Donald Trump – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Fri, 13 Mar 2026 21:36:52 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Donald Trump – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Conflit Iran–Israël–États-Unis : Ibrahim Kallo analyse les origines et les enjeux d’une guerre aux répercussions mondiales. https://planete7.info/conflit-iran-israel-etats-unis-ibrahim-kallo-analyse-les-origines-et-les-enjeux-dune-guerre-aux-repercussions-mondiales/ Fri, 13 Mar 2026 21:36:52 +0000 https://planete7.info/?p=52505 Depuis le 28 février 2026, une nouvelle guerre secoue le Moyen-Orient opposant l’Iran à une coalition formée par Israël et les États-Unis. Malgré l’élimination du Guide suprême iranien lors des premières frappes, le régime de Téhéran continue de résister. Dans un entretien accordé à nos confrères de Guinéematin.com, le juriste et analyste géopolitique Ibrahim Kallo […]]]>

Depuis le 28 février 2026, une nouvelle guerre secoue le Moyen-Orient opposant l’Iran à une coalition formée par Israël et les États-Unis. Malgré l’élimination du Guide suprême iranien lors des premières frappes, le régime de Téhéran continue de résister. Dans un entretien accordé à nos confrères de Guinéematin.com, le juriste et analyste géopolitique Ibrahim Kallo décrypte les origines de ce conflit, ses enjeux stratégiques et les perspectives d’évolution de la crise.

Pour analyser les enjeux et les implications de ce conflit, le juriste, expert en aide internationale et analyste en géopolitique mondiale, Ibrahim Kallo, a livré son analyse.
«Ce jour-là, une série de frappes aériennes conduites par une coalition israélo-américaine a ciblé le régime des mollahs en République islamique d’Iran, entraînant la perte tragique de plusieurs dignitaires du Corps des gardiens de la révolution islamique, y compris celle du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei », explique-t-il.

Selon l’analyste, l’opération baptisée « Epic Fury » aurait officiellement pour objectif de réduire les menaces iraniennes contre les intérêts occidentaux : « Baptisée l’opération “Epic Fury”, cette opération vise, selon la Maison Blanche, à contrer des capacités de nuisance et des menaces imminentes que l’Iran pourrait faire peser sur les intérêts américains et mondiaux. Cependant, de nombreux analystes géopolitiques s’interrogent sur les réelles motivations économiques qui sous-tendent cette intervention », souligne Ibrahim Kallo.

Il estime également que la politique énergétique de l’Iran pourrait constituer un facteur déterminant : « Il est à noter que l’Iran, en vendant ses ressources pétrolières à des prix inférieurs à ceux du marché aux puissances du bloc oriental, comme la Chine, opère également en dehors du système de dollars, soulevant ainsi des questions sur l’impact de cette stratégie sur l’économie capitaliste », précise-t-il.

Au-delà de l’aspect économique, l’expert met en avant le rôle stratégique de l’Iran dans l’équilibre régional : « Il convient également de souligner que l’Iran incarne une forme de résistance face aux tendances hégémoniques israélo-américaines dans la région. Cela engendre non seulement des tensions avec l’État hébreu, mais suscite aussi des inquiétudes concernant le programme nucléaire iranien. Ainsi, la situation demeure délicate et mérite une attention soutenue de la part de la communauté internationale pour mettre fin aux hostilités et favoriser la paix et la stabilité au Moyen-Orient », analyse-t-il.

Pour comprendre cette crise, Ibrahim Kallo remonte également aux origines historiques des tensions entre l’Iran et les États-Unis : « Les racines de cette crise remontent à 1979, lorsqu’une révolution populaire éclata en Iran sous l’impulsion de l’Ayatollah Rouhollah Khomeini. Issu de l’exil, celui-ci a orchestré le renversement du Shah Mohammad Reza Pahlavi, à la tête d’une monarchie caractérisée par son alignement pro-occidental », rappelle-t-il.

Cette révolution a conduit à la création de la République islamique d’Iran, marquant une rupture profonde avec l’Occident : « Cette révolution a conduit à l’instauration de la République islamique, approuvée par un référendum à plus de 98 % en faveur du changement, consacrant ainsi l’Ayatollah Khomeini en tant que premier Guide suprême jusqu’à son décès », poursuit l’analyste.

Il évoque également l’épisode marquant de la crise des otages américains à Téhéran : «Devenu impopulaire à cause de sa gouvernance dictatoriale, le Shah fut contraint à l’exil aux États-Unis. Hantés par des velléités du Shah à déstabiliser le nouveau régime islamique, de nombreux étudiants révolutionnaires ont pris en otage 52 diplomates au sein de l’ambassade américaine à Téhéran pendant 444 jours, tout en exigeant l’extradition du Shah pour être jugé en Iran par les nouvelles autorités. Cet épisode marqua la rupture définitive des relations entre l’Iran et les États-Unis », explique-t-il.
L’expert insiste également sur la structure religieuse et politique du pouvoir en Iran :
« Il est également crucial de distinguer entre l’ayatollah et le mollah. Les mollahs représentent les érudits islamologues constituant les gardiens de la théocratie chiite en Iran, alors que les ayatollahs se démarquent en tant que cercles d’élite parmi ces gardiens. Leur expertise approfondie en jurisprudence, théologie, éthique et philosophie islamique leur confère le titre d’ayatollah », précise Ibrahim Kallo.

