jeunesse – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Wed, 12 Aug 2026 17:40:26 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg jeunesse – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Football féminin : Sonfonia, les jeunes footballeuses profitent des vacances pour faire grandir leur rêve https://planete7.info/football-feminin-sonfonia-les-jeunes-footballeuses-profitent-des-vacances-pour-faire-grandir-leur-reve/ Wed, 12 Aug 2026 17:35:05 +0000 https://planete7.info/?p=61514 À Sonfonia, les vacances scolaires offrent un peu de répit aux élèves, mais pas aux jeunes passionnées de football. Sur les terrains de quartier, adolescentes et jeunes joueuses se retrouvent pour s’entraîner, progresser et entretenir un rêve : celui de faire un jour carrière dans le football. Entre manque d’infrastructures, équipements insuffisants et contraintes du […]]]>

À Sonfonia, les vacances scolaires offrent un peu de répit aux élèves, mais pas aux jeunes passionnées de football. Sur les terrains de quartier, adolescentes et jeunes joueuses se retrouvent pour s’entraîner, progresser et entretenir un rêve : celui de faire un jour carrière dans le football. Entre manque d’infrastructures, équipements insuffisants et contraintes du quotidien, elles s’accrochent pourtant à leur passion.

Le soleil décline progressivement sur Sonfonia. Sur le terrain, les cris des joueuses se mêlent aux consignes du coach. Courses, exercices techniques, passes et oppositions s’enchaînent. Pour ces jeunes footballeuses, les vacances sont loin d’être synonymes d’inactivité.

Elles viennent ici pour travailler leur technique, maintenir leur condition physique et surtout ne pas laisser leur rêve s’éloigner.

Dans plusieurs quartiers de la commune, les séances d’entraînement réunissent ainsi des adolescentes et de jeunes joueuses qui tentent de construire leur avenir autour du ballon rond. Certaines poursuivent leurs études, d’autres exercent de petits commerces pour subvenir à leurs besoins. Toutes partagent cependant la même ambition : progresser et, pourquoi pas, atteindre un jour le haut niveau.

Mais sur le chemin de ce rêve, les obstacles sont nombreux.

Pour le coach Alseny, de l’Académie Renaissance Club de Kobaya, le potentiel existe bel et bien. Ce qui manque, ce sont surtout les moyens nécessaires pour permettre aux jeunes filles de l’exprimer pleinement.

« Les jeunes filles ont énormément de talent et surtout une grande volonté de progresser. Le problème, c’est que nous manquons d’infrastructures sportives adaptées. Nous avons besoin de terrains aménagés, d’espaces sécurisés et de créneaux réguliers pour permettre aux filles de s’entraîner dans de bonnes conditions. »

À cette insuffisance d’infrastructures s’ajoute celle des équipements. Ballons, maillots, chaussures, chasubles ou encore matériel d’entraînement restent difficiles à obtenir pour de nombreuses joueuses.

« Les équipements sportifs font aussi défaut. Beaucoup de filles jouent avec les moyens du bord. Il faut des ballons, des maillots, des chaussures, des chasubles et du matériel d’entraînement. Si nous voulons véritablement développer le football féminin à la base, il faut accompagner ces jeunes et donner aux académies les moyens de travailler », souligne le technicien.

Pour lui, la période des vacances représente pourtant une opportunité précieuse. Les jeunes disposent de davantage de temps pour s’entraîner, tandis que les encadreurs peuvent davantage travailler sur la détection et le perfectionnement.

« Pendant les vacances, les filles disposent de plus de temps pour travailler. C’est donc une période idéale pour détecter les talents et améliorer leur niveau. Mais sans infrastructures et sans matériel, le travail des encadreurs reste limité », regrette-t-il.

À quelques mètres de là, Aminata Camara s’affaire avec ses coéquipières. Élève en classe de 12e année, la jeune fille mène une double vie pendant ces vacances : la journée est consacrée au commerce, tandis que les soirées sont réservées au football.

Cette organisation demande des sacrifices, mais Aminata refuse de renoncer à sa passion.

« Depuis mon enfance, j’aime le football et j’ai toujours pris beaucoup de plaisir à jouer. C’est une véritable passion pour moi. Pendant ces vacances, je profite de la journée pour vendre des marchandises et, le soir, je viens m’entraîner. Ce n’est pas toujours facile de concilier les deux, mais je fais tout mon possible parce que le football représente un rêve que je veux continuer à poursuivre. »

Pour elle, les études et le sport ne sont pas incompatibles. Bien au contraire, la jeune joueuse veut avancer sur les deux fronts.

« Mon objectif est de progresser, de continuer mes études tout en développant mes qualités de footballeuse. J’espère qu’un jour, j’aurai l’occasion de jouer à un haut niveau et de représenter fièrement mon pays. »

Un rêve qui dépasse donc les limites du quartier et se projette jusqu’à l’équipe nationale.

Comme Aminata, Aïcha Bangoura voit dans le football bien plus qu’un simple loisir. Pour cette jeune joueuse, le ballon rond représente une ambition qu’elle entend défendre malgré les difficultés.

« Je rêve de devenir une grande footballeuse. Le football est une véritable passion pour moi et c’est cette passion qui me pousse à continuer, malgré les difficultés. Je veux réussir dans mes études, mais je veux également pratiquer le sport, parce que je considère que les deux peuvent aller ensemble. »

Son parcours reste cependant marqué par plusieurs contraintes. Le manque d’équipements et les conditions d’entraînement ne sont pas les seuls obstacles. Le regard de la société constitue également un défi pour certaines jeunes filles qui choisissent de s’investir dans le football.

« Il y a des moments où c’est difficile. Nous n’avons pas toujours les équipements nécessaires et les conditions d’entraînement ne sont pas toujours favorables. Parfois aussi, il faut faire comprendre aux autres que les filles ont autant de droits et de capacités que les garçons pour pratiquer le football. Mais je ne veux pas abandonner. Je veux continuer à travailler pour atteindre mes objectifs. »

Pour Djenaba Faro, élève en classe de terminale, le chemin vers le football n’a pas toujours été simple. À ses débuts, ses parents voyaient d’un mauvais œil sa décision de pratiquer ce sport. Ils craignaient notamment que le football ne nuise à ses études.

Mais avec le temps, la jeune fille a réussi à faire évoluer leur regard.

« Au début, mes parents n’étaient pas favorables à ce que je joue au football. Ils avaient peur que cette activité puisse avoir un impact sur mes études et ils ne voyaient pas forcément le football comme une priorité pour une fille. Mais avec le temps, j’ai essayé de leur montrer que je pouvais poursuivre mes études tout en pratiquant mon sport. Aujourd’hui, ma maman comprend mieux ma passion et elle me soutient dans ce que je fais. »

Ce soutien familial est désormais devenu une source de motivation supplémentaire.

