Économie Locale – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Thu, 30 Apr 2026 19:06:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Économie Locale – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Kindia : la coopérative des teinturières à l’épreuve des défis économiques et de la contrefaçon https://planete7.info/kindia-la-cooperative-des-teinturieres-a-lepreuve-des-defis-economiques-et-de-la-contrefacon/ Thu, 30 Apr 2026 17:11:36 +0000 https://planete7.info/?p=54715 À Kindia, le centre de production artisanale, communément appelé coopérative des teinturières, traverse une phase critique. Cette structure solidaire, qui fédère teinturières, tailleurs, saponificateurs et autres artisans, fait aujourd’hui face à une accumulation de difficultés qui fragilisent son fonctionnement et menacent sa pérennité. Selon Sékou Diawara, gestionnaire du centre, la coopérative regroupe près d’une centaine […]]]>

À Kindia, le centre de production artisanale, communément appelé coopérative des teinturières, traverse une phase critique. Cette structure solidaire, qui fédère teinturières, tailleurs, saponificateurs et autres artisans, fait aujourd’hui face à une accumulation de difficultés qui fragilisent son fonctionnement et menacent sa pérennité.

Selon Sékou Diawara, gestionnaire du centre, la coopérative regroupe près d’une centaine de femmes et onze hommes, organisés autour de règles internes visant à garantir efficacité et cohésion. « Nous travaillons en synergie avec plusieurs corps de métiers. Les hommes jouent un rôle clé dans la gestion des conflits, la coordination des activités et l’encadrement des enfants. Tout est structuré pour assurer un fonctionnement harmonieux », explique-t-il.

Au-delà de la production artisanale, la coopérative s’illustre par une initiative sociale majeure : la création d’une école primaire intégrée. Ce projet est né d’un besoin concret, celui de prendre en charge les enfants des travailleuses souvent livrés à eux-mêmes. « Pendant la guerre en Sierra Leone, le président Lansana Conté avait fait construire deux salles de classe pour les protéger. Face à l’augmentation du nombre d’enfants, nous avons progressivement agrandi l’établissement », précise M. Diawara.

Pour Hadja Nana Keïta, présidente de la coopérative, cette école incarne l’esprit de solidarité qui anime la structure. « Nous comptons aujourd’hui 132 femmes issues de différents quartiers. Nous soutenons en priorité les plus vulnérables, notamment les veuves. L’école représente un investissement collectif pour l’avenir de nos enfants, financé par les cotisations des membres qui servent à rémunérer les enseignants », souligne-t-elle.

Malgré cette organisation rigoureuse et cet engagement social, la coopérative reste confrontée à de fortes contraintes économiques.

Mabinty Bangoura, teinturière, déplore la flambée des prix et la difficulté d’accès aux matières premières. « Le tissu est au cœur de notre activité, mais il devient de plus en plus rare et coûteux. Les prix ont fortement augmenté : le plateau de bougies est passé de 130 000 à 210 000 francs guinéens, le tissu de 400 000 à 430 000 FG, et le guéziner de 3 400 000 à 4 200 000 FG. Sans sources de revenus alternatives, la situation devient très difficile », confie-t-elle.

À ces défis s’ajoute un phénomène préoccupant : la prolifération des produits contrefaits. Le Kèndeli, tissu emblématique et symbole d’identité culturelle locale, est aujourd’hui imité et commercialisé à bas prix, perturbant profondément le marché. « Dans d’autres pays, ce type de pratique est encadré. Ici, elle se développe sans contrôle. Nous appelons les autorités à protéger notre savoir-faire », alerte la teinturière.

Entre engagement communautaire, résilience économique et menaces croissantes, la coopérative des teinturières de Kindia s’efforce de préserver un patrimoine artisanal essentiel, tout en luttant pour sa survie dans un environnement de plus en plus contraignant.

