BCRG – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Wed, 12 Aug 2026 07:30:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg BCRG – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Éco : le gouverneur de la BCRG défend le maintien du franc guinéen https://planete7.info/eco-le-gouverneur-de-la-bcrg-defend-le-maintien-du-franc-guineen/ Wed, 12 Aug 2026 07:30:02 +0000 https://planete7.info/?p=61451 Alors que la mise en circulation de l’Éco est régulièrement annoncée pour 2027, la Guinée choisit, pour l’heure, de conserver sa monnaie nationale. Devant la presse ce mardi 11 août 2026, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Kemoko Kaba, a exposé les raisons économiques, financières et institutionnelles qui, selon […]]]>

Alors que la mise en circulation de l’Éco est régulièrement annoncée pour 2027, la Guinée choisit, pour l’heure, de conserver sa monnaie nationale. Devant la presse ce mardi 11 août 2026, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Kemoko Kaba, a exposé les raisons économiques, financières et institutionnelles qui, selon lui, justifient cette position.

Le débat sur l’avenir monétaire de l’Afrique de l’Ouest connaît un nouvel épisode. Alors que le projet de monnaie commune de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), baptisé Éco, continue d’alimenter les discussions, la Guinée affiche clairement sa prudence.

Le gouverneur de la BCRG, Kemoko Kaba, a confirmé ce mardi la décision des autorités guinéennes de maintenir le franc guinéen. Une orientation qu’il considère comme cohérente avec la situation économique et institutionnelle actuelle du pays.

« Effectivement, la Guinée, par la voix du président, a décidé de rester au niveau du franc guinéen. Et très sincèrement, je pense que c’est une très bonne décision que le président a prise », a-t-il déclaré.

Pour le patron de la banque centrale, l’échéance de 2027 souvent évoquée pour la mise en circulation de l’Éco ne signifie pas pour autant que les conditions économiques sont réunies pour une telle transition.

Kemoko Kaba invite notamment à regarder de près les critères de convergence auxquels les États devraient satisfaire avant d’intégrer une monnaie commune. Selon lui, leur respect demeure aujourd’hui largement insuffisant au sein de l’espace communautaire.

« Tout le monde dit qu’on va à l’Éco en 2027, mais en gros, personne n’a intérêt à y aller », a-t-il affirmé.

Le gouverneur avance même qu’un seul pays de la CEDEAO respecterait actuellement l’ensemble des critères de convergence nécessaires à une monnaie unique : le Bénin.

« Vous regardez les critères de convergence. Quels sont les pays aujourd’hui qui respectent tous les critères de convergence de la monnaie unique de l’Afrique de l’Ouest ? Il n’y a qu’un pays, c’est le Bénin », a-t-il expliqué.

Au-delà des indicateurs économiques, le gouverneur estime qu’une monnaie commune ne pourrait fonctionner durablement sans mécanismes de solidarité capables de soutenir les États confrontés à des déficits.

« Le troisième point, c’est qu’il faut un mécanisme de transfert entre les États qui ont des déficits et ceux qui ont des excédents. Si vous avez la même modalité et que vous n’avez pas ces transferts-là, ça va être très compliqué », a-t-il prévenu.

Pour illustrer son propos, Kemoko Kaba s’est référé à la crise grecque, considérant qu’une union monétaire dépourvue de mécanismes efficaces de solidarité financière peut exposer certains États à de fortes difficultés.

Au-delà des critères économiques, c’est également la gouvernance d’une éventuelle future banque centrale fédérale de la CEDEAO qui suscite les interrogations du gouverneur guinéen.

Aujourd’hui, explique-t-il, la Guinée dispose d’une banque centrale dont elle maîtrise entièrement le capital et les décisions. Une architecture qui changerait radicalement dans le cadre d’une union monétaire régionale.

« Aujourd’hui, vous avez une Guinée qui détient 100 % sa banque centrale. Demain, vous allez nous mettre en place une banque centrale fédérale », a-t-il relevé.