« Le football est devenu une partie importante de ma vie. Je sais que je dois d’abord réussir mes études, mais je veux également me donner une chance dans le football. Je travaille donc pour progresser, tout en restant concentrée sur mon parcours scolaire. Le soutien de ma mère me donne beaucoup de courage. »

À Sonfonia, ces jeunes filles incarnent une génération qui entend se faire une place dans un univers sportif encore largement dominé par les hommes.

Leur détermination est manifeste. Mais entre les terrains insuffisants, le manque d’équipements, l’encadrement limité et les contraintes liées aux études ou aux activités génératrices de revenus, leur parcours reste semé d’embûches.

Pour les encadreurs, la priorité est désormais de créer un environnement capable de transformer cette passion en véritable parcours sportif : des terrains adaptés, des équipements accessibles, un encadrement régulier et davantage d’opportunités de compétition.

Car sur ces terrains de Sonfonia, derrière chaque course, chaque passe et chaque duel se cache peut-être le talent d’une future internationale guinéenne.

Encore faut-il lui donner les moyens de rêver.

Et surtout, de transformer ce rêve en réalité.

Antoine Neima pour Planete7.info

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Guinée : Liovent’s lance officiellement « La Couronne d’Afrique », un concours de beauté au service du leadership et du développement https://planete7.info/guinee-liovents-lance-officiellement-la-couronne-dafrique-un-concours-de-beaute-au-service-du-leadership-et-du-developpement/ Sun, 02 Aug 2026 00:46:58 +0000 https://planete7.info/?p=60685 La Maison de la Presse de Conakry a servi de cadre, ce samedi, au lancement officiel de la première édition de La Couronne d’Afrique, une initiative portée par Guinée Liovent’s. Placée sous le thème « La beauté au service du leadership, de la culture et du développement de l’Afrique », cette compétition ambitionne de redéfinir […]]]>

La Maison de la Presse de Conakry a servi de cadre, ce samedi, au lancement officiel de la première édition de La Couronne d’Afrique, une initiative portée par Guinée Liovent’s. Placée sous le thème « La beauté au service du leadership, de la culture et du développement de l’Afrique », cette compétition ambitionne de redéfinir les standards des concours de beauté en faisant du leadership, de l’intelligence et de l’engagement citoyen les principaux critères de valorisation des candidats.

La cérémonie s’est déroulée en présence des membres du comité d’organisation, de partenaires, de professionnels du mannequinat ainsi que de nombreux représentants des médias. À cette occasion, les initiateurs ont dévoilé les grandes orientations de cette première édition, présentée comme bien plus qu’un simple concours d’élégance.

Selon les organisateurs, La Couronne d’Afrique se veut avant tout une plateforme de révélation de jeunes talents capables d’incarner des valeurs fortes et de porter des initiatives en faveur du développement du continent.

Revenant sur l’origine du projet, Sabine Doumia a expliqué que cette initiative est née d’une réflexion menée par le promoteur, M. Traoré, fort de plusieurs années d’expérience dans l’univers des concours de beauté.

« Pendant plusieurs années, nous avons participé à des concours de beauté. Mais nous n’avons pas vu le leadership être réellement mis en avant. Nous avons estimé que l’intelligence ne bénéficiait pas de la place qu’elle mérite dans ces compétitions. »

Face à ce constat, les promoteurs ont décidé d’adopter une approche innovante.

« Il a choisi de transformer une compétition de beauté en une véritable plateforme de promotion de l’intelligence, du leadership et de la cohésion sociale. C’est ainsi qu’est née La Couronne d’Afrique. »

Les organisateurs précisent que, même si cette première édition est organisée en Guinée, l’ambition du projet est résolument panafricaine.

« La Couronne d’Afrique ne s’adresse pas uniquement aux Guinéens. C’est une compétition panafricaine. Nous avons choisi de débuter en Guinée, mais tous les ressortissants étrangers résidant sur le territoire guinéen peuvent s’inscrire et concourir pour décrocher la couronne. »

Les critères de participation ont également été dévoilés au cours de la conférence de presse. Les candidats devront être âgés d’au moins 18 ans, résider en Guinée et, pour les participantes, maîtriser la marche en talons. Les organisateurs annoncent également l’organisation d’une élection de Miss et de Mister, une innovation qui se veut plus inclusive.

Au-delà des prestations scéniques, les candidats bénéficieront d’un programme de formation axé sur le développement personnel, le leadership, la culture, les actions sociales et plusieurs épreuves destinées à évaluer leurs compétences, leur personnalité et leur capacité à défendre des causes d’intérêt général.

À l’issue de ce lancement officiel, la phase des inscriptions est désormais ouverte. Les préparatifs conduiront à la grande finale, prévue le 21 novembre prochain à Conakry.

À travers La Couronne d’Afrique, Guinée Liovent’s entend promouvoir une nouvelle génération d’ambassadeurs africains, capables de mettre leur image, leur intelligence et leur leadership au service des valeurs du continent et de son développement.

 

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

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Kindia : le parcours inspirant d’Aïssatou Bagnan Diallo, une entrepreneure agricole qui a transformé les épreuves en force https://planete7.info/kindia-le-parcours-inspirant-daissatou-bagnan-diallo-une-entrepreneure-agricole-qui-a-transforme-les-epreuves-en-force/ Sun, 12 Jul 2026 19:20:55 +0000 https://planete7.info/?p=58971 Dans les plaines fertiles de Kindia, Aïssatou Bagnan Diallo s’est forgé une place dans un secteur où les femmes restent encore largement sous-représentées. Entre difficultés d’accès au foncier, actes de sabotage répétés et lourdes pertes financières, cette jeune entrepreneure agricole a fait de la résilience son principal moteur. Son parcours illustre les défis rencontrés par […]]]>

Dans les plaines fertiles de Kindia, Aïssatou Bagnan Diallo s’est forgé une place dans un secteur où les femmes restent encore largement sous-représentées. Entre difficultés d’accès au foncier, actes de sabotage répétés et lourdes pertes financières, cette jeune entrepreneure agricole a fait de la résilience son principal moteur. Son parcours illustre les défis rencontrés par de nombreuses femmes engagées dans l’agriculture, mais aussi leur capacité à se relever face aux obstacles.

Titulaire d’un diplôme en sciences économiques et gestion, Aïssatou Bagnan Diallo a choisi de se tourner vers l’agriculture, un domaine qu’elle considère comme un véritable levier de développement.

