Liberté de la presse – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Mon, 21 Sep 2026 17:19:14 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.6 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Liberté de la presse – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Djibouti : un journaliste d’investigation sud-africain porté disparu avec son assistant local https://planete7.info/djibouti-un-journaliste-dinvestigation-sud-africain-porte-disparu-avec-son-assistant-local/ Mon, 21 Sep 2026 17:18:06 +0000 https://planete7.info/?p=64388 Le journaliste d’investigation sud-africain Micah Reddy et son assistant local, Kooki Mahmoud, sont portés disparus depuis le samedi 19 septembre à Djibouti. Leur disparition suscite l’inquiétude de leurs proches et de leurs confrères, tandis que plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse demandent aux autorités djiboutiennes de faire toute la lumière sur […]]]>

Le journaliste d’investigation sud-africain Micah Reddy et son assistant local, Kooki Mahmoud, sont portés disparus depuis le samedi 19 septembre à Djibouti. Leur disparition suscite l’inquiétude de leurs proches et de leurs confrères, tandis que plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse demandent aux autorités djiboutiennes de faire toute la lumière sur cette affaire.

Coordinateur pour l’Afrique du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), Micah Reddy n’a plus donné signe de vie depuis le 19 septembre. Il était accompagné de Kooki Mahmoud, un assistant local qui l’accompagnait dans le cadre de ses activités professionnelles.

Basé en Afrique du Sud, Micah Reddy est notamment connu pour ses enquêtes consacrées à la corruption et aux réseaux politico-économiques. Selon ses collègues, le journaliste se trouvait à Djibouti dans le cadre d’une enquête de longue haleine qui ne portait pas directement sur le pays.

Le journaliste séjournait dans un hôtel de la capitale djiboutienne. Depuis sa disparition, ses proches et ses confrères cherchent à obtenir des informations sur son sort.

La disparition de Micah Reddy a été signalée aux autorités sud-africaines et britanniques. Le journaliste possède en effet la double nationalité sud-africaine et britannique.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé les autorités djiboutiennes à confirmer que Micah Reddy et Kooki Mahmoud sont en sécurité et, s’ils sont détenus, à procéder à leur libération.

Reporters sans frontières (RSF) demande, pour sa part, l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de leur disparition. L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle décrit comme un « rétrécissement de l’espace de la liberté de la presse à Djibouti ».

Dans son Classement mondial de la liberté de la presse 2026, RSF place Djibouti au 167e rang sur 180 pays.

À ce stade, les circonstances de la disparition du journaliste et de son assistant restent à éclaircir. Les appels se multiplient donc pour que les autorités compétentes établissent rapidement les faits et apportent des réponses à leurs proches et à la communauté journalistique.

 

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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Guinée : Jeune Afrique dénonce le retrait de l’accréditation de son correspondant Diawo Barry https://planete7.info/guinee-jeune-afrique-denonce-le-retrait-de-laccreditation-de-son-correspondant-diawo-barry/ Thu, 17 Sep 2026 16:08:35 +0000 https://planete7.info/?p=64111 La direction du groupe de presse demande à la HAC de reconsidérer une décision qu’elle qualifie d’« arbitraire » et conteste les motifs avancés pour justifier cette mesure. Le retrait de l’accréditation du correspondant permanent de Jeune Afrique en Guinée, Diawo Barry, continue de susciter des réactions. Au lendemain de la décision annoncée par la […]]]>

La direction du groupe de presse demande à la HAC de reconsidérer une décision qu’elle qualifie d’« arbitraire » et conteste les motifs avancés pour justifier cette mesure.

Le retrait de l’accréditation du correspondant permanent de Jeune Afrique en Guinée, Diawo Barry, continue de susciter des réactions. Au lendemain de la décision annoncée par la Haute Autorité de la communication (HAC), la direction et les rédactions de Jeune Afrique Media Group montent au créneau pour dénoncer une mesure qu’elles jugent arbitraire et contraire aux principes de liberté de la presse.

Dans un communiqué publié mercredi 16 septembre 2026, la HAC a annoncé le retrait de l’accréditation du journaliste, correspondant du groupe Jeune Afrique en République de Guinée. Une décision qui n’a pas tardé à provoquer la réaction de sa hiérarchie.

Dans leur déclaration, la direction et les rédactions de Jeune Afrique Media Group disent avoir appris « avec consternation » le retrait de l’accréditation de leur correspondant permanent.

Le groupe de presse reproche à la HAC d’avoir pris cette décision sans concertation préalable avec le journaliste concerné ni avec sa hiérarchie. Il conteste également la précision des motifs invoqués par l’autorité de régulation pour justifier cette mesure.

