Justice Pour Les Femmes – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Tue, 22 Apr 2025 14:27:23 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Justice Pour Les Femmes – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Violences à Kipé : des femmes agressées, la société civile exige des actes forts https://planete7.info/violences-a-kipe-des-femmes-agressees-la-societe-civile-exige-des-actes-forts/ Tue, 22 Apr 2025 14:27:23 +0000 https://planete7.info/?p=40727 Dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 avril 2025, une série de vidéos d’une brutalité insoutenable a enflammé les réseaux sociaux et plongé l’opinion publique dans l’indignation. Capturées dans le quartier de Kipé, à proximité de l’école française, les images montrent un groupe de jeunes hommes s’en prenant violemment à plusieurs femmes, identifiées […]]]>

Dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 avril 2025, une série de vidéos d’une brutalité insoutenable a enflammé les réseaux sociaux et plongé l’opinion publique dans l’indignation. Capturées dans le quartier de Kipé, à proximité de l’école française, les images montrent un groupe de jeunes hommes s’en prenant violemment à plusieurs femmes, identifiées par des témoins comme des travailleuses du sexe. L’onde de choc provoquée par cette agression filmée a immédiatement déclenché une vive réaction au sein de la société civile.

Parmi les voix les plus audibles, celle de Fatou Hann, directrice exécutive de l’ONG Wafrica, s’est élevée avec force. Engagée de longue date dans la défense des droits des femmes, elle dénonce une scène d’une violence inacceptable et pointe du doigt l’inaction des autorités : « Ce qui s’est passé à Kipé est une atteinte grave à la dignité humaine. Ce sont des femmes qu’on a violentées en pleine rue, sans aucune intervention des forces de l’ordre. C’est le silence complice de notre système face à des violences sexistes récurrentes. »

Pour l’activiste, cette agression s’inscrit dans un contexte plus large, où les violences basées sur le genre sont non seulement tolérées, mais parfois justifiées, et rarement sanctionnées : « Lorsqu’il s’agit de viols, même sur mineures, on constate souvent l’indifférence de la société et l’impunité des auteurs. Mais dès que des femmes, souvent précaires, s’adonnent à des activités marginalisées, on assiste à une chasse aux sorcières où chacun se sent légitime pour punir, humilier, violenter. »

Au-delà des faits, Fatou Hann dénonce une hypocrisie sociale profonde et persistante, qui choisit ses combats moraux à la carte : « Si certains estiment avoir une autorité morale, qu’ils fassent de la prévention, de la sensibilisation. Mais qu’ils arrêtent de s’attaquer aux plus vulnérables. La moralité ne doit pas être un prétexte pour justifier la violence. »

Face à la pression populaire, les autorités ont réagi dans un communiqué officiel, condamnant fermement les actes perpétrés. Une réaction saluée mais jugée tardive et insuffisante par les organisations de la société civile. « Le ton a été haussé, c’est un début, mais ce n’est pas assez. Il faut des enquêtes, des poursuites judiciaires, un soutien réel aux victimes. L’État doit agir avec détermination, mobiliser les ministères de la Sécurité, de la Justice et des Affaires sociales pour prévenir et sanctionner de tels actes. »

Ce drame soulève une fois de plus des interrogations de fond sur la condition des femmes dans l’espace public, leur sécurité, et la capacité de la société guinéenne à affronter ses contradictions. Il met en lumière un enjeu urgent : celui de bâtir une société où aucune femme, quel que soit son statut, ne soit exposée à la violence, au mépris ou à l’indifférence.

La société civile, unie dans l’indignation, appelle désormais à un sursaut national. Car au-delà de la colère, c’est la dignité humaine qui est en jeu.

