DFMS – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Fri, 09 Oct 2026 18:00:39 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg DFMS – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Guinée-France : 35 médecins guinéens s’envolent pour se spécialiser, le défi du retour en ligne de mire https://planete7.info/guinee-france-35-medecins-guineens-senvolent-pour-se-specialiser-le-defi-du-retour-en-ligne-de-mire/ Fri, 09 Oct 2026 17:08:25 +0000 https://planete7.info/?p=65823 Réunis ce vendredi 9 octobre 2026 au Centre culturel franco-guinéen (CCFG), à Conakry, les 35 lauréats du programme de formation médicale spécialisée en France ont été célébrés avant leur départ prévu le 1er novembre. Entre perfectionnement des compétences, transfert d’expertise et perspectives de retour en Guinée, cette nouvelle promotion nourrit l’espoir de renforcer durablement le […]]]>

Réunis ce vendredi 9 octobre 2026 au Centre culturel franco-guinéen (CCFG), à Conakry, les 35 lauréats du programme de formation médicale spécialisée en France ont été célébrés avant leur départ prévu le 1er novembre. Entre perfectionnement des compétences, transfert d’expertise et perspectives de retour en Guinée, cette nouvelle promotion nourrit l’espoir de renforcer durablement le système de santé guinéen.

Ils sont 35 médecins guinéens à s’apprêter à franchir une nouvelle étape de leur parcours professionnel. Sélectionnés pour poursuivre leur formation spécialisée en France, ils rejoindront, à partir du 1er novembre, des centres hospitaliers universitaires (CHU) et des établissements de formation répartis dans 17 universités françaises. Leur mission : approfondir leurs connaissances, acquérir de nouvelles compétences et, à terme, contribuer à l’amélioration de la prise en charge des patients en Guinée.

Lors de la cérémonie organisée ce vendredi 9 octobre au Centre culturel franco-guinéen (CCFG), l’ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, a salué une promotion qui se distingue par son effectif et sa composition. « C’est une promotion plus nombreuse et plus féminine puisqu’elle compte près d’une femme sur trois », a-t-il souligné, mettant également en avant la présence d’une chirurgienne orthopédiste parmi les lauréats.

Au-delà de leur nombre, ces futurs spécialistes ont été sélectionnés en fonction des besoins sanitaires du pays. Selon le diplomate français, quatre lauréats sur cinq se formeront notamment en cardiologie, en neurologie, en pneumologie ou en endocrinologie, des disciplines essentielles à la prise en charge de nombreuses pathologies.

Le programme de Diplôme de formation médicale spécialisée (DFMS) et de Diplôme de formation médicale spécialisée approfondie (DFMSA) permet à des médecins déjà formés d’approfondir leurs connaissances dans leur spécialité. En France, les bénéficiaires alternent entre pratique hospitalière et formation universitaire, au sein des CHU.

La conseillère régionale en santé mondiale de l’ambassade de France, la docteure Magali Bozon, précise que la durée du séjour varie « entre six mois et trois ans selon les spécialités ».

Les médecins sélectionnés exercent dans les établissements hospitaliers français tout en poursuivant leur formation spécialisée. Ce dispositif leur permet ainsi de renforcer leur expérience clinique et d’acquérir une expertise supplémentaire, dans un cadre universitaire et professionnel.

Toutefois, l’accès au programme repose sur une sélection sur dossier. Les candidats doivent présenter leur parcours académique et obtenir le soutien de leur faculté de médecine. Leur projet de formation doit également correspondre aux besoins identifiés en Guinée.

Pour les autorités françaises, l’enjeu ne se limite donc pas à offrir une expérience à l’étranger aux professionnels de santé. Il s’agit aussi de préparer des compétences susceptibles de répondre aux défis du système sanitaire guinéen.

Si le départ constitue une opportunité pour les bénéficiaires, leur retour représente l’un des principaux enjeux du dispositif. La formation à l’étranger n’a de portée durable que si les compétences acquises peuvent ensuite profiter aux structures sanitaires du pays.

Sur ce point, la docteure Magali Bozon se montre encourageante. Elle évoque plusieurs anciens bénéficiaires qui sont revenus en Guinée et participent aujourd’hui au développement de nouvelles activités médicales.

« Il y en a beaucoup qui sont encore en Guinée, revenus, qui travaillent, qui ont apporté des nouvelles choses, qui ont monté des nouveaux services, des nouvelles spécialités », explique-t-elle.

Certains médecins prolongent toutefois leur séjour à l’étranger afin d’approfondir leur formation ou d’acquérir une expertise supplémentaire avant de rentrer. Mais, selon la conseillère régionale en santé mondiale, les perspectives offertes par les projets sanitaires en cours pourraient favoriser davantage de retours.

Elle cite notamment les quatre hôpitaux régionaux associés au programme Simandou, dont la mise en service est envisagée à l’horizon 2027-2028. Ces infrastructures devraient offrir de nouvelles possibilités aux médecins spécialisés et contribuer à renforcer les capacités de prise en charge dans le pays.

« On a besoin de ressources humaines et ces hôpitaux vont offrir aussi un plateau technique qui sera vraiment à la hauteur des expertises qui auront été acquises pendant ce DFMS-DFMSA », souligne-t-elle.