Enfin, l’analyste évoque les perspectives militaires du conflit : « Le président Trump a conditionné l’arrêt des frappes militaires à la capitulation du régime iranien, bien que ce dernier détienne encore des atouts significatifs, notamment en matière de drones, de missiles balistiques et d’avions de chasse. Ses capacités aériennes demeurent également sous-utilisées ; l’armée iranienne n’a pas encore dit ses derniers mots », affirme-t-il.

Toutefois, la situation interne en Iran reste complexe : « Bien que le régime soit de plus en plus impopulaire parmi une partie de la population iranienne, il existe des craintes générales quant à une ingérence étrangère dans les affaires du pays, ce qui pourrait conforter l’Iran à ne pas lâcher du lest », conclut-il.

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Le Verbe du Pouvoir : Donald Trump à l’épreuve du Congrès et du regard national https://planete7.info/le-verbe-du-pouvoir-donald-trump-a-lepreuve-du-congres-et-du-regard-national/ Tue, 24 Feb 2026 23:34:29 +0000 https://planete7.info/?p=51842 Ce soir, dans l’hémicycle du Capitole, le président américain Donald Trump prononcera une allocution très attendue devant le Congrès des États-Unis. Au-delà du rituel institutionnel, ce discours s’inscrit dans une séquence politique décisive, marquée par des tensions économiques persistantes, des contentieux juridiques sensibles et un environnement international instable. L’exercice dépasse le cadre du bilan annuel […]]]>

Ce soir, dans l’hémicycle du Capitole, le président américain Donald Trump prononcera une allocution très attendue devant le Congrès des États-Unis. Au-delà du rituel institutionnel, ce discours s’inscrit dans une séquence politique décisive, marquée par des tensions économiques persistantes, des contentieux juridiques sensibles et un environnement international instable. L’exercice dépasse le cadre du bilan annuel : il s’agit pour le chef de l’exécutif de clarifier sa ligne, de consolider son autorité et de réaffirmer ses priorités stratégiques.

Sur le plan intérieur, l’administration fait face à plusieurs zones de turbulence. Les débats autour des orientations commerciales, les contestations judiciaires et les divisions politiques ont alimenté les interrogations sur la cohérence de l’action gouvernementale. Dans ce contexte, cette adresse au Congrès apparaît comme un moment de recentrage. Le président devrait chercher à structurer un récit capable de transformer les obstacles en étapes d’un projet plus large, défendant l’idée que les résistances rencontrées relèvent d’un processus de réforme ambitieux plutôt que d’un affaiblissement du pouvoir exécutif.

L’enjeu est également économique. Les marchés, attentifs aux signaux politiques, attendent des clarifications sur les perspectives budgétaires, commerciales et industrielles. Une parole ferme et structurée pourrait contribuer à stabiliser les anticipations, tandis qu’un message ambigu risquerait d’alimenter l’incertitude. La dimension performative du discours présidentiel, dans une économie mondialisée, n’est plus symbolique : elle influence directement la confiance des investisseurs et des partenaires.

À l’international, l’allocution sera scrutée bien au-delà des frontières américaines. Alliés et rivaux analyseront chaque inflexion de ton pour y déceler les orientations futures de la politique étrangère des États-Unis. Dans un contexte de rivalités accrues entre grandes puissances et de recomposition des équilibres géopolitiques, la cohérence du message américain demeure un facteur déterminant de stabilité ou de tension. La tribune du Congrès devient ainsi une scène diplomatique indirecte, où la parole présidentielle agit comme un signal stratégique.

Enfin, ce rendez-vous représente une épreuve politique personnelle pour Donald Trump. Face à un pays traversé par des clivages profonds, le président devra démontrer sa capacité à imposer son agenda et à fédérer au-delà de son socle électoral. Dans les démocraties contemporaines, l’autorité ne repose plus uniquement sur les prérogatives constitutionnelles ; elle se construit aussi dans la maîtrise du récit et la capacité à convaincre.

Ce discours constitue donc un moment charnière. Entre affirmation d’autorité, clarification stratégique et recherche de crédibilité, la force des mots prononcés ce soir pourrait peser durablement sur la trajectoire politique du président et sur la perception de son leadership, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des États-Unis.

Doumbouya Ahmad pour Planete7.info 

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Éditorial — Le protectionnisme de Donald Trump : une secousse mondiale, un avertissement salutaire pour l’Afrique et la Guinée https://planete7.info/editorial-le-protectionnisme-de-donald-trump-une-secousse-mondiale-un-avertissement-salutaire-pour-lafrique-et-la-guinee/ Mon, 23 Feb 2026 23:43:01 +0000 https://planete7.info/?p=51786 Par-delà les polémiques et les caricatures, la politique tarifaire de Donald Trump s’inscrit dans une logique que l’histoire économique connaît bien : celle des nations qui décident, lucidement, de défendre leurs intérêts stratégiques. Loin d’être une simple posture idéologique, le recours aux taxes douanières constitue un instrument de souveraineté. Et ses répercussions, bien qu’initiées à […]]]>

Par-delà les polémiques et les caricatures, la politique tarifaire de Donald Trump s’inscrit dans une logique que l’histoire économique connaît bien : celle des nations qui décident, lucidement, de défendre leurs intérêts stratégiques. Loin d’être une simple posture idéologique, le recours aux taxes douanières constitue un instrument de souveraineté. Et ses répercussions, bien qu’initiées à Washington, se font sentir jusqu’aux rivages de l’Afrique de l’Ouest, y compris en Guinée.
Le retour assumé de la souveraineté économique

Pendant plusieurs décennies, le dogme du libre-échange absolu s’est imposé comme une norme incontestable. Pourtant, ce système a produit des déséquilibres profonds. Des nations entières ont vu leurs industries décliner, incapables de rivaliser avec des économies où les coûts de production sont artificiellement réduits par des politiques étatiques agressives.