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info 

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DjelyKaba Bintou : Un témoignage qui ébranle la société et mobilise les féministes https://planete7.info/djelykaba-bintou-un-temoignage-qui-ebranle-la-societe-et-mobilise-les-feministes/ Thu, 03 Apr 2025 19:01:31 +0000 https://planete7.info/?p=40065 La chanteuse guinéenne DjelyKaba Bintou a jeté un pavé dans la mare en brisant le silence sur les violences conjugales qu’elle aurait subies. Dans un témoignage poignant partagé sur ses réseaux sociaux, elle a accusé son ex-mari, l’artiste Azaya, de violences physiques, photos à l’appui. Une déclaration qui a suscité une vague d’émotion et un […]]]>

La chanteuse guinéenne DjelyKaba Bintou a jeté un pavé dans la mare en brisant le silence sur les violences conjugales qu’elle aurait subies. Dans un témoignage poignant partagé sur ses réseaux sociaux, elle a accusé son ex-mari, l’artiste Azaya, de violences physiques, photos à l’appui. Une déclaration qui a suscité une vague d’émotion et un puissant élan de solidarité au sein des militants des droits des femmes.

L’intervention de DjelyKaba Bintou a eu un effet détonateur. Face à ces accusations graves, Aminata Pilimini Diallo, figure emblématique du féminisme en Guinée, a réagi avec force et indignation. Choquée par les révélations et les images partagées par la chanteuse, elle a exprimé sa colère et son soutien inébranlable : « Quand j’ai vu ce que DjelyKaba Bintou a osé dénoncer, j’ai été bouleversée. On m’avait parlé de tensions, mais jamais je n’aurais imaginé une telle violence. Voir ces photos m’a glacé le sang. C’est un électrochoc pour nous toutes. Mais je suis fière d’elle, car en parlant, elle donne du courage à d’autres victimes. »

L’indignation d’Aminata Pilimini Diallo a rapidement été suivie d’actions concrètes. Le mouvement féministe guinéen s’est organisé pour réclamer justice. Plusieurs pétitions ont été lancées appelant à l’annulation des concerts d’Azaya prévus au Canada et à Paris. L’objectif est clair : faire pression sur les organisateurs et les institutions culturelles afin que l’affaire soit prise au sérieux. « Nous harcelons les ambassades et toutes les institutions impliquées dans l’organisation des spectacles d’Azaya. Nous voulons que cette affaire soit examinée avec la plus grande rigueur. » insiste Aminata Pilimini Diallo.

Elle rappelle également l’importance de croire les victimes et de leur donner la priorité dans l’espace public : « Quand une femme accuse un homme de violence, ce n’est jamais anodin. Elle met sa vie en jeu en osant parler. Il est donc essentiel de l’écouter et d’agir. »

Au-delà des actions contre Azaya, le collectif féministe met également la pression sur les institutions publiques. Des appels ont été lancés aux ministères concernés, notamment celui de la Promotion féminine et celui de la Sécurité, pour que des mesures soient prises.

« Nous exigeons une réaction immédiate de l’État. Il est impensable que des violences aussi graves restent impunies. Nous attendons des actes concrets, pas seulement des discours. » affirme Aminata Pilimini Diallo.

L’affaire DjelyKaba Bintou devient ainsi un symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes en Guinée. Son courage inspire d’autres victimes à sortir de l’ombre et à briser le cycle du silence. L’espoir réside désormais dans la mobilisation sociale et dans la capacité des institutions à rendre justice.

En levant la voix, DjelyKaba Bintou a initié un mouvement. L’enjeu dépasse son cas personnel : il s’agit d’une bataille pour toutes les femmes victimes de violences, afin qu’elles soient enfin entendues et protégées.

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info 

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Lettre ouverte des femmes du mouvement esprit CNRD https://planete7.info/lettre-ouverte-des-femmes-du-mouvement-esprit-cnrd/ Sat, 08 Mar 2025 16:41:57 +0000 https://planete7.info/?p=39140 Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Général d’Armée Mamadi Doumbouya, La Guinée est une terre de courage et de résilience, une nation forgée par le labeur, l’espoir et la volonté inébranlable de son peuple. Et au cœur de cette force se tient la femme guinéenne : mère, éducatrice, nourricière, entrepreneure, leader. Depuis des […]]]>

Son Excellence, Monsieur le Président de la République,
Général d’Armée Mamadi Doumbouya,

La Guinée est une terre de courage et de résilience, une nation forgée par le labeur, l’espoir et la volonté inébranlable de son peuple. Et au cœur de cette force se tient la femme guinéenne : mère, éducatrice, nourricière, entrepreneure, leader. Depuis des générations, elle porte en silence le poids des responsabilités, tissant dans l’ombre la toile invisible de notre société.

