Enfants – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Fri, 10 Apr 2026 15:17:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Enfants – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Kindia : à Dar-es-Salam, plus de 160 élèves contraints d’étudier dans des hangars précaires https://planete7.info/kindia-a-dar-es-salam-plus-de-160-eleves-contraints-detudier-dans-des-hangars-precaires/ Fri, 10 Apr 2026 15:16:09 +0000 https://planete7.info/?p=53660 À environ 35 kilomètres de la ville de Kindia, dans le district de Gomba Waliah, le secteur de Dar-es-Salam illustre avec acuité les défis persistants du système éducatif guinéen. Dans cette localité enclavée, plus de 160 élèves poursuivent leur scolarité dans des hangars de fortune, construits en paille et en matériaux rudimentaires, faute d’infrastructures scolaires […]]]>

À environ 35 kilomètres de la ville de Kindia, dans le district de Gomba Waliah, le secteur de Dar-es-Salam illustre avec acuité les défis persistants du système éducatif guinéen. Dans cette localité enclavée, plus de 160 élèves poursuivent leur scolarité dans des hangars de fortune, construits en paille et en matériaux rudimentaires, faute d’infrastructures scolaires adéquates.

Dans ces abris précaires, les conditions d’apprentissage sont particulièrement éprouvantes. Exposés aux intempéries, les élèves doivent interrompre les cours à la moindre pluie. Pendant la saison sèche, ils subissent une chaleur accablante, sans protection. L’absence de portes et la fragilité des installations laissent également place à des intrusions d’animaux, accentuant les risques pour les enfants.

« Nous avons trois niveaux la première, la deuxième et la troisième année pour un total de 160 élèves. Les hangars ne résistent ni au vent ni à la pluie. Parfois, l’eau envahit les classes, et les bœufs peuvent y pénétrer. Même les tables-bancs sont en mauvais état », explique Ousmane Bangoura, enseignant communautaire à l’école franco-arabe de Dar-es-Salam.

Face à cette situation, les parents d’élèves ont tenté d’apporter une réponse en érigeant eux-mêmes ces structures provisoires. Une initiative saluée, mais insuffisante pour garantir un cadre éducatif sécurisé et propice à l’apprentissage. L’éloignement des établissements scolaires modernes rend par ailleurs difficile toute alternative pour les familles, souvent limitées par des contraintes économiques.

« Les enfants sont motivés et veulent apprendre, mais ils manquent d’un environnement adapté. Envoyer un enfant en ville n’est pas à la portée de tous », souligne l’enseignant.

Les autorités locales ne cachent pas leur inquiétude. Lansana Camara, responsable de la jeunesse de Dar-es-Salam, alerte sur les conséquences directes de cette précarité : « En saison des pluies, les enfants sont trempés et leurs fournitures sont endommagées. En saison sèche, ils étudient sous un soleil brûlant. À cela s’ajoute la présence de serpents et d’autres animaux dans les hangars. »

Les élèves eux-mêmes expriment leur détresse, mais aussi leur détermination. Djibril Tata Sylla, en troisième année, lance un appel : « Nous étudions dans des conditions très difficiles. Nous demandons de l’aide pour avoir une vraie école. » Un message relayé par ses camarades, à l’image de Salématou Alya Camara, qui aspire à « étudier comme les enfants en ville », ou encore d’Alseny Hawa Camara, qui évoque « les dangers permanents » auxquels ils sont exposés.

Dans ce contexte, les habitants de Dar-es-Salam multiplient les appels à l’endroit des autorités et des partenaires au développement. Leur objectif est clair : obtenir la construction d’une école moderne, capable d’offrir aux enfants des conditions d’apprentissage dignes et sécurisées.

Au-delà de ce cas précis, la situation de Dar-es-Salam pose avec acuité la question de l’équité dans l’accès à l’éducation en Guinée, rappelant l’urgence d’investissements structurants pour garantir à chaque enfant les mêmes chances de réussite.

 

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planète7.info

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Lutte contre la malnutrition en Guinée : des journalistes s’unissent au sein de l’AJGN pour sensibiliser et agir https://planete7.info/lutte-contre-la-malnutrition-en-guinee-les-journalistes-sunissent-au-sein-de-lajgn-pour-sensibiliser-et-agir/ Fri, 02 May 2025 18:05:01 +0000 https://planete7.info/?p=41158 Dans un contexte où la malnutrition demeure une urgence silencieuse en Guinée, les professionnels des médias décident de rompre le silence. Réunis à la Maison de la Presse de Conakry, ils ont procédé au lancement officiel de l’Association des Journalistes Guinéens pour la Nutrition (AJGN), une initiative ambitieuse visant à renforcer l’implication des journalistes dans […]]]>

Dans un contexte où la malnutrition demeure une urgence silencieuse en Guinée, les professionnels des médias décident de rompre le silence. Réunis à la Maison de la Presse de Conakry, ils ont procédé au lancement officiel de l’Association des Journalistes Guinéens pour la Nutrition (AJGN), une initiative ambitieuse visant à renforcer l’implication des journalistes dans la lutte contre ce fléau. La conférence de lancement, placée sous le thème « Le rôle du journaliste dans la lutte contre la malnutrition en Guinée », marque un tournant dans l’approche médiatique des enjeux de santé publique.

À l’origine de cette initiative, des journalistes convaincus que l’information peut transformer les comportements. Marie Mariame Sidibé, porteuse du projet et journaliste de formation, a dressé un état des lieux sans détour : « La malnutrition en Guinée n’est pas une fatalité, mais un défi que nous devons collectivement relever. En tant que journalistes, nous ne sommes pas de simples relais de l’actualité. Nous avons la responsabilité d’éduquer, d’alerter, de provoquer des prises de conscience. Trop d’enfants souffrent dans l’ombre, faute d’information accessible et adaptée. »

Dans un plaidoyer empreint de gravité et de détermination, Mme Sidibé a souligné l’urgence de vulgariser les connaissances nutritionnelles auprès du grand public et de donner une voix aux enfants victimes de la malnutrition. Elle a également lancé un appel pressant aux institutions, partenaires et organisations de la société civile pour un engagement collectif : « Un journaliste bien formé et engagé peut sauver des vies. C’est avec cette conviction que nous avons créé l’AJGN. Le chemin est long, mais notre détermination est inébranlable. Mettons nos plumes et nos micros au service de la nutrition, au service de la vie. »

Présent à cette cérémonie, le Dr Facely Camara, directeur national adjoint de la santé familiale et nutrition, a apporté un éclairage factuel sur la gravité de la situation : « En Guinée, 6 % des enfants sont touchés par la malnutrition aiguë. Pire encore, la malnutrition chronique frappe près de 26 % de nos enfants. Ces chiffres traduisent une urgence de santé publique qui freine le développement économique et social du pays. »

Pour le spécialiste, l’alimentation ne suffit pas : l’éducation nutritionnelle, l’accès à l’information fiable et les changements durables de comportement sont des leviers essentiels pour espérer inverser la tendance.

Avec la création de l’AJGN, les journalistes guinéens entendent faire de la lutte contre la malnutrition une priorité nationale. L’association ambitionne de former ses membres aux enjeux nutritionnels, de produire des contenus éducatifs, de renforcer la veille médiatique sur les politiques publiques en matière de nutrition, et surtout, de placer les enfants au cœur des préoccupations.

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info 

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