Bonfi – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Tue, 18 Nov 2025 17:52:33 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Bonfi – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Bonfi : colère et détresse après le naufrage en Mauritanie — les familles implorent le gouvernement d’agir https://planete7.info/bonfi-colere-et-detresse-apres-le-naufrage-en-mauritanie-les-familles-implorent-le-gouvernement-dagir/ Tue, 18 Nov 2025 17:52:33 +0000 https://planete7.info/?p=48428 À Bonfi, dans la commune de Matam, une profonde détresse s’est exprimée ce mardi 18 novembre 2025. Des dizaines de familles, pour la plupart des mères, sont descendues dans les rues pour demander l’intervention urgente de l’État guinéen, après le naufrage d’une embarcation de migrants au large de la Mauritanie. Selon les témoignages recueillis, plus […]]]>

À Bonfi, dans la commune de Matam, une profonde détresse s’est exprimée ce mardi 18 novembre 2025. Des dizaines de familles, pour la plupart des mères, sont descendues dans les rues pour demander l’intervention urgente de l’État guinéen, après le naufrage d’une embarcation de migrants au large de la Mauritanie.

Selon les témoignages recueillis, plus de 300 jeunes originaires de Bonfi et de quartiers environnants auraient quitté Conakry il y a plusieurs semaines, en direction de la Gambie, espérant poursuivre leur route vers l’Europe. Un espoir qui n’aura duré que quelques jours.

Issiaga Camara, porte-parole des familles, raconte que l’annonce initiale de leur arrivée à destination avait suscité une brève euphorie :

« On nous avait dit qu’ils avaient atteint l’Europe. Tout le quartier avait célébré. » Quelques jours plus tard, un appel terrifiant est venu briser cet enthousiasme. « Un jeune a contacté sa sœur en pleurant : Ils nous ont tués… », rapporte-t-il.

Les familles affirment avoir appris que l’embarcation en provenance de Gambie avait été rejointe en mer par une barque venue du Sénégal, transportant une centaine d’autres migrants. La surcharge aurait fragilisé le navire déjà précaire.

Les rescapés évoquent également des conditions extrêmes : près de deux semaines sans eau, sans nourriture, entassés, avec des enfants à bord. Plusieurs passagers auraient succombé à l’épuisement avant même le drame, d’autres auraient disparu en mer.

Jusqu’ici, les familles de Bonfi ont recensé six décès confirmés, mais le nombre réel de victimes reste inconnu.

On parle de plusieurs disparus, de personnes jetées à la mer, et de passagers n’ayant jamais informé leurs proches de leur départ.

Du côté des survivants, la situation demeure critique :

  • Onze personnes seraient hospitalisées en Mauritanie,
  • D’autres seraient détenues par les autorités locales,
  • Une trentaine de survivants auraient été identifiés via des vidéos relayées sur les réseaux sociaux.

À Bonfi-Port seulement, 47 familles ont déjà signalé des proches manquants.

Face à l’ampleur du drame, les familles ont organisé une marche pour appeler le gouvernement guinéen à intervenir rapidement.

« Nos enfants sont vivants mais abandonnés en Mauritanie. Certains sont malades, d’autres traumatisés. Sans l’aide de l’État, ils ne pourront pas rentrer », a plaidé Issiaga Camara.

Les protestataires demandent :

  • le rapatriement d’urgence des survivants,
  • un accompagnement pour les blessés,
  • et une enquête claire pour déterminer combien de jeunes ont réellement pris la mer.

Les habitants de Bonfi espèrent que leur appel ne restera pas sans réponse.

« Nous supplions le gouvernement de sauver nos enfants », insistent les familles, sous le choc d’une tragédie dont l’ampleur réelle n’est pas encore connue.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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Bonfi : les pêcheurs artisanaux étranglés par l’anarchie maritime et l’inaction des autorités https://planete7.info/bonfi-les-pecheurs-artisanaux-etrangles-par-lanarchie-maritime-et-linaction-des-autorites/ Tue, 04 Feb 2025 01:17:56 +0000 https://planete7.info/?p=37658 Le port de Bonfi, dans la commune de Matam, est en ébullition. Les pêcheurs artisanaux, pourtant piliers de l’économie locale, se sentent abandonnés, broyés par une concurrence impitoyable et un manque criant de régulation. Lundi 3 février 2025, notre rédaction est allée à leur rencontre. Entre frustration et résignation, ils dénoncent un secteur livré à […]]]>

Le port de Bonfi, dans la commune de Matam, est en ébullition. Les pêcheurs artisanaux, pourtant piliers de l’économie locale, se sentent abandonnés, broyés par une concurrence impitoyable et un manque criant de régulation. Lundi 3 février 2025, notre rédaction est allée à leur rencontre. Entre frustration et résignation, ils dénoncent un secteur livré à lui-même, où l’injustice et le péril sont devenus la norme.

Le ton est amer. Alhassane Bangoura, pêcheur aguerri, pointe du doigt l’un des fléaux qui asphyxient leur activité : la prédation des navires industriels.  « Nous sommes à bout ! Ces bateaux ravagent tout sur leur passage. Normalement, ils devraient se tenir à 200 ou 220 kilomètres des côtes, mais ils s’aventurent jusqu’à 80 kilomètres, réduisant nos chances à néant. Aujourd’hui, partir en mer est un jeu de hasard : on peut dépenser 8 ou 9 millions de francs guinéens et revenir les filets vides. Ce n’est plus de la pêche, c’est une lutte pour la survie ! », fulmine-t-il.

Comme si la rareté du poisson ne suffisait pas, les pêcheurs doivent affronter des conditions de travail précaires et périlleuses. Sékou Bangoura, lui aussi pêcheur, décrit un quotidien de plus en plus dangereux : « La mer est devenue un véritable champ de mines ! Nous devons esquiver des rochers, des carcasses de bateaux et des débris métalliques, tout en évitant la collision avec d’autres pirogues. Le pire ? Nous sommes totalement livrés à nous-mêmes. Aucune aide, aucun soutien. Nous risquons nos vies à chaque sortie, juste pour assurer notre pain quotidien. »

Face à cette situation, les pêcheurs de Bonfi ne réclament pas l’impossible : ils veulent simplement que les règles soient respectées. Que les autorités prennent leurs responsabilités, éloignent ces bateaux destructeurs et sécurisent l’activité. Pourtant, leurs appels restent sans écho.

Jusqu’à quand ? Faudra-t-il attendre un drame pour que les choses bougent ? Pendant que les décideurs ferment les yeux, une profession s’éteint lentement, emportant avec elle l’espoir de milliers de familles qui n’ont d’autre horizon que la mer.

 

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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