État De Droit – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Mon, 23 Feb 2026 20:16:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg État De Droit – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Kankan : le procureur général Marouane Baldé dialogue avec la jeunesse et annonce la création d’un numéro vert https://planete7.info/kankan-le-procureur-general-marouane-balde-dialogue-avec-la-jeunesse-et-annonce-la-creation-dun-numero-vert/ Mon, 23 Feb 2026 20:16:02 +0000 https://planete7.info/?p=51764 Le procureur général près la Cour d’appel de Kankan, Marouane Baldé, a tenu, samedi 21 février 2026, une rencontre d’échanges avec les responsables de jeunesse des différents quartiers de la commune urbaine. Organisée à la Maison des jeunes de Kankan, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre l’institution judiciaire et les citoyens, en […]]]>

Le procureur général près la Cour d’appel de Kankan, Marouane Baldé, a tenu, samedi 21 février 2026, une rencontre d’échanges avec les responsables de jeunesse des différents quartiers de la commune urbaine. Organisée à la Maison des jeunes de Kankan, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre l’institution judiciaire et les citoyens, en particulier les jeunes.

Durant plusieurs heures de discussions, le magistrat est revenu sur le bien-fondé de cette démarche, qu’il présente comme une réponse aux réalités observées dans l’application de la loi pénale dans le ressort de la cour d’appel. Selon lui, il est désormais indispensable pour la justice d’aller à la rencontre des populations afin de mieux expliquer le rôle de la loi, ainsi que les droits et devoirs des citoyens.

« Nous avons compris qu’il faut aller vers les citoyens, engager un dialogue direct, notamment avec les jeunes, pour leur permettre de mieux appréhender la loi pénale et le fonctionnement de la justice. La justice est un service public au même titre que les autres secteurs de l’État, dont la mission première reste l’équilibre social et l’épanouissement de la société », a-t-il souligné.

Le procureur général a également précisé que cette rencontre constitue une première étape d’un programme plus large de sensibilisation. D’autres sessions d’échanges sont prévues avec diverses organisations et couches juvéniles, dans l’optique de renforcer leur compréhension des textes juridiques, notamment le Code pénal, le Code de procédure pénale, ainsi que les lois organiques et règlements en vigueur.

Fait marquant de cette rencontre, l’annonce officielle de la mise en place d’un numéro vert dédié à la jeunesse. Ce dispositif vise à faciliter la remontée d’informations depuis la base, en permettant aux jeunes de signaler directement les infractions à la loi pénale, y compris les cas de concussion ou toute pratique illégale présumée au sein des services de sécurité.

À travers cette initiative, le parquet général de Kankan entend consolider la collaboration entre la justice et les citoyens, avec un accent particulier sur la jeunesse, perçue comme un acteur clé dans la prévention de la délinquance, la promotion du civisme et le renforcement de l’État de droit.

Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info 

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Vᵉ République en Guinée : l’Union européenne plaide pour l’installation complète des institutions constitutionnelles https://planete7.info/v%e1%b5%89-republique-en-guinee-lunion-europeenne-plaide-pour-linstallation-complete-des-institutions-constitutionnelles/ Thu, 29 Jan 2026 10:37:39 +0000 https://planete7.info/?p=50918 À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Conakry, le représentant résident de l’Union européenne en Guinée a réaffirmé l’engagement de son institution aux côtés du pays, désormais engagé dans la Vᵉ République. Saluant l’élection présidentielle comme une étape décisive du processus de normalisation institutionnelle, le diplomate européen a toutefois insisté sur la nécessité de […]]]>

À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Conakry, le représentant résident de l’Union européenne en Guinée a réaffirmé l’engagement de son institution aux côtés du pays, désormais engagé dans la Vᵉ République. Saluant l’élection présidentielle comme une étape décisive du processus de normalisation institutionnelle, le diplomate européen a toutefois insisté sur la nécessité de mettre en place l’ensemble des institutions prévues par la Constitution afin de consolider l’État de droit et de renforcer l’attractivité économique de la Guinée.

Dans son intervention, il a rappelé l’ancienneté et la diversité du partenariat entre la Guinée et l’Union européenne. « La Guinée, historiquement, fait partie des pays ouverts à des partenariats extérieurs, des partenariats diversifiés. C’est dans ce cadre que l’Union européenne et la Guinée se retrouvent sur des sujets d’intérêt partagé, dans un cadre institutionnel qui nous rassemble, y compris avec de nombreux pays de la région », a-t-il souligné.

S’exprimant dans le contexte de la Vᵉ République, le représentant de l’UE a estimé qu’un tournant majeur avait été franchi avec l’élection présidentielle, tout en appelant à l’achèvement du dispositif institutionnel. « Un cap important, voire déterminant, a été franchi sur le plan institutionnel. Il est désormais essentiel que toutes les autres institutions prévues par la Constitution soient mises en place, ainsi que les textes organiques nécessaires à leur fonctionnement », a-t-il déclaré, faisant référence aux récentes annonces de membres du gouvernement sur l’élaboration de ces lois.

Pour l’Union européenne, l’enjeu est avant tout institutionnel. « Il s’agit d’avoir un pays doté d’institutions fortes, pleinement légales, reconnues et légitimes. La Constitution organise le fonctionnement des pouvoirs publics, mais elle porte aussi des innovations importantes, notamment la couverture maladie universelle, qui constitue une avancée majeure parmi d’autres », a précisé le diplomate.

