Enfance En Danger – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Wed, 09 Jul 2025 17:21:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Enfance En Danger – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Dans l’ombre de la misère : trois épouses aveugles, un mari non-voyant et 16 enfants à nourrir https://planete7.info/dans-lombre-de-la-misere-trois-epouses-aveugles-un-mari-non-voyant-et-16-enfants-a-nourrir/ Wed, 09 Jul 2025 17:21:05 +0000 https://planete7.info/?p=43538 Dans le quartier de Kagbelen, situé dans la commune éponyme en périphérie de Conakry, une famille pas comme les autres lutte au quotidien pour survivre dans des conditions extrêmes. Ibrahima Sory Camara, aveugle, partage sa vie avec trois épouses, également atteintes de cécité. Ensemble, ils élèvent seize enfants et un dix-septième est en route. Leur […]]]>

Dans le quartier de Kagbelen, situé dans la commune éponyme en périphérie de Conakry, une famille pas comme les autres lutte au quotidien pour survivre dans des conditions extrêmes. Ibrahima Sory Camara, aveugle, partage sa vie avec trois épouses, également atteintes de cécité. Ensemble, ils élèvent seize enfants et un dix-septième est en route. Leur histoire, aussi bouleversante qu’inspirante, est un cri du cœur lancé à la nation.

Le mardi 8 juillet 2025, un reporter de Planète7.info s’est rendu dans cette concession précaire où se joue chaque jour un drame humain, invisible aux yeux de la société.

Djenaba Sylla, l’une des épouses, attend un nouvel enfant. Elle revient sur les origines de son handicap : « La maladie m’a frappée dès mon jeune âge. Mes parents ont tout tenté pour me soigner, mais rien n’y a fait. C’est ainsi que j’ai rencontré mon mari. Malgré notre handicap, nous avons fondé une famille. Mais notre quotidien est une véritable épreuve. Nous vivons dans un endroit insalubre, sans toilettes. Pour satisfaire nos besoins, nous devons attendre que les propriétaires des lieux se réveillent. Nous lançons un appel pressant aux autorités et aux bonnes volontés pour nous venir en aide. »

Fatoumata Bangoura, la seconde épouse, n’est pas née aveugle. Elle raconte : « Tout a commencé par un simple bouton sur l’œil. Ensuite, mes larmes coulaient sans cesse. Malgré les traitements engagés, la maladie a fini par l’emporter sur moi. Aujourd’hui, je suis privée de vue. J’ai eu cinq enfants avec mon mari, mais la situation dans laquelle nous vivons est inhumaine. L’endroit est insalubre, les enfants dorment à même le sol, et nous manquons de tout. Nous demandons de l’aide à tous les niveaux, surtout pour offrir un avenir digne à nos enfants. »

Pour Marima Soumah, la troisième épouse, la cécité remonte à 2007. « Ce n’est pas une maladie de naissance. Tout a commencé par des douleurs oculaires, puis les médecins ont fini par déclarer que mes nerfs optiques étaient endommagés. Depuis, ma vue s’est dégradée jusqu’à disparaître totalement. Ce que vivent mes coépouses, je le vis également. Mais ce qui me préoccupe le plus, ce sont nos enfants. Les autorités luttent contre la mendicité infantile, et nous soutenons cette volonté. Mais sans aides sociales, comment survivre ? Certains d’entre nous doivent jusqu’à six mois de loyer. Nous sommes parfois obligées de mendier, même sous la pluie. Et ici, nous vivons sans toilettes ni eau potable. »

Le cas de la famille Camara soulève des questions fondamentales sur la prise en charge des personnes vulnérables en Guinée, en particulier celles vivant avec un handicap. Comment une famille entière, confrontée à une telle fragilité, peut-elle être aussi oubliée ? Cette situation interpelle autant les pouvoirs publics que la société civile.

Alors que le pays s’engage dans des politiques de lutte contre la mendicité et pour l’inclusion, cette famille représente le visage de ceux qui, sans soutien, sont contraints de survivre dans la marginalisation la plus totale.

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852
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Mois de l’Enfant Guinéen 2025 : une jeunesse à protéger, un avenir à construire https://planete7.info/mois-de-lenfant-guineen-2025-une-jeunesse-a-proteger-un-avenir-a-construire/ Wed, 18 Jun 2025 19:30:48 +0000 https://planete7.info/?p=42869 Depuis le 1er juin, la Guinée consacre un mois entier à la promotion des droits et du bien-être des enfants. Une période de sensibilisation, mais aussi de réflexion sur les multiples défis qui entravent encore l’épanouissement de l’enfance. Entre réalités préoccupantes et espoirs de changement, les acteurs de la société civile tirent la sonnette d’alarme. […]]]>

Depuis le 1er juin, la Guinée consacre un mois entier à la promotion des droits et du bien-être des enfants. Une période de sensibilisation, mais aussi de réflexion sur les multiples défis qui entravent encore l’épanouissement de l’enfance. Entre réalités préoccupantes et espoirs de changement, les acteurs de la société civile tirent la sonnette d’alarme.