« Cette décision, signifiée par un communiqué de la Haute Autorité de la communication (HAC) sans concertation ni discussion préalable avec l’intéressé ou sa hiérarchie, ne repose sur aucune imputation précise susceptible d’étayer les accusations, aussi vagues que graves, censées la justifier », déplore Jeune Afrique Media Group.

À travers cette déclaration, le groupe met en cause la procédure ayant conduit au retrait de l’accréditation et demande des explications sur les accusations évoquées par la HAC.

Au-delà de la contestation des motifs, Jeune Afrique Media Group interpelle directement la Haute Autorité de la communication sur les principes de liberté de la presse et de pluralisme médiatique.

La direction et les rédactions du groupe demandent à l’institution de reconsidérer sa décision, estimant qu’elle ne serait pas conforme aux valeurs que la HAC affirme défendre.

« La direction et les rédactions de Jeune Afrique Media Group demandent donc à la HAC, laquelle se dit attachée à la liberté de la presse et au pluralisme médiatique, de reconsidérer une décision arbitraire qui n’honore pas les principes de cette institution », peut-on lire dans le communiqué.

Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions autour de l’exercice du journalisme et de la régulation des médias en Guinée. Elle relance le débat sur les conditions d’exercice des correspondants de la presse étrangère et sur les rapports entre les médias et les autorités de régulation.

Pour l’heure, la réaction de Jeune Afrique constitue une contestation formelle de la décision annoncée par la HAC. Le groupe maintient sa demande de réexamen de la mesure concernant son correspondant permanent en Guinée, Diawo Barry.

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info 

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Guinée : la HAC met France 24 en demeure après un « qualificatif inapproprié » visant Mamadi Doumbouya https://planete7.info/guinee-la-hac-met-france-24-en-demeure-apres-un-qualificatif-inapproprie-visant-mamadi-doumbouya/ Wed, 16 Sep 2026 21:41:47 +0000 https://planete7.info/?p=64032 La Haute Autorité de la Communication reproche à la chaîne internationale des manquements à l’exactitude, à l’impartialité et à l’équilibre dans le traitement de l’information. La Haute Autorité de la Communication (HAC) hausse le ton face à France 24. Dans une décision rendue le 16 septembre 2026 à Conakry, l’organe de régulation des médias a […]]]>

La Haute Autorité de la Communication reproche à la chaîne internationale des manquements à l’exactitude, à l’impartialité et à l’équilibre dans le traitement de l’information.

La Haute Autorité de la Communication (HAC) hausse le ton face à France 24. Dans une décision rendue le 16 septembre 2026 à Conakry, l’organe de régulation des médias a officiellement mis en demeure la chaîne de télévision internationale, lui reprochant l’utilisation d’un « qualificatif inapproprié » à l’égard du président de la République, Mamadi Doumbouya.

La décision n°0031/HAC/2026 fait suite à un reportage diffusé par France 24 le 15 septembre 2026. Selon la HAC, la chaîne aurait employé un terme jugé dégradant et attentatoire à la dignité du chef de l’État ainsi qu’à l’honneur des institutions guinéennes.

Dans son argumentaire, la Haute Autorité de la Communication estime que la formulation utilisée par France 24 constitue un manquement grave aux obligations d’exactitude, d’impartialité et d’équilibre dans le traitement de l’information.

L’organe de régulation considère également que le média international aurait porté atteinte à la dignité du président guinéen et à l’honneur des institutions républicaines.

Pour appuyer sa décision, la HAC évoque la légitimité issue des urnes, en référence à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 et à la prestation de serment du 17 janvier 2026.

À travers l’article 1 de sa décision, la HAC ordonne à France 24 de mettre fin, sans délai, à l’utilisation des termes qu’elle juge inappropriés et de se conformer aux règles d’éthique et de déontologie journalistiques.

L’article 2 invite, pour sa part, la direction de la chaîne à procéder aux rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques.

La Haute Autorité de la Communication prévient que tout non-respect de cette mise en demeure ou toute récidive pourrait entraîner des sanctions prévues par la loi à l’encontre du média.

À travers cette décision, le régulateur guinéen rappelle ainsi ses exigences en matière de traitement de l’information et de respect des institutions, dans un contexte où les contenus diffusés par les médias internationaux font l’objet d’une attention particulière des autorités.

La direction de France 24 n’a pas, dans les éléments disponibles, réagi à cette mise en demeure.

