Journalisme – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Sat, 12 Sep 2026 17:52:15 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Journalisme – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Kankan : la HAC rappelle aux médias les exigences de l’exercice du journalisme https://planete7.info/kankan-la-hac-rappelle-aux-medias-les-exigences-de-lexercice-du-journalisme/ Sat, 12 Sep 2026 17:52:15 +0000 https://planete7.info/?p=63675 Les points focaux de la Haute Autorité de la Communication (HAC) à Kankan ont rencontré, ce samedi 12 septembre 2026, des responsables de médias et de télévisions web de la région. Au cœur des échanges : le respect des règles professionnelles, les responsabilités des journalistes et la question de l’exercice du métier par des personnes […]]]>

Les points focaux de la Haute Autorité de la Communication (HAC) à Kankan ont rencontré, ce samedi 12 septembre 2026, des responsables de médias et de télévisions web de la région. Au cœur des échanges : le respect des règles professionnelles, les responsabilités des journalistes et la question de l’exercice du métier par des personnes ne disposant pas du statut de journaliste.

La Haute Autorité de la Communication entend renforcer le respect des règles professionnelles dans les médias à Kankan. Ce samedi 12 septembre, les points focaux de l’institution dans la région ont réuni des responsables de médias et de télévisions web dans les locaux de la Radio rurale de Kankan, pour une séance d’échanges consacrée aux exigences de l’exercice du journalisme.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la transmission des orientations de la direction générale de la HAC et du rappel des responsabilités qui incombent aux professionnels des médias.

Prenant la parole, le premier responsable de la HAC à Kankan, El Hadj Ibrahima Sory Cissé, dit Sorel Baloka, a expliqué l’objectif de cette initiative.

« C’est de donner les instructions que la direction générale de la HAC à Conakry nous a mandatés d’expliquer aux journalistes de Kankan et de la région, notamment le rôle de chacun dans l’exercice de sa fonction », a-t-il déclaré.

Pour le représentant de la HAC, cette démarche ne se limitera pas à la commune urbaine de Kankan. Les échanges doivent se poursuivre dans les différentes préfectures de la région.

« Après ici, nous allons sillonner dans toutes les préfectures de la région de Kankan », a-t-il annoncé.

Au-delà de la transmission des orientations de l’institution, la rencontre a également porté sur une question qui suscite des préoccupations dans le secteur des médias : l’exercice du journalisme par des personnes ne disposant pas du statut de journaliste.

Sur ce point, Ibrahima Sory Cissé a appelé au respect des règles en vigueur et dénoncé le fait que certaines personnes exercent le métier sans disposer, selon lui, du statut requis.

« Il faut que tu sois journaliste pour exercer ce métier. Il y a des gens aujourd’hui qui ne sont pas des journalistes, mais qui font du journalisme et portent des gilets de journaliste. Nous sommes contre ça », a-t-il martelé.

Il a ajouté que la rencontre visait notamment à rappeler à chacun ses responsabilités dans l’exercice de sa fonction.

« C’est pourquoi nous avons réuni tout le monde pour mettre chacun à sa place », a-t-il poursuivi.

Du côté des promoteurs de télévisions web, la rencontre a été accueillie favorablement. Mamoudou Balato Camara, responsable de leur association à Kankan, a salué la qualité des échanges et l’intérêt de cette démarche pour les acteurs des médias.

« La rencontre s’est très bien passée. Nous avons appris de nouvelles leçons. Comme on le dit, chaque jour est une nouvelle leçon. Parler du journalisme, c’est une formation continue », a-t-il témoigné.

Se disant satisfait de la séance, il a ajouté : « Je suis vraiment comblé de joie et très satisfait de la rencontre. »

Après cette étape de Kankan, les points focaux de la HAC prévoient de poursuivre leur tournée dans les différentes préfectures de la région. L’objectif annoncé est de rencontrer les acteurs locaux des médias et de leur transmettre les orientations de la direction générale de l’institution.

Une démarche qui place le rappel des responsabilités professionnelles et le respect des règles du métier au centre des échanges entre l’organe de régulation et les médias de la région.

Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info 

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Médias Awards Guinée 2026 : la presse écrite remise au cœur du débat https://planete7.info/medias-awards-guinee-2026-la-presse-ecrite-remise-au-coeur-du-debat/ Thu, 10 Sep 2026 15:59:20 +0000 https://planete7.info/?p=63554 La 5ᵉ édition des Médias Awards Guinée (MAG) a été officiellement lancée ce jeudi 10 juillet 2026 à la Maison de la presse de Conakry. Placée sous le thème « La presse écrite, socle du journalisme moderne en Guinée », elle sera marquée par un hommage particulier à feu Souleymane Diallo, fondateur du journal Le […]]]>

La 5ᵉ édition des Médias Awards Guinée (MAG) a été officiellement lancée ce jeudi 10 juillet 2026 à la Maison de la presse de Conakry. Placée sous le thème « La presse écrite, socle du journalisme moderne en Guinée », elle sera marquée par un hommage particulier à feu Souleymane Diallo, fondateur du journal Le Lynx. Au total, 62 journalistes et professionnels des médias seront distingués lors de cette édition qui se tiendra les 27 et 28 novembre prochains.