En imposant des taxes sur les importations, notamment en provenance de la Chine, Donald Trump a rompu avec cette résignation. Il a rappelé une vérité fondamentale : le commerce international n’est pas un exercice moral, mais un rapport de forces. Une nation qui ne protège pas ses secteurs stratégiques s’expose à la dépendance, puis à la vulnérabilité. Cette réalité n’est pas propre aux États-Unis. Elle concerne, avec une acuité encore plus grande, les économies africaines.

Une onde de choc révélatrice pour l’Afrique

Les mesures tarifaires américaines ont contribué à ralentir certains flux commerciaux mondiaux, provoquant une recomposition des chaînes d’approvisionnement. Pour l’Afrique, cette situation présente une double lecture.
D’un côté, la réduction des exportations chinoises vers les États-Unis a incité la Chine à intensifier sa présence commerciale en Afrique.

Le continent est devenu un débouché alternatif pour les produits chinois, souvent à bas prix. Cette concurrence accrue fragilise les industries locales africaines, encore naissantes et vulnérables.

Mais d’un autre côté — et c’est là l’enseignement le plus précieux — la politique de Trump expose une évidence que l’Afrique ne peut plus ignorer : aucune puissance ne se développe durablement sans protéger sa production nationale. Le protectionnisme américain agit ainsi comme un révélateur. Il met en lumière la nécessité, pour les nations africaines, de sortir du rôle passif de marchés de consommation pour devenir des puissances de production.

La Guinée face à l’impératif de lucidité

Pour la Guinée, pays riche en ressources naturelles mais encore dépendant des exportations de matières premières brutes, cette leçon est particulièrement cruciale. La bauxite guinéenne, essentielle à la production mondiale d’aluminium, est massivement exportée, notamment vers la Chine. Or, lorsque les tensions commerciales s’intensifient entre grandes puissances, les pays fournisseurs de matières premières deviennent les variables d’ajustement d’un système qu’ils ne contrôlent pas. Cette dépendance expose la Guinée à plusieurs risques : volatilité des prix, dépendance excessive envers un nombre limité de partenaires, absence de transformation industrielle locale.

La politique tarifaire de Trump, en perturbant les équilibres commerciaux, rappelle brutalement que les nations qui ne maîtrisent pas leur chaîne de valeur restent exposées aux décisions des autres. Mais cette situation constitue également une opportunité historique. Elle invite la Guinée à repenser son modèle économique : transformer localement ses ressources, développer ses industries, et protéger ses secteurs stratégiques lorsque cela s’avère nécessaire.

La fin de l’illusion d’un commerce neutre

Le monde qui émerge est un monde où les grandes puissances assument la défense de leurs intérêts. Les taxes douanières ne sont plus une anomalie, mais un instrument assumé de puissance. Dans ce contexte, l’Afrique, et la Guinée en particulier, ne peuvent plus se permettre une naïveté économique héritée d’un autre âge. La souveraineté ne se proclame pas seulement sur le plan politique ; elle se construit aussi, et surtout, sur le plan économique.

La politique de Donald Trump, qu’on l’approuve ou qu’on la critique, a eu le mérite de rappeler cette vérité essentielle : dans l’arène mondiale, seules les nations qui protègent leurs intérêts construisent leur avenir.
Pour la Guinée, le véritable enjeu n’est pas de juger cette politique, mais d’en tirer la leçon.

Doumbouya Ahmad 

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Aide étrangère : les États-Unis abandonnent-ils la morale au profit de la géopolitique ? (Par Facely Konaté) https://planete7.info/aide-etrangere-les-etats-unis-abandonnent-ils-la-morale-au-profit-de-la-geopolitique-par-facely-konate/ Tue, 15 Jul 2025 18:18:19 +0000 https://planete7.info/?p=43755 Le 1er juillet 2025, Marco Rubio, nouveau secrétaire d’État américain, a dévoilé une déclaration au titre évocateur : « Rendre à l’aide étrangère sa grandeur ». Derrière cette formule, un basculement profond : l’aide extérieure américaine ne sera plus fondée sur des principes, mais sur des intérêts. Pendant plusieurs décennies, l’aide américaine, notamment à travers […]]]>

Le 1er juillet 2025, Marco Rubio, nouveau secrétaire d’État américain, a dévoilé une déclaration au titre évocateur : « Rendre à l’aide étrangère sa grandeur ». Derrière cette formule, un basculement profond : l’aide extérieure américaine ne sera plus fondée sur des principes, mais sur des intérêts.

Pendant plusieurs décennies, l’aide américaine, notamment à travers l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et Millennium Challenge Corporation (MCC), était conditionnée au respect de critères de gouvernance : démocratie, transparence budgétaire, lutte contre la corruption, droits humains, libertés fondamentales.

La déclaration de Rubio acte la fin de cette époque. Désormais, les États-Unis n’aideront plus « par charité » mais par intérêt stratégique, en fonction de la capacité d’un pays à démontrer qu’il peut et veut « s’en sortir par lui-même ».