Aujourd’hui, alors que la refondation nationale prend son essor sous votre leadership, nous, femmes du Groupement Esprit CNRD/Femmes, prenons la parole. Non pour demander ce qui nous appartient déjà, mais pour rappeler une vérité essentielle : il ne peut y avoir de Guinée prospère sans une implication totale et équitable des femmes dans la gouvernance et le développement du pays.

LA FEMME, PILIER DE LA NATION, MAIS TOUJOURS EN MARGE

Nous sommes celles qui veillent, qui éduquent, qui soignent. Nous sommes celles qui travaillent sans relâche dans les champs, les marchés, les bureaux, les écoles et les hôpitaux. Nous sommes la colonne vertébrale de la nation.

Et pourtant, combien d’entre nous sont encore privées d’éducation, limitées dans leurs ambitions, exclues des sphères de décision ? Combien doivent lutter pour faire entendre leur voix, alors qu’elles sont les premières à porter le fardeau des réalités sociales, économiques et familiales ?

Il est temps de briser ces chaînes invisibles qui freinent notre plein épanouissement. L’heure n’est plus à la patience, mais à l’action.

UNE ÈRE DE CHANGEMENT : DES AVANCÉES À CONSOLIDER

Excellence, sous votre gouvernance, des progrès notables ont été réalisés :
• Un engagement fort pour une gouvernance plus juste et méritocratique, ouvrant la voie à l’égalité des chances.
• L’intégration accrue des femmes dans les instances de décision, reconnaissant enfin notre compétence et notre contribution.
• Des initiatives pour l’éducation et l’autonomisation des jeunes filles, garantissant un avenir plus prometteur pour la prochaine génération.

Nous saluons ces avancées, car elles marquent une rupture avec le passé. Mais nous savons aussi que le chemin reste long, et que sans une volonté politique affirmée, ces acquis resteront fragiles.

UNE EXIGENCE DE JUSTICE : 50% DE FEMMES DANS LA GOUVERNANCE

Nous demandons, non par faveur, mais par exigence d’équité et d’efficacité, une implication des femmes à hauteur de 50 % dans la gouvernance nationale.
• Parce qu’une société ne peut se bâtir en excluant la moitié de ses forces vives.
• Parce qu’aucune transformation durable ne se fera sans celles qui, au quotidien, portent déjà le poids du développement du pays.
• Parce qu’il est temps que la Guinée donne l’exemple d’un leadership équilibré et inclusif.

Nous appelons à une refonte profonde des mentalités et des structures, afin que les femmes ne soient plus de simples figurantes, mais des actrices incontournables de la refondation nationale.

UN APPEL À L’UNITÉ ET À L’ACTION

Excellence, nous croyons en votre vision d’une Guinée nouvelle. Nous croyons en une nation où chaque femme, quelle que soit son origine ou sa condition, pourra rêver, agir et réussir sans entrave.

Nous, femmes du Mouvement Esprit CNRD, nous engageons à être les porteuses de ce changement. À défendre nos droits, à élever nos voix, à encourager nos sœurs à prendre toute leur place dans la société.

Nous tendons la main à toutes les femmes guinéennes : celles qui gouvernent et celles qui aspirent à gouverner, celles qui enseignent et celles qui apprennent, celles qui entreprennent et celles qui se battent chaque jour pour leur dignité.

L’heure n’est plus aux discours, mais à l’action. Ensemble, faisons de la Guinée un modèle d’équité et de prospérité, où les femmes ne seront plus spectatrices, mais actrices du destin national.

Vive la femme guinéenne !
Vive la Guinée !
Vive le CNRD !