Dans la salle de la Maison de la presse de Conakry, le ton est donné dès l’ouverture. Une minute de silence est observée en mémoire de Souleymane Diallo, figure emblématique de la presse indépendante guinéenne. Un geste symbolique qui donne immédiatement à cette 5ᵉ édition des Médias Awards Guinée une dimension particulière.

Annoncée ce jeudi lors d’une conférence de presse, l’édition 2026 entend placer la presse écrite au centre des réflexions sur l’avenir du journalisme en Guinée. Pour les organisateurs, le choix du thème « La presse écrite, socle du journalisme moderne en Guinée » répond à une nécessité : rappeler le rôle historique de ce secteur tout en mettant en lumière les difficultés auxquelles il est aujourd’hui confronté.

Le commissaire général par intérim des MAG, Sana Josémar, a présenté les grandes lignes de cette nouvelle édition, qui se veut à la fois un espace de reconnaissance des professionnels, un cadre de réflexion sur l’avenir du secteur et une véritable compétition journalistique.

Les activités se dérouleront en deux temps.

Le 27 novembre, un panel sera consacré à l’avenir de la presse écrite en Guinée. Il sera suivi, le lendemain, de la grande cérémonie de distinction et d’hommage prévue au Chapiteau By Issa.

Au total, 62 journalistes et professionnels des médias seront distingués à travers des prix honorifiques et des prix d’honneur. Mais au-delà des récompenses, les organisateurs souhaitent faire de cette édition un moment de réflexion sur les mutations et les difficultés du secteur.

La situation économique des entreprises de presse écrite, les conditions de travail et la précarité des journalistes, les difficultés liées à l’impression et à la distribution des journaux, mais aussi la baisse des ventes et des recettes publicitaires figurent parmi les problématiques que les MAG souhaitent mettre en débat.

L’objectif affiché est également de favoriser les échanges entre professionnels des médias, institutions, partenaires et pouvoirs publics.

L’autre temps fort de cette édition sera l’hommage rendu à feu Souleymane Diallo, fondateur du journal Le Lynx.

En signe de reconnaissance à son parcours et à sa contribution à la presse guinéenne, le Grand Prix de l’édition 2026 portera exceptionnellement son nom.

À ce Grand Prix s’ajouteront 30 autres prix honorifiques destinés à distinguer des professionnels des médias pour leur parcours, leur contribution et leur engagement.

Mais contrairement à une simple distinction honorifique, le Prix Souleymane Diallo donnera cette année lieu à une véritable compétition entre journalistes.

Le lauréat sera désigné « Homme de média de l’année » à l’issue d’un concours consacré à la situation de la presse écrite guinéenne.

Pour participer, les candidats devront produire un travail consacré à la presse écrite guinéenne et traiter au moins trois des axes définis par le comité d’organisation.

Les sujets pourront notamment porter sur la situation économique des entreprises de presse écrite, les conditions de travail et la précarité des journalistes, les difficultés d’impression, de distribution et d’accessibilité des journaux, ainsi que la baisse des ventes et des recettes publicitaires.

Les organisateurs annoncent toutefois des exigences précises pour les productions soumises au concours.

Les travaux devront être originaux, réalisés spécifiquement pour les Médias Awards Guinée et publiés ou diffusés par un média reconnu durant la période retenue par le comité d’organisation.

Une importance particulière sera également accordée au travail de terrain. Les candidats devront mener leurs investigations en Guinée, mobiliser au moins quatre sources distinctes, confronter plusieurs points de vue et respecter les principes d’éthique journalistique, de vérification des faits et de droit de réponse.

Une manière, pour les MAG, de faire de la qualité du travail journalistique un élément central de la compétition.

La rencontre a également enregistré la présence d’Amara Camara, directeur national adjoint de la communication et des relations avec les médias privés au ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation.

Au nom de son département, il a assuré les organisateurs de la prise en compte de leur démarche. Selon lui, le courrier adressé au ministère a été transmis au cabinet, avant d’être orienté vers sa direction pour l’élaboration d’une note technique.

Cette note devra notamment permettre de déterminer les modalités d’une éventuelle participation du ministère à l’édition 2026 des Médias Awards Guinée.

Amara Camara a également livré un témoignage personnel sur son rapport avec la presse écrite. Bien qu’ayant évolué dans le secteur radiophonique, il estime que la presse écrite a joué un rôle important dans sa formation, notamment à travers son passage dans plusieurs médias privés, dont L’Indépendant.

Son témoignage résonne avec les préoccupations soulevées par les organisateurs : celles d’un secteur confronté à d’importantes difficultés économiques et qui cherche aujourd’hui les moyens de préserver sa place dans un paysage médiatique en pleine mutation.

Avec cette 5ᵉ édition, les Médias Awards Guinée veulent ainsi aller au-delà d’une traditionnelle cérémonie de récompenses.

En mettant la presse écrite au centre de la réflexion, en rendant hommage à l’un de ses pionniers et en soumettant les journalistes à une compétition fondée sur l’enquête, le terrain, la pluralité des sources et la rigueur professionnelle, les organisateurs entendent ouvrir un débat sur l’avenir du secteur.