« Il est temps de passer d’un modèle d’aide axé sur la charité à un modèle axé sur la sélection. »

Le message est limpide : désormais, ce sont la performance économique, les partenariats commerciaux et l’alignement stratégique qui détermineront l’accès à l’aide américaine. C’est un abandon partiel du soft power démocratique, au profit d’un réalisme brut, inspiré d’une logique déjà bien ancrée dans la diplomatie chinoise et russe.

Rubio ne le dit pas textuellement, mais le laisse entendre dans ses propos : il ne s’agit plus d’exiger que les partenaires soient « parfaits selon nos standards », mais qu’ils prennent en main leur destin, avec une volonté réelle de progrès. Une rupture avec le Wilsonisme, doctrine selon laquelle la démocratie devait être diffusée dans le monde comme mission morale des États-Unis.

Un outil de riposte à la diplomatie chinoise

À bien y regarder, ce virage stratégique ressemble à une adaptation du modèle chinois : coopérer, investir, renforcer son influence, mais sans interférer dans les affaires internes des États bénéficiaires.

C’est une guerre d’influence assumée, redéployée sur de nouvelles bases : non plus « changez pour recevoir notre aide », mais « prouvez que vous pouvez avancer ».

« Ce modèle nous placera dans une position plus forte pour contrer le modèle d’aide de la Chine, qui relève de l’exploitation, et promouvoir nos intérêts stratégiques dans des régions clés du monde. Dans ce but, nous donnerons la priorité au commerce plutôt qu’à l’aide, aux possibilités plutôt qu’à la dépendance et à l’investissement plutôt qu’à l’assistance. »

Rubio ne s’en cache pas : la Chine est dans le viseur. Il l’accuse d’utiliser l’aide pour piéger les pays dans des dettes, contrôler les ressources, affaiblir les souverainetés. Sa proposition : offrir une alternative américaine « plus fiable », fondée sur des partenariats gagnant-gagnant, mais sans conditionner cette aide à des réformes démocratiques.

Une aide désormais conditionnée à l’alignement stratégique

Dans cette nouvelle doctrine, l’aide américaine devient un outil de récompense et de sanction. Les pays qui votent contre les intérêts américains à l’ONU, qui « attaquent leurs alliés » ou « emprisonnent leurs citoyens », seront exclus des bénéficiaires.

« Sur la scène internationale, généralement, les pays qui bénéficient le plus de notre générosité ne nous rendent pas la pareille. Par exemple, en 2023, les pays d’Afrique subsaharienne n’ont voté avec les États-Unis que sur 29 % des résolutions essentielles à l’ONU, bien qu’ils aient reçu 165 milliards de dollars depuis 1991. […] Plus de 89 milliards de dollars investis au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont permis aux États-Unis d’obtenir une cote de popularité inférieure à celle de la Chine. »

Ce n’est donc pas une neutralité complète à la chinoise, mais un réalisme sélectif : si vous n’êtes pas contre nous, vous pouvez bénéficier de notre soutien. C’est un pragmatisme assumé, qui risque toutefois de renforcer la politisation de l’aide et d’affaiblir davantage les mécanismes internationaux de soutien à la démocratie et aux droits humains.

Quels impacts pour l’Afrique ?

Pour les pays africains, ce changement peut être vu à double tranchant. D’un côté, il offre une opportunité : les États stables, réformateurs et capables de démontrer leur efficacité — même sans être totalement démocratiques — pourraient accéder plus facilement à l’aide.

De l’autre, le risque est majeur : pour les régimes autoritaires, ce discours peut être perçu comme une forme de légitimation implicite. Et pour les populations, un aveu brutal : les droits humains ne sont plus une priorité.

Le vrai danger, c’est que ce nouveau paradigme confirme aux dirigeants autoritaires que les principes démocratiques sont désormais secondaires, voire facultatifs. Et qu’il envoie aux peuples ce message : « Nous ne vous aiderons pas à défendre vos droits. Ce n’est plus notre priorité. »

Facely Konaté, Journaliste | Spécialiste en management des médias | Défenseur de la liberté de la presse

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Cessez-le-feu régional : l’Arabie Saoudite salue l’initiative du Président Trump https://planete7.info/cessez-le-feu-regional-larabie-saoudite-salue-linitiative-du-president-trump/ Tue, 24 Jun 2025 17:45:40 +0000 https://planete7.info/?p=43126 Le Royaume d’Arabie Saoudite a exprimé sa satisfaction suite à l’annonce du Président américain Donald J. Trump concernant un accord de cessez-le-feu entre les parties impliquées dans l’escalade régionale. Riyad espère une désescalade durable et réaffirme son attachement au dialogue et aux solutions diplomatiques pour garantir la stabilité et la sécurité régionales. Communiqué ci-dessous : […]]]>

Le Royaume d’Arabie Saoudite a exprimé sa satisfaction suite à l’annonce du Président américain Donald J. Trump concernant un accord de cessez-le-feu entre les parties impliquées dans l’escalade régionale. Riyad espère une désescalade durable et réaffirme son attachement au dialogue et aux solutions diplomatiques pour garantir la stabilité et la sécurité régionales.