Conditionnant l’engagement européen à l’effectivité de ces réformes, il a été clair : « C’est l’existence de pouvoirs issus de la Constitution, exerçant leurs mandats dans le respect de celle-ci, qui permet à l’Union européenne de s’engager pleinement aux côtés de la Guinée ».

Sur le plan économique, le représentant de l’UE a également mis en avant les opportunités offertes par le pays, tout en soulignant la nécessité d’un climat de confiance pour les investisseurs. « Les investissements européens et le savoir-faire de nos entreprises peuvent contribuer fortement au développement de la Guinée. Mais cela suppose un cadre stable, qui protège contre l’arbitraire, garantit la sécurité des personnes et rassure les opérateurs économiques », a-t-il affirmé.

Le diplomate européen a appelé à accélérer la finalisation du processus institutionnel. « La Guinée s’est engagée dans une trajectoire prometteuse. Il est désormais crucial que les dernières étapes soient franchies dans les meilleurs délais. Nous avons pris acte des annonces concernant la publication prochaine du calendrier électoral, attendue courant février, et nous restons attentifs à ces évolutions », a-t-il conclu.

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Tribune ouverte au président de la république de Guinée (par ousmane Barry) https://planete7.info/tribune-ouverte-au-president-de-la-republique-de-guinee-par-ousmane-barry/ Mon, 26 Jan 2026 19:59:57 +0000 https://planete7.info/?p=50842 TRIBUNE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE ACQUIS, DEFAILLANCES ET DEFIS DE LA TRANSITION – CAP SUR LA IVe REPUBLIQUE Excellence Monsieur le Président de la République, Quatre années de Transition constituent un moment charnière dans la vie d’une Nation. Elles ne sauraient tout résoudre, mais elles ont le devoir de préparer solidement […]]]>

TRIBUNE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE

ACQUIS, DEFAILLANCES ET DEFIS DE LA TRANSITION – CAP SUR LA IVe REPUBLIQUE

Excellence Monsieur le Président de la République,

Quatre années de Transition constituent un moment charnière dans la vie d’une Nation. Elles ne sauraient tout résoudre, mais elles ont le devoir de préparer solidement l’avenir. À l’heure où la Guinée s’apprête à franchir un nouveau cap institutionnel, il est légitime, et même nécessaire, de poser un regard lucide, responsable et constructif sur les acquis, les défaillances et les défis qui s’ouvrent à l’horizon de la Ve République.

Des acquis réels à consolider:

La Transition a permis un retour affirmé de l’autorité de l’État, une discipline administrative renforcée et une volonté manifeste de refondation institutionnelle. À ces éléments s’ajoutent deux acquis majeurs qu’il convient de saluer avec objectivité.

D’une part, la construction et la réhabilitation : d’infrastructures publiques sur l’ensemble du territoire national : routes, ouvrages structurants, bâtiments administratifs et équipements collectifs. Ces investissements, visibles et concrets, participent à la mobilité, à l’intégration économique des territoires et à la restauration de la présence de l’État dans des zones longtemps marginalisées. Une Nation se construit aussi par ses routes, ses ponts et ses services publics accessibles.

D’autre part, la République s’est dotée d’une communication institutionnelle plus professionnelle, structurée et cohérente. La parole de l’État est désormais mieux incarnée, plus lisible, plus maîtrisée. Cette communication, lorsqu’elle est au service de l’intérêt général, contribue à la stabilité, à la pédagogie de l’action publique et à la crédibilité internationale du pays.

Ces acquis sont importants. Ils doivent cependant être institutionnalisés, protégés de toute personnalisation excessive et inscrits dans la durée.

Les défaillances à corriger sans détour:

Reconnaître les acquis ne dispense pas d’une exigence de vérité. Des manquements subsistent, notamment en matière de lisibilité des politiques publiques, d’évaluation des résultats et d’inclusion effective des citoyens dans la compréhension des réformes engagées.

La justice, pilier de l’État de droit, reste un chantier central. Elle doit gagner davantage en indépendance perçue, en célérité et en égalité de traitement, afin que chaque citoyen, quelle que soit sa condition, ait confiance dans l’institution judiciaire.

Les défis économiques : produire, transformer, employer

Les sept prochaines années devront être celles d’une économie productive et inclusive. La Guinée doit transformer ses ressources localement, soutenir ses PME, encourager l’entrepreneuriat des jeunes et créer des emplois durables. La croissance ne peut rester abstraite ; elle doit se traduire dans le quotidien des familles, dans l’emploi, le pouvoir d’achat et la dignité du travail.

L’éducation, urgence stratégique

Aucune infrastructure, aussi moderne soit-elle, ne remplacera un système éducatif performant. Former sans insérer est une impasse ; insérer sans former est une illusion. La IVe République devra engager une réforme profonde reliant l’école, la formation professionnelle, l’université et le marché de l’emploi. Investir dans l’enseignant, les programmes, l’orientation et les équipements éducatifs est un impératif national.