Les 27 et 28 novembre prochains, les regards se tourneront donc vers la presse écrite guinéenne. Entre reconnaissance des parcours, hommage à Souleymane Diallo et compétition journalistique, cette 5ᵉ édition des Médias Awards Guinée ambitionne de rappeler une réalité essentielle : malgré les difficultés qui la fragilisent, la presse écrite demeure l’un des piliers de l’histoire et de la pratique du journalisme en Guinée.

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info 

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Education aux Médias et à l’Information : le journaliste Thierno Amadou Camara crée une fondation salvatrice pour le journalisme guinéen https://planete7.info/education-aux-medias-et-a-linformation-le-journaliste-thierno-amadou-camara-cree-une-fondation-salvatrice-pour-le-journalisme-guineen/ Thu, 13 Aug 2026 15:18:24 +0000 https://planete7.info/?p=61579 Après des années d’expérience dans la gouvernance des associations de patrons de presse et de nombreuses participations à des rencontres internationales notamment en France, au Gabon et au Sénégal, notre confrère Thierno Amadou Camara est désormais à la tête d’une fondation : la FEMI (Fondation pour l’Education aux Médias et à l’Information). La FEMI se […]]]>

Après des années d’expérience dans la gouvernance des associations de patrons de presse et de nombreuses participations à des rencontres internationales notamment en France, au Gabon et au Sénégal, notre confrère Thierno Amadou Camara est désormais à la tête d’une fondation : la FEMI (Fondation pour l’Education aux Médias et à l’Information).

La FEMI se veut la première plateforme guinéenne dédiée à la lutte contre la désinformation, la circulation de fausses informations et ses conséquences à travers non seulement la promotion d’une meilleure appropriation du rôle et du travail des journalistes mais aussi, l’accompagnement des médias et organisations de presse pour une meilleure qualification de l’offre médiatique.

L’ancien président du Réseau des Médias sur Internet en Guinée (REMIGUI) et vice-président de la Maison de la Presse, par ailleurs fondateur des médias Guinee114.Com et Ouest Fm (104.3), participe fréquemment à des salons et autres rencontres internationales (France, Gabon, Sénégal, Ukraine) où les discussions portent le plus souvent sur la pratique du métier de journaliste et ses enjeux.

Membre de la Commission de rédaction du code de bonne conduite des journalistes et de la Commission de délivrance de la Carte de presse, Thierno Amadou Camara, M’Bonet pour les intimes, entend surtout mettre ses expériences et sa grande notoriété pour susciter des réflexions sur la pratique du journalisme en Guinée, passage obligé pour rétablir la confiance auprès du public et des autres acteurs de la vie publique.

« Le temps est venu pour que nous soyons mobilisés pour expliquer davantage le rôle de la presse à ce public de moins en moins tolérant et de plus en plus pris en otage dans une bulle de désinformation. Autrement, nous courons à notre disparition au profit de canaux qui distillent le faux et le mépris sans jamais se soucier de la quiétude sociale. Il faut que certains comprennent que les médias n’ont pas pour vocation d’être des relais d’une opposition ou d’un parti au pouvoir, qu’ils arrêtent de dénigrer les journalistes qu’ils accusent d’être à la solde d’un camp au détriment de l’autre.

Aussi, le débat est nécessaire pour emmener à faire la différence entre une information et une rumeur, savoir reconnaitre un travail journalistique professionnel afin d’éviter au public de tomber dans des pièges tendus par ceux qui ont intérêt à voir la désinformation prendre le dessus. Il faudrait aussi emmener les uns et les autres à plus de professionnalisme et à la protection de la liberté de la presse», a expliqué Thierno Amadou Camara. Qui, plus loin, entend gagner avec la FEMI ce pari dans un contexte pourtant bien complexe où les le public se détourne de plus en plus des médias traditionnels au profit des réseaux sociaux.

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Quand tombe un baobab : hommage à Souleymane Diallo, bâtisseur de la presse libre en Guinée(Tham Camara) https://planete7.info/quand-tombe-un-baobab-hommage-a-souleymane-diallo-batisseur-de-la-presse-libre-en-guineetham-camara/ Tue, 02 Jun 2026 13:26:21 +0000 https://planete7.info/?p=56641 Il existe des hommes dont la disparition ne laisse pas seulement un vide dans leurs familles ou parmi leurs proches. Elle crée un silence dans l’histoire elle-même. Le décès de Souleymane Diallo, survenu le 1er juin 2026 au Canada, appartient à cette catégorie de pertes qui bouleversent une profession, émeuvent une nation et marquent durablement […]]]>

Il existe des hommes dont la disparition ne laisse pas seulement un vide dans leurs familles ou parmi leurs proches. Elle crée un silence dans l’histoire elle-même. Le décès de Souleymane Diallo, survenu le 1er juin 2026 au Canada, appartient à cette catégorie de pertes qui bouleversent une profession, émeuvent une nation et marquent durablement la mémoire collective.

Aujourd’hui, je pleure un maître, un compagnon de lutte, un mentor et un ami. Je pleure surtout un homme dont la vie entière fut consacrée à la défense de la liberté, de la vérité et de la dignité de la presse guinéenne.