Les Femmes du groupement/ Esprit CNRD Femmes

Planete7.info 

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Tolérance zéro aux mutilations génitales féminines : Un combat urgent pour l’Humanité https://planete7.info/tolerance-zero-aux-mutilations-genitales-feminines-un-combat-urgent-pour-lhumanite/ Thu, 06 Feb 2025 19:58:52 +0000 https://planete7.info/?p=37783 Chaque année, le 6 février marque la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF), un rendez-vous crucial instauré par l’ONU en 2003 pour intensifier la lutte contre cette pratique qui continue de mutiler et de marquer à vie des millions de filles et de femmes à travers le monde. Cette […]]]>

Chaque année, le 6 février marque la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF), un rendez-vous crucial instauré par l’ONU en 2003 pour intensifier la lutte contre cette pratique qui continue de mutiler et de marquer à vie des millions de filles et de femmes à travers le monde. Cette journée ne se limite pas à une simple commémoration : elle constitue un appel pressant à l’action, un moment de prise de conscience et de mobilisation pour éradiquer une tradition d’une violence inouïe.

Les mutilations génitales féminines, notamment l’excision, demeurent profondément ancrées dans certaines communautés, souvent justifiées par des croyances culturelles ou religieuses mal interprétées. Hassatou Lamarana Bah, féministe et vice-présidente des Amazones de la Presse Guinéenne, déplore la persistance de cette pratique et met en lumière les résistances qui entravent son éradication : « L’excision est si enracinée dans nos sociétés qu’elle est souvent imposée par les femmes elles-mêmes, persuadées qu’elle garantit la pureté de leurs filles. L’un des défis majeurs reste la confusion entre tradition et religion. Il est impératif que les leaders religieux interviennent pour dissiper ces amalgames et rétablir la vérité sur ce que l’Islam dit réellement sur cette pratique. »

Cette méprise, savamment entretenue par des siècles de transmission culturelle, rend d’autant plus difficile la prise de conscience des dangers qu’elle engendre. Seule une approche inclusive impliquant les chefs religieux, les autorités communautaires et la société civile pourra progressivement modifier ces perceptions.

Au-delà de l’atteinte à l’intégrité physique des victimes, les MGF provoquent des séquelles médicales, psychologiques et sociales souvent irréversibles. Kadiatou Sow, consultante en santé publique, souligne les dangers immédiats d’une telle pratique : « Les mutilations génitales féminines peuvent provoquer des hémorragies incontrôlables, des infections graves et même la mort, surtout lorsqu’elles sont réalisées avec des outils rudimentaires et sans conditions sanitaires adéquates. »

À long terme, les conséquences sont tout aussi dramatiques. Les femmes excisées sont exposées à d’importantes complications obstétricales, dont la dystocie et les fistules, pouvant entraîner la perte de leur bébé ou des séquelles irréversibles sur leur propre santé.

Sur le plan psychologique, les répercussions sont profondes : anxiété, stress post-traumatique, troubles de la sexualité, et dépression sont des cicatrices invisibles qui persistent bien au-delà de l’acte lui-même.

L’un des défis majeurs reste l’accès aux soins adaptés pour les victimes. Kadiatou Sow regrette le déficit de formation des professionnels de santé : « Peu de médecins et de sages-femmes sont préparés à gérer les complications des MGF ou à accompagner psychologiquement les survivantes. Cette absence de prise en charge renforce le silence et la souffrance de nombreuses femmes. »

À cela s’ajoute un tabou social persistant, rendant difficile toute démarche de sensibilisation ou de dénonciation. Dans certaines communautés, évoquer publiquement l’excision reste un sujet délicat, parfois même dangereux pour celles et ceux qui osent s’y opposer.

Face à ce fléau, la Journée de tolérance zéro aux MGF ne doit pas être un simple rituel annuel, mais une impulsion pour des actions concrètes et durables. Hassatou Lamarana Bah appelle à une mobilisation élargie : « Il est temps que tous les acteurs – autorités publiques, partenaires techniques et financiers, leaders religieux et communautaires, médias et société civile – unissent leurs efforts pour éradiquer définitivement cette pratique. Il faut intensifier les campagnes de sensibilisation et garantir une meilleure protection des filles en danger. »

L’abolition des mutilations génitales féminines n’est pas une utopie, mais une nécessité absolue pour garantir aux générations futures le droit fondamental de grandir sans subir de violences mutilantes. L’urgence est là : la tolérance zéro doit devenir une réalité.

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info 

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