lance – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Tue, 02 Jun 2026 13:26:21 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.2 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg lance – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Quand tombe un baobab : hommage à Souleymane Diallo, bâtisseur de la presse libre en Guinée(Tham Camara) https://planete7.info/quand-tombe-un-baobab-hommage-a-souleymane-diallo-batisseur-de-la-presse-libre-en-guineetham-camara/ Tue, 02 Jun 2026 13:26:21 +0000 https://planete7.info/?p=56641 Il existe des hommes dont la disparition ne laisse pas seulement un vide dans leurs familles ou parmi leurs proches. Elle crée un silence dans l’histoire elle-même. Le décès de Souleymane Diallo, survenu le 1er juin 2026 au Canada, appartient à cette catégorie de pertes qui bouleversent une profession, émeuvent une nation et marquent durablement […]]]>

Il existe des hommes dont la disparition ne laisse pas seulement un vide dans leurs familles ou parmi leurs proches. Elle crée un silence dans l’histoire elle-même. Le décès de Souleymane Diallo, survenu le 1er juin 2026 au Canada, appartient à cette catégorie de pertes qui bouleversent une profession, émeuvent une nation et marquent durablement la mémoire collective.

Aujourd’hui, je pleure un maître, un compagnon de lutte, un mentor et un ami. Je pleure surtout un homme dont la vie entière fut consacrée à la défense de la liberté, de la vérité et de la dignité de la presse guinéenne.

J’ai eu l’immense privilège de côtoyer Souleymane Diallo au sein du Conseil National de la Transition de 2010, où il présidait avec autorité, intelligence et hauteur de vue la Commission Communication, tandis que j’y exerçais les fonctions de secrétaire parlementaire. Cette proximité institutionnelle m’a permis de découvrir un homme d’une culture exceptionnelle, d’une rigueur intellectuelle rare et d’un engagement inébranlable pour les valeurs démocratiques.

À ses côtés, j’ai appris que les lois ne sont pas de simples textes, mais des instruments de protection des libertés. C’est avec cette conviction qu’il participa activement à l’élaboration des principaux textes qui régissent aujourd’hui les médias en Guinée, notamment la loi sur la liberté de la presse et celle portant création de la Haute Autorité de la Communication. Son empreinte demeure gravée dans l’architecture juridique de notre paysage médiatique.

Mais réduire Souleymane Diallo à ses fonctions institutionnelles serait trahir la grandeur de son parcours.

Il était avant tout un journaliste. Un journaliste dans l’âme. Un journaliste jusqu’au bout des doigts. Un journaliste jusqu’au dernier souffle.

Après chacune des hautes responsabilités qu’il occupa, que ce soit au sein du Conseil National de la Communication, de l’OGUIDEM, de l’UNESCO, de Reporters Sans Frontières, du Forum des Éditeurs Africains ou du Conseil National de la Transition, il revenait toujours à la presse. Comme on revient à sa terre natale. Comme on revient à son premier amour. La presse était sa passion, son combat et sa raison d’être.

Lorsque, au début des années 1990, il rentra de son exil ivoirien pour créer Le Lynx, il ne fondait pas simplement un journal. Il ouvrait une brèche dans le mur du silence. Il créait un espace de liberté dans un contexte où parler librement relevait souvent du courage, parfois même de l’héroïsme.

Avec son style incisif, son humour ravageur et son refus absolu de la compromission, Le Lynx est devenu bien plus qu’un journal : une institution nationale, un symbole de résistance et une école de journalisme.

Souleymane Diallo connaissait le prix de la liberté. Il l’a payé de sa personne. Six procès intentés contre son journal. Deux séjours en prison. D’innombrables pressions. Des tentatives de corruption qu’il repoussa avec mépris. Des intimidations qu’il affronta avec une sérénité déconcertante.

Il aurait pu céder. Il aurait pu se taire. Il aurait pu négocier son indépendance contre le confort. Il ne l’a jamais fait.

Parce qu’il appartenait à cette génération de journalistes pour qui la liberté n’était pas une marchandise mais un sacerdoce.

Au-delà du combattant, il y avait le bâtisseur.

Combien de journalistes aujourd’hui reconnus ont été formés dans le creuset du Lynx-La Lance ? Combien de jeunes professionnels ont bénéficié de ses conseils, de son exigence et de son accompagnement ? Combien de carrières ont été façonnées par cet homme qui savait détecter le talent et transmettre le savoir ?