Dans cette nouvelle configuration, le poids du Nigeria constituerait, selon lui, un élément déterminant. Avec une économie et une population largement supérieures à celles des autres États membres, Abuja disposerait mécaniquement d’une influence considérable au sein des institutions monétaires communes.

Le gouverneur estime ainsi que le Nigeria représente près de 63 % du produit intérieur brut (PIB) de la CEDEAO.

« Donc, quels que soient les pondérations que vous allez mettre sur le PIB, la population ou les réserves, vous allez avoir une banque centrale qui, à minima, sera contrôlée par le Nigeria à hauteur de 60 %, à minima », a-t-il soutenu.

Pour la Guinée, le rapport de force serait donc nettement moins favorable.

« La part de la Guinée là-dedans, je ne suis même pas sûr qu’on aura 5 % du capital de cette banque centrale-là », a-t-il poursuivi.

Une différence de poids qui conduit le gouverneur à poser une question centrale : « Donc pourquoi quitter une banque centrale où vous avez 100 % ? Pour aller à une banque centrale où il y a 5 % ? »

Si la Guinée choisit de maintenir le franc guinéen, Kemoko Kaba tient toutefois à préciser que cette décision ne traduit pas un rejet du principe d’une monnaie commune ouest-africaine.

Conakry entend continuer à participer aux réflexions régionales afin de rechercher une formule susceptible de préserver les intérêts des différents États.

« Ça n’empêche qu’on va continuer à réfléchir avec eux pour voir comment est-ce qu’on va aller vers une monnaie commune, pas unique, mais monnaie commune », a-t-il précisé.

La position guinéenne se veut donc prudente plutôt que définitive : préserver, dans l’immédiat, la souveraineté monétaire du pays tout en maintenant le dialogue sur l’intégration économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest.

Pour le gouverneur de la BCRG, les conditions actuelles ne justifient pas un changement de cap.

« Mais en l’état actuel, c’est la meilleure décision que le président ait », a-t-il conclu.

Salif Camara pour Planete7.info 

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Accord Guinée-FMI : le gouvernement dévoile les priorités d’un programme de 425 millions de dollars https://planete7.info/accord-guinee-fmi-le-gouvernement-devoile-les-priorites-dun-programme-de-425-millions-de-dollars/ Wed, 12 Aug 2026 00:11:47 +0000 https://planete7.info/?p=61439 Après la conclusion d’un accord au niveau des services avec le FMI, les autorités guinéennes veulent en faire un levier de transformation économique, de mobilisation des recettes et de renforcement de la confiance des investisseurs. Le programme, prévu sur 41 mois, pourrait ouvrir l’accès à environ 425 millions de dollars, sous réserve de son approbation […]]]>

Après la conclusion d’un accord au niveau des services avec le FMI, les autorités guinéennes veulent en faire un levier de transformation économique, de mobilisation des recettes et de renforcement de la confiance des investisseurs. Le programme, prévu sur 41 mois, pourrait ouvrir l’accès à environ 425 millions de dollars, sous réserve de son approbation par les instances dirigeantes du Fonds en septembre prochain.

Ce n’est pas seulement une enveloppe de 425 millions de dollars que le gouvernement guinéen veut retenir du nouvel accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI). Pour les autorités, le véritable enjeu se situe ailleurs : dans la crédibilité retrouvée, la discipline budgétaire, la mobilisation des ressources internes et la capacité à transformer la croissance économique en résultats tangibles pour les populations.

Au lendemain de l’annonce de la conclusion d’un accord au niveau des services du FMI en vue d’un nouveau Programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), le gouvernement a choisi de lever le voile sur les contours de ce nouveau cadre. Ce mardi 11 août 2026, le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a réuni plusieurs membres du gouvernement et le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) pour un point de presse consacré aux implications de cet accord.

Autour de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, étaient notamment présents le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, ainsi que le gouverneur de la BCRG, Karamo Kaba.