Décision ci-jointe :

 

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info 

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Niger : la liberté de la presse sous pression, un journaliste porté disparu https://planete7.info/niger-la-liberte-de-la-presse-sous-pression-un-journaliste-porte-disparu/ Mon, 14 Sep 2026 10:21:02 +0000 https://planete7.info/?p=63716 Depuis la disparition de Moussa Kaka, ancien correspondant de RFI, les inquiétudes sur la situation des médias au Niger prennent une nouvelle ampleur. Entre restrictions administratives, arrestations de journalistes et durcissement du cadre juridique, la liberté de la presse semble reculer davantage sous le régime militaire. À Niamey, le silence autour de la disparition du […]]]>

Depuis la disparition de Moussa Kaka, ancien correspondant de RFI, les inquiétudes sur la situation des médias au Niger prennent une nouvelle ampleur. Entre restrictions administratives, arrestations de journalistes et durcissement du cadre juridique, la liberté de la presse semble reculer davantage sous le régime militaire.

À Niamey, le silence autour de la disparition du journaliste Moussa Kaka suscite de vives inquiétudes. Ancien correspondant de Radio France Internationale (RFI) et membre de la Radio-télévision Saraounia (RTS), le journaliste n’a plus donné signe de vie depuis le 31 août, date à laquelle il a quitté les locaux de la RTS, deux jours après la violente mutinerie survenue dans la capitale nigérienne.

Deux semaines après cette disparition, plusieurs organisations non gouvernementales internationales appellent les autorités nigériennes à faire toute la lumière sur cette affaire. Elles réclament des explications sur les circonstances dans lesquelles le journaliste a été vu pour la dernière fois, ainsi que des informations sur son éventuel lieu de détention.

Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement préoccupant pour la liberté de la presse au Niger. Depuis le coup d’État de juillet 2023, qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum, les médias sont confrontés à un environnement marqué par les restrictions, les pressions et le recul de l’espace civique.

Les indicateurs internationaux témoignent de la dégradation de la situation. Dans son classement mondial de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) a placé le Niger au 120e rang, soit un recul de 37 places par rapport à l’année précédente.

À cette dégradation s’ajoute la décision de l’Observatoire national de la communication de suspendre, il y a quelques mois, neuf médias français. Une mesure qui illustre le durcissement des relations entre les autorités nigériennes et certains médias étrangers.

Dans ce climat, les journalistes exerçant dans le pays évoluent avec des marges de manœuvre de plus en plus réduites, tandis que les inquiétudes sur leur sécurité se renforcent.

La disparition de Moussa Kaka n’est pas un cas isolé. Ces dernières années, plusieurs professionnels des médias ont été interpellés dans le cadre de leurs activités journalistiques.

Parmi eux figure Ibro Chaibou, secrétaire de rédaction de la RTS, arrêté en octobre dernier en vertu de la loi sur la cybercriminalité. Il a depuis été libéré, à l’instar de plusieurs autres journalistes interpellés au cours de cette période.

Moussa Kaka avait lui-même été remis en liberté provisoire avant sa disparition. Les circonstances de cette disparition demeurent toutefois entourées d’incertitudes, alimentant les préoccupations des organisations de défense de la presse.

Autre affaire emblématique, celle de la journaliste Samira Sabou. En 2023, elle avait été détenue au secret pendant huit jours, notamment pour « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public ».

Ces différentes affaires nourrissent les inquiétudes sur l’usage des dispositifs judiciaires et sécuritaires à l’encontre des professionnels de l’information.

Au-delà des arrestations et des suspensions de médias, le cadre réglementaire fait également l’objet de critiques.

Le 10 septembre, le Conseil des ministres a présenté deux nouveaux textes destinés à encadrer la presse électronique et l’activité des correspondants de médias étrangers.

Si les autorités présentent ces initiatives comme des mesures d’encadrement du secteur, les défenseurs de la liberté de la presse redoutent qu’elles ne contribuent à restreindre davantage l’exercice du journalisme dans le pays.

À ces contraintes s’ajoutent les difficultés économiques auxquelles sont confrontés les médias nigériens. La fragilité financière des entreprises de presse compromet leur fonctionnement et réduit leurs capacités à produire une information indépendante et régulière.

Depuis le renversement de Mohamed Bazoum en juillet 2023, le Niger est dirigé par le général Abdourahamane Tiani. Le président élu demeure détenu par les autorités militaires.

Dans ce contexte politique marqué par la consolidation du pouvoir militaire, les médias nigériens font face à des défis croissants : restrictions administratives, procédures judiciaires, difficultés économiques et inquiétudes liées à la sécurité des journalistes.

La disparition de Moussa Kaka vient ainsi raviver les interrogations sur l’avenir de la liberté de la presse au Niger. Pour les organisations qui demandent des explications, la priorité reste désormais de connaître le sort du journaliste et d’établir les circonstances exactes de sa disparition.

