jeunes burkinabè – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Sun, 08 Nov 2026 05:33:22 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg jeunes burkinabè – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 N’Zérékoré : 16 jeunes orpailleurs burkinabè bloqués à la frontière ivoirienne, la police guinéenne organise leur retour https://planete7.info/nzerekore-16-jeunes-orpailleurs-burkinabe-bloques-a-la-frontiere-ivoirienne-la-police-guineenne-organise-leur-retour/ Sun, 08 Nov 2026 05:33:22 +0000 https://planete7.info/?p=67543 Seize ressortissants burkinabè, dont une fille, majoritairement mineurs ou adolescents, ont été pris en charge par les autorités guinéennes après avoir été refoulés à la frontière ivoirienne. De retour d’activités d’exploitation artisanale de l’or dans les préfectures de Siguiri et de Beyla, ces jeunes se sont retrouvés dans une situation difficile, faute de documents administratifs […]]]>

Seize ressortissants burkinabè, dont une fille, majoritairement mineurs ou adolescents, ont été pris en charge par les autorités guinéennes après avoir été refoulés à la frontière ivoirienne. De retour d’activités d’exploitation artisanale de l’or dans les préfectures de Siguiri et de Beyla, ces jeunes se sont retrouvés dans une situation difficile, faute de documents administratifs pour plusieurs d’entre eux. Une intervention de la police à N’Zérékoré a permis de faciliter leur prise en charge et de préparer leur retour au Burkina Faso.

Leur tentative de regagner leur pays s’est heurtée à un obstacle inattendu. Après avoir quitté les sites d’exploitation aurifère où ils travaillaient en Guinée, ces seize jeunes Burkinabè ont tenté de traverser la Côte d’Ivoire pour rejoindre leur pays d’origine. Mais à la frontière ivoirienne, leur passage leur aurait été refusé, notamment en raison de l’absence de pièces d’identification pour plusieurs membres du groupe et de la présence de mineurs.

Face à cette situation, les autorités guinéennes sont intervenues pour leur porter assistance et assurer leur retour vers N’Zérékoré. C’est dans l’après-midi du samedi 7 novembre 2026 qu’ils ont été conduits à la Direction régionale de la police, où les dispositions nécessaires ont été engagées pour organiser leur prise en charge.

Informé de leur situation, le directeur régional de la sûreté a pris contact avec le représentant de la communauté burkinabè résidant dans la région forestière. Ce dernier s’est rapidement mobilisé afin de contribuer à l’organisation du retour de ses compatriotes.

Parmi les personnes venues en aide au groupe figure Prospère Sawadogo, un étudiant burkinabè séjournant à Faranah pour des raisons familiales. Il raconte avoir découvert ces jeunes à la gare routière de N’Zérékoré, alors qu’ils cherchaient une solution pour regagner leur pays. Touché par leur situation et confronté à leurs difficultés de communication en français, il a décidé de leur apporter son assistance.

« J’ai rencontré des frères burkinabè qui revenaient des sites d’exploitation de l’or et qui tentaient de quitter la Guinée. En discutant avec eux, j’ai constaté que personne ne pouvait vraiment s’exprimer en français. Ils m’ont alors donné le numéro de leur grand frère, que j’ai contacté. Celui-ci m’a demandé de les accompagner pour faciliter leur retour au pays. Nous avons pris la route et tout se passait bien jusqu’à la frontière ivoirienne. Comme certains étaient des mineurs et que beaucoup n’avaient pas de documents, les autorités ivoiriennes nous ont informés que nous ne pouvions pas passer. Les autorités guinéennes nous ont ensuite pris en charge et ramenés à N’Zérékoré en toute sécurité », témoigne-t-il.

Selon Prospère Sawadogo, les jeunes ne provenaient pas tous d’une même localité. Certains exerçaient des activités aurifères dans le village de Baladou, relevant de la sous-préfecture de Boola, dans la préfecture de Beyla, tandis que d’autres étaient venus des sites d’exploitation de la région de Siguiri.

Au-delà des circonstances de leur déplacement, leur situation soulève également la question de la vulnérabilité des enfants et adolescents engagés dans l’exploitation artisanale de l’or, parfois au détriment de leur scolarisation et de leur protection.

Conscient de cette réalité, l’étudiant burkinabè a tenu à saluer l’accueil réservé au groupe par les autorités et les populations guinéennes. Il a surtout lancé un appel aux autorités de son pays pour que des mesures soient prises en faveur de l’éducation et de l’avenir de ces jeunes.

« Je remercie sincèrement les autorités guinéennes pour leur hospitalité et la fraternité dont elles ont fait preuve à notre égard. J’ai beaucoup apprécié la manière dont nous avons été traités. Concernant ces enfants, ils étaient venus pour travailler dans l’exploitation de l’or. Peut-être avaient-ils l’autorisation de leurs parents, ou peut-être sont-ils partis à leur insu. Mais mon appel aux autorités burkinabè est de faire en sorte que ces enfants puissent être éduqués, aller à l’école et abandonner ce genre de travaux », a-t-il plaidé.

Grâce à la collaboration entre la Direction régionale de la police et le représentant de la communauté burkinabè à N’Zérékoré, les dispositions ont finalement été prises pour faciliter le retour des seize ressortissants. Leur itinéraire devrait désormais passer par Koulemalé avant de rejoindre le Burkina Faso.

Cette situation met une nouvelle fois en évidence les risques auxquels sont exposés les jeunes migrants engagés dans l’exploitation artisanale de l’or. Entre mobilité transfrontalière, absence de documents administratifs et éloignement familial, le parcours de ces seize jeunes rappelle l’urgence de renforcer leur protection et de préserver leur accès à l’éducation.

Pépé Blaise Théa, correspondant à N’Zérékoré pour planète7.info 

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