaba) https://planete7.info/croissance-economique-demographie-budget-et-services-publics-le-vrai-stress-test-de-la-guinee-par-malado-kaba/ Tue, 03 Mar 2026 18:19:31 +0000 https://planete7.info/?p=52075 “Le Prince ne doit pas craindre de n’avoir pas une population nombreuse, mais de ne pas avoir une juste répartition des biens”. Cette citation de Confucius résume à elle seule les enseignements et les enjeux du Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4), dont les résultats viennent d’être publiés. Dans un contexte où […]]]>

“Le Prince ne doit pas craindre de n’avoir pas une population nombreuse, mais de ne pas avoir une juste répartition des biens”. Cette citation de Confucius résume à elle seule les enseignements et les enjeux du Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4), dont les résultats viennent d’être publiés.

Dans un contexte où notre pays affiche une croissance économique en moyenne soutenue depuis 2015 et dans les 5 prochaines années, les résultats du RGPH-4 montrent que la pression sociale va elle aussi se poursuivre. Pression sur les écoles, les centres de santé, l’eau, les routes, l’emploi des jeunes et les budgets des collectivités. C’est la réalité d’un pays jeune et en transformation rapide. La photographie du RGPH-4 nous oblige à regarder cette réalité en face et surtout à agir.

Les résultats préliminaires indiquent que nous sommes un peu plus de 17 millions d’habitants en 2025, avec un taux de croissance naturel annuel d’environ 3 % sur la longue période 1996-2025. Ce chiffre, à lui seul, change l’échelle des politiques publiques. Il ne s’agit plus simplement de “faire mieux”. Il faut faire plus, plus vite, et de manière plus stratégique.

Le recensement montre également que le pays reste majoritairement rural (61,3 %), tout en s’urbanisant rapidement (38,7 % urbain). En effet, la population urbaine a fortement augmenté, avec toujours une forte concentration à Conakry. Mais cette tendance révèle surtout l’insuffisance d’investissements productifs et sociaux hors de Conakry. Cette inégalité nourrit les défis de tous ordres dans la capitale en alimentant l’exode rurale vers celle-ci.

La Guinée est en train de changer de visage.

Un pays qui change de visage doit changer sa façon de budgéter. Le vrai sujet est celui de la pression démographique sur les services publics. Le RGPH-4 confirme que la Guinée est très jeune. Les moins de 15 ans représentent environ 43% de la population, les moins de 35 ans près de 80 %, et la population en âge de travailler (15-64 ans) 53 %. C’est une force, mais c’est aussi une nécessité impérieuse non seulement de créer de la richesse, mais aussi de mieux la partager. Les chiffres nous révèlent aussi un ratio de dépendance total d’environ 88,6 dépendants pour 100 personnes de 15-64 ans. C’est élevé et surtout montre en filigrane le poids sur les femmes sur qui le bien-être de nos familles repose quasi-exclusivement.

Une population jeune, cela veut dire : plus de classes à construire et à entretenir ; plus d’enseignants à former et à stabiliser ; plus de soins maternels et infantiles ; plus de centres de santé de proximité ; plus de formation professionnelle utile ; plus d’emplois productifs.

Croissance économique : bonne nouvelle, mais il faut inclure et redistribuer : le budget reste un outil puissant d’inclusion et de redistribution

Une croissance économique supérieure à la croissance démographique est un signal positif. Cela peut soutenir une hausse du revenu moyen par habitant. Est-ce suffisant? Non car ce qui compte c’est le partage des richesses, son équité et ses bénéficiaires. Quelle part de cette croissance est traduite en recettes publiques, qui à leur tour deviennent des services publics effectivement délivrés à temps et dans la qualité requise?

Le budget demeure l’outil puissant au service de l’inclusion. Un budget voté est une intention. Un budget exécuté est un résultat administratif et financier. Un service public rendu est un résultat pour le citoyen et l’économie. Entre ces trois éléments, il y a toute une chaîne codifiée. C’est souvent dans cette chaîne que se perd l’impact. Pour des secteurs tels que l’éducation et la santé, le vrai débat n’est pas seulement l’allocation des ressources, mais l’exécution des budgets et les résultats en termes de services publics rendus.

Le RGPH-4 nous donne aussi une alerte utile : l’infrastructure ne vaut que si elle fonctionne.

Le recensement met en évidence un stock important d’infrastructures socio-économiques de base, dont des infrastructures éducatives et sanitaires. Ce point est essentiel pour la planification : il ne suffit pas de compter les ouvrages. Il faut suivre leur fonctionnalité, leur maintenance, leur répartition territoriale et leur niveau de service.

Un pays peut inaugurer beaucoup et servir peu, s’il ne finance pas la maintenance, les intrants et les équipes de première ligne. C’est souvent là que se joue la confiance des citoyens.

Trois chantiers concrets

Tout d’abord, pour les décideurs, il faut continuer à publier les données d’exécution de façon simple, régulière et lisible, par secteur (éducation, santé, eau, agriculture) : budget voté, engagé, ordonnancé, payé, exécuté. Ensuite, protéger les dépenses de première ligne (intrants, maintenance, supervision, logistique, fonctionnement de base). Enfin, territorialiser les arbitrages budgétaires, car une allocation uniforme dans un pays non uniforme produit des inégalités entre les citoyens.