Justice et respect de l’État de droit:

La Guinée de demain devra être jugée à la solidité de son État de droit. Le respect strict des décisions de justice, la protection des libertés fondamentales et la prévisibilité du droit sont des conditions non négociables de la stabilité et de l’investissement.

Le choix du Premier Ministre et du Gouvernement

À l’aube de la IVe République, le choix du Premier Ministre et de l’équipe gouvernementale constituera un signal fort. Le pays attend une équipe compétente, intègre, sobre, orientée vers la culture du résultat et la redevabilité. Gouverner ne doit pas être un privilège, mais un service rendu à la Nation.

Se projeter vers la IVe République:

Excellence Monsieur le Président, l’Histoire offre parfois à un homme l’opportunité de transformer une Transition en héritage républicain durable. La IVe République doit être celle des institutions fortes, des infrastructures utiles, d’une communication d’État responsable, d’une justice respectée, d’une école refondée et d’une économie créatrice d’emplois.

La Guinée n’attend pas seulement des symboles. Elle attend des résultats durables, mesurables et équitables.

Que Dieu accorde au Président sagesse, justice et force, afin qu’il serve la Nation avec loyauté et conduise le peuple sur le chemin de la paix et du progrès. Amen.

Ousmane BARRY

Sociologue & Masterant en Ressources Humaines

Un citoyen engagé pour la République.

Présidence de la République de Guinée

Président Mamadi Doumbouya

Primature de la République de Guinée

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Kankan : Marouane Baldé officiellement installé procureur général près la Cour d’appel https://planete7.info/kankan-marouane-balde-officiellement-installe-procureur-general-pres-la-cour-dappel/ Wed, 24 Dec 2025 23:27:00 +0000 https://planete7.info/?p=49883 Marouane Baldé a été officiellement installé dans ses fonctions de procureur général près la Cour d’appel de Kankan, succédant à M. Algassime Diallo, récemment appelé à d’autres responsabilités. La cérémonie d’installation s’est déroulée le mercredi 23 décembre, dans l’enceinte de la Cour d’appel, en présence des autorités judiciaires, administratives et de plusieurs invités de marque. […]]]>

Marouane Baldé a été officiellement installé dans ses fonctions de procureur général près la Cour d’appel de Kankan, succédant à M. Algassime Diallo, récemment appelé à d’autres responsabilités. La cérémonie d’installation s’est déroulée le mercredi 23 décembre, dans l’enceinte de la Cour d’appel, en présence des autorités judiciaires, administratives et de plusieurs invités de marque.

La mission d’installation a été conduite par Maître Billy 1 Keita, chef de cabinet au ministère de la Justice et des Droits de l’Homme. Dans son allocution, il a salué le parcours professionnel et les résultats obtenus par le nouveau procureur général, notamment lors de son passage à la tête du parquet du Tribunal de première instance de Kankan.

« Marouane Baldé a significativement contribué à la réduction de la délinquance et de la criminalité dans sa précédente fonction », a-t-il souligné.

Maître Keita a également mis en avant la portée symbolique et institutionnelle de cette nomination, estimant que la confiance placée en Marouane Baldé par le Président de la République, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, constitue « un signal fort et porteur d’espoir pour le renforcement de l’État de droit ».

Prenant la parole à son tour, le nouveau procureur général a exprimé sa gratitude au Chef de l’État ainsi qu’aux populations des régions concernées.

« Je remercie le Président de la République, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, pour la confiance placée en ma personne, ainsi que les populations de Kankan, de Faranah et de Nzérékoré », a-t-il déclaré.

Marouane Baldé a réaffirmé sa détermination à exercer ses nouvelles fonctions avec rigueur et responsabilité. Il s’est engagé à œuvrer pour le maintien de l’ordre public, la lutte contre la criminalité et l’application stricte de la loi, en étroite collaboration avec les avocats généraux et l’ensemble des magistrats du ressort.

« Faire de la loi une priorité absolue. Que la loi demeure forte, rien que la loi », a-t-il insisté.

Enfin, le procureur général a lancé un appel à la population, l’invitant à une coopération active avec les autorités judiciaires. Selon lui, le respect de la loi, la sécurité et la paix sociale constituent des piliers indispensables au développement durable et à la stabilité de la nation.

Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info 

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Dernière minute – Le Barreau de Guinée lève la suspension de ses activités : un tournant dans la crise judiciaire https://planete7.info/derniere-minute-le-barreau-de-guinee-leve-la-suspension-de-ses-activites-un-tournant-dans-la-crise-judiciaire/ Wed, 16 Jul 2025 12:52:31 +0000 https://planete7.info/?p=43769 Réuni en assemblée générale extraordinaire ce mercredi 16 juillet 2025, le Barreau de Guinée a décidé de suspendre le mot d’ordre de boycott des activités judiciaires en vigueur depuis le 23 juin dernier. Cette levée partielle de la grève marque un apaisement notable dans la crise qui secouait la justice guinéenne depuis près d’un mois. […]]]>

Réuni en assemblée générale extraordinaire ce mercredi 16 juillet 2025, le Barreau de Guinée a décidé de suspendre le mot d’ordre de boycott des activités judiciaires en vigueur depuis le 23 juin dernier. Cette levée partielle de la grève marque un apaisement notable dans la crise qui secouait la justice guinéenne depuis près d’un mois.