Son héritage humain est probablement encore plus grand que son héritage professionnel.

Docteur de troisième cycle de l’Université de Nice, intellectuel raffiné, observateur lucide des mutations sociales et politiques, Souleymane Diallo n’a jamais utilisé son savoir pour dominer les autres. Il l’a utilisé pour éclairer, former et émanciper.

Aujourd’hui, la presse guinéenne perd l’un de ses derniers grands baobabs.

Un baobab dont les racines plongent dans les premières heures du journalisme guinéen à Horoya dans les années 1970.

Un baobab qui a traversé les décennies, les régimes politiques, les crises et les tempêtes.

Un baobab qui a offert son ombre protectrice à plusieurs générations de journalistes.

Un baobab qui a tenu debout lorsque beaucoup vacillaient.

Son départ nous attriste profondément. Mais il nous oblige également.

Il nous oblige à défendre avec la même détermination la liberté de la presse.

Il nous oblige à préserver l’éthique journalistique qu’il a toujours placée au-dessus des intérêts particuliers.

Il nous oblige à poursuivre son combat pour une presse indépendante, responsable et professionnelle.

Le 31 octobre 2022, il avait été élevé au rang de la dignité de grand-officier dans l’ordre national de colatier par un décret présidentiel, quelques jours après avoir été célébré vivant par la presse guinéenne pour toutes ses œuvres.

Au nom de l’Association Guinéenne de la Presse en Ligne (AGUIPEL), au nom des journalistes guinéens, mais aussi en mon nom personnel, je m’incline avec respect devant la mémoire de cet homme d’exception.

Cher Président,

Cher Doyen,

Cher Souleymane Diallo,

Vous avez consacré votre vie à informer, à former et à défendre.

Vous quittez ce monde avec l’élégance des grands serviteurs de la République et de la liberté.

Votre voix s’est tue, mais vos combats continueront de résonner dans les rédactions, dans les écoles de journalisme, dans les institutions de régulation et dans le cœur de tous ceux qui croient encore que la presse est un pilier essentiel de la démocratie.

La Guinée médiatique vous doit beaucoup.

L’histoire retiendra votre nom.

Et nous, vos disciples et compagnons de route, garderons précieusement votre exemple.

 

Reposez en paix, Président.

Reposez en paix, Doyen.

Reposez en paix, cher Souleymane Diallo: le Gros Lynx!

Que la terre vous soit légère.

 

Amadou Tham Camara

Président de l’Association Guinéenne de la Presse en Ligne (AGUIPEL)

Ancien Secrétaire parlementaire de la Commission Communication du CNT (2010)

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Diallo Souleymane : la mission sacrée de servir, le destin aléatoire de toujours partir. https://planete7.info/diallo-souleymane-la-mission-sacree-de-servir-le-destin-aleatoire-de-toujours-partir/ Mon, 01 Jun 2026 21:25:28 +0000 https://planete7.info/?p=56565 « Tous égaux devant la mort », certes, mais, d’un individu à l’autre, le deuil varie : Tout décès ne provoque pas les mêmes émotions ni n’est ressenti de la même façon. Les figures marquantes de l’histoire, dont l’empreinte est indélébile, paraissent toujours immortelles. Lorsqu’elles disparaissent, c’est le désarroi et un profond dépit. Pompidou, en […]]]>

« Tous égaux devant la mort », certes, mais, d’un individu à l’autre, le deuil varie : Tout décès ne provoque pas les mêmes émotions ni n’est ressenti de la même façon. Les figures marquantes de l’histoire, dont l’empreinte est indélébile, paraissent toujours immortelles. Lorsqu’elles disparaissent, c’est le désarroi et un profond dépit. Pompidou, en annonçant la mort du légendaire De Gaulle, avait déclaré que la France est « veuve ». Aujourd’hui, avec la disparition de l’un de ses plus illustres fils, la Guinée est « lésée », la presse « orpheline », les patriotes et démocrates « démembrés ».