« Après l’obtention de mon diplôme en sciences économiques et gestion, j’ai opté pour l’agriculture. Je me suis lancée dans l’entrepreneuriat il y a cinq à six ans. Mes premières expérimentations sur le terrain m’ont permis de participer à un concours sous-régional où j’ai remporté un prix. C’est cette distinction qui m’a encouragée à venir à Kindia afin de mieux maîtriser ce domaine », explique-t-elle.

Comme beaucoup de jeunes entrepreneurs, ses débuts ont été marqués par des moyens limités avant de bénéficier d’un accompagnement déterminant.

« J’ai commencé avec mes propres moyens. Par la suite, j’ai été accompagnée par une institution internationale qui soutient les entrepreneurs africains, à travers la Fondation Tony Elumelu. Cet appui m’a permis de développer mon exploitation », confie-t-elle.

Mais au-delà des contraintes financières, la jeune entrepreneure a dû faire face aux préjugés liés à son statut de femme dans un secteur encore largement considéré comme masculin.

« Les difficultés ont été nombreuses. Je savais que je m’engageais dans un domaine que beaucoup considéraient comme réservé aux hommes. Je me suis donc préparée psychologiquement à affronter tous les obstacles », affirme-t-elle.

À ces défis se sont ajoutées les difficultés liées au foncier, un enjeu majeur pour les investisseurs agricoles en Guinée.

« Le processus d’installation a toujours été compliqué. J’ai acquis cette terre grâce au prix remporté auprès de la Fondation Tony Elumelu, mais j’ai compris plus tard que certains voulaient récupérer le terrain après avoir encaissé l’argent. Dans notre pays, les femmes rencontrent encore beaucoup de difficultés lorsqu’il s’agit d’accéder durablement à la propriété foncière », déplore-t-elle.

Son exploitation a également été confrontée à plusieurs actes de sabotage qui ont fortement affecté son activité.

« J’ai été victime à trois reprises : il y a eu un incendie, une dévastation de mes plantations et la coupure de fruits arrivés à maturité. Trois campagnes agricoles ont été touchées. Dès la première attaque, j’ai compris qu’il fallait me préparer à d’autres épreuves. Malheureusement, cela s’est confirmé », raconte-t-elle.

Malgré l’ampleur des pertes, Aïssatou Bagnan Diallo refuse d’abandonner. Soutenue par sa famille, ses amis et ses collaborateurs, elle décide de poursuivre son engagement.

« Alhamdoulillah, j’ai réussi à me relever. J’ai fait preuve de patience et de force mentale. Ma famille, mes amis et mes collaborateurs partageaient la même vision. Ensemble, nous avons refusé de céder au découragement et nous avons continué à avancer », souligne-t-elle.

L’année 2023 reste l’une des périodes les plus difficiles de son parcours.

« En 2023, c’était catastrophique. Des fruits presque arrivés à maturité, à seulement deux semaines de la récolte, ont été coupés et abandonnés sur place. Financièrement, le choc a été immense, mais moralement nous sommes restés debout. Grâce à l’accompagnement de la Banque mondiale à travers le projet PEDAC, nous avons réussi à nous réinventer », se souvient-elle.

Face à ces expériences, la sécurisation de son exploitation est devenue une priorité.

« Avec l’appui du projet PEDAC, nous avons décidé de commencer par sécuriser le site. Les actes de sabotage étaient clairement prémédités. Les auteurs s’attaquaient uniquement aux plantations arrivées à maturité pour nous décourager. Nous avons donc installé des caméras de surveillance afin de protéger notre investissement », explique-t-elle.

Aujourd’hui, le parcours d’Aïssatou Bagnan Diallo dépasse le simple cadre de l’entrepreneuriat agricole. Il symbolise la détermination d’une jeunesse guinéenne qui, malgré les difficultés liées au foncier, au financement et à la protection des exploitations, continue d’innover et de croire au potentiel de l’agriculture comme moteur de développement économique.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info

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Lettre ouverte au Président Mamadi Doumbouya: La jeunesse, véritable capital de la Guinée (Par Mamadou Bachir Barry) https://planete7.info/lettre-ouverte-au-president-mamadi-doumbouya-la-jeunesse-veritable-capital-de-la-guinee-par-mamadou-bachir-barry/ Thu, 02 Jul 2026 21:01:30 +0000 https://planete7.info/?p=58333 Paris, le 02 Juillet 2026 À Son Excellence Monsieur le Président de la République de Guinée Palais de la Présidence Conakry   Objet : Contribution à la réflexion sur le rôle central de la jeunesse dans la réussite des transformations en cours et sur l’évolution nécessaire du cadre d’action publique qui lui est consacré. Monsieur […]]]>

Paris, le 02 Juillet 2026

À Son Excellence Monsieur le Président de la République de Guinée Palais de la Présidence Conakry

 

Objet : Contribution à la réflexion sur le rôle central de la jeunesse dans la réussite des transformations en cours et sur l’évolution nécessaire du cadre d’action publique qui lui est consacré.

Monsieur le Président Mamadi Doumbouya

La Guinée se trouve à un tournant où ce qui compte le plus n’est plus seulement ce que nous extrayons du sol, mais ce que nous parvenons à construire dans les têtes et dans les mains de ceux qui auront à gérer le pays dans vingt ans. Les projets structurants en cours, et singulièrement le développement du gisement de Simandou dont la coordination institutionnelle a été confiée à M. Djiba DIAKITE, Ministre Directeur de Cabinet de la Présidence, créent une opportunité matérielle sans précédent. Ils ne créeront une prospérité partagée que si, parallèlement, nous constituons le capital humain capable de les faire vivre, de les dépasser et de les rendre utiles au plus grand nombre.

Cette évidence n’est pas nouvelle. Ce qui change aujourd’hui, c’est que nous disposons enfin des moyens financiers et des infrastructures en gestation pour la transformer en réalité. La question n’est plus de savoir si nous avons les ressources. Elle est de savoir si nous saurons former, organiser et mobiliser ceux qui devront les transformer en revenus durables, en entreprises locales, en services performants et en institutions solides. La jeunesse guinéenne n’est pas un groupe à encadrer ou à occuper. Elle est le principal facteur de production dont dépend la réussite ou l’échec de l’effort national en cours.

Les jeunes qui ont aujourd’hui vingt ans seront les cadres, les entrepreneurs, les techniciens et les décideurs intermédiaires au moment où les retombées des investissements actuels atteindront leur pleine mesure. S’ils maîtrisent les métiers techniques requis par les opérations minières et les activités qui gravitent autour d’elles, s’ils savent créer et faire grandir des entreprises de sous-traitance, s’ils sont à l’aise avec les outils numériques qui permettent d’optimiser les flux et de réduire les coûts, alors les projets en cours deviendront le socle d’une économie plus diversifiée. Dans le cas contraire, les postes qualifiés resteront occupés par d’autres, les contrats iront à des sociétés déjà structurées à l’extérieur, et les recettes, pour importantes qu’elles soient, ne modifieront que marginalement la structure productive du pays.