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info 

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Somaliland : deux journalistes arrêtés en dix jours, l’opposition dénonce une pression sur les médias https://planete7.info/somaliland-deux-journalistes-arretes-en-dix-jours-lopposition-denonce-une-pression-sur-les-medias/ Sat, 12 Sep 2026 03:13:58 +0000 https://planete7.info/?p=63635 La détention de Hassan Gallaydh, directeur de Gallaydh Media, ravive les inquiétudes sur la liberté de la presse au Somaliland. En dix jours, deux professionnels des médias ont été interpellés par les services d’investigation criminelle. L’opposition et les organisations de défense des journalistes dénoncent une pression croissante sur les médias. Au Somaliland, les arrestations de […]]]>

La détention de Hassan Gallaydh, directeur de Gallaydh Media, ravive les inquiétudes sur la liberté de la presse au Somaliland. En dix jours, deux professionnels des médias ont été interpellés par les services d’investigation criminelle. L’opposition et les organisations de défense des journalistes dénoncent une pression croissante sur les médias.

Au Somaliland, les arrestations de journalistes suscitent une nouvelle vague d’inquiétudes. La dernière en date concerne Hassan Gallaydh, directeur de Gallaydh Media, interpellé mardi 8 septembre à Hargeisa, capitale de cette république autoproclamée séparée de la Somalie depuis 1991. Son arrestation intervient quelques jours seulement après celle d’un autre professionnel des médias, faisant craindre une multiplication des pressions contre la presse.

Selon un communiqué du parti d’opposition Kulmiye publié jeudi, Hassan Gallaydh est détenu dans les locaux du Département d’investigation criminelle à Hargeisa. Les autorités n’ont, à ce stade, fourni aucune explication officielle sur les raisons de son arrestation.

Cette interpellation constitue la deuxième arrestation d’un journaliste en l’espace d’une dizaine de jours dans le territoire. Elle intervient dans un contexte où les formations politiques d’opposition et les organisations professionnelles dénoncent une dégradation de la situation des médias.

Avant Hassan Gallaydh, Abdiqani Hussein Abokor, journaliste à Heegan Media TV, avait été convoqué puis arrêté le 29 août par le même service d’investigation criminelle.

Son interpellation faisait suite à une interview réalisée avec un poète connu pour ses critiques envers le président du Somaliland. Ce dernier avait lui-même été arrêté deux jours auparavant.

La succession de ces arrestations alimente les interrogations sur les conditions d’exercice du journalisme dans cette région, où les voix critiques du pouvoir sont régulièrement au centre des préoccupations des organisations de défense de la presse.

Face à cette série d’interpellations, les partis d’opposition montent au créneau. Dans un communiqué publié jeudi, le parti KAAH dénonce « un schéma de violations destiné à museler les médias ».

Le parti Kulmiye, qui a également fait part de ses inquiétudes concernant la détention de Hassan Gallaydh, appelle l’attention sur la situation des professionnels de l’information. Ces prises de position traduisent une préoccupation grandissante au sein de l’opposition face aux mesures prises contre les journalistes.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) alerte, lui aussi, sur la situation. Son coordinateur pour l’Afrique, Muthoki Mumo, évoque « une longue liste de journalistes au Somaliland, détenus pour des motifs douteux, ces derniers mois ».

Les chiffres du Syndicat somalien des journalistes donnent une idée de l’ampleur du phénomène. Dans son rapport annuel publié en mars 2026, l’organisation indique que 36 professionnels de l’information ont été arrêtés au Somaliland en 2025. Parmi eux, cinq auraient été victimes d’enlèvements.

Le même rapport précise que plus de 90 % de ces affaires n’ont jamais été portées devant un tribunal. Des données qui renforcent les préoccupations des organisations professionnelles sur les garanties accordées aux journalistes interpellés.

Avec les arrestations de Hassan Gallaydh et d’Abdiqani Hussein Abokor, les inquiétudes sur la liberté de la presse prennent une nouvelle dimension au Somaliland. L’absence d’explications officielles concernant les motifs de la dernière interpellation alimente les interrogations, tandis que l’opposition et les organisations de défense des journalistes réclament davantage de garanties pour l’exercice du métier.

Dans ce contexte, la détention de deux professionnels des médias en quelques jours relance le débat sur la protection des journalistes et le respect de la liberté d’expression dans cette république autoproclamée.