J’ai eu l’immense privilège de côtoyer Souleymane Diallo au sein du Conseil National de la Transition de 2010, où il présidait avec autorité, intelligence et hauteur de vue la Commission Communication, tandis que j’y exerçais les fonctions de secrétaire parlementaire. Cette proximité institutionnelle m’a permis de découvrir un homme d’une culture exceptionnelle, d’une rigueur intellectuelle rare et d’un engagement inébranlable pour les valeurs démocratiques.

À ses côtés, j’ai appris que les lois ne sont pas de simples textes, mais des instruments de protection des libertés. C’est avec cette conviction qu’il participa activement à l’élaboration des principaux textes qui régissent aujourd’hui les médias en Guinée, notamment la loi sur la liberté de la presse et celle portant création de la Haute Autorité de la Communication. Son empreinte demeure gravée dans l’architecture juridique de notre paysage médiatique.

Mais réduire Souleymane Diallo à ses fonctions institutionnelles serait trahir la grandeur de son parcours.

Il était avant tout un journaliste. Un journaliste dans l’âme. Un journaliste jusqu’au bout des doigts. Un journaliste jusqu’au dernier souffle.

Après chacune des hautes responsabilités qu’il occupa, que ce soit au sein du Conseil National de la Communication, de l’OGUIDEM, de l’UNESCO, de Reporters Sans Frontières, du Forum des Éditeurs Africains ou du Conseil National de la Transition, il revenait toujours à la presse. Comme on revient à sa terre natale. Comme on revient à son premier amour. La presse était sa passion, son combat et sa raison d’être.

Lorsque, au début des années 1990, il rentra de son exil ivoirien pour créer Le Lynx, il ne fondait pas simplement un journal. Il ouvrait une brèche dans le mur du silence. Il créait un espace de liberté dans un contexte où parler librement relevait souvent du courage, parfois même de l’héroïsme.

Avec son style incisif, son humour ravageur et son refus absolu de la compromission, Le Lynx est devenu bien plus qu’un journal : une institution nationale, un symbole de résistance et une école de journalisme.

Souleymane Diallo connaissait le prix de la liberté. Il l’a payé de sa personne. Six procès intentés contre son journal. Deux séjours en prison. D’innombrables pressions. Des tentatives de corruption qu’il repoussa avec mépris. Des intimidations qu’il affronta avec une sérénité déconcertante.

Il aurait pu céder. Il aurait pu se taire. Il aurait pu négocier son indépendance contre le confort. Il ne l’a jamais fait.

Parce qu’il appartenait à cette génération de journalistes pour qui la liberté n’était pas une marchandise mais un sacerdoce.

Au-delà du combattant, il y avait le bâtisseur.

Combien de journalistes aujourd’hui reconnus ont été formés dans le creuset du Lynx-La Lance ? Combien de jeunes professionnels ont bénéficié de ses conseils, de son exigence et de son accompagnement ? Combien de carrières ont été façonnées par cet homme qui savait détecter le talent et transmettre le savoir ?

Son héritage humain est probablement encore plus grand que son héritage professionnel.

Docteur de troisième cycle de l’Université de Nice, intellectuel raffiné, observateur lucide des mutations sociales et politiques, Souleymane Diallo n’a jamais utilisé son savoir pour dominer les autres. Il l’a utilisé pour éclairer, former et émanciper.

Aujourd’hui, la presse guinéenne perd l’un de ses derniers grands baobabs.

Un baobab dont les racines plongent dans les premières heures du journalisme guinéen à Horoya dans les années 1970.

Un baobab qui a traversé les décennies, les régimes politiques, les crises et les tempêtes.

Un baobab qui a offert son ombre protectrice à plusieurs générations de journalistes.

Un baobab qui a tenu debout lorsque beaucoup vacillaient.

Son départ nous attriste profondément. Mais il nous oblige également.

Il nous oblige à défendre avec la même détermination la liberté de la presse.

Il nous oblige à préserver l’éthique journalistique qu’il a toujours placée au-dessus des intérêts particuliers.

Il nous oblige à poursuivre son combat pour une presse indépendante, responsable et professionnelle.

Le 31 octobre 2022, il avait été élevé au rang de la dignité de grand-officier dans l’ordre national de colatier par un décret présidentiel, quelques jours après avoir été célébré vivant par la presse guinéenne pour toutes ses œuvres.

Au nom de l’Association Guinéenne de la Presse en Ligne (AGUIPEL), au nom des journalistes guinéens, mais aussi en mon nom personnel, je m’incline avec respect devant la mémoire de cet homme d’exception.

Cher Président,

Cher Doyen,

Cher Souleymane Diallo,

Vous avez consacré votre vie à informer, à former et à défendre.

Vous quittez ce monde avec l’élégance des grands serviteurs de la République et de la liberté.

Votre voix s’est tue, mais vos combats continueront de résonner dans les rédactions, dans les écoles de journalisme, dans les institutions de régulation et dans le cœur de tous ceux qui croient encore que la presse est un pilier essentiel de la démocratie.

La Guinée médiatique vous doit beaucoup.

L’histoire retiendra votre nom.

Et nous, vos disciples et compagnons de route, garderons précieusement votre exemple.

 

Reposez en paix, Président.

Reposez en paix, Doyen.