L’accord, d’une durée de 41 mois, devrait permettre à la Guinée d’accéder à environ 425 millions de dollars, soit 145 % de sa quote-part auprès du FMI. Cette enveloppe reste toutefois soumise à l’approbation de la Direction et du Conseil d’administration du Fonds, attendue en septembre 2026.

Mais au cours des échanges avec les médias, les responsables guinéens ont insisté sur le fait que la portée du programme ne saurait être réduite à son montant financier.

Pour Mariama Ciré Sylla, la Guinée n’aborde pas ce nouveau programme dans une logique de sauvetage ou de réponse à une crise immédiate. La ministre le présente plutôt comme un instrument destiné à accompagner les réformes engagées par les autorités et à consolider les acquis économiques enregistrés ces dernières années.

« Cet accord intervient dans un contexte particulier pour notre pays, marqué par le retour à l’ordre constitutionnel et par la volonté des autorités de consolider durablement la stabilité institutionnelle et économique », a-t-elle expliqué.

Dans cette perspective, le gouvernement entend inscrire le partenariat avec le FMI dans une vision définie au niveau national. Il s’agit, selon la ministre, de construire progressivement une économie plus solide, mieux gouvernée et davantage capable de financer elle-même son développement.

Sous le leadership du président de la République, Mamadi Doumbouya, et sous la conduite du Premier ministre, les autorités revendiquent ainsi un choix assumé : celui de la transformation économique.

« La Guinée se trouve à un carrefour historique de son développement économique », a déclaré Mariama Ciré Sylla, mettant en avant les efforts entrepris pour accroître les recettes publiques, restaurer la discipline budgétaire, moderniser la gestion des finances publiques et accélérer la digitalisation des administrations.

Pour le gouvernement, cette transformation doit également aller de pair avec davantage de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources publiques.

L’ambition, résumée par la ministre, est de faire en sorte que « les richesses de la Guinée servent davantage la Guinée » et que les ressources publiques mobilisées produisent davantage d’impact au bénéfice des populations.

Pour défendre cette nouvelle trajectoire, la ministre a également présenté plusieurs indicateurs qu’elle considère comme des signes d’amélioration de la situation économique.

La croissance aurait atteint 6,9 % en 2025 et devrait progresser à 8,6 % en 2026, selon les projections présentées par les autorités. Dans le même temps, les recettes fiscales seraient passées de 8,6 % du PIB en 2024 à 11,3 % en 2025.

Le gouvernement met également en avant le renforcement des réserves de change ainsi qu’un niveau de dette publique jugé maîtrisé.

Ces performances, selon Mariama Ciré Sylla, permettent à la Guinée d’aborder son nouveau programme avec le FMI non pas comme une économie en situation de faiblesse, mais comme un pays disposant désormais d’acquis sur lesquels il entend bâtir une nouvelle étape de sa transformation.

Reste toutefois un défi majeur : convertir les performances macroéconomiques en amélioration du quotidien des citoyens.

La ministre a notamment alerté sur les risques liés à une mauvaise gestion des revenus issus des ressources naturelles. La richesse minière, estime-t-elle, peut devenir un accélérateur de développement comme elle peut, en l’absence de rigueur, accentuer les déséquilibres.

« Sans une gestion rigoureuse, une telle manne peut accroître les déséquilibres et peut ne pas servir comme on le souhaiterait les populations guinéennes », a-t-elle prévenu.

Le premier grand chantier du programme concerne précisément la capacité de l’État à mobiliser ses propres ressources.

L’objectif est d’augmenter durablement les recettes intérieures afin de financer les priorités nationales, notamment celles inscrites dans le programme Simandou 2040.

L’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre la fraude et l’amélioration des performances des régies financières figurent parmi les leviers annoncés. La digitalisation doit également jouer un rôle central dans cette stratégie.

Derrière cette orientation se trouve un objectif stratégique : réduire progressivement la dépendance de la Guinée aux financements extérieurs et renforcer sa capacité à financer elle-même ses politiques publiques et ses investissements.