À l’initiative de l’ONG Mon Enfant Ma Vie, engagée depuis plusieurs années dans la défense des droits de l’enfant, ce Mois de l’Enfant 2025 prend une dimension particulière. Sa présidente, Mme Djeynabou Diallo, dresse un constat sans appel : « Les défis sont nombreux et profondément ancrés. Dans les zones les plus vulnérables, l’accès à une éducation de qualité reste un luxe. Trop d’enfants abandonnent l’école pour aller travailler ou sont mariés précocement, souvent sous la pression de la pauvreté. Certains sont envoyés mendier, d’autres travaillent dans les mines ou les marchés, parfois même dans des foyers en tant que domestiques. »

Outre l’éducation, les enjeux sanitaires et nutritionnels demeurent alarmants. Le manque d’accès aux soins de base et une alimentation insuffisante affaiblissent encore davantage les plus jeunes. À cela s’ajoute une protection juridique souvent défaillante, laissant les enfants exposés à des formes variées de maltraitance, d’exploitation et de violences, parfois dans un silence total et complice.

Malgré un arsenal juridique censé protéger les enfants, les violations persistent, en particulier dans les zones rurales. Mme Diallo insiste : « Le mariage précoce et les mutilations génitales féminines, pourtant interdits, sont encore pratiqués. Les enfants subissent également des violences domestiques, sont privés d’éducation ou forcés à travailler. Et l’un des drames silencieux reste l’absence d’actes de naissance pour des milliers d’enfants, les rendant invisibles aux yeux de l’État. »

Les enfants vivant avec un handicap, ceux en situation de rue ou en contexte de mendicité restent les grands oubliés des politiques publiques. Leur sort interpelle, leur avenir demeure incertain.

Face à ce tableau sombre, l’ONG Mon Enfant Ma Vie se mobilise. Pour ce mois de juin, elle déploie un programme d’activités axées sur l’éducation, la sensibilisation et le développement personnel. Des ateliers de lecture, des rencontres culturelles, des causeries éducatives et des sessions d’information sur les droits de l’enfant sont au menu.

« Nous voulons que chaque enfant prenne conscience de sa valeur, de son potentiel. Ces ateliers visent à renforcer leur confiance en eux, à les amener à rêver plus loin, au-delà des contraintes de leur environnement. » explique la présidente de l’ONG.

Ce mois de l’enfant est aussi l’occasion de lancer un plaidoyer fort. Mme Diallo interpelle les décideurs : « Nous appelons les autorités à appliquer les lois existantes, à renforcer les mécanismes de protection de l’enfance et à investir sérieusement dans les secteurs clés que sont l’éducation, la santé et la protection sociale. »

Mais la responsabilité ne revient pas aux seuls gouvernants. « À toute la société, nous lançons cet appel : soyons les gardiens de l’enfance. Chaque enfant protégé aujourd’hui, c’est une Guinée plus forte demain. »

Entre inquiétude et espoir, ce mois de l’enfant 2025 se veut un moment de vérité. La voix des enfants mérite d’être entendue. Leur avenir dépend de notre capacité collective à leur garantir une enfance digne, protégée et épanouie.

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852
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Six enfants noyés à Labé : colère, larmes et tensions dans le quartier Tata 1 https://planete7.info/six-enfants-noyes-a-labe-colere-larmes-et-tensions-dans-le-quartier-tata-1/ Thu, 15 May 2025 17:23:17 +0000 https://planete7.info/?p=41601 La ville de Labé est sous le choc après un drame d’une rare intensité survenu dans le quartier Tata 1, dans la commune urbaine. Ce jeudi, six enfants issus de familles différentes ont péri noyés dans un bassin d’eau situé sur la piste menant à l’aéroport de Labé. Le bilan initial faisait état de cinq […]]]>

La ville de Labé est sous le choc après un drame d’une rare intensité survenu dans le quartier Tata 1, dans la commune urbaine. Ce jeudi, six enfants issus de familles différentes ont péri noyés dans un bassin d’eau situé sur la piste menant à l’aéroport de Labé. Le bilan initial faisait état de cinq victimes, mais le corps d’une sixième, une fillette, a été retrouvé quelques heures plus tard, portant le nombre total de décès à six.

Selon les premières informations recueillies sur place, les enfants se seraient aventurés dans cette zone non sécurisée, où l’eau stagnante, profonde et sans signalisation, constitue un véritable piège. Le drame s’est déroulé en début d’après-midi, provoquant une vive émotion dans le quartier.

Informées, les autorités locales se sont rendues sur les lieux pour constater les faits. Mais la tension sur place était palpable. À leur arrivée, les sapeurs-pompiers, venus récupérer les corps, ont été pris à partie par une foule en colère. Des journalistes venus couvrir le drame ont également été chassés. Face à la montée de la tension, les autorités ont dû se retirer précipitamment.

La situation s’est encore détériorée lorsque les forces de l’ordre, revenues plus tard avec des renforts, ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Plusieurs personnes ont été blessées lors de ces affrontements. Ce n’est qu’après ces scènes de tension que les corps des enfants ont finalement pu être récupérés, dans un climat de tristesse mêlée à l’indignation.

Cet incident tragique soulève de nombreuses interrogations sur la sécurité des zones à risque dans la ville de Labé, mais aussi sur la capacité des autorités à gérer les situations d’urgence avec humanité et efficacité. Les familles des victimes réclament désormais justice et des mesures concrètes pour que de tels drames ne se reproduisent plus.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de cette noyade collective, tandis que la ville toute entière pleure la perte de six âmes innocentes.

Thierno Abdourahmane Diallo, correspondant à Labé pour Planete7.info 

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