 

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info

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Fêtes de fin d’année : les ateliers de couture en effervescence en Guinée forestière https://planete7.info/fetes-de-fin-dannee-les-ateliers-de-couture-en-effervescence-en-guinee-forestiere/ Wed, 24 Dec 2025 20:04:05 +0000 https://planete7.info/?p=49860 À l’approche des fêtes de fin d’année, les salons de couture de la Guinée forestière connaissent une activité exceptionnelle. À N’zérékoré, cœur économique de la région, les ateliers de tailleurs et de couturières fonctionnent à plein régime afin de satisfaire une clientèle soucieuse d’arborer des tenues neuves et élégantes pour Noël et le Nouvel An. […]]]>

À l’approche des fêtes de fin d’année, les salons de couture de la Guinée forestière connaissent une activité exceptionnelle. À N’zérékoré, cœur économique de la région, les ateliers de tailleurs et de couturières fonctionnent à plein régime afin de satisfaire une clientèle soucieuse d’arborer des tenues neuves et élégantes pour Noël et le Nouvel An.

Dès l’aube, le bourdonnement continu des machines à coudre rythme les quartiers. Dans les ateliers, l’atmosphère est à la fois studieuse et fébrile. Clients et artisans échangent sans relâche autour des modèles, du choix des tissus et surtout des délais, souvent très serrés en cette période. Bazins riches, wax multicolores, dentelles délicates et broderies traditionnelles s’amoncellent sur les tables de travail, illustrant la diversité des styles et l’importance accordée à l’apparence vestimentaire durant les festivités.

« Pendant les fêtes, le volume de travail double, voire triple. Nous pouvons recevoir plus de vingt commandes par jour », confie une couturière expérimentée de N’zérékoré, qui a souhaité garder l’anonymat.

Pour honorer les engagements pris auprès des clients, de nombreux ateliers prolongent leurs horaires jusque tard dans la nuit. Certains n’hésitent pas à renforcer leurs équipes en sollicitant l’aide des apprentis, dont la contribution devient essentielle face à l’afflux de commandes.

Cette période représente un enjeu économique majeur pour le secteur de la couture. Pour de nombreux jeunes, notamment les apprentis, les fêtes de fin d’année constituent une opportunité de générer des revenus supplémentaires. Rémunérés à la tâche, ils profitent de l’intensification de l’activité pour perfectionner leur savoir-faire tout en améliorant leurs conditions de vie.

Cécile, apprentie couturière rencontrée sur place, témoigne des stratégies mises en place pour tirer parti de cette période faste. « Pendant les fêtes, les commandes sont tellement nombreuses que nous n’avons presque pas de temps pour nos propres travaux à l’atelier. J’ai demandé l’autorisation de travailler chez moi, sous prétexte que ma mère était en déplacement, afin de terminer des habits personnels et gagner un peu d’argent de poche pour les fêtes », explique-t-elle.

L’effervescence ne se limite pas aux ateliers de couture. Les commerçants de tissus enregistrent également une hausse notable de leurs ventes. Les marchés et boutiques spécialisées voient défiler une clientèle nombreuse, à la recherche des étoffes les plus prisées pour cette période festive.

Au-delà de son impact économique, la couture demeure un pilier de l’identité culturelle en Guinée forestière. Porter une tenue neuve lors des fêtes de fin d’année symbolise la dignité, la joie et le renouveau. Hommes, femmes et enfants rivalisent d’élégance pour célébrer ces moments de partage en famille et au sein de la communauté.

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Malgré la pression et la fatigue accumulées, les artisans restent portés par la passion de leur métier. « Lorsque nous voyons nos clients heureux et fiers de porter nos créations le jour de la fête, toute la fatigue s’efface », confie une couturière, le sourire aux lèvres.

À quelques jours du Nouvel An, l’activité ne montre aucun signe de ralentissement dans les salons de couture de la Guinée forestière. Entre tradition, créativité et dynamisme économique, ces ateliers s’affirment comme des acteurs incontournables des célébrations de fin d’année dans la région.