Reposez en paix, cher Souleymane Diallo: le Gros Lynx!

Que la terre vous soit légère.

 

Amadou Tham Camara

Président de l’Association Guinéenne de la Presse en Ligne (AGUIPEL)

Ancien Secrétaire parlementaire de la Commission Communication du CNT (2010)

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Guinée : la HAC lève l’interdiction d’exercer visant le journaliste Lamine Guirassy https://planete7.info/guinee-la-hac-leve-linterdiction-dexercer-visant-le-journaliste-lamine-guirassy/ Mon, 18 May 2026 18:32:30 +0000 https://planete7.info/?p=55723 Dans une décision rendue publique ce 18 mai 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a annoncé la levée de l’interdiction d’exercer le métier de journaliste qui frappait Lamine Guirassy depuis juin 2025. L’institution évoque une volonté d’apaisement du climat médiatique ainsi que les engagements pris par le journaliste à respecter les règles d’éthique […]]]>

Dans une décision rendue publique ce 18 mai 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a annoncé la levée de l’interdiction d’exercer le métier de journaliste qui frappait Lamine Guirassy depuis juin 2025. L’institution évoque une volonté d’apaisement du climat médiatique ainsi que les engagements pris par le journaliste à respecter les règles d’éthique et de déontologie de la profession.

Communiqué ci-joint :

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Journée mondiale de la liberté de la presse : Mourana Soumah appelle à une responsabilité accrue des médias pour bâtir la paix https://planete7.info/journee-mondiale-de-la-liberte-de-la-presse-mourana-soumah-appelle-a-une-responsabilite-accrue-des-medias-pour-batir-la-paix/ Sun, 03 May 2026 20:59:36 +0000 https://planete7.info/?p=54929 À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce 3 mai 2026, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, a livré un message à la fois solennel et engagé, saluant le rôle central des journalistes guinéens tout en appelant à un sursaut […]]]>

À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce 3 mai 2026, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, a livré un message à la fois solennel et engagé, saluant le rôle central des journalistes guinéens tout en appelant à un sursaut de responsabilité dans l’exercice du métier.

Dans une déclaration empreinte de reconnaissance, le ministre a tenu à rendre hommage aux professionnels de l’information pour leur engagement quotidien. « Je salue l’engagement des journalistes Guinéens qui œuvrent chaque jour pour une information libre et crédible », a-t-il affirmé, soulignant ainsi l’importance du travail journalistique dans un contexte national en mutation.

Placée cette année sous le thème « Façonner un avenir de paix », cette journée revêt, selon lui, une dimension particulière pour la Guinée. Le ministre a insisté sur le fait que la liberté de la presse ne saurait être dissociée de la consolidation démocratique : « La liberté de la presse est un pilier essentiel de notre démocratie, la sève nourricière de l’État de Droit », a-t-il déclaré, rappelant la volonté des autorités de faire de ce principe un fondement durable de la gouvernance.

Dans son intervention, Mourana Soumah a également mis en lumière la vision politique portée par le chef de l’État, affirmant que cette liberté s’inscrit dans « la mission que s’est donnée le Président Mamadi Doumbouya de garantir un État de droit ». Un engagement qui, selon lui, nécessite l’implication active des médias dans la préservation de la paix et de la cohésion sociale.

Mais au-delà de l’hommage, le ministre a tenu à adresser un message clair à la profession : la liberté de la presse doit s’accompagner d’une rigueur irréprochable. « Cela passera obligatoirement par l’exercice du métier de journaliste dans le respect de l’éthique, de la déontologie et du professionnalisme », a-t-il martelé, appelant à une pratique responsable et crédible du journalisme.

Dans un contexte marqué par de nombreux défis socio-économiques, il a invité les hommes de médias à jouer pleinement leur rôle dans l’accompagnement des grandes réformes en cours, notamment le programme Simandou 2040. « La responsabilité sociale des hommes de médias est plus que jamais interpellée, attendue au rendez-vous de l’histoire de notre Guinée », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’un journalisme constructif et engagé dans le développement.

Ce message, à la fois mobilisateur et exigeant, place les médias au cœur du processus de transformation du pays. Entre liberté et responsabilité, Mourana Soumah trace ainsi les contours d’une presse appelée à être non seulement un contre-pouvoir, mais aussi un acteur clé de la paix et du progrès en Guinée.

En conclusion, le ministre a adressé ses vœux à l’ensemble des professionnels des médias : « Bonne célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse à toutes et à tous », réaffirmant l’importance de cette date comme moment de réflexion et d’engagement collectif.

 

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Médias et processus électoral à Kankan : Mamadi Kansan Doumbouya appelle à une presse responsable et impartiale https://planete7.info/medias-et-processus-electoral-a-kankan-mamadi-kansan-doumbouya-appelle-a-une-presse-responsable-et-impartiale/ Fri, 01 May 2026 14:45:52 +0000 https://planete7.info/?p=54816 À l’approche des élections législatives et communales, le ton monte du côté des autorités en charge de l’information à Kankan. Ce vendredi 1er mai 2026, le directeur régional de l’Information et de la Communication, également point focal de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Mamadi Kansan Doumbouya, a réuni les professionnels des médias à […]]]>

À l’approche des élections législatives et communales, le ton monte du côté des autorités en charge de l’information à Kankan. Ce vendredi 1er mai 2026, le directeur régional de l’Information et de la Communication, également point focal de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Mamadi Kansan Doumbouya, a réuni les professionnels des médias à la Maison régionale de la presse pour un échange stratégique à forte portée.