Communiqué ci-dessous :

 

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Ousmane Sonko : « Nous réaffirmons avec clarté et fermeté notre nouvelle doctrine de coopération » https://planete7.info/ousmane-sonko-nous-reaffirmons-avec-clarte-et-fermete-notre-nouvelle-doctrine-de-cooperation/ Thu, 19 Jun 2025 18:34:38 +0000 https://planete7.info/?p=42910 C’est une décision qui va encore faire couler beaucoup d’encres et de salives. Alors que l’équipe féminine du Sénégal s’apprêtait à voyager aux Etats-Unis pour effectuer 10 jours de stage de préparation pour les Jeux olympiques de la Jeunesse « Dakar 2026 », malheureusement elles ont été confrontées à un refus de délivrance de visa par le […]]]>

C’est une décision qui va encore faire couler beaucoup d’encres et de salives. Alors que l’équipe féminine du Sénégal s’apprêtait à voyager aux Etats-Unis pour effectuer 10 jours de stage de préparation pour les Jeux olympiques de la Jeunesse « Dakar 2026 », malheureusement elles ont été confrontées à un refus de délivrance de visa par le pays de Donald Trump. Une décision qui ne reste pas sans réaction pour les autorités sénégalaises notamment celle du premier Ministre, Ousmane Sonko.

Le dirigeant Sénégalais prend acte de ce refus et instruit au Ministre des Sports d’annuler ce stage qui se fera finalement à Dakar. Ousmane Sonko a également profiter pour réaffirmer la nouvelle doctrine de coopération de son pays basée sur la liberté, l’équilibre et fondée sur le respect mutuel.

« Informé du refus de délivrance de visas à plusieurs membres de l’équipe nationale féminine de basketball du Sénégal, j’ai donné instruction au Ministre des Sports d’annuler purement et simplement le stage de préparation de dix jours initialement prévu aux États-Unis d’Amérique.

Ce stage sera désormais organisé à Dakar, dans un cadre souverain et propice à la performance de nos athlètes.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à la République populaire de Chine, qui a accordé plusieurs dizaines de bourses de préparation à nos athlètes ainsi qu’à leurs encadreurs, dans la perspective des Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 ».

Nous réaffirmons avec clarté et fermeté notre nouvelle doctrine de coopération : une coopération libre, équilibrée, fondée sur le respect mutuel et le bénéfice partagé. Cette doctrine s’inscrit pleinement dans la vision de Son Excellence le Président de la République, en harmonie avec la ligne directrice du parti PASTEF, et en droite ligne des orientations stratégiques de l’Agenda national de transformation », a réagi Ousmane Sonko, Premier Ministre du Sénégal.

 

Pathé Diallo pour Planete7.info

 

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Ce que Trump a compris — et que trop de présidents Africains n’ont pas encore compris (Par Thione Niang) https://planete7.info/ce-que-trump-a-compris-et-que-trop-de-presidents-africains-nont-pas-encore-compris-par-thione-niang/ Wed, 18 Jun 2025 16:55:41 +0000 https://planete7.info/?p=42856 Dans une économie mondiale compétitive, un président ne peut se limiter à la diplomatie symbolique. Il doit être le premier commercial de son pays, transformant chaque déplacement officiel en mission économique pour ouvrir des marchés et propulser ses entrepreneurs à l’international. C’est exactement ce que Trump a démontré lors de sa tournée dans le Golfe […]]]>

Dans une économie mondiale compétitive, un président ne peut se limiter à la diplomatie symbolique. Il doit être le premier commercial de son pays, transformant chaque déplacement officiel en mission économique pour ouvrir des marchés et propulser ses entrepreneurs à l’international.

C’est exactement ce que Trump a démontré lors de sa tournée dans le Golfe en mai 2025. En seulement quelques jours, il s’est rendu en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis, accompagné non pas d’une simple délégation protocolaire, mais de figures majeures de l’économie américaine : Elon Musk, Sam Altman, des dirigeants de BlackRock, Nvidia, Boeing, ExxonMobil, General Atomics… Ce déplacement a donné lieu à une pluie d’annonces. Avec Riyad, ce sont 600 milliards de dollars d’engagements d’investissement qui ont été annoncés. À Doha, le Qatar a commandé 210 avions Boeing pour un montant de 96 milliards de dollars. Et à Abu Dhabi, plus de 200 milliards de dollars d’accords ont été signés dans les secteurs de l’énergie, de l’intelligence artificielle et des infrastructures. Au total, cette tournée aurait généré entre 2,5 et 4 trillions de dollars d’opportunités économiques pour les États-Unis.

Trump n’a pas voyagé pour la forme. Il a voyagé pour vendre l’Amérique, pour faire gagner ses entreprises, pour ouvrir des marchés à ses champions économiques. Pendant ce temps, trop de chefs d’État africains continuent de voyager seuls ou avec des délégations purement administratives. Trop souvent, les sièges d’avion restent vides d’entrepreneurs, de jeunes start-up, d’industries prometteuses. Et les retours au pays se font sans aucun contrat signé, sans aucune nouvelle opportunité économique.

Il est urgent de changer de vision. Le Maroc offre un excellent exemple à suivre. Le Roi Mohammed VI voyage avec les PDG des plus grandes entreprises marocaines. Grâce à cette stratégie, Attijariwafa Bank, Maroc Telecom, Royal Air Maroc ou encore Saham se sont implantés dans plusieurs pays africains, créant de l’emploi, de la valeur ajoutée et renforçant l’influence du pays.