Le deuxième axe porte sur la gestion des finances publiques.

Le nouveau programme doit accompagner la poursuite des réformes budgétaires, notamment la transition vers le budget-programme, ainsi que l’amélioration des prévisions économiques et le renforcement du contrôle de la dépense publique.

Le gouvernement entend également revoir la manière dont sont sélectionnés les investissements publics.

Les projets appelés à bénéficier de ressources publiques devront davantage être évalués en fonction de leur rentabilité économique et financière, mais aussi de leur capacité à produire un impact concret sur les populations.

Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de mobiliser davantage d’argent public, mais de s’assurer que chaque ressource dépensée génère le maximum de résultats.

La stabilité macroéconomique constitue le troisième pilier du programme.

La Guinée entend poursuivre sa dynamique de croissance tout en maîtrisant l’inflation, en consolidant ses réserves de change et en préservant les principaux équilibres économiques et financiers.

À cette discipline macroéconomique doit s’ajouter un renforcement de la gouvernance publique.

Le gouvernement annonce notamment la publication régulière des données budgétaires ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle internes et externes.

Cette volonté de transparence constitue également un élément important du nouveau cadre avec le FMI, alors que les autorités souhaitent instaurer un dialogue plus régulier avec les citoyens, les acteurs économiques et les partenaires au développement sur les décisions qui engagent l’avenir financier du pays.

Autre priorité : la diversification de l’économie.

Le gouvernement veut créer des conditions plus favorables au développement de l’agriculture, de l’agro-industrie, des services et des petites et moyennes entreprises.

Cette orientation s’inscrit directement dans les ambitions de Simandou 2040, qui vise à utiliser la dynamique minière comme un catalyseur d’une transformation plus large de l’économie guinéenne.

L’enjeu est donc de faire de la croissance minière un point d’appui pour développer d’autres secteurs, créer davantage d’activités et renforcer le capital humain.

Au-delà des questions financières, le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, a insisté sur un autre enjeu souvent moins visible : la qualité des données et des outils de planification.

« On ne peut pas piloter une transformation économique de cette ampleur sans disposer de données fiables », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, les statistiques constituent un outil indispensable pour mesurer les résultats des politiques publiques, identifier les besoins réels des populations et orienter efficacement les ressources de l’État.

Son département entend ainsi concentrer ses efforts autour de trois chantiers.

Le premier concerne le renforcement de la planification stratégique et sa meilleure articulation avec la programmation budgétaire et l’investissement public. L’objectif est de faire en sorte que les orientations nationales soient effectivement traduites dans les budgets et dans les choix d’investissement.

Le deuxième porte sur la modernisation du système statistique national, avec l’ambition de disposer de données plus fiables, plus rapides et davantage exploitables dans la prise de décision.

Enfin, le troisième chantier concerne la coopération internationale. Le gouvernement souhaite que les différents partenariats conclus par la Guinée soient davantage alignés sur les priorités nationales et contribuent directement aux objectifs de Simandou 2040.

À la Banque centrale, le gouverneur Karamo Kaba voit dans le nouvel accord un enjeu qui dépasse largement les 425 millions de dollars annoncés.

« Le montant annoncé aujourd’hui est important, mais sa véritable portée dépasse ce montant », a-t-il affirmé.

Pour le gouverneur de la BCRG, le programme doit avant tout contribuer à restaurer la confiance dans l’économie guinéenne et à renforcer la signature financière du pays.

Une crédibilité accrue qui pourrait, selon lui, faciliter la mobilisation de ressources supplémentaires auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux, mais aussi améliorer l’attractivité du pays auprès des investisseurs privés.

Karamo Kaba parle ainsi d’un véritable « contrat de confiance » autour d’une vision économique : celle d’une Guinée capable de valoriser ses ressources naturelles tout en préservant ses équilibres et en préparant les bases d’une prospérité durable.