Au cœur de cette rencontre : rappeler le rôle central des médias dans la consolidation d’un processus électoral apaisé, dans un contexte marqué par une pluralité de candidatures et une compétition qui s’annonce particulièrement disputée.

Face à un parterre de journalistes, Mamadi Kansan Doumbouya a insisté sur l’impératif d’un traitement équilibré et rigoureux de l’information. Il a exhorté les rédactions à faire preuve de neutralité et d’impartialité, en garantissant un accès équitable aux différents acteurs politiques engagés dans la course électorale.

« Cette campagne sera singulière par la diversité des candidatures et des discours. Il est essentiel que chaque candidat bénéficie d’un traitement juste et équitable dans les médias », a-t-il déclaré, appelant à un strict respect des principes d’éthique et de déontologie.

Dans la même dynamique, le point focal de la HAC a fermement mis en garde contre la prolifération des discours haineux et des contenus susceptibles d’attiser les tensions. Il a invité les journalistes à redoubler de vigilance dans la collecte, la vérification et la diffusion de l’information.

« Les médias ne doivent en aucun cas servir de relais à des propos de division ou de haine. Leur responsabilité est engagée dans la préservation de la cohésion sociale », a-t-il martelé.

Au-delà de leur mission d’informer, les organes de presse sont ainsi appelés à jouer un rôle de régulateur social, en contribuant activement à la stabilité et à l’unité nationale durant cette période sensible.

Par cette initiative, les autorités locales entendent fédérer les médias autour d’un objectif commun : accompagner l’organisation d’élections crédibles, transparentes et pacifiques, gages d’un renforcement durable de la démocratie en Guinée.

 

Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info

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Mamou : des journalistes formés pour contrer les discours de haine et prévenir la violence https://planete7.info/mamou-des-journalistes-formes-pour-contrer-les-discours-de-haine-et-prevenir-la-violence/ Mon, 27 Apr 2026 12:55:59 +0000 https://planete7.info/?p=54609 Dans la région administrative de Mamou, les professionnels des médias prennent part à une formation stratégique de deux jours, du 27 au 28 avril 2026, consacrée au monitoring des discours de haine et des incitations à la violence. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités des acteurs de l’information face aux défis […]]]>

Dans la région administrative de Mamou, les professionnels des médias prennent part à une formation stratégique de deux jours, du 27 au 28 avril 2026, consacrée au monitoring des discours de haine et des incitations à la violence. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités des acteurs de l’information face aux défis croissants liés à la désinformation et aux tensions sociales.

Organisé par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, en collaboration avec le Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée, et en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement et UNICEF, cet atelier bénéficie du financement du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix. L’objectif est clair : doter les journalistes d’outils concrets pour identifier, analyser et contrer les contenus à caractère haineux dans l’espace public et médiatique.

La cérémonie d’ouverture, tenue ce lundi à 11 heures, a été présidée par Mamadi Kandja Keïta, Directeur de cabinet du Gouverneur de Mamou. Elle a réuni plusieurs acteurs du secteur, dont Habib Samaké, représentant du SPPG, témoignant de l’engagement collectif pour une presse responsable.

Durant ces deux jours, les participants suivent des modules pratiques axés sur des thématiques clés : le rôle des médias face aux discours de haine, les techniques de collecte et de vérification de l’information, ainsi que la mise en place de comités de veille citoyenne à l’échelle régionale. Ces mécanismes visent à instaurer une surveillance proactive et à renforcer la capacité de réponse face aux dérives informationnelles.

Dans un contexte guinéen marqué par des tensions sociopolitiques, cette formation apparaît comme une réponse structurée pour promouvoir un journalisme éthique et préventif. En renforçant les compétences des journalistes, les organisateurs entendent consolider la résilience des communautés face à la manipulation de l’information et aux risques de violence.

Au-delà de l’aspect technique, cette initiative porte une ambition plus large : faire des médias des acteurs clés de la cohésion sociale. À travers la mise en place de comités de veille régionaux, elle jette les bases d’un dispositif durable capable de prévenir les conflits et de promouvoir une culture de paix. Une démarche qui positionne la Guinée sur la voie d’une presse plus responsable, engagée et au service de l’intérêt collectif.

 

Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info

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Journalisme ou croisade : le cas Thomas Dietrich https://planete7.info/journalisme-ou-croisade-le-cas-thomas-dietrich/ Sun, 01 Mar 2026 22:26:39 +0000 https://planete7.info/?p=52006 Il existe une différence fondamentale entre enquêter et combattre. Entre informer et militer. Entre documenter des faits et construire une cause. Le parcours de Thomas Dietrich soulève précisément cette ligne de fracture. Présenté comme journaliste d’investigation, spécialiste des relations franco-africaines, Dietrich s’est progressivement imposé non comme un observateur, mais plutôt comme un protagoniste. Son travail, […]]]>

Il existe une différence fondamentale entre enquêter et combattre. Entre informer et militer. Entre documenter des faits et construire une cause.