La Turquie, avec Erdogan, suit la même dynamique. Ses entreprises sont désormais sur les marchés africains, dans le BTP et de l’immobilier.

L’Afrique n’a pas le droit de continuer à voyager à vide. Chaque déplacement présidentiel devrait être une offensive économique. Chaque visite à l’étranger devrait permettre de faire émerger des champions nationaux, de leur offrir l’accès à de nouveaux marchés, et de ramener des devises qui renforceront la balance commerciale de nos pays.

L’influence politique ne vaut que si elle est au service de la puissance économique. Et si l’Afrique veut peser dans le futur, elle devra apprendre à soutenir ses entrepreneurs comme des atouts stratégiques, à les exporter, à les faire briller, et à transformer chaque voyage présidentiel en victoire collective.
What do you think?

Thione Niang

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Guerre commerciale : ce qu’il faut comprendre de l’acte, prémonitoire du Général Mamadi DOUMBOUYA ! https://planete7.info/guerre-commerciale-ce-quil-faut-comprendre-de-lacte-premonitoire-du-general-mamadi-doumbouya/ Sun, 25 May 2025 22:07:40 +0000 https://planete7.info/?p=42032 Depuis quelques mois, le monde enregistre un véritable bouleversement. La guerre commerciale enclenchée par le Président Donald TRUMP vient redéfinir les paradigmes des échanges économiques. En réalité, c’est l’actuel nouvel ordre mondial qui prend un coup et les éclats sont perceptibles partout. Dans ce qui commence à ressembler à une nouvelle « jungle économique « , c’est […]]]>

Depuis quelques mois, le monde enregistre un véritable bouleversement. La guerre commerciale enclenchée par le Président Donald TRUMP vient redéfinir les paradigmes des échanges économiques. En réalité, c’est l’actuel nouvel ordre mondial qui prend un coup et les éclats sont perceptibles partout.

Dans ce qui commence à ressembler à une nouvelle « jungle économique « , c’est le protectionnisme à outrance qui marque son grand retour. La question est désormais de savoir comment chaque État pourra-t-il ressentir le choc et surtout quelle sera la capacité de résilience à développer pour amortir les effets indus?

D’abord, il est évident que l’Afrique, « continent en jachère  » par effet papillon, se trouve dans une posture de vulnérabilité. Puisque, et cela à cause de son passé colonial, le continent reste un pourvoyeur de ressources naturelles pour les pays du Nord et un consommateur naturel des productions manufacturières venues d’ailleurs. Et c’est ce modèle savamment développé par les maîtres du monde d’hier qui grippe la « machine ».

Alors que l’Amérique renonce à sa posture gendarmique, alors que l’Europe s’organise pour sa propre sécurité stratégique, alors que la Chine scrute de nouveaux horizons avec toujours plus de voracité, l’Afrique semble jouer au spectateur distrait. Alors que c’est le moment idéal de se soustraire du carcan étouffant du néo colonialisme. Le temps urge. Au niveau des États, chacun se cherche actuellement.

Et c’est ce que le Général DOUMBOUYA, en dirigeant stratège et avisé, a clairement perçu. Et il a vu juste !

Il nous fait comprendre que dans chaque situation de crise, il y a aussi des opportunités. La donne mondiale actuelle est une opportunité pour l’Afrique de développer sa capacité d’industrialisation. Et la Guinée ne peut perdre une telle occasion.

D’abord dans le secteur où elle est la plus favorisée : les ressources minières. C’est là où le Président guinéen saisit la balle au rebond pour exiger des multinationales opérant sur nos terres, de commencer dès maintenant à respecter l’une des clauses essentielles et incontournables de notre code minier : la construction des usines de transformation du minerais sur place.

Il faut rappeler que cette initiative du Président du CNRD, est antérieure à la réélection du Président Trump. Le Général Mamadi DOUMBOUYA en bon visionnaire, savait qu’il arriverait un moment où les réalités existentielles feront que chaque État sera obligé de prendre ses responsabilités face à l’histoire.

Parce qu’il savait aussi que la Guinée est libre de négocier avec les partenaires industriels de son choix en mettant en avant par-dessus tout, les intérêts exclusifs de la Nation.

La construction des raffineries de nos différentes ressources minières sur place est une meilleure façon pour le pays de jouir de ses potentialités naturelles, de booster l’emploi de sa jeunesse et surtout d’imposer sa souveraineté.

Le programme Simandou 2040, véritable catalyseur de l’émergence économique de la Guinée, exige la construction en cours de raffineries. C’est une illustration manifeste de la volonté politique du CNRD de relancer le secteur minier guinéen sur des bases encore plus solides et plus promoteuses.

Chaque citoyen patriote se devrait d’apporter son concours sincère et engagé à la réussite de cette démarche historique du gouvernement.