La formation des médecins s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur l’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins du système de santé guinéen.

Dans son discours, l’ambassadeur de France a également invité les lauréats à inscrire leur séjour dans une véritable stratégie professionnelle, tournée vers les besoins des patients guinéens.

« Un grand médecin se construit dans la durée, par la formation continue, par le compagnonnage et par l’expérience de terrain », a déclaré Luc Briard, les encourageant à considérer cette étape comme le début d’un parcours d’apprentissage continu.

Le diplomate a notamment insisté sur l’importance du transfert des compétences au retour, en invitant les médecins à réfléchir dès maintenant à la manière dont leur expérience française pourra bénéficier aux populations de Conakry, Kankan, Labé ou Kindia.

« Que voulez-vous que vos patients […] gagnent à votre passage par Paris, par Grenoble ou Marseille ? », leur a-t-il demandé.

Pour accompagner cette dynamique, l’ambassadeur a également appelé les anciens bénéficiaires du programme à soutenir les nouveaux lauréats, pendant leur séjour en France, mais aussi au moment de leur retour en Guinée.

« Vous partez apprendre, vous reviendrez transmettre. Entre les deux, vous aurez construit un pont entre nos deux pays », a-t-il résumé.

Cette volonté de transmission constitue l’un des objectifs affichés du programme : permettre aux médecins guinéens de bénéficier d’une formation spécialisée tout en contribuant, à terme, au développement des compétences médicales dans leur pays.

Au nom des 35 médecins admis au programme, le docteur Alhassane a exprimé sa reconnaissance envers les autorités guinéennes, les institutions universitaires et hospitalières ainsi que les partenaires français. Mais son intervention a surtout mis en lumière une préoccupation majeure : les conditions d’insertion professionnelle des bénéficiaires à leur retour.

« Pour nous, le DFMS et le DFMSA représentent certes une grande opportunité, mais surtout une responsabilité », a-t-il déclaré.

Les lauréats entendent profiter de leur séjour en France pour approfondir leurs connaissances cliniques, scientifiques et universitaires, tout en maintenant des liens avec leurs collègues restés en Guinée. Leur ambition, a-t-il insisté, est de revenir mettre cette expérience au service du pays.

Toutefois, une difficulté liée au calendrier du concours d’accès à la fonction publique pourrait se poser pendant leur période de formation à l’étranger.

À ce sujet, le représentant des lauréats a révélé qu’une lettre avait été officiellement déposée le jeudi 8 octobre 2026 au ministère de la Santé. Cette démarche vise à solliciter l’intégration des médecins admis au programme DFMS-DFMSA dans la fonction publique en qualité de médecins spécialistes.

Le docteur Alhassane a tenu à préciser que cette demande ne vise pas à contourner les procédures réglementaires, mais à faire prendre en compte la situation particulière des médecins en formation à l’étranger.
« Nous sollicitons simplement que notre situation particulière soit prise en compte et qu’une solution puisse être envisagée afin que notre formation en France ne constitue pas à notre retour un obstacle à notre insertion professionnelle », a-t-il expliqué.

Cette démarche met en évidence une attente des lauréats : pouvoir achever leur formation sans risquer de compromettre leurs perspectives d’intégration professionnelle en Guinée.

Au-delà de cette préoccupation, ils souhaitent rejoindre les hôpitaux, les universités et les autres structures sanitaires du pays, participer à la formation des jeunes médecins, développer la recherche et contribuer à l’amélioration de la prise en charge des patients.
« Nous voulons partir pour nous perfectionner, revenir pour exercer et mettre nos compétences au service de notre pays », a résumé le représentant des lauréats.

Pour les trois intervenants, la réussite du programme dépendra en grande partie de la capacité des médecins à valoriser leurs acquis une fois de retour en Guinée.

L’ambassadeur de France a appelé les anciens bénéficiaires à accompagner les nouveaux lauréats pendant leur séjour, mais aussi à leur retour. La docteure Magali Bozon a, de son côté, souligné les perspectives offertes par le développement des infrastructures hospitalières.

Le docteur Alhassane a également insisté sur la nécessité de renforcer le réseau des anciens bénéficiaires du programme DFMS-DFMSA, afin de favoriser les échanges scientifiques, les collaborations professionnelles et la réalisation de projets utiles au système de santé guinéen.

La prochaine campagne de sélection devrait débuter en novembre 2026, avec une clôture du dépôt des dossiers généralement prévue à la mi-décembre. Selon la docteure Magali Bozon, les premières réponses sont attendues au début de l’année 2027, tandis que les résultats destinés aux lauréats devraient être communiqués en juin 2027.

Pour cette nouvelle promotion, le départ prévu le 1er novembre marque donc le début d’une étape déterminante. Les médecins vont acquérir de nouvelles compétences dans les établissements français, avec l’ambition de les mettre ensuite au service de leurs compatriotes.
Reste désormais à articuler cette ambition avec les conditions concrètes de leur retour et de leur insertion professionnelle. Car, au-delà de la formation, l’enjeu est de permettre à la Guinée de tirer pleinement profit de l’expertise de ces futurs spécialistes.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info

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