C’est pourquoi la richesse future de la Guinée ne se mesurera pas seulement en tonnes exportées ou en dollars encaissés. Elle se mesurera dans le stock de compétences, d’initiatives et de capacités d’organisation que nous aurons su accumuler dans la population active. Ce capital humain a sur les ressources naturelles un avantage décisif : il grandit quand on l’entretient. Il permet de répondre aux besoins immédiats tout en préparant les capacités pour l’après. Les pays qui ont réussi à diversifier leur économie à partir d’une base extractive l’ont fait en traitant la formation et le déploiement des compétences comme une fonction centrale de l’État, continue dans le temps et articulée avec les priorités économiques.

Cette fonction ne peut plus être traitée comme une mission sectorielle parmi d’autres. Le ministère en charge de la jeunesse accomplit un travail réel dans les domaines du sport, de la culture et de l’appui associatif. Ces missions gardent toute leur valeur. Elles contribuent à la santé, à la cohésion et à l’expression des talents. Elles ne suffisent cependant pas à préparer, à l’échelle et au rythme requis, les profils techniques, entrepreneuriaux et organisationnels dont l’économie aura besoin dans les dix à vingt prochaines années. Le ministère reste souvent cantonné à une logique d’activités parallèles plutôt qu’à une logique d’intégration systématique des jeunes dans le tissu productif.

Une doctrine plus adaptée consisterait à faire de ce ministère l’instance transversale chargée de veiller à ce que l’ensemble des politiques publiques – éducation, formation technique, emploi, industrie, aménagement du territoire, numérique – convergent vers un objectif commun : équiper la génération montante des capacités qui lui permettront de participer activement à la transformation en cours et à celles qui suivront. Ce rôle ne suppose pas de créer de nouvelles structures lourdes. Il suppose de donner à ce ministère un mandat de coordination et d’évaluation sur l’impact des politiques sectorielles sur les trajectoires des jeunes, et de lui fournir les moyens d’impulser les ajustements nécessaires.

Cette orientation se traduit par plusieurs lignes d’action qui s’appuient les unes sur les autres et qui peuvent être mises en œuvre à partir de ce qui existe déjà.

La première concerne l’alignement entre les formations et les besoins concrets de l’économie. Les projets miniers et les infrastructures associées créent une demande précise en profils techniques : maintenance industrielle, automatisme, logistique, contrôle qualité, gestion de projets, aspects environnementaux. Lorsque les centres de formation technique et les établissements supérieurs construisent leurs programmes en dialogue régulier avec les entreprises qui recrutent, les jeunes qui en sortent trouvent plus rapidement des positions correspondant à leur qualification. Les dispositifs d’apprentissage et de formation en alternance, lorsqu’ils sont dotés de financements stables et d’un suivi sérieux, permettent de réduire le décalage entre l’offre de formation et la demande d’emploi. Leur développement progressif, en commençant par les filières les plus directement utiles aux projets en cours, constitue un levier immédiat et mesurable.

La deuxième ligne d’action porte sur la création d’activités par les jeunes eux-mêmes. L’économie ne pourra absorber l’ensemble de la jeunesse dans les grands projets ou dans l’administration. Une part importante des opportunités viendra de la création de petites et moyennes entreprises dans les services aux industries, la transformation locale, la maintenance, le commerce organisé ou les prestations numériques. Pour que ces créations soient viables, les jeunes entrepreneurs ont besoin d’accéder à des marchés réels, notamment à travers les clauses de contenu local, d’un accompagnement technique adapté à leur secteur, et d’un environnement administratif et fiscal qui n’alourdisse pas inutilement la formalisation. Des instruments de garantie ciblés et des programmes de mentorat impliquant des entrepreneurs plus expérimentés peuvent augmenter le taux de survie des entreprises nouvelles sans créer de dépendance structurelle.

La troisième ligne d’action touche aux compétences numériques et à la préparation aux évolutions technologiques. La maîtrise des outils numériques de base devient une condition de productivité dans la quasi-totalité des métiers. Un technicien qui sait utiliser des applications de diagnostic, un entrepreneur qui gère ses stocks et ses ventes par des outils simples, un agriculteur qui accède à des informations de marché par téléphone, tous gagnent en efficacité. Les centres de formation ont intérêt à intégrer ces outils de manière transversale dans les cursus existants. Des partenariats ciblés avec des acteurs déjà avancés permettent d’accélérer l’acquisition de ces compétences sans tout réinventer. L’objectif immédiat n’est pas l’expertise avancée en intelligence artificielle, mais la littératie numérique appliquée aux métiers concrets que les jeunes exerceront dans les cinq à dix prochaines années.

La quatrième ligne d’action concerne le sport et la culture, envisagés comme des espaces de formation de compétences transversales et de création de valeur économique. La pratique sportive accessible développe la discipline, le travail en équipe et la résilience. Elle peut ouvrir des voies professionnelles dans l’encadrement, l’organisation ou la gestion d’équipements. Les industries culturelles et créatives valorisent des talents déjà présents chez de nombreux jeunes et peuvent générer des revenus sur le marché intérieur comme à l’exportation. Un soutien plus structuré à la formation dans ces filières, à la protection des droits des créateurs et à l’accès aux circuits de distribution permet de transformer des pratiques souvent informelles en activités économiques pérennes.

La cinquième ligne d’action est celle de l’engagement citoyen. Lorsqu’un jeune participe au suivi d’un projet local ou à l’amélioration d’un service public, il acquiert une connaissance pratique des institutions et développe un sentiment de responsabilité. Cet engagement nourrit l’initiative économique en créant des réseaux de confiance et en révélant des besoins non satisfaits. Des dispositifs permettant à des jeunes diplômés d’effectuer des périodes structurées au sein d’administrations locales ou de projets de développement, avec reconnaissance formelle de cette expérience, renforcent à la fois les capacités de l’État et la formation civique de la génération concernée.

La sixième ligne d’action a trait à la diaspora. De nombreux Guinéens ayant acquis une expérience professionnelle à l’étranger souhaitent contribuer au pays. Des programmes de retour temporaire pour des missions de formation ou de transfert de méthodes, des partenariats entre entreprises guinéennes et structures créées par des membres de la diaspora, ou des instruments facilitant les investissements de la diaspora dans des projets portés par des jeunes entrepreneurs locaux, permettent de mobiliser ces compétences de manière circulaire. L’objectif est d’enrichir le capital humain national sans exiger un retour définitif de chacun.