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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Education aux Médias et à l’Information : le journaliste Thierno Amadou Camara crée une fondation salvatrice pour le journalisme guinéen https://planete7.info/education-aux-medias-et-a-linformation-le-journaliste-thierno-amadou-camara-cree-une-fondation-salvatrice-pour-le-journalisme-guineen/ Thu, 13 Aug 2026 15:18:24 +0000 https://planete7.info/?p=61579 Après des années d’expérience dans la gouvernance des associations de patrons de presse et de nombreuses participations à des rencontres internationales notamment en France, au Gabon et au Sénégal, notre confrère Thierno Amadou Camara est désormais à la tête d’une fondation : la FEMI (Fondation pour l’Education aux Médias et à l’Information). La FEMI se […]]]>

Après des années d’expérience dans la gouvernance des associations de patrons de presse et de nombreuses participations à des rencontres internationales notamment en France, au Gabon et au Sénégal, notre confrère Thierno Amadou Camara est désormais à la tête d’une fondation : la FEMI (Fondation pour l’Education aux Médias et à l’Information).

La FEMI se veut la première plateforme guinéenne dédiée à la lutte contre la désinformation, la circulation de fausses informations et ses conséquences à travers non seulement la promotion d’une meilleure appropriation du rôle et du travail des journalistes mais aussi, l’accompagnement des médias et organisations de presse pour une meilleure qualification de l’offre médiatique.

L’ancien président du Réseau des Médias sur Internet en Guinée (REMIGUI) et vice-président de la Maison de la Presse, par ailleurs fondateur des médias Guinee114.Com et Ouest Fm (104.3), participe fréquemment à des salons et autres rencontres internationales (France, Gabon, Sénégal, Ukraine) où les discussions portent le plus souvent sur la pratique du métier de journaliste et ses enjeux.

Membre de la Commission de rédaction du code de bonne conduite des journalistes et de la Commission de délivrance de la Carte de presse, Thierno Amadou Camara, M’Bonet pour les intimes, entend surtout mettre ses expériences et sa grande notoriété pour susciter des réflexions sur la pratique du journalisme en Guinée, passage obligé pour rétablir la confiance auprès du public et des autres acteurs de la vie publique.

« Le temps est venu pour que nous soyons mobilisés pour expliquer davantage le rôle de la presse à ce public de moins en moins tolérant et de plus en plus pris en otage dans une bulle de désinformation. Autrement, nous courons à notre disparition au profit de canaux qui distillent le faux et le mépris sans jamais se soucier de la quiétude sociale. Il faut que certains comprennent que les médias n’ont pas pour vocation d’être des relais d’une opposition ou d’un parti au pouvoir, qu’ils arrêtent de dénigrer les journalistes qu’ils accusent d’être à la solde d’un camp au détriment de l’autre.

Aussi, le débat est nécessaire pour emmener à faire la différence entre une information et une rumeur, savoir reconnaitre un travail journalistique professionnel afin d’éviter au public de tomber dans des pièges tendus par ceux qui ont intérêt à voir la désinformation prendre le dessus. Il faudrait aussi emmener les uns et les autres à plus de professionnalisme et à la protection de la liberté de la presse», a expliqué Thierno Amadou Camara. Qui, plus loin, entend gagner avec la FEMI ce pari dans un contexte pourtant bien complexe où les le public se détourne de plus en plus des médias traditionnels au profit des réseaux sociaux.

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Installation du nouveau bureau du SPPG : Sékou Jamal Pendessa veut « un renouveau de la presse guinéenne » https://planete7.info/installation-du-nouveau-bureau-du-sppg-sekou-jamal-pendessa-veut-un-renouveau-de-la-presse-guineenne/ Sat, 08 Aug 2026 16:49:23 +0000 https://planete7.info/?p=61228 Le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a installé, ce samedi 8 août à Conakry, son nouveau Bureau national, à l’issue du congrès tenu le 25 juin dernier. Reconduit pour un second mandat de cinq ans, Sékou Jamal Pendessa entend placer cette nouvelle étape sous le signe du dialogue, de la responsabilité […]]]>

Le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a installé, ce samedi 8 août à Conakry, son nouveau Bureau national, à l’issue du congrès tenu le 25 juin dernier. Reconduit pour un second mandat de cinq ans, Sékou Jamal Pendessa entend placer cette nouvelle étape sous le signe du dialogue, de la responsabilité et de l’action.

Devant les acteurs des médias, représentants diplomatiques, partenaires et secrétaires régionaux du syndicat, le secrétaire général réélu a présenté les grandes orientations de son mandat, porté par le slogan : « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne ».

Pour Pendessa, le renouveau du secteur ne peut être l’affaire du seul SPPG. Il appelle à une mobilisation collective des autorités, employeurs, journalistes, organisations professionnelles et partenaires afin de construire « une presse libre, crédible, professionnelle et économiquement viable ».

La liberté de la presse figure parmi les priorités affichées du nouveau bureau. Sékou Jamal Pendessa estime qu’elle constitue avant tout un droit des citoyens et un pilier de la démocratie.

Il a ainsi renouvelé le plaidoyer du SPPG pour la réouverture des médias fermés et appelé à la reprise d’un « dialogue constructif » entre les autorités et les professionnels du secteur.