« La valeur de cet accord ne se résume pas seulement en dollars, en DTS ou en francs guinéens », a-t-il souligné.

Pour le gouverneur, sa valeur réside surtout dans la crédibilité qu’il apporte à la politique économique du pays, dans l’ancrage qu’il donne aux réformes et dans la confiance qu’il peut susciter auprès des investisseurs et des partenaires internationaux.

À travers ce point de presse, le gouvernement a donc voulu présenter le nouvel accord avec le FMI comme bien plus qu’un mécanisme de financement.

Les quelque 425 millions de dollars attendus constituent certes une ressource importante pour la Guinée. Mais l’enjeu central du programme réside dans les réformes qui l’accompagnent : mobilisation des recettes intérieures, meilleure gestion des dépenses publiques, stabilité macroéconomique, transparence, diversification économique, amélioration de la planification et renforcement de la confiance.

La prochaine étape se jouera désormais à Washington. Sous réserve de l’approbation de la Direction et du Conseil d’administration du FMI, attendue en septembre 2026, le programme devrait entrer dans une nouvelle phase.

Pour les autorités guinéennes, le défi sera alors de transformer les engagements pris en résultats mesurables.

Car derrière les indicateurs de croissance, les recettes fiscales et les mécanismes financiers, une question demeure : comment faire en sorte que la croissance et les ressources exceptionnelles dont dispose la Guinée se traduisent enfin par davantage d’emplois, de services publics, d’infrastructures et de pouvoir d’achat pour les citoyens ?

C’est à cette épreuve que sera véritablement jugé le nouveau partenariat entre la Guinée et le FMI.

 

Salif Camara pour Planete7.info

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Crypto-actifs et promesses de gains rapides : la BCRG met en garde contre les investissements frauduleux https://planete7.info/crypto-actifs-et-promesses-de-gains-rapides-la-bcrg-met-en-garde-contre-les-investissements-frauduleux/ Mon, 10 Aug 2026 20:12:34 +0000 https://planete7.info/?p=61290 La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) alerte le public sur la multiplication des offres d’investissement liées aux crypto-actifs et promettant des gains rapides et disproportionnés. Dans un communiqué publié le 6 août 2026, l’institution rappelle que ces activités ne bénéficient d’aucun agrément en Guinée et met en garde contre les risques d’escroquerie, […]]]>

La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) alerte le public sur la multiplication des offres d’investissement liées aux crypto-actifs et promettant des gains rapides et disproportionnés. Dans un communiqué publié le 6 août 2026, l’institution rappelle que ces activités ne bénéficient d’aucun agrément en Guinée et met en garde contre les risques d’escroquerie, notamment les systèmes pyramidaux et de type Ponzi.

Communiqué ci-joint :

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Washington D.C. : la Guinée imprime sa marque aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale https://planete7.info/washington-d-c-la-guinee-imprime-sa-marque-aux-assemblees-annuelles-du-fmi-et-de-la-banque-mondiale/ Fri, 17 Oct 2025 12:33:44 +0000 https://planete7.info/?p=47303 Du 13 au 18 octobre 2025, à Washington D.C., se tiennent les Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale. En marge de ce rendez-vous économique planétaire, la République de Guinée est représentée par une délégation gouvernementale de haut niveau (les ministres de l’Économie, du Budget, de l’Agriculture, du Plan, […]]]>

Du 13 au 18 octobre 2025, à Washington D.C., se tiennent les Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale. En marge de ce rendez-vous économique planétaire, la République de Guinée est représentée par une délégation gouvernementale de haut niveau (les ministres de l’Économie, du Budget, de l’Agriculture, du Plan, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale) pour porter la voix de leur pays dans de nombreuses réunions.

Lors de la réunion du « Groupe Afrique II » de la Banque mondiale, le ministre du Budget, Facinet Sylla, s’est engagé à défendre la demande guinéenne d’un assouplissement des conditions d’appui budgétaire. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles, tout en renforçant la mobilisation des ressources nationales dans un contexte géopolitique incertain.