La septième ligne d’action concerne l’industrialisation et le contenu local. Les contrats miniers comportent des dispositions relatives à l’emploi national et à la sous-traitance locale. Leur efficacité dépend de l’existence d’un tissu d’entreprises et de travailleurs guinéens capables de répondre aux exigences techniques. Cela suppose des efforts continus en formation, certification et développement progressif des fournisseurs locaux. Une politique de contenu local réaliste ne se limite pas à des quotas. Elle crée les conditions pour que ces quotas puissent être atteints et augmentés au fil du temps, en renforçant les capacités productives du pays dans son ensemble.

La huitième ligne d’action porte sur l’équilibre territorial. La concentration des opportunités dans la région de Conakry exerce une pression forte sur les infrastructures urbaines et prive de nombreuses régions de leur capacité à retenir leurs jeunes dynamiques. Décentraliser une partie des infrastructures de formation, soutenir la création d’activités économiques dans les zones riches en ressources agricoles ou minières, et veiller à ce que les investissements en routes, énergie et télécommunications bénéficient aux territoires qui en ont le plus besoin, permet de donner à chaque jeune une chance réelle de construire son avenir là où il vit. Cela contribue à une répartition plus équilibrée des retombées et à une meilleure cohésion nationale.

Ces lignes d’action ne fonctionnent pas de manière isolée. Elles produisent des effets cumulatifs quand elles sont articulées. Un jeune formé à la maintenance industrielle qui bénéficie d’un accompagnement à la création d’entreprise et qui maîtrise les outils numériques de base peut proposer ses services aux opérateurs tout en développant une activité autonome. L’articulation de ces dimensions produit des résultats que des actions sectorielles séparées n’atteignent pas.

La mise en œuvre cohérente de cette orientation suppose des ajustements institutionnels limités mais précis. Un mécanisme de coordination de haut niveau, associant les ministères concernés, des représentants du secteur privé, des institutions de formation et des organisations de jeunesse, peut être chargé de définir les priorités communes, d’allouer les ressources de manière coordonnée et de suivre les résultats à l’aide d’indicateurs qui mesurent l’évolution effective des compétences dans l’économie, le taux d’insertion dans des emplois correspondant aux qualifications, la pérennité des entreprises créées par des jeunes et la perception qu’ont les jeunes de leurs perspectives dans le pays. Des évaluations régulières et rendues publiques permettent d’ajuster les actions et de rendre compte aux citoyens des progrès accomplis.

Cette approche n’oppose ni les générations ni les sensibilités politiques. Elle part du constat partagé que le développement durable de la Guinée passe par la pleine mobilisation de son capital humain le plus précieux : sa jeunesse. Elle s’appuie sur les avancées déjà réalisées, notamment autour du projet Simandou, et propose de les compléter par une meilleure articulation des efforts existants. Elle est compatible avec les capacités actuelles de l’administration et avec les ressources qui se dégagent progressivement des projets en cours. Elle peut être mise en œuvre de manière progressive, en commençant par les filières et les territoires les plus directement concernés.

La génération qui arrive aujourd’hui à l’âge adulte héritera d’un pays dont la structure économique est en train de se transformer. Si cette génération est équipée des compétences techniques, de l’initiative entrepreneuriale, de la maîtrise des outils modernes et du sens des responsabilités collectives nécessaires, alors les investissements réalisés aujourd’hui auront servi à bâtir quelque chose de durable. Si elle ne l’est pas, le pays risque de rester dépendant de l’extraction sans avoir construit les capacités qui permettent d’aller au-delà.

C’est cette conviction qui fonde les réflexions proposées ici. Elles n’ont d’autre ambition que de contribuer à une délibération collective sur la meilleure façon de préparer la jeunesse guinéenne à être l’acteur principal d’une transformation dont elle sera, dans vingt ans, la première responsable et la première bénéficiaire.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

Un citoyen guinéen attaché au progrès durable de la Nation

 

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Rapport annuel 2025 UNFPA Guinée : l’innovation et alliances stratégiques au cœur de l’autonomie des femmes et des jeunes https://planete7.info/rapport-annuel-2025-unfpa-guinee-linnovation-et-alliances-strategiques-au-coeur-de-lautonomie-des-femmes-et-des-jeunes/ Wed, 03 Jun 2026 15:23:30 +0000 https://planete7.info/?p=56707 Dans son rapport annuel 2025, l’UNFPA Guinée met en avant des résultats significatifs en matière de santé reproductive, d’éducation, de protection des droits des femmes et des jeunes, ainsi que de lutte contre les violences basées sur le genre. L’organisation souligne également le rôle déterminant de l’innovation et des partenariats stratégiques dans l’atteinte de ces […]]]>

Dans son rapport annuel 2025, l’UNFPA Guinée met en avant des résultats significatifs en matière de santé reproductive, d’éducation, de protection des droits des femmes et des jeunes, ainsi que de lutte contre les violences basées sur le genre. L’organisation souligne également le rôle déterminant de l’innovation et des partenariats stratégiques dans l’atteinte de ces résultats, en cohérence avec les ambitions du programme Simandou 2040.

Communiqué ci dessous :

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Bambéto : le gouvernement lance un ambitieux complexe éducatif moderne pour transformer l’enseignement public https://planete7.info/bambeto-le-gouvernement-lance-un-ambitieux-complexe-educatif-moderne-pour-transformer-lenseignement-public/ Thu, 07 May 2026 14:03:50 +0000 https://planete7.info/?p=55092 Le gouvernement guinéen a franchi une nouvelle étape dans sa politique de modernisation du système éducatif. Ce mercredi 6 mai 2026, le ministère de l’Éducation, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle a procédé à la pose de la première pierre d’un complexe éducatif moderne à Bambéto, dans la commune de Ratoma. […]]]>

Le gouvernement guinéen a franchi une nouvelle étape dans sa politique de modernisation du système éducatif. Ce mercredi 6 mai 2026, le ministère de l’Éducation, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle a procédé à la pose de la première pierre d’un complexe éducatif moderne à Bambéto, dans la commune de Ratoma.

La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, aux côtés du ministre de l’Éducation, Alpha Bacar Barry, en présence des autorités locales, des responsables éducatifs et de nombreux citoyens venus assister au lancement de ce projet présenté comme la première grande école publique moderne de Bambéto.

Porté par l’entreprise BDB Groupement, le futur complexe éducatif s’étendra sur une superficie de trois hectares et ambitionne de répondre aux besoins croissants en infrastructures scolaires dans cette partie de la capitale.

Dans sa présentation, le ministre Alpha Bacar Barry a détaillé les différentes composantes de ce campus éducatif de nouvelle génération.