 

Boubacar Koyla DIALLO, journaliste parlementaire

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L’Afrique face au retour du protectionnisme américain : menace ou opportunité stratégique ? (Par Magaye Gaye) https://planete7.info/lafrique-face-au-retour-du-protectionnisme-americain-menace-ou-opportunite-strategique-par-magaye-gaye/ Sat, 05 Apr 2025 01:44:14 +0000 https://planete7.info/?p=40114 Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche semble inaugurer une nouvelle ère de repli stratégique des États-Unis sur eux-mêmes. Fidèle à sa doctrine « America First », l’ancien président mise à nouveau sur un protectionnisme assumé, avec des mesures tarifaires ciblées, notamment à l’encontre de la Chine, mais également envers d’autres partenaires commerciaux. […]]]>

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche semble inaugurer une nouvelle ère de repli stratégique des États-Unis sur eux-mêmes. Fidèle à sa doctrine « America First », l’ancien président mise à nouveau sur un protectionnisme assumé, avec des mesures tarifaires ciblées, notamment à l’encontre de la Chine, mais également envers d’autres partenaires commerciaux. À titre d’exemple, les droits de douane sur les produits chinois avaient atteint 25 % sur 360 milliards de dollars d’importations lors de son premier mandat. Une escalade similaire est à prévoir.

Dans ce contexte, il est légitime de s’interroger, depuis l’Afrique, sur la viabilité et surtout sur les implications géoéconomiques mondiales d’un tel virage. Car dans un monde globalisé, interdépendant et confronté à des défis communs – changements climatiques, instabilité sécuritaire, crises sanitaires – un repli protectionniste généralisé ne peut qu’accentuer les tensions.

Un modèle à observer… mais à adapter intelligemment

Certes, la volonté de Donald Trump de protéger l’industrie locale américaine répond à une logique souverainiste : redonner à l’Amérique sa capacité de production, relocaliser l’emploi, sécuriser les chaînes d’approvisionnement. Mais transposée hors du contexte américain, cette stratégie pourrait être à double tranchant.

L’Afrique, notamment, gagnerait à s’en inspirer de manière ciblée, non pas en fermant systématiquement ses frontières, mais en favorisant l’émergence de chaînes de valeur régionales. Le commerce intra-africain ne représente environ que 17 % des échanges, contre plus de 60 % dans l’Union européenne. C’est dire le chemin à parcourir.

Dans cette optique, il serait pertinent que l’Afrique adopte également une politique de contingentement ciblé, consistant à limiter l’importation de certains produits sur lesquels elle dispose déjà d’un savoir-faire ou d’une capacité de production locale. Cela passerait notamment par une hausse stratégique des droits de douane sur ces produits afin de décourager leur importation massive, stimuler la production locale et renforcer l’autonomie industrielle du continent.

Cinq limites majeures du protectionnisme américain

1– Une économie mondiale profondément interdépendante

La mondialisation a permis à plusieurs pays – dont la Chine – d’émerger grâce à la spécialisation. Les États-Unis bénéficient eux aussi de cette interconnexion, via leurs échanges avec le Mexique, le Canada, la Chine… Rompre ces liens pourrait ralentir la croissance mondiale, au détriment même des Américains.

2- Des coûts de production qui explosent

Les entreprises américaines – Tesla, Apple, Ford – dépendent des intrants étrangers. Taxer ces composants augmente les coûts, diminue la compétitivité, et affaiblit l’innovation.

3- Un risque inflationniste accru

Les consommateurs américains risquent de voir les prix grimper. Et puisque la consommation pèse 68 % du PIB américain, une baisse du pouvoir d’achat pourrait avoir un effet domino sur l’investissement et l’emploi.

4- Une dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine

Pékin détient une part importante de la dette américaine et fournit des biens essentiels. Une escalade pourrait déstabiliser les marchés financiers mondiaux. Et l’Afrique, souvent dépendante de ces équilibres globaux, en subirait indirectement les conséquences.

5- Un risque de dédollarisation accélérée

Le protectionnisme américain pourrait pousser des coalitions comme les BRICS à s’émanciper davantage du dollar. L’Afrique, souvent exclue des décisions monétaires mondiales, doit suivre cette évolution avec attention. Car toute bascule du système financier mondial aura un impact sur le financement de ses projets de développement.

Et l’Afrique dans tout cela ?

L’Afrique ne peut rester spectatrice. Si les grandes puissances optent pour des politiques protectionnistes, le continent doit tirer parti de cette recomposition géoéconomique pour défendre ses intérêts stratégiques. Il s’agit notamment :

1- D’accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale (ZLECAF) ;

2- De favoriser les investissements dans la transformation locale des matières premières ;

3- D’encourager une fiscalité intelligente sur les produits importés de luxe pour stimuler la production locale.

Un appel à Donald Trump : faire de l’Afrique un partenaire stratégique

Donald Trump a souvent donné le sentiment d’ignorer l’Afrique. Pourtant, avec 1,5 milliard d’habitants en 2040 et un potentiel énorme dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, de l’innovation, le continent mérite plus qu’une marginalisation.

Une Amérique qui veut se réinventer pourrait trouver en Afrique un allié stratégique, à condition d’adopter une approche fondée sur le partenariat, l’investissement productif, et la coopération technologique.

Vers un protectionnisme intelligent ?

Le protectionnisme peut-il être viable ? À court terme, peut-être. Mais à long terme, il doit s’accompagner de mesures d’accompagnement intelligentes : investir dans la R&D, encourager des partenariats ciblés, et éviter l’isolement idéologique.

Donald Trump gagnerait à adopter une posture moins solitaire. Et l’Afrique, de son côté, doit transformer cette nouvelle donne mondiale en levier d’affirmation économique, en se dotant de politiques industrielles cohérentes et ambitieuses.