Antoine Neima pour Planete7.info 

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Fêtes de fin d’année en Guinée forestière : les petits commerçants au cœur de l’effervescence économique https://planete7.info/fetes-de-fin-dannee-en-guinee-forestiere-les-petits-commercants-au-coeur-de-leffervescence-economique/ Wed, 24 Dec 2025 13:58:07 +0000 https://planete7.info/?p=49833 À l’approche de Noël et du Nouvel An, la Guinée forestière, et plus particulièrement la ville de N’Zérékoré, s’anime au rythme d’une intense effervescence commerciale. Dans les marchés et quartiers populaires, les petits commerces deviennent le véritable poumon de l’économie locale, portés par une période de forte consommation, de solidarité et de retrouvailles familiales. Chaque […]]]>

À l’approche de Noël et du Nouvel An, la Guinée forestière, et plus particulièrement la ville de N’Zérékoré, s’anime au rythme d’une intense effervescence commerciale. Dans les marchés et quartiers populaires, les petits commerces deviennent le véritable poumon de l’économie locale, portés par une période de forte consommation, de solidarité et de retrouvailles familiales.

Chaque fin d’année, les rues marchandes et les grands marchés de N’Zérékoré sont pris d’assaut par des populations soucieuses de préparer les festivités dans la dignité. Cette affluence exceptionnelle constitue une opportunité stratégique pour les petits commerçants, qui enregistrent une hausse significative de leurs activités et de leurs revenus.

Sur les étals et dans les boutiques de proximité, les produits de grande consommation dominent les ventes. Le riz, l’huile de palme, la viande, le poisson fumé, les condiments et les boissons figurent parmi les articles les plus demandés. À l’approche des célébrations, les vêtements, chaussures, jouets pour enfants et accessoires festifs connaissent également un engouement particulier. Cette dynamique profite non seulement aux détaillants, mais aussi aux producteurs, grossistes et fournisseurs locaux, renforçant ainsi toute la chaîne économique régionale.

Au-delà de l’aspect commercial, les fêtes de fin d’année en Guinée forestière sont marquées par un fort esprit de solidarité. Les familles se retrouvent, les ressortissants vivant dans d’autres régions du pays ou à l’étranger reviennent au bercail et participent activement à la relance de l’économie locale à travers leurs achats et leur soutien financier. Cette période génère également des opportunités d’emplois temporaires, notamment pour les jeunes et les femmes, souvent mobilisés dans la vente, le transport et les services connexes.

Toutefois, cette effervescence ne va pas sans difficultés. Les petits commerçants sont confrontés à la hausse des prix des marchandises, aux problèmes d’approvisionnement et au manque de capitaux nécessaires pour constituer des stocks suffisants afin de répondre à la demande. Malgré ces contraintes, la période des fêtes demeure un moment clé, offrant une véritable bouffée d’oxygène aux petits commerces et contribuant à la vitalité économique de la Guinée forestière.

Antoine Neima pour Planete7.info 

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Pénurie d’essence à Mamou : une crise qui étouffe la mobilité et le commerce https://planete7.info/penurie-dessence-a-mamou-une-crise-qui-etouffe-la-mobilite-et-le-commerce/ Fri, 28 Nov 2025 22:51:53 +0000 https://planete7.info/?p=48771 Depuis le jeudi 27 novembre 2025, la ville de Mamou fait face à une grave pénurie de carburant qui perturbe profondément le quotidien des habitants et menace l’activité économique locale. Motos, taxis et véhicules particuliers sont presque immobilisés, tandis que la majorité des stations-service affichent un vide inquiétant sur leurs pompes. Sur le terrain, le […]]]>

Depuis le jeudi 27 novembre 2025, la ville de Mamou fait face à une grave pénurie de carburant qui perturbe profondément le quotidien des habitants et menace l’activité économique locale. Motos, taxis et véhicules particuliers sont presque immobilisés, tandis que la majorité des stations-service affichent un vide inquiétant sur leurs pompes.

Sur le terrain, le constat est sans appel : l’absence de carburant dans les points de vente officiels a entraîné l’explosion d’un marché noir désormais incontournable. Le litre d’essence y est vendu à des prix exorbitants, bien au-delà du tarif homologué, au grand désarroi des usagers contraints d’y recourir pour continuer à se déplacer.

Pour de nombreux conducteurs interrogés, cette crise est directement liée à un manque d’approvisionnement des stations. Faute de carburant disponible, les automobilistes patientent de longues heures dans l’espoir d’être servis ou se résignent à acheter auprès de vendeurs informels. Une situation qui fragilise davantage un pouvoir d’achat déjà éprouvé et alimente un profond sentiment d’exaspération.

