Commerce informel – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Fri, 23 Jan 2026 15:05:16 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Commerce informel – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Kindia : les vendeuses du marché central EBT dénoncent leur déguerpissement et interpellent les autorités https://planete7.info/kindia-les-vendeuses-du-marche-central-ebt-denoncent-leur-deguerpissement-et-interpellent-les-autorites/ Fri, 23 Jan 2026 15:05:16 +0000 https://planete7.info/?p=50693 À Kindia, la tension est de nouveau montée d’un cran au marché central EBT. Depuis le début de la semaine, plusieurs femmes vendeuses ont été contraintes de quitter les espaces situés devant les boutiques où elles exerçaient leurs activités, faute d’infrastructures adaptées pour les accueillir. Une situation qui ravive leur colère et relance le bras […]]]>

À Kindia, la tension est de nouveau montée d’un cran au marché central EBT. Depuis le début de la semaine, plusieurs femmes vendeuses ont été contraintes de quitter les espaces situés devant les boutiques où elles exerçaient leurs activités, faute d’infrastructures adaptées pour les accueillir. Une situation qui ravive leur colère et relance le bras de fer avec les autorités locales.

Pour se faire entendre, ces commerçantes ont érigé des barricades et suspendu leurs activités, dénonçant ce qu’elles considèrent comme un non-respect des engagements pris avant la construction d’un immeuble R+3 dans l’enceinte du marché. Selon elles, il avait été convenu que l’ensemble du rez-de-chaussée serait transformé en hangars afin de reloger les femmes occupant initialement ces espaces.

Rencontrées ce jeudi 22 janvier 2026, plusieurs responsables du collectif des vendeuses ont détaillé les démarches entreprises auprès des autorités.

« Nous avions reçu l’assurance que des hangars seraient construits pour nous. Aujourd’hui, nous souffrons énormément parce que nous n’avons nulle part où nous installer. Le seul hangar réalisé est trop petit. Pourtant, tout le rez-de-chaussée devait nous être réservé », déplore Fatoumata Camara, plus connue sous le nom de Fatou Kobèkobè.

À la place des hangars promis, des boutiques ont été construites et mises en location à des prix jugés inaccessibles pour ces femmes. « Les boutiques coûtent jusqu’à trois millions de francs guinéens. C’est impossible pour nous », poursuit-elle.

Faute de solutions, plusieurs vendeuses se retrouvent contraintes de s’installer en bordure de route ou devant des commerces, au risque de nouvelles expulsions. « Avant-hier, le propriétaire de l’immeuble devant lequel nous étions installées a appelé la gendarmerie pour nous chasser. Jusqu’à présent, aucune place ne nous a été officiellement proposée », confie-t-elle.

Les conséquences économiques sont déjà perceptibles. Depuis trois jours, les activités sont quasiment à l’arrêt. « Nous ne vendons plus. Hier, nous avons été reçues par le préfet de Kindia. Il nous a demandé de patienter et nous a promis une solution dans les prochains jours », explique Fatoumata Camara.

Mais sur le terrain, la frustration demeure. Les femmes accusent à la fois le propriétaire de l’immeuble et la commune urbaine de manque d’accompagnement et de dialogue. « Les autorités communales viennent seulement pour nous demander de quitter les lieux. Une fois, elles ont même saisi nos tables pour les déposer à la place des Martyrs. Le lendemain, on nous a encore demandé de partir. Même l’administratrice du marché reste silencieuse », regrette-t-elle.

Face à l’impasse, les vendeuses lancent un appel direct au président de la transition, le général Mamadi Doumbouya.

« Nous demandons au président de nous venir en aide afin que le problème de places soit définitivement réglé. Nous voulons simplement travailler dignement, vendre nos marchandises et subvenir aux besoins de nos familles », plaident-elles.