Ce mouvement de protestation, reconduit lors d’une précédente assemblée le 7 juillet, faisait suite à l’enlèvement et aux actes de torture subis par l’ancien bâtonnier Me Mohamed Traoré, ainsi qu’à une série de dysfonctionnements majeurs dans le fonctionnement de l’appareil judiciaire, dénoncés par la corporation.

L’assemblée de ce mercredi visait à réévaluer la situation à l’origine de la mobilisation. Après des échanges approfondis sur les avancées observées, les membres du Barreau ont procédé à un vote. La majorité s’est exprimée en faveur d’une suspension du boycott, ouvrant ainsi la voie à une reprise progressive des activités dans les différentes juridictions du pays.

Cette décision, attendue par de nombreux justiciables, pourrait relancer le dialogue entre les avocats et les autorités judiciaires, et poser les bases d’une réforme structurelle du système judiciaire guinéen.

Le Barreau reste toutefois vigilant et entend poursuivre le suivi des engagements pris, tout en restant mobilisé pour la défense de l’État de droit et de l’indépendance de la justice en Guinée.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

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« Même si nous ne leur donnons rien, comme c’est souvent le cas, rendons tout au moins aux valeureux avocats un hommage mérité » Dr Faya Lansana MILLIMOUNO https://planete7.info/meme-si-nous-ne-leur-donnons-rien-comme-cest-souvent-le-cas-rendons-tout-au-moins-aux-valeureux-avocats-un-hommage-merite-dr-faya-lansana-millimouno/ Sun, 06 Jul 2025 20:08:43 +0000 https://planete7.info/?p=43474 En Guinée, les avocats ne défendent pas que des dossiers. Ils défendent l’idée même de justice.  Dans les sociétés démocratiques, la justice repose sur trois piliers : une magistrature indépendante, un ministère public impartial, et une défense libre. En Guinée, ce dernier pilier tient souvent seul l’édifice debout, dans des contextes où la séparation des […]]]>

En Guinée, les avocats ne défendent pas que des dossiers. Ils défendent l’idée même de justice.
 Dans les sociétés démocratiques, la justice repose sur trois piliers : une magistrature indépendante, un ministère public impartial, et une défense libre. En Guinée, ce dernier pilier tient souvent seul l’édifice debout, dans des contextes où la séparation des pouvoirs n’est plus qu’un vœu pieux.

Trop souvent réduits à leur rôle technique ou perçus à travers le prisme des affaires médiatisées, les avocats sont pourtant les derniers recours des faibles, des marginalisés, des persécutés, des citoyens sans voix. Ils ne se contentent pas d’appliquer le droit ; ils le défendent, parfois contre les institutions elles-mêmes. Leur engagement ne se limite pas à des consultations juridiques ou à des audiences. Il est un acte militant, un combat quotidien pour préserver l’essence même de l’État de droit.

Un engagement silencieux, mais essentiel !

Chaque jour, des avocats guinéens défendent des détenus politiques, des militants, des syndicalistes, des jeunes manifestants, parfois arrêtés arbitrairement, souvent privés de garanties procédurales élémentaires. Ces robes noires affrontent les lenteurs de la justice, les intimidations, les convocations abusives, les tentatives de décrédibilisation, voire les menaces personnelles.

Et pourtant, ils tiennent bon. Non pas pour la gloire ou l’argent, car il y a peu de gloire à défendre un manifestant oublié en prison depuis des mois, et moins encore d’argent à plaider des causes qui dérangent, mais par conviction. Par conscience. Par fidélité à une certaine idée du droit et de la dignité humaine.

Ce sont ces femmes et ces hommes, debout face à l’arbitraire, qui maintiennent vivante la flamme vacillante de la justice dans notre pays.

Des noms, des combats, des symboles

Parmi ces avocats, certains sont devenus, malgré eux, des figures emblématiques de ce combat. Maître Mohamed TRAORE, ancien bâtonnier, est de toutes les causes sensibles : défense de prisonniers politiques, dénonciation des atteintes à l’État de droit, plaidoyers pour la liberté d’expression. Maître Salif BEAVOGUI, infatigable, enchaîne les audiences, multipliant les interventions dans les prisons du pays, défendant les laissés-pour-compte. Maître Faya Gabriel KAMANO, mon oncle et mon avocat personnel à tout faire. Maître Thierno Souleymane BALDE, Maître Pépé Antoine LAMAH, et tant d’autres encore, bravent les pressions, souvent dans l’indifférence générale, pour faire vivre la promesse républicaine d’une justice égale pour tous.

Ils n’ont pas les honneurs des plateaux télé. Ils n’ont pas les décorations officielles. Ils n’ont pas les moyens des cabinets huppés. Mais ils ont, et c’est peut-être plus important, la confiance de ceux qu’ils défendent et, pour certains d’entre nous, notre respect.

Rendons-leur ce que l’État leur refuse

Il est regrettable que ces avocats engagés travaillent souvent dans des conditions indignes : absence d’aide juridictionnelle structurée, manque de protection institutionnelle, agressions verbales et physiques, précarité professionnelle. L’État guinéen ne fait pas assez, voire rien  pour reconnaître ou soutenir leur mission.