Le parcours de Thomas Dietrich soulève précisément cette ligne de fracture.

Présenté comme journaliste d’investigation, spécialiste des relations franco-africaines, Dietrich s’est progressivement imposé non comme un observateur, mais plutôt comme un protagoniste. Son travail, si l’on peut appeler ce qu’il fait un travail, ne se contente plus de révéler. Non, l’homme, tel un procureur, accuse ; telle une vindicte populaire, il désigne ; et telle une rumeur, il dramatise. Le ton n’est pas celui de la distance critique, il est celui de la dénonciation permanente, le courroux d’une haine dirigée contre des personnalités qui se demandent pourquoi elles en sont l’objet. Or, l’investigation suppose un effort constant de retenue, de vérification et de contextualisation. Elle ne se résume pas à la puissance accusatoire d’un récit.

Une rhétorique de l’ennemi

Dans ses publications, le monde est divisé en deux camps : d’un côté les régimes corrompus, de l’autre ceux qui les dénoncent. C’est connu, cette structuration binaire est redoutablement efficace médiatiquement car elle mobilise, elle indigne et fédère.

Mais elle simplifie à l’extrême des contextes politiques et économiques complexes. Là où l’investigation exige nuance et contradictoire, la rhétorique militante préfère la certitude, la répétition et la polarisation.

Un journaliste rigoureux expose les faits, les met en perspective et accepte que le lecteur puisse conclure autrement que lui. Un militant, en revanche, conduit le lecteur vers une conclusion prédéterminée, soigneusement balisée par la narration. La différence n’est pas stylistique, elle est éthique.

La mise en scène de soi

La personnalisation constante du récit est un autre glissement qui interpelle. Arrestations, expulsions, confrontations avec des autorités deviennent des éléments centraux de la narration. L’enquête elle-même est reléguée à l’arrière-plan, derrière la dramaturgie du journaliste face au pouvoir.

Ce déplacement du centre de gravité, du sujet vers l’auteur, transforme inéluctablement le travail journalistique en saga personnelle. Or, le journalisme n’est pas une épopée individuelle. Il n’est pas un récit héroïque. Il est un travail méthodique, collectif, fondé sur la vérification et la confrontation des sources, le tout au service de l’information du public.

Lorsque l’auteur devient le personnage principal comme dans le cas de Dietrich, le risque est double, la cause absorbant l’enquête, et l’émotion supplantant l’analyse.

L’écho sélectif

Il est frappant de constater que ses productions sont principalement relayées par des cercles déjà convaincus, opposés aux régimes qu’il critique, mais jamais publiées par des médias internationaux réputés pour leur sérieux et leur exigence de la vérification des sources, règle élémentaire du journalisme. Ses agitations médiatiques laissent clairement transparaître qu’il s’est bien acoquiné avec la clique des opposants frustrés du continent, et plus particulièrement en Afrique subsaharienne, son terrain de chasse et de prédilection. Ce phénomène constitue en soi une preuve d’alignement politique. Il révèle une dynamique, celle que ses enquêtes nourrissent une confrontation plutôt qu’un débat pluraliste.

Lorsque le même récit, les mêmes cibles et la même indignation structurent durablement une production éditoriale, la question n’est plus celle du courage, mais de l’équilibre.

L’économie de la radicalité

À l’ère numérique, l’attention récompense l’excès. Plus le propos est tranché, plus il circule. Plus il polarise, plus il fédère une base fidèle. Le modèle économique des médias indépendants repose généralement sur cette logique d’engagement communautaire.

Dans ce contexte, la radicalité devient un capital symbolique. Et parfois financier. Cela ne signifie pas qu’un journaliste trahit nécessairement sa mission. Mais cela crée une incitation structurelle à la surenchère, à l’exacerbation des clivages, à la dramatisation constante. Le danger est dès lors systémique.

Une question de crédibilité

La liberté de la presse protège le droit de critiquer les pouvoirs. Elle protège également le droit d’interroger les pratiques journalistiques. Examiner la méthode, la constance des cibles, la transparence des soutiens, la rigueur argumentative ne relève ni de la censure ni de l’hostilité personnelle, c’est un exercice légitime de débat public sain.

Le problème n’est pas que Thomas Dietrich dérange. Le journalisme digne de ce nom doit déranger.

Le problème est qu’il a choisi un camp, pas comme informateur du public et analyste, mais en acteur engagé d’un affrontement politique permanent.

Or, lorsqu’un journaliste devient partie prenante d’un combat politique permanent, il ne peut plus revendiquer pleinement la posture d’arbitre ni celle de tiers indépendant.

L’investigation exige de la distance tandis que la croisade réclame alignement et conviction acharnée. Confondre les deux, comme le fait clairement Thomas Dietrich, expose à une perte de crédibilité durable. Ce qui est précisément son cas en ce moment.