La pénurie affecte non seulement la mobilité urbaine, mais aussi des secteurs essentiels tels que le transport de marchandises et les échanges commerciaux. Les activités tournent au ralenti, accentuant les pertes pour les petits commerçants, les transporteurs et l’ensemble des acteurs économiques de la région. À cela s’ajoute une montée des tensions liée aux spéculations dans le marché parallèle, qui révèle une réelle insécurité économique pour les populations.

Mamou n’est pas un cas isolé. Plusieurs autres villes du pays font état de perturbations similaires dans leur approvisionnement. Cette crise d’ampleur nationale met en lumière des failles persistantes dans la chaîne logistique du carburant et souligne l’urgence d’une action concertée des autorités pour rétablir un flux normal, transparent et fiable.

En attendant une solution durable, les habitants de Mamou continuent de subir les lourdes conséquences d’une crise qui, chaque jour, immobilise davantage la ville et fragilise son essor économique.

Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info 

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N’zérékoré : les Douanes changent de commandement, le Colonel Alpha Yaya Diallo prend les rênes https://planete7.info/nzerekore-les-douanes-changent-de-commandement-le-colonel-alpha-yaya-diallo-prend-les-renes/ Tue, 14 Oct 2025 14:13:41 +0000 https://planete7.info/?p=47216 La Direction régionale des Douanes de N’zérékoré a connu un changement à sa tête. Ce lundi 13 octobre 2025, le Colonel Tallah Diakité a officiellement passé le témoin à son successeur, le Colonel Alpha Yaya Diallo, au cours d’une cérémonie solennelle organisée dans la cour de la direction régionale, en présence des autorités administratives, militaires, […]]]>

La Direction régionale des Douanes de N’zérékoré a connu un changement à sa tête. Ce lundi 13 octobre 2025, le Colonel Tallah Diakité a officiellement passé le témoin à son successeur, le Colonel Alpha Yaya Diallo, au cours d’une cérémonie solennelle organisée dans la cour de la direction régionale, en présence des autorités administratives, militaires, communales et d’une délégation venue de la Direction générale des Douanes.

Dans son allocution d’adieu, le Colonel Tallah Diakité est revenu sur les résultats obtenus sous son commandement, traduisant un engagement constant en faveur de la mobilisation des recettes publiques. « Au compte de l’exercice 2025, il nous a été assigné un quota de 49 430 037 000 GNF contre 35 769 132 000 GNF en 2024, soit une hausse de plus de 13 milliards. À date, nous avons réalisé 58 591 752 022 GNF, soit un taux de réalisation de 158,04 % », a-t-il indiqué, saluant l’esprit de refondation économique insufflé par le CNRD et le leadership du ministre du Budget, Facinet Sylla, sous la coordination du Directeur général des Douanes, le Colonel Check Gadiri Condé.

Malgré ces performances remarquables, le directeur sortant a reconnu que le chemin n’a pas été sans obstacles. Il a évoqué, entre autres, les difficultés liées à la vétusté des routes, le manque de moyens logistiques et de communication, ainsi qu’un déficit en personnel qualifié.
Avant de clore son intervention, il a tenu à exprimer sa gratitude envers les opérateurs économiques de la région pour leur accompagnement constant.

Prenant la parole à son tour, le nouveau directeur régional, le Colonel Alpha Yaya Diallo, a exprimé sa détermination à poursuivre la dynamique engagée par son prédécesseur tout en prônant une synergie d’action. « Je viens à N’zérékoré pour accomplir une mission : celle de mobiliser les ressources pour l’État et de protéger notre économie. Pour y parvenir, je tends la main à tous les cadres, agents et forces de défense et de sécurité afin que nous œuvrions ensemble dans l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il déclaré avec engagement.

Le nouveau patron des Douanes de N’zérékoré a également souligné son attachement à la région, promettant d’y servir « avec dignité et loyauté ».

Le gouverneur de la région administrative de N’zérékoré, présent à la cérémonie, a salué le professionnalisme et les résultats du Colonel Tallah Diakité, tout en invitant son successeur à s’inscrire dans la continuité.