 

Magaye GAYE

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Analyse du deuxième mandat de Donald Trump : enjeux et implications pour l’Afrique https://planete7.info/analyse-du-deuxieme-mandat-de-donald-trump-enjeux-et-implications-pour-lafrique/ Tue, 21 Jan 2025 21:30:51 +0000 https://planete7.info/?p=37175 L’investiture de Monsieur Donald Trump ce jour comme 47e président des États-Unis est une occasion à ne pas rater pour les analystes stratégiques géopolitiques africains, afin d’évaluer son impact potentiel sur l’Afrique. La présente note d’analyse souligne deux hypothèses principales : un Trump fidèle à sa doctrine pragmatique et un Trump transformé, prêt à relever […]]]>

L’investiture de Monsieur Donald Trump ce jour comme 47e président des États-Unis est une occasion à ne pas rater pour les analystes stratégiques géopolitiques africains, afin d’évaluer son impact potentiel sur l’Afrique.

La présente note d’analyse souligne deux hypothèses principales : un Trump fidèle à sa doctrine pragmatique et un Trump transformé, prêt à relever le défi africain.

  1. UNE GRILLE DE LECTURE BASÉE SUR LE PREMIER MANDAT

Cette première hypothèse de travail se base sur le pragmatisme américain centré sur les intérêts des États-Unis.

Le premier mandat de Donald Trump a démontré une doctrine pragmatique centrée sur le principe de « America First ». La poursuite de ce positionnement pourrait constituer une menace majeure pour les relations traditionnelles entre les États-Unis et l’Afrique, en raison d’un désintérêt possible pour le continent.

Contrairement à George W. Bush, qui a lancé un programme ambitieux de lutte contre le VIH/SIDA, et Barack Obama, avec son initiative Power Africa, le premier mandat de Trump a été marqué par une réduction des engagements américains en Afrique. N’eût été l’intervention du Congrès américain, l’aide publique au développement en faveur de l’Afrique aurait été réduite à sa portion congrue lors de son premier mandat.

Même l’initiative Prosper Africa, lancée en 2019, n’a pas eu l’impact escompté.

Fidèle à sa doctrine, Trump pourrait s’attaquer à des leviers tels que l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) et l’aide publique au développement, qu’il juge peu bénéfiques pour l’économie américaine. Cela pourrait ouvrir la voie à des programmes moins avantageux pour les pays africains, dans un contexte de rivalité croissante avec la Chine.

Au plan diplomatique et commercial, une politique d’écrémage sélective pourrait être privilégiée au lieu d’une politique de pénétration massive en Afrique. Trump pourrait opter pour une approche ciblée, en privilégiant des pays comme le Ghana, le Nigeria, l’Éthiopie, le Kenya, le Maroc et l’Afrique du Sud. Pourquoi pas le Sénégal, au nom de son alternance démocratique et de sa position géopolitique stratégique ?

La rivalité sino-américaine et le retrait des bases françaises pourraient pousser Trump à conclure des accords bilatéraux de libre-échange avec ces nations clés.

Au plan commercial, Trump pourrait maintenir une approche axée sur l’exploitation des ressources naturelles africaines (pétrole, gaz, minerais) sans favoriser l’industrialisation du continent à travers des programmes structurants. Cela risque de perpétuer une dépendance des économies africaines.

LA RIVALITÉ ÉTATS-UNIS/CHINE

Il est évident que le président Trump ne ménagera aucun effort pour contrer la Chine sur l’échiquier africain.

La Chine, premier partenaire commercial du continent africain, exporte une grande partie de ses produits et biens d’équipement vers l’Afrique. Elle joue également un rôle stratégique dans les politiques d’infrastructure et de financement en Afrique.

Évidemment, au nom de cette guerre commerciale contre la Chine, le nouveau locataire de la Maison Blanche cherchera inévitablement à casser ce cercle commercial sino-africain.

Je crains qu’il n’accentue certaines pressions sur les gouvernements africains, notamment sur des questions stratégiques comme les télécommunications, les infrastructures et l’énergie.

Cette rivalité pourrait aussi se traduire par une dénonciation des conditions non transparentes entourant les stratégies d’endettement de l’Afrique.

L’Afrique, exportatrice de matières premières (pétrole, minerais, etc.), pourrait être affectée par une telle rivalité, notamment par une baisse de la demande chinoise et des cours des matières premières plus volatiles si la rivalité commerciale ralentit l’économie mondiale.

Cependant, une telle rivalité pourrait également faire naître de nouvelles opportunités de négociation pour les pays africains, qui pourraient tirer parti de cette compétition entre les deux principales puissances mondiales.

Sur la question migratoire, le deuxième mandat de Trump pourrait durcir les conditions d’accès aux États-Unis pour les immigrés clandestins, les étudiants et autres migrants économiques.

UNE LECTURE ALTERNATIVE : UN TRUMP TRANSFORMÉ

Un Trump conscient des enjeux mondiaux après quatre ans hors du pouvoir pourrait adopter une posture plus constructive face aux défis mondiaux tels que la guerre russo-ukrainienne, les conflits au Proche-Orient et le sous-développement persistant de l’Afrique.

En tant qu’homme de défis, il pourrait vouloir initier un véritable « Plan Marshall » pour l’Afrique afin de faire du continent un partenaire stratégique privilégié. Il pourrait enfin effectuer une première visite historique sur le continent, marquant ainsi une rupture avec le passé.

CONCLUSION

Au final, les stratèges africains devraient se préparer à toutes ces éventualités et envisager des plans d’action basés sur l’anticipation et la réflexion stratégique.

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