« Le complexe comprendra un collège et un lycée avec 18 salles de classe, des laboratoires numériques, des bibliothèques, des salles polyvalentes, une cantine et une infirmerie. Une école primaire de neuf salles de classe sera également intégrée avec une direction, une cantine et une infirmerie », a-t-il expliqué.

Le ministre a également annoncé la construction de deux villas de fonction destinées aux responsables du complexe ainsi que de 36 logements modernes pour les enseignants, dans l’objectif d’améliorer leurs conditions de travail et de vie. Un terrain multisports dédié au football, au basketball et au volleyball figure aussi parmi les infrastructures prévues.

Prenant la parole à son tour, le Premier ministre Amadou Oury Bah a insisté sur le rôle central de l’éducation dans le développement économique et social d’un pays. Il a rappelé qu’investir dans l’école revient à préparer l’avenir et à renforcer la stabilité sociale.

« Celui qui ouvre une école ferme une prison », a-t-il déclaré, reprenant une célèbre citation pour illustrer l’importance stratégique de l’éducation dans la construction d’une nation.

Le chef du gouvernement a par ailleurs invité les parents de Bambéto à inscrire massivement leurs enfants à l’école, avec une attention particulière accordée à la scolarisation des jeunes filles.

À travers ce projet, les autorités entendent non seulement améliorer l’accès à une éducation de qualité, mais aussi offrir un cadre d’apprentissage moderne et adapté aux exigences du système éducatif actuel.

 

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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Conakry : l’ONG « Familles Je Vous Aime » lance la troisième édition de son programme fitness en prélude à son congrès international https://planete7.info/conakry-long-familles-je-vous-aime-lance-la-troisieme-edition-de-son-programme-fitness-en-prelude-a-son-congres-international/ Mon, 27 Apr 2026 02:31:02 +0000 https://planete7.info/?p=54586 À quelques semaines de son congrès international prévu du 25 au 30 mai 2025 à Conakry, l’ONG « Familles Je Vous Aime » (FJVA) intensifie ses activités de terrain. Ce week-end, elle a organisé à Sonfonia la troisième édition de son programme de fitness, une initiative désormais bien ancrée dans son agenda communautaire. Placée sous […]]]>

À quelques semaines de son congrès international prévu du 25 au 30 mai 2025 à Conakry, l’ONG « Familles Je Vous Aime » (FJVA) intensifie ses activités de terrain. Ce week-end, elle a organisé à Sonfonia la troisième édition de son programme de fitness, une initiative désormais bien ancrée dans son agenda communautaire.

Placée sous le thème « Réunir la jeunesse autour du sport », cette séance a rassemblé un public diversifié composé de jeunes, de responsables associatifs et de riverains, venus partager un moment de cohésion et de bien-être. L’ambiance, à la fois dynamique et conviviale, témoigne de l’intérêt croissant suscité par cette activité hebdomadaire.

Coordinateur de l’ONG, Ibrahima Tenemba Kourouma souligne la portée stratégique de cette initiative dans la préparation du congrès jeunesse FJVA 2026 : « Nous en sommes à la troisième édition de ce programme de fitness. Notre ambition est de cultiver un esprit sportif chez les jeunes, de renforcer leur bien-être physique et mental, et de les encourager à s’engager activement au service de la nation. Chaque session est aussi une opportunité de fédérer différentes associations et d’impliquer davantage la communauté locale. »

Encadrant les exercices, le coach Mouctar se réjouit de l’engouement progressif autour de l’initiative : « Nous nous retrouvons ici chaque dimanche, et la participation ne cesse d’augmenter. C’est encourageant de voir autant de personnes prendre conscience de l’importance de l’activité physique. »

Parmi les participants, Daouda Camara, venu pour la première fois, salue une expérience enrichissante : « C’est une excellente initiative. Cette séance m’aide non seulement à rester en forme, mais aussi à adopter un mode de vie plus sain. »

Au-delà de l’aspect sportif, ce programme s’inscrit dans une démarche plus large de promotion de la santé, de la solidarité et de l’engagement citoyen. À travers ces rencontres régulières, l’ONG « Familles Je Vous Aime » confirme sa volonté de faire de la jeunesse un levier central du développement social, tout en préparant activement un rendez-vous international qui s’annonce fédérateur.

 

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

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Djiba Diakité : « Aucun pays ne peut se développer durablement sans investir dans sa jeunesse » https://planete7.info/djiba-diakite-aucun-pays-ne-peut-se-developper-durablement-sans-investir-dans-sa-jeunesse/ Sun, 26 Apr 2026 23:27:41 +0000 https://planete7.info/?p=54580 Le ton est donné, et il est sans équivoque. À l’occasion du lancement officiel de la 18e édition des 72 Heures du Livre, sur les rives du lac Gbassikolo, Djiba Diakité a livré une intervention percutante, à la fois politique, éducative et profondément engagée. Face à un public composé d’acteurs culturels, d’étudiants, d’écrivains et de […]]]>

Le ton est donné, et il est sans équivoque. À l’occasion du lancement officiel de la 18e édition des 72 Heures du Livre, sur les rives du lac Gbassikolo, Djiba Diakité a livré une intervention percutante, à la fois politique, éducative et profondément engagée. Face à un public composé d’acteurs culturels, d’étudiants, d’écrivains et de partenaires institutionnels, le haut responsable guinéen a placé la jeunesse au centre de toutes les priorités nationales.

« Aucun pays ne peut se développer durablement sans investir dans sa jeunesse », a-t-il martelé d’entrée, posant ainsi les bases d’un discours construit autour d’une vision à long terme. Dans un contexte où la Guinée cherche à accélérer sa transformation structurelle, cette déclaration résonne comme une ligne directrice assumée par les autorités de la transition, sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya.

Au cœur de cette dynamique, le programme Simandou 2040 se présente comme le socle stratégique de cette ambition. Pour Djiba Diakité, il ne s’agit pas simplement d’un projet économique, mais d’un véritable levier de refondation nationale, où le capital humain occupe une place centrale. « Former une jeunesse compétente, bâtir des infrastructures éducatives modernes et nouer des partenariats d’excellence », a-t-il insisté, détaillant les piliers d’une politique éducative tournée vers la performance et l’ouverture internationale.

Dans cette perspective, l’initiative Simandou Academy apparaît comme l’un des instruments clés de cette vision. Elle ambitionne de redéfinir les standards de l’éducation en Guinée, en misant sur la qualité de la formation, la recherche scientifique et l’innovation. Un projet qui, selon Djiba Diakité, doit permettre de faire émerger une nouvelle génération de talents capables de porter le développement du pays sur les quinze prochaines années.