« Nous exprimons notre reconnaissance pour les services remarquables rendus à la région. Sous votre leadership, la mobilisation des recettes a connu une progression exemplaire et la région s’est hissée parmi les plus performantes du pays », a-t-il déclaré.
« Au Colonel Alpha Yaya Diallo, nous disons : la locomotive du développement est en marche. Vous avez la responsabilité de consolider les acquis et de poursuivre la dynamique de performance amorcée », a-t-il ajouté.

Cette cérémonie de passation de service, marquée par un ton à la fois solennel et fraternel, a symbolisé la continuité de l’action publique au sein de l’administration douanière. Entre reconnaissance du travail accompli et espoir d’un nouveau souffle, la Direction régionale des Douanes de N’zérékoré s’engage ainsi dans une nouvelle ère, avec la même ambition : renforcer la mobilisation des ressources et consolider le développement économique de la région forestière.

Pépé Blaise Théa, correspondant à N’Zérékoré pour Planete7.info 

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Conakry : la suspension de la coupe du bois suscite l’inquiétude des professionnels du secteur https://planete7.info/conakry-la-suspension-de-la-coupe-du-bois-suscite-linquietude-des-professionnels-du-secteur/ Mon, 07 Jul 2025 16:12:00 +0000 https://planete7.info/?p=43486   Le ministère de l’Environnement, de la Biodiversité et des Forêts a annoncé la suspension de la coupe, du transport et de la commercialisation du bois sur toute l’étendue du territoire national jusqu’en décembre prochain. Une décision visant à instaurer une pause biologique en faveur de la régénération des ressources forestières. Mais cette mesure, bien […]]]>

 

Le ministère de l’Environnement, de la Biodiversité et des Forêts a annoncé la suspension de la coupe, du transport et de la commercialisation du bois sur toute l’étendue du territoire national jusqu’en décembre prochain. Une décision visant à instaurer une pause biologique en faveur de la régénération des ressources forestières.

Mais cette mesure, bien qu’elle réponde à des impératifs environnementaux, soulève de vives préoccupations chez les acteurs de la filière bois, notamment les artisans menuisiers et tapissiers, qui redoutent un ralentissement de leurs activités.

Rencontré ce lundi matin à son domicile, Amara Touré, président de l’Union des tapissiers et menuisiers de Guinée, ne cache pas sa frustration : « Pour nous, cette décision est devenue une tradition. Depuis l’ère du président Alpha Condé, on fait face à ces interruptions régulières. Pourtant, le bois est notre matière première. Sans lui, notre activité est paralysée », déplore-t-il.

Au-delà du fond, c’est la forme qui dérange également. « Vous savez, ce sont des décisions unilatérales prises sans concertation. Nous, les utilisateurs directs, ne sommes jamais informés à temps. Nous l’apprenons souvent à la dernière minute, comme un couperet. Nous bloquer pendant trois mois, c’est nous condamner à l’inactivité, alors que c’est notre seule source de revenus », poursuit-il.

Malgré les difficultés que cette suspension implique pour l’ensemble des professionnels du secteur, Amara Touré se veut résilient. Il espère pouvoir écouler les stocks de bois déjà disponibles sur le marché local, même si cela ne suffira pas à compenser les pertes annoncées.

Cette décision, qui intervient en pleine saison des pluies, période généralement favorable à la régénération naturelle des forêts, relance le débat sur la nécessité d’un dialogue plus inclusif entre autorités et professionnels du secteur forestier. Une concertation indispensable pour concilier enjeux écologiques et survie économique.

Antoine Neima pour Planete7.info 

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Crise du ciment à N’Zérékoré : les prix grimpent jusqu’à 125 000 FG le sac https://planete7.info/crise-du-ciment-a-nzerekore-les-prix-grimpent-jusqua-125-000-fg-le-sac/ Tue, 24 Jun 2025 16:49:30 +0000 https://planete7.info/?p=43120 Depuis plusieurs jours, la commune urbaine de N’Zérékoré fait face à une pénurie aiguë de ciment, entraînant une envolée spectaculaire des prix. Le sac, qui se vendait auparavant à des tarifs plus abordables, atteint désormais des sommets allant jusqu’à 125 000 francs guinéens, selon les constats effectués ce mardi 24 juin 2025 par notre correspondant […]]]>

Depuis plusieurs jours, la commune urbaine de N’Zérékoré fait face à une pénurie aiguë de ciment, entraînant une envolée spectaculaire des prix. Le sac, qui se vendait auparavant à des tarifs plus abordables, atteint désormais des sommets allant jusqu’à 125 000 francs guinéens, selon les constats effectués ce mardi 24 juin 2025 par notre correspondant sur place.