Le syndicat réclame également des avancées dans les dossiers des journalistes disparus ou dont les familles restent sans réponses, notamment Habib Marouane Camara et Sansi Keita, ainsi que le père du journaliste Mamoudou Badila Keita. « Toute la lumière doit être faite », a insisté le secrétaire général.

L’adoption de la Convention collective des médias constitue également une priorité majeure du nouveau mandat. Le SPPG veut instaurer un cadre permettant à la fois de renforcer les droits des travailleurs et de préserver la viabilité économique des entreprises de presse.

« Cette Convention ne doit pas être perçue comme une menace pour les entreprises de presse », a expliqué Pendessa, qui défend des médias capables de garantir des emplois stables et de meilleures conditions de travail.

La protection sanitaire des journalistes fait également partie des engagements annoncés. Le syndicat souhaite notamment la mise en place d’un mécanisme national permettant aux professionnels des médias d’accéder à des soins de qualité dans des conditions dignes.

Pour les cinq prochaines années, le SPPG entend poursuivre son plaidoyer pour la liberté de la presse et la réouverture des médias fermés, renforcer la formation des journalistes et techniciens, accélérer l’adoption de la Convention collective et promouvoir une pratique plus responsable du métier.

Le syndicat prévoit également de soutenir le journalisme d’investigation, de renforcer ses partenariats internationaux et de poursuivre ses actions de moralisation de la profession, notamment dans l’usage des réseaux sociaux.

S’adressant aux membres du nouveau bureau, Sékou Jamal Pendessa a résumé l’esprit de son mandat en une formule : « Nous avons été élus pour servir et non pour être servis. »

Il appelle ainsi son équipe à rester proche de la base et à privilégier l’unité, le dialogue et le respect mutuel. « L’avenir de la presse guinéenne ne se construira ni dans les divisions, ni dans les querelles de personnes », a-t-il conclu.

Le nouveau mandat du SPPG s’ouvre donc avec une ambition clairement affichée : consolider les acquis du syndicat et porter le combat pour une presse guinéenne plus libre, professionnelle, responsable et économiquement viable.

Salif Camara pour Planete7.info

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Liberté de la presse en Guinée : Luc Briard et la HAC échangent sur les défis de la régulation des médias https://planete7.info/liberte-de-la-presse-en-guinee-luc-briard-et-la-hac-echangent-sur-les-defis-de-la-regulation-des-medias/ Thu, 30 Jul 2026 17:10:25 +0000 https://planete7.info/?p=60490 En visite à la Haute Autorité de la Communication (HAC), ce jeudi 30 juillet 2026, l’ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, a eu une séance de travail avec les responsables de l’institution autour des grands enjeux qui façonnent aujourd’hui le paysage médiatique. Les échanges ont porté sur les mutations de l’information, les défis de […]]]>

En visite à la Haute Autorité de la Communication (HAC), ce jeudi 30 juillet 2026, l’ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, a eu une séance de travail avec les responsables de l’institution autour des grands enjeux qui façonnent aujourd’hui le paysage médiatique. Les échanges ont porté sur les mutations de l’information, les défis de la régulation, la préservation de la liberté de la presse ainsi que sur la future architecture de l’organe de régulation prévu par la nouvelle Constitution guinéenne.

Présidée par le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, en présence des commissaires de l’institution, cette rencontre a permis d’aborder les profondes transformations qui affectent l’écosystème médiatique, marquées notamment par l’essor des réseaux sociaux, l’influence croissante des créateurs de contenus et les nouveaux modèles économiques des entreprises de presse.

À l’issue de la séance, le diplomate français a salué la qualité des échanges et insisté sur la nécessité de concilier efficacement régulation et protection des libertés fondamentales.

« Nous avons parlé de ce qu’est aujourd’hui la régulation de l’espace médiatique et civique, parce que l’information évolue dans le monde entier avec les réseaux sociaux, les influenceurs, les nouvelles formes de journalisme, mais aussi avec le rachat, parfois, par des groupes privés, des espaces d’information. Le rôle de la régulation est important, mais il ne doit pas se faire au détriment de la liberté de la presse et de la liberté d’expression. Toute la question est donc de savoir où placer le curseur », a déclaré Luc Briard.

L’ambassadeur a également mis en avant la vision défendue par le président de la HAC sur plusieurs chantiers stratégiques, notamment la formation des professionnels des médias, l’accréditation des journalistes et la consolidation du modèle économique des entreprises de presse.

Selon lui, le renforcement de la viabilité financière des médias constitue une condition essentielle pour garantir leur indépendance et leur capacité à remplir durablement leur mission d’information.