Mais au-delà des infrastructures et des réformes, c’est un symbole fort que le responsable guinéen a tenu à réaffirmer : celui du livre. « Au cœur de cette prospérité nationale, le livre est irremplaçable », a-t-il déclaré avec conviction. Une prise de position qui trouve tout son sens dans le cadre des 72 Heures du Livre, événement culturel majeur devenu au fil des années une plateforme incontournable de promotion de la lecture et du savoir en Guinée.

Dans une atmosphère à la fois festive et studieuse, cette 18e édition s’ouvre donc sous le signe de l’engagement et de la responsabilité collective. L’appel de Djiba Diakité va au-delà d’un simple discours institutionnel : il interpelle toute une génération, invitée à se saisir du livre comme outil d’émancipation et de transformation sociale.

En filigrane, c’est toute une vision de la Guinée de demain qui se dessine : une nation bâtie sur le savoir, portée par une jeunesse formée, consciente et ambitieuse. Et au lac Gbassikolo, ce message a trouvé un écho certain. Une véritable cognade.

 

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Sortir de la posture, entrer dans la charge (Par Amadou S. Tall) https://planete7.info/sortir-de-la-posture-entrer-dans-la-charge-par-amadou-s-tall/ Wed, 22 Apr 2026 12:08:00 +0000 https://planete7.info/?p=54271 En novembre 2024, lors d’un séjour à Kigali, une conversation informelle avec un interlocuteur que je venais à peine de rencontrer a fait basculer quelque chose dans ma manière de lire notre génération. Nous parlions de gouvernance, des blocages de nos États, de ce que nos pays n’arrivent pas à devenir. Et au détour d’une […]]]>

En novembre 2024, lors d’un séjour à Kigali, une conversation informelle avec un interlocuteur que je venais à peine de rencontrer a fait basculer quelque chose dans ma manière de lire notre génération.

Nous parlions de gouvernance, des blocages de nos États, de ce que nos pays n’arrivent pas à devenir. Et au détour d’une phrase, il a dit une chose très simple, presque banale, mais qui m’a accompagné pendant des mois : Le problème n’est ni le système, ni sa forme, mais l’absence de valeurs profondes chez ceux qui l’habitent.

Ce soir-là, dans une ville qui est l’un des rares laboratoires africains d’exécution politique, j’ai compris que nous avions passé trop de temps à débattre des architectures et pas assez à interroger les architectes. Nous-mêmes, en premier lieu.

Je fais partie de cette génération africaine formée à l’analyse, connectée au monde, outillée comme aucune avant elle, et pourtant étrangement dépendante de la parole.

Nous avons appris à diagnostiquer plus vite que nous n’apprenons à construire, à indexer les responsabilités plus finement que nous ne les assumons, à produire du contenu sur nos pays plus abondamment que nous ne produisons leurs infrastructures.

Ce n’est pas un défaut individuel, je m’y inclus pleinement d’ailleurs et pense qu’il s’agit d’une dérive collective, lente, presque imperceptible, et dont le coût ne se mesure pas aux réseaux sociaux mais aux décennies qui passent sans que rien ne change vraiment dans les fondations de nos économies et de nos États.

Il faut nommer cette dérive avec précision, parce que tant qu’elle reste diffuse, elle conserve son pouvoir.

Nous avons organisé, sans l’avoir décidé, une économie de la posture : un espace où la lucidité affichée tient lieu d’action, où la dénonciation vaut engagement, où le fait de voir le problème dispense, curieusement, d’avoir à le résoudre.

On y gagne parfois de la visibilité, on y conquiert une forme de reconnaissance symbolique, on y construit même des carrières entières.

Mais on n’y produit presque rien de ce qui, demain, permettra à nos sociétés de se tenir debout sans dépendre de l’extérieur pour leurs paiements, leurs infrastructures, leurs récits ou leurs décisions stratégiques.

Je ne lance pas ce constat depuis une position surplombante. Je l’ai d’abord fait sur moi-même. Pendant longtemps, j’ai cru que produire des idées, les partager, les défendre publiquement suffisait à participer au changement que j’appelais de mes vœux.

C’est en construisant Nimba SMS, dans un marché où presque tout restait à faire, que j’ai d’abord compris à quel point j’avais sous-estimé la différence entre parler d’un problème et résoudre un problème.

Mais c’est surtout en m’engageant, plus récemment, dans la construction de Guinee Alliance Startup, cette tentative patiente, parfois décourageante, de fédérer un écosystème startup guinéen encore fragmenté, que j’ai pris la mesure de ce que signifie réellement construire du collectif.

Rien n’y est évident. Il faut réconcilier des intérêts qui s’ignorent, parfois se défient. Il faut convaincre des acteurs qui n’ont pas encore l’habitude de se coordonner que leur intérêt n’est pas dans la compétition silencieuse mais dans l’alliance visible. Il faut absorber les découragements, les malentendus, les lenteurs institutionnelles, les promesses qui s’évaporent, et continuer.

Ce travail-là, je l’avais sous-estimé. Je le sous-estime encore, probablement, certains jours. Mais il m’a appris ceci : la différence entre celles et ceux qui transforment réellement un écosystème et celles et ceux qui le commentent ne se joue pas dans l’intelligence, elle se joue dans la capacité à rester, à tenir, à revenir le lendemain quand la veille a été difficile.

Cette expérience m’a conduit à une lecture que je crois juste de ce qui se joue actuellement sur le continent. Nos institutions ne sont pas étrangères à nous : elles sont le reflet, agrandi et parfois déformé, de nos comportements collectifs.

S’il y a du court-termisme dans nos politiques publiques, c’est parce qu’il y a du court-termisme dans nos ambitions privées.

S’il y a de l’opportunisme dans nos élites, c’est parce qu’il y a de la complaisance dans nos classes éduquées, celles-là mêmes qui devraient, par leur formation et leur exposition, tirer le niveau vers le haut.

Changer le système, ce n’est donc pas seulement changer ceux qui le dirigent, parce que le remplacement des individus sans transformation des habitudes ne produit qu’une rotation des mêmes logiques.

Changer le système, c’est d’abord se transformer soi-même, dans sa manière de travailler, d’interagir, d’assumer ses erreurs, de tenir dans la durée quand les résultats tardent à venir.

C’est à ce point précis que se dessine, je crois, la véritable ligne de fracture de notre génération.

Elle ne passe pas entre les diplômés et les autres, entre la diaspora et ceux qui sont restés, entre les entrepreneurs et les fonctionnaires.

Elle passe entre celles et ceux qui ont accepté que construire est long, souvent invisible, parfois décourageant, et qui s’y tiennent malgré tout et celles et ceux qui croient encore, consciemment ou non, qu’une bonne analyse, une vidéo bien faite, une indignation bien partagée suffiront à produire ce que seule une discipline de dix ou vingt ans est capable de produire.