Dans les principaux points de vente de la ville, les stocks se sont raréfiés. Les commerçants peinent à s’approvisionner et les clients parcourent la ville pour espérer trouver quelques sacs. Le prix d’un sac de ciment oscille actuellement entre 120 000 et 125 000 FG, une situation qui affecte durement les artisans, les entrepreneurs et les particuliers engagés dans des travaux de construction.

Kémo Traoré, briquetier rencontré sur un site d’approvisionnement, partage son désarroi : « Je suis venu acheter quatre sacs de ciment pour confectionner des briques. À 120 000 FG le sac, je travaille à perte. Je respecte le dosage, c’est trois brouettiers de sable par sac, soit 30 briques. Mais avec ce prix, c’est difficilement rentable. Je demande au gouvernement d’intervenir, notamment auprès des usines à Conakry. »

Les professionnels du secteur évoquent plusieurs facteurs expliquant cette crise. Pour Sékou Kourouma, vendeur de ciment à N’Zérékoré, le transport constitue un obstacle majeur. « Les chauffeurs préfèrent travailler avec la société RIO-TINTO à Beyla, qui paie 27 millions FG le transport pour 30 tonnes, contre 17 à 18 millions pour 40 tonnes chez nous. Forcément, ils se détournent de notre circuit », explique-t-il.

À cela s’ajoutent d’autres problèmes :

  • Augmentation de 2 000 FG à l’usine sur le prix du sac ;
  • Pénurie de plincaire, un composant essentiel dans la fabrication du ciment ;
  • Crise d’approvisionnement générale même à Conakry.

« À notre niveau, nous achetons le sac à 115 000 FG, sans compter 500 000 FG de frais de débarquement. En le revendant à 120 000 FG, on gagne à peine 4 500 FG. Les grossistes, eux, veulent maximiser leurs marges malgré la faible quantité de ciment disponible », confie-t-il.

Un autre acteur du secteur, Ibrahima Diabaté, confirme cette tension logistique : « J’ai envoyé deux camions à Conakry, ils y sont depuis plus de deux semaines sans chargement. Le coût du transport par tonne est passé de 400 000 à 850 000 FG. C’est inédit. »

Selon lui, les délais d’attente à l’usine peuvent désormais dépasser trois semaines. Les types de ciment disponibles, notamment CPG 32.5 et CPG 42.5, sont devenus difficilement négociables. « Le sac CPG 32.5 se vend entre 115 000 et 120 000 FG, le CPG 42.5 peut aller jusqu’à 125 000 FG. Seul l’État peut débloquer la situation, notamment en agissant sur la chaîne d’approvisionnement et la disponibilité du plincaire. »

Dans un contexte où les chantiers ralentissent, où les artisans s’essoufflent et où les commerçants peinent à maintenir un équilibre financier, les citoyens de N’Zérékoré interpellent les autorités. Tous appellent à une implication urgente du gouvernement pour stabiliser le marché, faciliter le transport, approvisionner les usines, et surtout, protéger le pouvoir d’achat des populations.

Pépé Blaise Théa, correspondant à N’Zérékoré pour Planete7.info

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Fête de Tabaski : entre cherté des prix et espoir de ventes, les marchands de bétail s’expriment à cœur ouvert https://planete7.info/fete-de-tabaski-entre-cherte-des-prix-et-espoir-de-ventes-les-marchands-de-betail-sexpriment-a-coeur-ouvert/ Wed, 04 Jun 2025 20:14:57 +0000 https://planete7.info/?p=42448   À quelques jours de la célébration de la fête de Tabaski, deuxième plus grande fête de l’islam, l’effervescence gagne les marchés à bétail de Conakry. Dans un contexte économique jugé difficile par beaucoup, vendeurs comme acheteurs se croisent, négocient, et s’expriment sur les réalités du terrain. Ce mercredi, un de nos reporters s’est rendu […]]]>