 

Par Naby Laye Moussa

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Maison de la Presse de Mamou : chronique d’un abandon au cœur de la ville https://planete7.info/maison-de-la-presse-de-mamou-chronique-dun-abandon-au-coeur-de-la-ville/ Tue, 17 Feb 2026 12:15:24 +0000 https://planete7.info/?p=51563 Située en plein centre-ville de Mamou, en face de l’hôpital régional et à quelques mètres de la Radio Rurale, la Maison de la Presse locale, censée être un espace de référence pour les professionnels des médias, offre aujourd’hui un visage alarmant. Jadis symbole du dynamisme journalistique régional, le bâtiment n’est plus qu’une structure délabrée, abandonnée […]]]>

Située en plein centre-ville de Mamou, en face de l’hôpital régional et à quelques mètres de la Radio Rurale, la Maison de la Presse locale, censée être un espace de référence pour les professionnels des médias, offre aujourd’hui un visage alarmant. Jadis symbole du dynamisme journalistique régional, le bâtiment n’est plus qu’une structure délabrée, abandonnée aux aléas du temps et à l’indifférence des autorités.

À l’extérieur, une grande plaque d’identification, souvent renversée par les vents et maladroitement maintenue au ciment, constitue l’un des rares vestiges visibles de ce qui fut autrefois une véritable institution. À l’intérieur, le constat est encore plus préoccupant : murs fissurés, toiture percée, installations électriques défectueuses, salles poussiéreuses et infestées de termites. L’espace est devenu impraticable pour les réunions, les formations ou même les simples échanges professionnels. Lors des dernières pluies, les lieux se sont transformés en un véritable bourbier, rendant toute activité journalistique quasiment impossible.

Aucun équipement moderne n’y est disponible. Pas de matériel informatique, pas de connexion fiable, pas de salles fonctionnelles, ni même d’éclairage stable. Dans ces conditions, la Maison de la Presse ne joue plus son rôle de cadre de travail, d’apprentissage et de coordination pour les journalistes de la région. Seuls quelques professionnels, que l’on peut compter sur les doigts d’une main, continuent d’y passer par attachement symbolique, espérant une renaissance qui tarde à venir.

Cette situation ne date pas d’hier. Depuis plusieurs années, les journalistes de Mamou entendent les mêmes promesses : à chaque visite officielle, à chaque cérémonie protocolaire, des engagements sont pris pour la réhabilitation du bâtiment. Mais sur le terrain, les actes ne suivent pas. Les rares interventions se limitent à de simples rafistolages temporaires, sans impact durable. Résultat : la Maison de la Presse est progressivement tombée dans l’oubli, perdant sa fonction et son prestige.

La récente visite du Premier ministre Amadou Oury Bah à Mamou a ravivé les frustrations. En tournée nationale après le référendum du 21 septembre, le chef du gouvernement a séjourné dans la préfecture, animé une rencontre à la Maison des Jeunes et tenu une conférence de presse au gouvernorat. Plusieurs sujets ont été abordés, mais une question centrale est restée sans réponse : celle de la rénovation de la Maison de la Presse.

Interpellé directement par le directeur régional de l’Information et de la Communication, au nom des journalistes locaux, sur l’état critique du bâtiment et la nécessité urgente de travaux, le Premier ministre n’a fait aucune allusion à ce dossier dans sa réponse. Ni engagement, ni annonce, ni même un mot de considération pour ce lieu emblématique. Un silence qui a surpris et déçu l’assistance. Pour certains, il s’agirait d’un simple oubli ; pour d’autres, d’une esquive face à un sujet jugé secondaire dans l’agenda gouvernemental.

Pourtant, ailleurs, le contraste est saisissant. À Kankan, en Haute-Guinée, la Maison de la Presse a récemment bénéficié d’une rénovation complète. Équipée, moderne et fonctionnelle, elle accueille aujourd’hui des ateliers, des formations et des productions médiatiques de qualité. Elle est devenue un véritable pôle de référence pour les journalistes locaux, contribuant au renforcement de la démocratie et de l’information de proximité.

Pourquoi une telle disparité entre les régions ? Mamou, carrefour stratégique du Fouta-Djalon, dispose pourtant d’une presse active, couvrant des thématiques majeures comme l’agriculture, la santé, l’éducation et la vie politique régionale. Mais ses journalistes travaillent dans des conditions précaires, sans infrastructure digne de ce nom, ce qui nuit à la qualité du travail et à l’image de la profession.

Face à cette inertie, la presse locale de Mamou lance un appel solennel aux autorités. Au Premier ministre, au ministère de l’Information et de la Communication, mais aussi aux partenaires techniques et financiers : il est temps d’agir. La rénovation de la Maison de la Presse ne relève pas du luxe, mais d’une nécessité institutionnelle. Elle constitue un investissement stratégique pour la liberté d’expression, la transparence et la communication publique.

Les journalistes appellent également les entreprises privées, les ONG et la diaspora guinéenne à s’impliquer dans ce chantier. Transformer cet espace fantôme en une infrastructure moderne serait un signal fort en faveur d’une presse professionnelle, respectée et outillée pour servir les citoyens.

La Maison de la Presse de Mamou n’est pas seulement un bâtiment en ruine. Elle est le symbole d’un désengagement progressif envers l’information locale. La réhabiliter, c’est redonner de la dignité à une profession essentielle à la démocratie. Le silence ne peut plus durer. L’heure n’est plus aux promesses, mais à l’action. Mamou attend sa renaissance.

Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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