Mais à défaut de leur offrir les moyens nécessaires à l’exercice plein de leur profession, nous pouvons, nous devons leur offrir autre chose : notre reconnaissance publique. Un hommage sincère, citoyen, qui dépasse les appartenances politiques ou idéologiques.

Ce minimum symbolique est essentiel. Car un pays qui maltraite ses avocats est un pays qui sape sa propre démocratie. Un pays qui n’écoute plus ses défenseurs, bientôt n’écoutera plus ses citoyens.

Pour conclure : la justice, ce n’est pas un luxe

Les avocats ne rendent pas seulement des services juridiques. Ils tiennent à bout de bras l’espoir d’une société plus juste, plus humaine, plus équilibrée. Sans eux, la violence remplace le droit, l’arbitraire remplace la procédure, la peur remplace la liberté.

Alors oui, même si nous ne leur donnons rien, ni moyens, ni décorations, ni répit,  rendons-leur au moins ce qu’ils méritent : un hommage juste, digne, appuyé. C’est le minimum que nous leur devons. Et c’est, surtout, ce que nous nous devons à nous-mêmes.

Ils sont les gardiens debout d’une société à genoux.
À eux, notre respect.
À eux, notre gratitude.
Et, peut-être un jour, à eux… la justice qu’ils ont tant défendue pour les autres.

Dr Faya Lansana MILLIMOUNO
Président du Bloc Libéral
 

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Création de la DGE : le Bloc Libéral dénonce une tentative de confiscation du pouvoir par le CNRD https://planete7.info/creation-de-la-dge-le-bloc-liberal-denonce-une-tentative-de-confiscation-du-pouvoir-par-le-cnrd/ Mon, 16 Jun 2025 00:24:11 +0000 https://planete7.info/?p=42733 Dans une déclaration rendue publique le 15 juin 2025, le Bloc Libéral (BL) s’insurge contre la création par décret présidentiel de la Direction Générale des Élections (DGE), placée sous tutelle du ministère de l’Administration du Territoire. Le parti dénonce une décision unilatérale, en dehors de tout cadre inclusif, qui, selon lui, s’inscrit dans une logique […]]]>

Dans une déclaration rendue publique le 15 juin 2025, le Bloc Libéral (BL) s’insurge contre la création par décret présidentiel de la Direction Générale des Élections (DGE), placée sous tutelle du ministère de l’Administration du Territoire. Le parti dénonce une décision unilatérale, en dehors de tout cadre inclusif, qui, selon lui, s’inscrit dans une logique de mainmise du CNRD sur le processus électoral. Il appelle à un dialogue politique sincère et à la mise en place d’un organe électoral indépendant, pluraliste et transparent.

Déclaration ci dessous :

La création de la DGE, en dehors de tout cadre inclusif, s’inscrit dans une logique préoccupante
de confiscation du pouvoir par le CNRD (Déclaration)