Dans cette dynamique, les deux parties ont convenu d’œuvrer à l’organisation, dès la prochaine rentrée, d’une table ronde réunissant la HAC et les organisations professionnelles de journalistes. Cette initiative vise à favoriser un dialogue approfondi sur les défis auxquels est confrontée la presse, aussi bien en Guinée qu’en France.

« Il faut stabiliser ces entreprises de presse et leur donner une visibilité afin qu’elles puissent consolider leur modèle économique. Nous sommes convenus d’essayer d’organiser, à la rentrée, une table ronde réunissant la HAC et les associations de journalistes pour mieux comprendre les enjeux de la presse et de l’information aujourd’hui, en Guinée comme en France, où nous faisons également face à des défis similaires », a-t-il expliqué.

Évoquant enfin les réformes institutionnelles en cours, Luc Briard s’est prononcé sur la création du futur organe de régulation des médias prévu par la nouvelle Constitution. Il a réaffirmé la disponibilité de la France à accompagner les autorités guinéennes dans cette transition.

« Ces travaux pourront contribuer à l’évolution du mandat de la HAC, appelée à disparaître pour laisser place au nouvel organe de régulation prévu par la Constitution. Une loi organique doit être adoptée par le Parlement guinéen à la rentrée. Nous souhaitons accompagner cette réflexion afin que cette future institution soit la plus crédible possible », a conclu le diplomate français.

Cette rencontre illustre la volonté commune de renforcer le dialogue autour de la gouvernance du secteur des médias, dans un contexte où les mutations du numérique imposent de nouveaux équilibres entre régulation, responsabilité et respect des libertés fondamentales.

Sylla Ama pour Planete7.info

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Marseille : le journaliste guinéen Habib Marouane Camara distingué par le Prix du journalisme d’investigation africain Mohamed Maïga https://planete7.info/marseille-le-journaliste-guineen-habib-marouane-camara-distingue-par-le-prix-du-journalisme-dinvestigation-africain-mohamed-maiga/ Mon, 01 Jun 2026 21:54:21 +0000 https://planete7.info/?p=56583 La presse guinéenne vient de franchir une nouvelle étape sur la scène internationale. Le journaliste d’investigation Habib Marouane Camara a été honoré du prestigieux Prix du journalisme d’investigation africain Mohamed Maïga, décerné à Marseille, en France, lors de la cérémonie des Prix de la liberté de la presse organisée par Reporters sans frontières (RSF). Cette […]]]>

La presse guinéenne vient de franchir une nouvelle étape sur la scène internationale. Le journaliste d’investigation Habib Marouane Camara a été honoré du prestigieux Prix du journalisme d’investigation africain Mohamed Maïga, décerné à Marseille, en France, lors de la cérémonie des Prix de la liberté de la presse organisée par Reporters sans frontières (RSF).

Cette distinction récompense chaque année un journaliste africain dont le travail d’enquête se démarque par sa rigueur professionnelle, son courage et son engagement en faveur du droit à l’information, de la défense des droits humains, de l’éducation et de la justice sociale. Créé en hommage au journaliste malien Mohamed Maïga, figure emblématique du journalisme engagé sur le continent, ce prix met en lumière les acteurs des médias qui contribuent, souvent au péril de leur sécurité, à la recherche de la vérité.

L’attribution de cette récompense à Habib Marouane Camara revêt une dimension particulière. Réputé pour ses enquêtes approfondies et son indépendance éditoriale, le journaliste guinéen demeure au centre des préoccupations des organisations de défense de la liberté de la presse depuis sa disparition signalée en décembre 2024. Malgré les multiples appels lancés par des institutions internationales, des organisations de défense des droits humains et des professionnels des médias, aucune information officielle n’a jusqu’ici été communiquée sur sa situation.

À travers cette distinction, le jury a tenu à saluer le parcours, le professionnalisme et l’engagement de Habib Marouane Camara en faveur d’un journalisme libre et indépendant. Le prix se veut également un message de soutien à tous les journalistes africains qui continuent d’exercer leur métier dans des contextes parfois marqués par les pressions, les intimidations et les risques sécuritaires.

Pour de nombreux observateurs, cette consécration internationale constitue non seulement une reconnaissance du talent et du travail du journaliste guinéen, mais aussi une source de fierté pour l’ensemble de la presse guinéenne. Elle rappelle, une fois de plus, le rôle essentiel de la liberté de la presse dans le renforcement de la démocratie, de la transparence et de l’État de droit.