Les premiers ne sont pas plus intelligents que les seconds. Ils ont simplement compris que, dans l’histoire des nations qui se sont redressées, aucune ne l’a fait par le verbe. Toutes l’ont fait par le geste, répété, patient, souvent impopulaire, presque toujours mal récompensé sur le moment.

Ce basculement a une exigence morale que nous avons du mal à regarder en face. Il impose de reconnaître que chaque position que nous occupons est une responsabilité qui nous dépasse, et que chaque compétence que nous avons acquise est un devoir de transmission envers celles et ceux qui viendront après nous.

Nous n’avons pas été formés, connectés, exposés au monde pour nous en servir à titre personnel. Nous l’avons été, par nos familles, par nos États, par les écosystèmes qui nous ont ouvert des portes, pour servir ce qui nous a construits.

C’est une inversion radicale de la logique dominante, qui nous apprend depuis des années à maximiser d’abord notre trajectoire individuelle, quitte à redistribuer plus tard quand nous serons en sécurité.

Or cette logique, poussée à grande échelle, produit exactement le continent que nous déplorons : un continent riche d’individus accomplis et pauvre de projets collectifs, brillant dans ses diasporas et fragile dans ses territoires.

Je ne crois pas, pour autant, aux discours qui opposent théâtralement la jeunesse africaine à ses États, à ses aînés, à ses institutions.

Ces oppositions nous coûtent cher parce qu’elles nous dispensent du travail le plus exigeant, qui est celui de la co-construction patiente, de la coalition silencieuse, du dialogue stratégique avec des acteurs que nous préférerions affronter tant l’affrontement est plus lisible et plus gratifiant que la négociation.

L’État, dans nos pays, n’est ni notre adversaire ni notre sauveur : il est un partenaire à actualiser, à éclairer de nos retours de terrain, à accompagner dans des transformations qu’il ne peut pas mener seul parce que personne, nulle part, ne transforme un pays depuis un seul centre de pouvoir.

La diaspora n’est pas une menace ni un sauvetage : elle est une extension de nous-mêmes, qu’il faut savoir relier aux dynamiques locales sans la romantiser ni l’instrumentaliser.

Les aînés ne sont pas un frein : ils sont une mémoire, parfois lourde, souvent précieuse, dont l’ignorance nous condamne à refaire des erreurs que d’autres ont déjà payées pour nous.

Fanon écrivait que chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. Je ne sais pas encore ce que fera la nôtre. Je sais en revanche qu’elle ne peut plus prétendre ne pas savoir ce qui lui est demandé.

Nous avons l’information, les outils, les modèles, les connexions, les exemples. Ce qui nous manque n’est plus l’accès.

C’est la décision, celle, difficile, de quitter le confort de la posture pour entrer dans l’inconfort de la charge, celle d’accepter que les transformations que nous appelons de nos vœux n’auront lieu que si nous consentons à les porter dans la durée, sans caméra, sans applaudissement, sans certitude même qu’elles aboutiront de notre vivant.

Ce consentement-là, personne ne peut le signer à notre place. Et c’est très exactement là, dans le silence de ce choix individuel répété à des millions d’exemplaires sur le continent, que commence le DEVOIR.


Amadou S. Tall – entrepreneur, auteur et ecosystem builder.

#TheCallOfDuty

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TRIBUNE : Chicha en Guinée, de loisir tendance à menace silencieuse pour la jeunesse https://planete7.info/tribune-chicha-en-guinee-de-loisir-tendance-a-menace-silencieuse-pour-la-jeunesse/ Fri, 27 Mar 2026 11:35:08 +0000 https://planete7.info/?p=53053 Dans plusieurs villes guinéennes, notamment à Conakry et Labé, la consommation de la chicha connaît une progression préoccupante. Autrefois cantonnée à un cadre festif ou occasionnel, elle s’impose désormais comme une pratique courante dans les espaces de divertissement, au point de s’ancrer dans les habitudes d’une partie de la jeunesse. Ce qui retient particulièrement l’attention, […]]]>

Dans plusieurs villes guinéennes, notamment à Conakry et Labé, la consommation de la chicha connaît une progression préoccupante. Autrefois cantonnée à un cadre festif ou occasionnel, elle s’impose désormais comme une pratique courante dans les espaces de divertissement, au point de s’ancrer dans les habitudes d’une partie de la jeunesse.

Ce qui retient particulièrement l’attention, c’est l’adhésion croissante des jeunes femmes à cette pratique. Longtemps marginale dans certains cercles, la chicha s’est progressivement banalisée, jusqu’à être associée à une certaine image de modernité, de liberté ou d’intégration sociale. Une perception trompeuse qui masque pourtant des risques bien réels.

Contrairement à une idée largement répandue, la chicha est loin d’être inoffensive. Les données issues du domaine de la santé publique mettent en évidence des effets nocifs significatifs : atteintes respiratoires, maladies cardiovasculaires et dépendance à la nicotine. Une seule séance de chicha peut exposer l’organisme à un volume de fumée équivalant à celui de plusieurs cigarettes, voire davantage. Un danger souvent sous-estimé par les consommateurs.

Mais au-delà des risques sanitaires déjà connus, une évolution encore plus alarmante se dessine. Dans certains milieux, la chicha est détournée de son usage initial pour devenir un support de consommation de substances psychoactives, notamment des drogues. Cette pratique, parfois ignorée par les utilisateurs eux-mêmes, amplifie considérablement les risques, tant sur le plan de la santé que sur celui de la sécurité sociale.

Face à cette situation, l’absence de réponse forte interpelle. La régulation de la chicha en Guinée demeure insuffisante, laissant proliférer des espaces de consommation peu ou pas contrôlés. Pourtant, l’urgence est réelle : encadrer la distribution, renforcer les contrôles et mener des campagnes de sensibilisation efficaces apparaissent aujourd’hui comme des priorités incontournables.

Cependant, la responsabilité ne saurait incomber uniquement aux autorités publiques. Les familles, les acteurs éducatifs et la jeunesse elle-même ont un rôle déterminant à jouer. Il s’agit avant tout d’un enjeu de prise de conscience collective. Ce qui est perçu comme un simple moment de détente peut rapidement évoluer vers une dépendance insidieuse, aux conséquences durables.

La jeunesse guinéenne constitue un pilier essentiel pour l’avenir du pays. La voir s’exposer à des pratiques à risque, sous couvert de loisir, est une dérive qui appelle à une mobilisation immédiate. Il est encore temps d’agir  mais le temps, lui, presse.

Thierno Abdourahmane Diallo, correspondant à Labé pour Planete7.info 

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