Quitter la Guinée souvent pour y retourner chaque fois qu’on en a l’occasion, sans jamais cesser de l’aimer au fond de soi, est la devise de ceux qui portent ce pays dans leur cœur et en ont fait leur fardeau. Diallo Souleymane, qui vient de disparaître après avoir abandonné la scène publique depuis quelque temps, a passé ces dernières années en Guinée, entièrement dévoué à son service dans la voie difficile du journalisme chevillé à son âme, et à la condition modeste du soldat anonyme. Il est revenu d’un long exil qui ne fut guère doré, mais plutôt marqué par la nostalgie de la terre natale et l’ambition de payer le prix fort afin de se libérer de toutes les chaînes.

C’est au Canada, loin des siens et du terroir, dans une retraite paisible, drapé de la dignité qui ne quitte jamais les grands hommes animés de convictions inébranlables et portés par un puissant idéal, que Diallo s’en est allé, tranquillement. Sans bruit, ni fracas. Loin des yeux de ses compatriotes, il n’en demeurait pas moins dans leurs cœurs. Quoi qu’il en soit, l’événement malheureux ne passe pas inaperçu ni ne laisse personne indifférent. L’on se rend compte ainsi qu’une vie bien remplie, une mission bien accomplie ont plus d’écho et confèrent une audience plus importante que les campagnes publicitaires et tous les panégyriques. Le mérite personnel et la légitimité de parcours achevés résonnent plus fort que les accents de propagande.

Quand le parcours d’un homme se confond avec l’histoire glorieuse d’un pays, nul besoin de commander des hommages, d’imposer la reconnaissance, encore moins le respect et l’admiration. Pionnier de la presse libre guinéenne, entrepreneur persévérant et obstiné, surtout journaliste dans l’âme, Diallo Souleymane sera longtemps encore cité en exemple, considéré comme une référence intellectuelle par les générations montantes et futures, en quête de modèles et de vertu. Ses combats l’ont forcé à vivre parfois ailleurs ; les circonstances de la vie, par moments, l’ont privé du bonheur de vivre chez lui. Mais il peut partir définitivement la tête haute, le cœur léger, ayant vécu utile en se gardant de nuire aux autres, de fâcher son pays. Il enseigne que le confort moral est préférable à toutes les réussites matérielles, que pour durer, il faudrait se préserver, s’interdire de franchir certaines limites, envisager la mort que les torrents d’illusions de la vie empêchent d’entrevoir.

Il avait prévu, ce mois-ci, de retourner au bercail, loin d’imaginer qu’il y reviendrait dans un cercueil, sans pouvoir arborer son petit sourire en coin, ni se faufiler pour se frayer un chemin, trop timide et peu loquace. C’est une chance de vivre en Guinée avec l’espoir de jours meilleurs, en ayant à l’esprit que le destin échappe à tous dans le basculement continu de l’histoire et les incertitudes de l’avenir. Le pays fait de grandes promesses mais peut réserver le pire.

De nombreux orphelins – ses amis, ses compagnons, ses protégés – pleurent et regrettent déjà le vide qu’il laisse derrière lui. Mais c’est la Guinée qui est malheureuse de perdre un avocat infatigable, un rempart de tous les temps.

À défaut d’aimer nos héros vivants, pleurons nos morts qui se sont distingués par leur éthique, leur engagement désintéressé et leur passion patriotique. Ces morts-là ne sont pas morts, pour reprendre le poète et conteur sénégalais Birago Diop.

Souleymane vivra en tous ceux qui croient en une Guinée des lumières, en un Guinéen profondément humaniste.

 

Tibou Kamara

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

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Médias: Souleymane Diallo, fondateur du Lynx a tiré sa révérence  https://planete7.info/medias-souleymane-diallo-fondateur-du-lynx-a-tire-sa-reverence/ Mon, 01 Jun 2026 13:09:27 +0000 https://planete7.info/?p=56557 Le monde des médias en Guinée perd un grand pilier de sa corporation. Souleymane Diallo, fondateur du groupe de presse le Lynx la Lance est décédé ce lundi au Canada des suites de maladie. Selon nos sources, le doyen Souleymane Diallo sejournait au Canada auprès de sa fille pour des soins depuis plus de 8 […]]]>

Le monde des médias en Guinée perd un grand pilier de sa corporation. Souleymane Diallo, fondateur du groupe de presse le Lynx la Lance est décédé ce lundi au Canada des suites de maladie.

Selon nos sources, le doyen Souleymane Diallo sejournait au Canada auprès de sa fille pour des soins depuis plus de 8 mois.

 

Nous y reviendrons.

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