 

À quelques jours de la célébration de la fête de Tabaski, deuxième plus grande fête de l’islam, l’effervescence gagne les marchés à bétail de Conakry. Dans un contexte économique jugé difficile par beaucoup, vendeurs comme acheteurs se croisent, négocient, et s’expriment sur les réalités du terrain. Ce mercredi, un de nos reporters s’est rendu au parc à bétail de Simbaya, dans la commune de Matoto, où il a recueilli les témoignages d’acteurs clés de ce marché saisonnier.

Mohamed Lamine Camara, venu avec son père pour acheter un mouton, ne cache pas son inquiétude face à la flambée des prix : « On a du mal à choisir un mouton parce que les prix sont vraiment élevés. J’interpelle les autorités à s’impliquer dans cette affaire, surtout à l’approche de la fête. Au Sénégal ou au Mali, l’État intervient souvent pour soulager les populations. Ici, ce n’est pas le cas. Un jour viendra où les gens ne pourront même plus s’offrir un mouton. Nous avons finalement pu en acheter un à 2 millions de francs guinéens. Vous imaginez ! »

Du côté des commerçants, on affirme avoir pris toutes les dispositions pour répondre à la demande. Thierno Abdoulaye, responsable du parc de Simbaya, explique : « Comme les années précédentes, les marchands sont allés dans divers horizons pour rassembler des bêtes. L’objectif est d’éviter une crise de ravitaillement en cette période. Les prix varient selon les tailles et la qualité : il y en a pour toutes les bourses. Quant aux difficultés, elles existent, mais nous nous adaptons. Les routes dégradées et certaines tracasseries compliquent nos déplacements, mais on fait avec. »

Même son de cloche chez Mamadou Djouldé Bah, marchand de bétail depuis plusieurs années : « Nous attendons impatiemment les clients. Le marché est là, les bêtes sont là. Nous avons fait notre part. Maintenant, c’est à la population de venir acheter. »

En filigrane, ces témoignages traduisent une réalité sociale et économique préoccupante. Si l’offre semble présente, le pouvoir d’achat des ménages reste limité. Les marchands lancent donc un appel aux autorités pour plus d’implication, notamment en matière de régulation des prix et de facilitation du transport du bétail.

À l’approche de cette fête sacrée, l’heure est donc à l’espoir : celui de vendre pour les marchands, celui de pouvoir célébrer dans la dignité pour les fidèles.

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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Télimélé à l’arrêt : quand le soutien au CNRD met l’économie locale en veille https://planete7.info/telimele-a-larret-quand-le-soutien-au-cnrd-met-leconomie-locale-en-veille/ Fri, 02 May 2025 14:39:51 +0000 https://planete7.info/?p=41129 Après Boké et Mamou, c’est au tour de Télimélé de vibrer au rythme des mouvements de soutien au Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD). Les 2 et 3 mai 2025, la préfecture a accueilli en grande pompe des délégations venues de Conakry et d’autres villes du pays pour célébrer, selon les organisateurs, « les […]]]>

Après Boké et Mamou, c’est au tour de Télimélé de vibrer au rythme des mouvements de soutien au Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD). Les 2 et 3 mai 2025, la préfecture a accueilli en grande pompe des délégations venues de Conakry et d’autres villes du pays pour célébrer, selon les organisateurs, « les acquis de la transition ». Mais cette démonstration de ferveur politique a paralysé la quasi-totalité des activités économiques locales.

Dès les premières heures de la journée du vendredi, les artères principales de la commune urbaine, de la rentrée du centre jusqu’à Samankou, présentaient un visage inhabituel : boutiques closes, magasins verrouillés, rues désertées par les commerçants. Une fermeture généralisée confirmée par plusieurs témoins, dont un citoyen rencontré sur place, qui affirme que « l’ordre de fermeture est venu de la mairie« .

La présence policière était fortement renforcée pour encadrer l’accueil des autorités venues spécialement de la capitale et d’autres préfectures. L’ambiance festive s’est étendue bien au-delà du centre urbain. De Kollet à Gougoudjé, en passant par Sinta et Kambayah, les populations se sont massivement mobilisées, drapeaux en main, slogans à la bouche, pour exprimer leur soutien au président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya.