En attendant une solution concrète, ces femmes, pilier de l’économie informelle locale, continuent de payer le prix d’un aménagement urbain qu’elles estiment fait sans elles.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planète7.info 

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Sonfonia Gare : l’occupation anarchique de la route du marché asphyxie la circulation https://planete7.info/sonfonia-gare-loccupation-anarchique-de-la-route-du-marche-asphyxie-la-circulation/ Mon, 12 Jan 2026 21:08:25 +0000 https://planete7.info/?p=50413 À Sonfonia Gare, l’axe routier reliant le rond-point T7 au marché central est devenu, au fil des jours, le symbole d’un désordre urbain chronique. Dès l’aube, cette voie stratégique, censée faciliter la mobilité dans l’une des zones les plus fréquentées de la capitale, se transforme en un véritable parcours du combattant. En cause : l’occupation […]]]>

À Sonfonia Gare, l’axe routier reliant le rond-point T7 au marché central est devenu, au fil des jours, le symbole d’un désordre urbain chronique. Dès l’aube, cette voie stratégique, censée faciliter la mobilité dans l’une des zones les plus fréquentées de la capitale, se transforme en un véritable parcours du combattant. En cause : l’occupation anarchique de la chaussée par des étals de fortune, installés par des femmes vendeuses à la recherche de visibilité et de clients.

Sur plusieurs dizaines de mètres, la route disparaît progressivement sous les légumes, fruits, poissons fumés, condiments et autres produits de première nécessité. L’espace de circulation se réduit dangereusement, obligeant véhicules et piétons à se frayer un passage au milieu d’un enchevêtrement d’étals, de clients et de marchandises. Aux heures de pointe, la situation vire au chaos : embouteillages interminables, klaxons stridents et tensions permanentes, plongeant de nombreux travailleurs dans des retards répétés pour rejoindre leurs lieux de service.

Sur place, les femmes commerçantes ne nient pas l’occupation de la voie publique, mais invoquent une réalité économique implacable. Pour elles, vendre sur la route n’est pas un choix, mais une nécessité.

« À l’intérieur du marché, il n’y a plus de place. Et même quand on en trouve, les clients ne viennent pas. Ici, au bord de la route, on peut au moins vendre quelque chose », explique Mariama Camara, vendeuse de légumes.

Une autre commerçante renchérit, le regard inquiet : « Nous savons que c’est dangereux, mais nous n’avons pas d’alternative. C’est grâce à ces ventes que nous nourrissons nos familles. »

Faute d’une organisation efficace du marché et de solutions concrètes proposées par les autorités locales, la rue s’est progressivement imposée comme un espace de survie économique pour ces femmes.

Cette occupation anarchique n’est pas sans conséquences pour les usagers de la route. Chauffeurs de taxi, conducteurs de motos et piétons dénoncent une situation devenue intenable.

« Il suffit de quelques vendeuses pour bloquer toute la circulation. On peut rester ici plus de 30 minutes pour parcourir à peine 100 mètres », s’indigne Ibrahima Telly Diallo, chauffeur de taxi.

Les motards, particulièrement nombreux dans la zone, se disent les plus exposés aux risques d’accidents. « On slalome entre les étals, les piétons et les voitures. Un faux mouvement et c’est l’accident assuré », confie un conducteur de taxi-moto.

Les riverains, quant à eux, pointent du doigt l’insalubrité et les nuisances quotidiennes. « La route est sale, jonchée de déchets. Il y a souvent des disputes entre vendeuses et chauffeurs, sans parler du bruit », témoigne un habitant du quartier.

Interrogé sous couvert d’anonymat, un agent communal reconnaît l’ampleur du problème et les limites de l’action publique. « La situation est connue. Mais déguerpir ces femmes sans leur proposer de solutions alternatives ne ferait que déplacer le problème ailleurs. Il faut une réponse durable et concertée. »

Au-delà des désagréments quotidiens, l’occupation anarchique de cette route constitue un danger réel et permanent. Femmes vendeuses, enfants, piétons et conducteurs évoluent dans un espace non sécurisé, exposé aux accidents à tout moment.

À Sonfonia Gare, la route du marché illustre ainsi un défi urbain majeur : concilier droit à la mobilité, sécurité routière et survie économique des populations les plus vulnérables. Une équation complexe qui appelle des solutions urgentes et structurées, au risque de voir le désordre s’installer durablement.

Antoine Neima pour Planete7.info 

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