Déclaration No 91 du Bloc Libéral

Chers compatriotes,

Le Bloc Libéral (BL), fidèle à son engagement pour la démocratie, l’État de droit et la
souveraineté du peuple, prend acte de la création par décret présidentiel, en date du 14 juin
2025, de la Direction Générale des Élections (DGE), placée sous la tutelle du Ministère de
l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). Cette décision, présentée
comme un jalon sur la route du retour à l’ordre constitutionnel, soulève pourtant de graves
inquiétudes, tant sur la forme que sur le fond.
En effet, la République de Guinée traverse depuis plusieurs années une crise institutionnelle et
politique profonde, aggravée par le manque de dialogue, l’absence de vision partagée de la
transition, et la méfiance généralisée entre les acteurs politiques, sociaux et institutionnels.
Dans ce contexte de tension, où la parole publique est fragilisée et les intentions du pouvoir
militaire constamment mises en doute, toute réforme touchant aux mécanismes électoraux
devrait être l’objet d’un large consensus. Malheureusement, une fois de plus, les autorités de
la transition ont préféré l’unilatéralisme à la concertation, et l’imposition au dialogue.
La création de la DGE, en dehors de tout cadre inclusif, s’inscrit dans une logique préoccupante
de confiscation du pouvoir par le Conseil national du rassemblement pour le développement
(CNRD). Il est de notoriété publique que le Ministère de l’Administration du Territoire et de
la Décentralisation est l’un des piliers de la manipulation électorale dans notre pays. Depuis
l’avènement du multipartisme, ce ministère a toujours joué un rôle partisan, privilégiant les
régimes en place et verrouillant les dynamiques électorales à travers ses démembrements et
relais locaux. Confier à une direction logée sous cette tutelle la mission d’organiser, gérer et
superviser toutes les étapes du processus électoral revient, de fait, à remettre les clés de la
démocratie guinéenne à un organe connu pour son allégeance au pouvoir en place.
Cette décision suscite d’autant plus d’indignation qu’elle intervient à un moment critique de la
transition. À l’heure où les Guinéens attendent des signes de rupture avec les pratiques du
passé, le CNRD choisit de recycler les méthodes les plus contestées, en renforçant la mainmise
de l’administration sur le processus électoral. Il ne suffit pas de décréter l’autonomie financière
d’une structure pour la rendre indépendante. L’indépendance véritable se mesure à l’autonomie
de décision, à la composition pluraliste, à la transparence de fonctionnement et à la capacité de
résister aux pressions politiques.
Le Bloc Libéral tient à rappeler qu’aucune élection ne peut être considérée comme crédible,
inclusive et apaisée si les acteurs politiques et sociaux n’ont pas confiance dans l’organe qui
l’organise. Or, en Guinée, cette confiance a été méthodiquement sapée au fil des années par
une succession de scrutins mal préparés, de fichiers électoraux contestés, de résultats falsifiés,
de violences politiques et d’impunité généralisée. La défunte CENI, en dépit de ses défauts,
avait au moins le mérite d’avoir une existence juridique indépendante, avec une représentation
des partis politiques et de la société civile. Aujourd’hui, cette relative pluralité est balayée au
profit d’un organe strictement administratif, nommé, contrôlé et orienté par l’exécutif.
Les conséquences d’une telle approche sont potentiellement désastreuses. En effet, en
persistant à ignorer les appels à la transparence et à l’inclusion, la junte prend le risque
d’organiser des élections non consensuelles, qui pourraient déclencher des violences politiques
majeures. Dans un pays déjà marqué par de nombreuses pertes en vies humaines lors des
précédentes consultations, la moindre étincelle peut rallumer la flamme de l’instabilité. Le Bloc
Libéral refuse de voir la Guinée replonger dans des conflits inutiles et évitables, à cause d’une
gouvernance autoritaire et sourde aux exigences démocratiques.
Face à cette situation, le Bloc Libéral exige des garanties fermes et immédiates. Nous exigeons
que toutes les étapes du processus électoral soient placées sous le regard constant du public à
travers un organe technique indépendant de gestion des élections : depuis l’audit du fichier
électoral, en passant par l’enregistrement des électeurs, l’impression des cartes électorales, la
répartition du matériel électoral, jusqu’à la centralisation et à la publication des résultats.
Chaque donnée électorale doit être consultable, traçable et vérifiable. Le vote ne doit plus être
une affaire de coulisses, mais une affaire publique. Chaque citoyen guinéen a le droit de voter
en toute liberté, dans la transparence la plus totale, et dans la sécurité absolue. Ce droit ne peut
être garanti que si l’organe électoral est au-dessus de tout soupçon.
Nous appelons également à la présence effective et constante d’observateurs électoraux
indépendants, nationaux comme internationaux. Leur mission ne doit pas se limiter à la journée
du vote, mais couvrir l’ensemble du processus, depuis la phase préparatoire jusqu’à la
proclamation finale des résultats. La communauté internationale, les institutions régionales et
les partenaires de la transition doivent être vigilants et exigeants sur ce point.
Le Bloc Libéral réaffirme que la seule issue durable et pacifique à cette crise passe par un
dialogue politique inclusif, sincère et orienté vers des solutions concrètes. Ce dialogue doit
réunir, de façon paritaire, les représentants des partis politiques et les organisations de la société
civile de l’opposition face aux représentants du pourvoir (CNRD, le gouvernement, les partis
politiques et les organisations de la société civile qui soutiennent le pouvoir), pour définir
ensemble un cadre consensuel d’organisation des élections. Ce cadre doit impérativement
déboucher sur la mise en place d’une Commission électorale technique, indépendante,
pluraliste et professionnelle, dotée de ressources propres, de règles claires et de mécanismes de
contrôle efficaces.
Le peuple guinéen a trop souffert des élections truquées, des résultats manipulés, des
institutions au service des gouvernants et non des gouvernés. L’heure n’est plus aux promesses
ni aux effets d’annonce. L’heure est à l’action juste, à la refondation crédible, à la démocratie
réelle.
Le Bloc Libéral restera fermement engagé auprès du peuple de Guinée pour défendre la vérité
des urnes, l’égalité des droits, la justice électorale et la souveraineté populaire. Aucun
compromis ne sera fait sur l’essentiel : la Guinée mérite mieux qu’un simulacre de démocratie.
Elle mérite un processus électoral digne, respecté, et respectueux du peuple souverain.
Vive la République !
Vive la démocratie !
Vive la Guinée libre, juste et réconciliée avec elle-même !

Conakry, le 15 juin 2025

Le Bloc Libéral (BL

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Condamnation d’Aliou Bah : le MoDeL dénonce une justice sous influence et réaffirme son engagement pour l’État de droit https://planete7.info/condamnation-daliou-bah-le-model-denonce-une-justice-sous-influence-et-reaffirme-son-engagement-pour-letat-de-droit/ Sat, 31 May 2025 21:39:48 +0000 https://planete7.info/?p=42292 Le parti MoDeL rejette avec fermeté la décision de la Cour d’appel ayant confirmé la peine de deux ans de prison à l’encontre de son président, Aliou Bah. En assemblée générale ce samedi, la direction du parti a dénoncé une justice instrumentalisée et annoncé sa détermination à poursuivre le combat sur le plan judiciaire et […]]]>

Le parti MoDeL rejette avec fermeté la décision de la Cour d’appel ayant confirmé la peine de deux ans de prison à l’encontre de son président, Aliou Bah. En assemblée générale ce samedi, la direction du parti a dénoncé une justice instrumentalisée et annoncé sa détermination à poursuivre le combat sur le plan judiciaire et politique.