Mais derrière cette démonstration de loyauté politique, certains acteurs économiques tirent la sonnette d’alarme. « Chaque jour de fermeture, c’est une perte sèche pour les petits commerçants« , nous confie un boutiquier de Samankou, visiblement préoccupé.

À Télimélé, comme dans d’autres villes précédemment touchées par cette vague de manifestations pro-CNRD, la question reste posée : jusqu’où peut-on aller dans le soutien politique sans compromettre la vitalité économique locale ?

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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Bail du marché Bantounka : L’UFDG pointée du doigt par les marchandes en colère https://planete7.info/bail-du-marche-bantounka-lufdg-pointee-du-doigt-par-les-marchandes-en-colere/ Thu, 27 Mar 2025 19:58:07 +0000 https://planete7.info/?p=39780 Les commerçantes du marché Bantounka, situé dans la commune urbaine de Lambayi, sont en révolte. Déterminées à obtenir l’annulation du contrat de bail de leur marché, elles ont tenu un point de presse ce jeudi 26 mars 2025 pour dénoncer ce qu’elles qualifient de gestion opaque et injuste. Au cœur de cette fronde, les marchandes […]]]>

Les commerçantes du marché Bantounka, situé dans la commune urbaine de Lambayi, sont en révolte. Déterminées à obtenir l’annulation du contrat de bail de leur marché, elles ont tenu un point de presse ce jeudi 26 mars 2025 pour dénoncer ce qu’elles qualifient de gestion opaque et injuste.

Au cœur de cette fronde, les marchandes accusent l’ancienne administration communale, dirigée sous la bannière de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, d’avoir instauré une gestion floue du marché Bantounka. Selon elles, cette situation met en péril leur activité économique et leur survie quotidienne.

Mariam Bah, l’une des figures de cette mobilisation, pointe notamment du doigt Fafa M’Bira Mané, qu’elle accuse de vouloir les expulser pour des intérêts personnels. Dans son intervention, elle appelle le général Mamadi Doumbouya à s’impliquer afin de rétablir la justice et préserver les droits des commerçantes.

Visiblement affectée, Mariam Bah n’a pas caché son amertume envers l’UFDG, parti pour lequel elle affirme avoir consenti d’énormes sacrifices. « L’UFDG est derrière notre malheur. Nous avons tout donné à ce parti, certaines d’entre nous y ont même perdu des proches. Aujourd’hui, il nous tourne le dos et nous met en difficulté. Comment pourrions-nous encore nous battre pour qu’il accède au pouvoir ? En tout cas, pour ma part, c’est hors de question ! » a-t-elle déclaré avec fermeté.

Elle va plus loin en mettant en garde contre les éventuelles conséquences d’une prise de pouvoir par cette formation politique : « Imaginez, s’ils sont capables d’agir ainsi au niveau communal, que nous réservent-ils s’ils gouvernent le pays ? » s’est-elle interrogée, redoutant un avenir encore plus incertain pour les commerçantes.

Les manifestantes réclament l’intervention des autorités pour mettre un terme à ce qu’elles perçoivent comme une menace directe à leur activité. Elles citent Maladho Diallo, ancien trésorier de l’UFDG, qu’elles accusent d’être le principal instigateur de cette affaire mettant en péril leur économie locale. « Nous ne lançons pas de simples accusations. Les archives sont là pour prouver que cette affaire a été mal gérée. Nous demandons simplement que justice soit rendue et que ce bail soit annulé pour protéger nos moyens de subsistance. »

Enfin, Mariam Bah a tenu à démentir toute manipulation derrière leur mobilisation : « Personne ne nous a payées pour manifester. Ce sont uniquement les femmes du marché qui se sont levées pour défendre leur gagne-pain. Il est temps d’arrêter de se mentir et de voir la réalité en face. » a-t-elle conclu, le ton résolu.

Alors que la tension reste vive à Bantounka, la balle est désormais dans le camp des autorités. Répondront-elles à l’appel des marchandes pour éviter une crise sociale plus profonde ?

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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