Antoine Neima pour Planete7.info

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Diallo Souleymane : la mission sacrée de servir, le destin aléatoire de toujours partir. https://planete7.info/diallo-souleymane-la-mission-sacree-de-servir-le-destin-aleatoire-de-toujours-partir/ Mon, 01 Jun 2026 21:25:28 +0000 https://planete7.info/?p=56565 « Tous égaux devant la mort », certes, mais, d’un individu à l’autre, le deuil varie : Tout décès ne provoque pas les mêmes émotions ni n’est ressenti de la même façon. Les figures marquantes de l’histoire, dont l’empreinte est indélébile, paraissent toujours immortelles. Lorsqu’elles disparaissent, c’est le désarroi et un profond dépit. Pompidou, en […]]]>

« Tous égaux devant la mort », certes, mais, d’un individu à l’autre, le deuil varie : Tout décès ne provoque pas les mêmes émotions ni n’est ressenti de la même façon. Les figures marquantes de l’histoire, dont l’empreinte est indélébile, paraissent toujours immortelles. Lorsqu’elles disparaissent, c’est le désarroi et un profond dépit. Pompidou, en annonçant la mort du légendaire De Gaulle, avait déclaré que la France est « veuve ». Aujourd’hui, avec la disparition de l’un de ses plus illustres fils, la Guinée est « lésée », la presse « orpheline », les patriotes et démocrates « démembrés ».

Quitter la Guinée souvent pour y retourner chaque fois qu’on en a l’occasion, sans jamais cesser de l’aimer au fond de soi, est la devise de ceux qui portent ce pays dans leur cœur et en ont fait leur fardeau. Diallo Souleymane, qui vient de disparaître après avoir abandonné la scène publique depuis quelque temps, a passé ces dernières années en Guinée, entièrement dévoué à son service dans la voie difficile du journalisme chevillé à son âme, et à la condition modeste du soldat anonyme. Il est revenu d’un long exil qui ne fut guère doré, mais plutôt marqué par la nostalgie de la terre natale et l’ambition de payer le prix fort afin de se libérer de toutes les chaînes.

C’est au Canada, loin des siens et du terroir, dans une retraite paisible, drapé de la dignité qui ne quitte jamais les grands hommes animés de convictions inébranlables et portés par un puissant idéal, que Diallo s’en est allé, tranquillement. Sans bruit, ni fracas. Loin des yeux de ses compatriotes, il n’en demeurait pas moins dans leurs cœurs. Quoi qu’il en soit, l’événement malheureux ne passe pas inaperçu ni ne laisse personne indifférent. L’on se rend compte ainsi qu’une vie bien remplie, une mission bien accomplie ont plus d’écho et confèrent une audience plus importante que les campagnes publicitaires et tous les panégyriques. Le mérite personnel et la légitimité de parcours achevés résonnent plus fort que les accents de propagande.

Quand le parcours d’un homme se confond avec l’histoire glorieuse d’un pays, nul besoin de commander des hommages, d’imposer la reconnaissance, encore moins le respect et l’admiration. Pionnier de la presse libre guinéenne, entrepreneur persévérant et obstiné, surtout journaliste dans l’âme, Diallo Souleymane sera longtemps encore cité en exemple, considéré comme une référence intellectuelle par les générations montantes et futures, en quête de modèles et de vertu. Ses combats l’ont forcé à vivre parfois ailleurs ; les circonstances de la vie, par moments, l’ont privé du bonheur de vivre chez lui. Mais il peut partir définitivement la tête haute, le cœur léger, ayant vécu utile en se gardant de nuire aux autres, de fâcher son pays. Il enseigne que le confort moral est préférable à toutes les réussites matérielles, que pour durer, il faudrait se préserver, s’interdire de franchir certaines limites, envisager la mort que les torrents d’illusions de la vie empêchent d’entrevoir.

Il avait prévu, ce mois-ci, de retourner au bercail, loin d’imaginer qu’il y reviendrait dans un cercueil, sans pouvoir arborer son petit sourire en coin, ni se faufiler pour se frayer un chemin, trop timide et peu loquace. C’est une chance de vivre en Guinée avec l’espoir de jours meilleurs, en ayant à l’esprit que le destin échappe à tous dans le basculement continu de l’histoire et les incertitudes de l’avenir. Le pays fait de grandes promesses mais peut réserver le pire.

De nombreux orphelins – ses amis, ses compagnons, ses protégés – pleurent et regrettent déjà le vide qu’il laisse derrière lui. Mais c’est la Guinée qui est malheureuse de perdre un avocat infatigable, un rempart de tous les temps.

À défaut d’aimer nos héros vivants, pleurons nos morts qui se sont distingués par leur éthique, leur engagement désintéressé et leur passion patriotique. Ces morts-là ne sont pas morts, pour reprendre le poète et conteur sénégalais Birago Diop.

Souleymane vivra en tous ceux qui croient en une Guinée des lumières, en un Guinéen profondément humaniste.

 

Tibou Kamara

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