Réunis autour de leurs responsables ce samedi 31 mai, militants et sympathisants du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL) ont exprimé leur indignation face à la confirmation, deux jours plus tôt, de la condamnation d’Aliou Bah. La Cour d’appel a en effet maintenu la peine de deux ans de prison ferme prononcée contre le leader du parti, une décision que le MoDeL qualifie de politique et injuste.

Prenant la parole au nom de la formation, le porte-parole du MoDeL, Moïse Diawara, a dénoncé une décision dictée par des considérations étrangères à l’équité judiciaire : « Jusqu’au 27 mai dernier, nous voulions croire à l’impartialité de la justice. Nous espérions que la magistrate en charge de l’affaire ferait preuve de conscience et de responsabilité. Malheureusement, c’est l’instrumentalisation de la justice qui a prévalu. Nous contestons fermement ce verdict et, avec nos avocats, nous allons user de toutes les voies de recours encore disponibles. »

Selon le parti, le procès d’Aliou Bah s’est déroulé dans un climat marqué par des pressions et une volonté manifeste d’écarter un acteur politique engagé. Moïse Diawara a insisté sur le fait que le MoDeL, tout en rejetant cette décision, entend continuer son combat dans le strict respect des principes démocratiques : « Aliou Bah ne nous a jamais incités à la provocation ni à l’invective. Il nous appelle constamment à la retenue, au respect des institutions, même lorsqu’elles déçoivent. Il incarne l’esprit de paix. Sa place n’est pas en prison, mais aux côtés des Guinéens, dans un pays qui se veut respectueux des droits et libertés. »

Le MoDeL dépeint son président comme une figure de la jeunesse guinéenne, connue pour ses prises de position franches, mais aussi pour ses propositions concrètes en matière de gouvernance. Le parti souligne que l’engagement d’Aliou Bah dépasse la simple critique, s’inscrivant dans une volonté constructive de transformation du pays.

Dans un contexte où la défiance envers les institutions judiciaires grandit, le MoDeL dit refuser la résignation. Il appelle ses militants à rester mobilisés dans la légalité et à poursuivre la lutte pour la justice et la démocratie. « Ce combat est le nôtre. Il dépasse une personne. C’est celui de tous ceux qui aspirent à une Guinée équitable, démocratique et souveraine », a conclu Moïse Diawara, dans une atmosphère marquée par la gravité mais aussi par une détermination palpable.

Le MoDeL reste donc sur le front, entre recours juridiques et mobilisation citoyenne, bien décidé à faire entendre sa voix jusqu’à la réhabilitation de son leader.

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com

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Guinée : 257 recommandations de l’EPU pour tracer la voie des droits humains et du développement durable https://planete7.info/guinee-257-recommandations-de-lepu-pour-tracer-la-voie-des-droits-humains-et-du-developpement-durable/ Thu, 29 May 2025 17:48:39 +0000 https://planete7.info/?p=42199 Le Groupe des Organisations de la Société Civile Guinéennes sur les mécanismes des droits humains a tenu, ce jeudi, une conférence de presse à Conakry pour dévoiler les 257 recommandations adressées à la République de Guinée à l’issue du quatrième cycle de l’Examen Périodique Universel (EPU), tenu le 29 avril dernier à Genève sous l’égide […]]]>

Le Groupe des Organisations de la Société Civile Guinéennes sur les mécanismes des droits humains a tenu, ce jeudi, une conférence de presse à Conakry pour dévoiler les 257 recommandations adressées à la République de Guinée à l’issue du quatrième cycle de l’Examen Périodique Universel (EPU), tenu le 29 avril dernier à Genève sous l’égide du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Fruit d’un processus rigoureux d’évaluation de la situation des droits humains dans le pays, ces recommandations dessinent une feuille de route ambitieuse et incontournable pour renforcer l’État de droit, lutter contre les inégalités et favoriser un développement durable et inclusif.

Les recommandations couvrent l’ensemble des droits humains : civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. Elles accordent une attention particulière aux droits des femmes, des enfants, des personnes en situation de handicap ou en situation de vulnérabilité, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance des ressources naturelles et de protection de l’environnement.

Parmi les priorités soulignées par les organisations de la société civile figurent :

  • La lutte contre les disparitions forcées et l’amélioration des conditions de détention ;
  • La garantie de la liberté de la presse, de la liberté d’expression et du pluralisme politique ;
  • La ratification du Protocole de Paris relatif au statut des Institutions Nationales Indépendantes des Droits de l’Homme (INDH) ;
  • L’ouverture d’enquêtes diligentes et impartiales sur les violations des droits humains, dans des délais raisonnables, afin d’assurer justice et réparation aux victimes et mettre fin à l’impunité ;
  • L’accès à une éducation inclusive, équitable et de qualité ;
  • La lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales ;
  • Le respect des droits humains dans les projets de développement économique, à l’instar du projet minier de Simandou, identifié comme un levier stratégique de croissance durable et équitable.

Les organisations de la société civile guinéennes saluent la réception de ces recommandations par les autorités nationales. Elles appellent à leur mise en œuvre effective et transparente, en insistant sur la nécessité d’une volonté politique affirmée et d’une collaboration multisectorielle pour transformer ces engagements en réalités tangibles pour les populations.