Pour les citoyens, le débat public peut gagner en qualité si nous posons tous, plus souvent, les bonnes questions: combien a été budgété ? Combien a été réellement payé ? Où l’argent est-il allé ? Qu’est-ce qui fonctionne mieux qu’avant ? Qu’est-ce qui ne fonctionne toujours pas – et pourquoi ? Ce ne sont pas des questions contre l’État. Ce sont des questions pour améliorer l’État. L’Afrique du Sud a depuis longtemps mis en place un centre d’appel pour ce type de questions, de dialogue et de redevabilité. La Guinée pourrait s’en inspirer.

Passer du chiffre à la preuve

La Guinée dispose d’atouts considérables. Notre pays peut croître, attirer des investissements et mobiliser davantage de recettes. Mais la prochaine étape – la plus importante – est de prouver que la croissance devient une meilleure école, un meilleur centre de santé, une meilleure capacité de l’État à agir, et une amélioration concrète du quotidien de nos concitoyens.

Malado Kaba, économiste, ancienne ministre des Finances de la Guinée et conférencière à Sciences Po Paris.

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Centre africain pour la transformation économique : la ministre Malado Kaba intègre le conseil d’administration https://planete7.info/centre-africain-pour-la-transformation-economique-la-ministre-malado-kaba-integre-le-conseil-dadministration/ Thu, 03 Oct 2024 12:05:59 +0000 https://planete7.info/?p=33424 Avec plus de 25 ans d’expérience dans le développement international notamment dans le domaine de la finance, Malado Kaba va désormais aider le centre africain pour la transformation économique à atteindre ses objectifs. Dans un communiqué publié sur sa page LinkedIn, l’ACET annonce la nomination de l’ancienne ministre de l’économie et des finances de la […]]]>

Avec plus de 25 ans d’expérience dans le développement international notamment dans le domaine de la finance, Malado Kaba va désormais aider le centre africain pour la transformation économique à atteindre ses objectifs.

Dans un communiqué publié sur sa page LinkedIn, l’ACET annonce la nomination de l’ancienne ministre de l’économie et des finances de la Guinée dans son conseil d’administration.

« Nous sommes ravis d’annoncer que Malado Kaba, directeur général de Falémé Conseil, un cabinet de conseil qui fournit des services de conseil aux organisations des secteurs public et privé, est le nouveau membre du conseil d’administration de l’ACET !

Avec plus de 25 ans d’expérience dans le développement international, la finance et un héritage en tant que première femme ministre des Finances de la Guinée, Malado apporte un leadership inestimable à notre mission de conduire la transformation économique à travers l’Afrique. Son expérience avérée dans la promotion de la transparence fiscale, de la bonne gouvernance et de l’égalité des sexes renforcera l’engagement d’ACET en faveur de la croissance inclusive, de l’autonomisation des femmes et du développement durable.

Nous attendons avec impatience la contribution de Malado dans l’élaboration de notre travail pour construire un avenir meilleur pour l’Afrique ! »

Un défi que la ministre entend bien relever avec honneur. « Je suis ravi de contribuer à la vision du centre africain pour la transformation économique (ACET), une organisation qui se concentre sur la transformation économique de l’Afrique pour améliorer la vie de millions de personnes », rassure Malado Kaba.

L’ACET est un institut panafricain de politique économique qui soutient la croissance à long terme de l’Afrique par la transformation.

Il produit des recherches, offre des conseils politiques et connecte les principales parties prenantes afin que les pays africains soient mieux positionnés pour un développement intelligent, inclusif et durable.

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Malado Kaba très en colère contre le CNRD :  » quel recul incroyable! On est revenu à près de 30 ans en arrière… » https://planete7.info/malado-kaba-tres-en-colere-contre-le-cnrd-quel-recul-incroyable-on-est-revenu-a-pres-de-30-ans-en-arriere/ https://planete7.info/malado-kaba-tres-en-colere-contre-le-cnrd-quel-recul-incroyable-on-est-revenu-a-pres-de-30-ans-en-arriere/#respond Thu, 04 Apr 2024 17:37:49 +0000 https://planete7.info/?p=27765 L’ancienne ministre de l’économie et des finances n’est visiblement pas d’accord avec la manière dont évolue la transition en Guinée depuis le 5 septembre 2021. Pour Malado Kaba la Guinée recule de 30 ans en arrière avec les autorités de la transition notamment le CNRD. Elle a résumé toute sa colère dans un post sur […]]]>

L’ancienne ministre de l’économie et des finances n’est visiblement pas d’accord avec la manière dont évolue la transition en Guinée depuis le 5 septembre 2021. Pour Malado Kaba la Guinée recule de 30 ans en arrière avec les autorités de la transition notamment le CNRD.

Elle a résumé toute sa colère dans un post sur X. Elle estime qu’il y a trop d’émotions et pas assez d’actions réfléchies.

« Quel recul incroyable! on est revenu à près de 30 ans en arrière.. et pas seulement concernant les médias, on ne fait preuve d’aucun discernement…trop d’émotions et pas assez d’actions réfléchies, concertées…transition coincée à la croisée des chemins », a écrit la première femme ministre de l’économie et des finances en Guinée.

 

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