Dans un contexte national marqué par une transition politique et des attentes sociales fortes, la mise en œuvre des recommandations de l’EPU représente une opportunité unique pour la Guinée de consolider ses institutions démocratiques, de réaffirmer son attachement aux normes internationales des droits humains et d’accélérer son développement sur des bases durables.

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com

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« L’Avocat guinéen, entre gladiateur de la République et bouc émissaire du cirque politique » https://planete7.info/lavocat-guineen-entre-gladiateur-de-la-republique-et-bouc-emissaire-du-cirque-politique/ Thu, 24 Apr 2025 02:40:06 +0000 https://planete7.info/?p=40805 Exercer le métier d’avocat en Guinée est déjà, en soi, un acte de foi. Mais être avocat pénaliste, et pire encore, avocat des causes politiques et des droits de l’Homme, relève du sacerdoce, voire du masochisme civique. Incontestablement, en Guinée, défendre, c’est souvent souffrir. Et plaider, c’est parfois périr symboliquement, sinon physiquement et parfois inutilement. […]]]>

Exercer le métier d’avocat en Guinée est déjà, en soi, un acte de foi. Mais être avocat pénaliste, et pire encore, avocat des causes politiques et des droits de l’Homme, relève du sacerdoce, voire du masochisme civique.

Incontestablement, en Guinée, défendre, c’est souvent souffrir. Et plaider, c’est parfois périr symboliquement, sinon physiquement et parfois inutilement.

L’avocat guinéen, dans sa souffrance quotidienne, vit dans une tension permanente : entre devoir professionnel et passion démocratique, entre exigences déontologiques et réalité sociopolitique crue. Il porte la robe comme un prêtre porte sa soutane, mais à la différence du prêtre, son église change de foi selon les saisons électorales.

Quand l’avocat défend un opposant arrêté, un militant brutalisé ou un activiste persécuté, il est un héros, « c’est l’avocat du peuple ». On le félicite. On l’adule. On le partage sur les réseaux sociaux. Certains même vont jusqu’à mettre sa photo sur leurs profils facebook et instagram. On l’appelle « défenseur des causes nobles », « vigie de la démocratie« , « l’avocat des faibles ».

Mais dès que ce même militant ou acteur politique devient président, ministre, directeur ou président de conseil d’administration, maire, il change de camp et tient un autre langage.

Le héros d’hier devient subitement « complice« , « corrompu« , « avocat des causes perdues » ou pire : « avocat alimentaire ». On l’accuse de « changer de camp », alors qu’il est resté avocat dans l’âme. Il devient ainsi la risée de ses anciens clients qui ont déménagé au palais.

Il y a dans ce pays un phénomène aussi mystérieux qu’un décret nocturne : l’ancien persécuté devient persécuteur. L’ancien détenu politique devient geôlier d’opinion. Et le comble de l’ironie, les nouvelles victimes viennent chercher le même avocat qui avait jadis défendu leur persécuteur ! Ainsi va la chaîne alimentaire judiciaire. « Le serpent se mord la queue, et l’avocat sert de nappe. »

On défend des hommes au nom des principes, et ces mêmes hommes, une fois au pouvoir, vous regardent comme une mauvaise photo d’archives. Quand ils étaient faibles, ils priaient. Maintenant qu’ils sont forts, ils oublient. Ou pire, ils vous demandent de clouer le bec.

Dans ce contexte, l’avocat guinéen n’est ni adulé ni haï : il est alternativement l’un et l’autre. Selon que vous épousiez ou non la cause qu’il défend.

Aujourd’hui, vous êtes célébrés pour avoir sauvé un opposant ; demain, vous êtes vilipendés pour avoir protégé un droit fondamental d’un autre camp. Entre deux commentaires Facebook, votre réputation se transforme en yoyo : elle monte ou descend selon les humeurs numériques.

<<Vraiment ! On a trop souffrance! On a beaucoup souffrance! On a beaucoup eu la tort dans ce pays!>>

Chers politiques, chers activistes, chers militants, chers donneurs d’ordres et d’opinions : respectez ceux qui vous défendent. Car, dans ce pays, les rôles changent plus vite qu’un gouvernement de transition. Et demain, celui que vous insultez pourrait bien être le dernier rempart entre vous et l’arbitraire.

La Guinée mérite mieux, elle mérite mieux que des mascarades judiciaires ou des procès-spectacles. Elle mérite des institutions fortes, où l’avocat n’est pas un simple figurant tragique ou décorateur, mais un acteur respecté de l’État de droit. « La roue de l’histoire tourne et elle tournera. » Les mêmes qui s’étaient confessés devant le Général au Palais du peuple, dès le lendemain du 5 septembre 2021, n’ont toujours pas tiré les leçons du passé. Ils persistent dans leur vieille habitude, et de la pire des manières. Une justice indépendante est une garantie pour tous et pour toujours.

Alors, rions un peu de ce cercle vicieux avant qu’il ne nous dévore tous. Et surtout, prenons au sérieux l’Avocat, ce professionnel qui, dans le vacarme des intérêts et des trahisons, tente encore de faire entendre la voix du Droit.

Comme le disait un penseur : «Respecte l’avocat, car il te défendra même lorsque plus personne ne prononce ton nom.»

Planete7.info 

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