Par ailleurs, la délégation guinéenne a tenu plusieurs rencontres bilatérales avec des gouverneurs de banques centrales et des institutions financières internationales. L’objectif annoncé : valoriser les progrès économiques de la Guinée, consolider la confiance des partenaires et susciter des opportunités d’investissements dans le pays.

La Banque centrale (BCRG), dirigée par son gouverneur Dr Karamo Kaba, joue un rôle actif dans cette dynamique. Elle a participé aux débats techniques et politiques, plaide pour la stabilité des prix, la soutenabilité de la dette publique et l’accès à des financements concessionnels pour une croissance inclusive.

Au cours d’un panel réunissant des investisseurs internationaux, le projet minier Simandou est venu au premier plan. Il a été cité comme un exemple d’ambition, de rigueur et de vision stratégique. Ce moment a été perçu comme une reconnaissance de portée symbolique : c’est toute la Guinée y a gagné en visibilité et en crédibilité.

Aujourd’hui, si Simandou s’impose comme une référence mondiale, c’est parce qu’il incarne la Guinée du renouveau : une Guinée qui mise sur la transparence et la performance, une Guinée qui transforme son potentiel minier en levier de développement durable, une Guinée qui, sous la direction du Président Mamadi Doumbouya, conjugue audace, discipline et patriotisme au service de la prospérité nationale.

En marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, la délégation guinéenne a également pris part au U.S.–Guinea Business Roundtable, organisé par la U.S. Chamber of Commerce à Washington D.C. Cette rencontre, placée sous le thème du renforcement des partenariats économiques entre les États-Unis et la Guinée, a réuni des représentants du gouvernement guinéen, des investisseurs américains et plusieurs acteurs du secteur privé africain.

L’objectif était de présenter les avancées économiques récentes du pays, notamment dans les secteurs minier, énergétique et agricole, et d’identifier des pistes concrètes de coopération et d’investissement. Les échanges ont mis en avant les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires, ainsi que les opportunités offertes par des projets structurants tels que Simandou ou le développement des infrastructures énergétiques. Cette initiative marque une étape importante dans la relance du dialogue économique entre Conakry et Washington, en favorisant des partenariats mutuellement bénéfiques fondés sur la transparence, la durabilité et la création de valeur locale.

La Banque mondiale, quant à elle, reste un partenaire clé pour la Guinée dans ses domaines prioritaires : infrastructures rurales, éducation, santé, transport, développement communautaire. Grâce à sa présence active aux Assemblées, Conakry entend renforcer sa capacité à mobiliser des financements et à défendre ses projets structurants. Le scrutin des investisseurs, des agences de notation et des bailleurs passe aussi par ce type d’exposition internationale.

Au terme de cette semaine intense de dialogues, d’audiences et de prises de parole, le message qui émerge est clair : la Guinée ne se contente plus d’être spectatrice de l’économie mondiale, elle cherche à y jouer un rôle actif.

Simandou n’est plus seulement un projet minier : il est devenu un symbole du « nouveau visage » de la Guinée, un pays qui revendique la transparence, la discipline et l’audace dans la transformation de ses ressources en moteur de développement.

De Washington à Conakry, un message s’impose : la Guinée avance, inspire et s’impose désormais comme un acteur crédible et respecté de l’économie mondiale.

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BCRG : de nouveaux billets pour atténuer la crise de cash https://planete7.info/bcrg-de-nouveaux-billets-pour-attenuer-la-crise-de-cash/ Sun, 31 Aug 2025 17:10:01 +0000 https://planete7.info/?p=45573 La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a reçu ce dimanche, 31 août 2025, un lot de nouveaux billets, conformément au calendrier annoncé par le Gouverneur, Dr Karamo KABA. D’autres commandes sont prévues et seront réceptionnées d’ici la fin de l’année, dans le cadre d’un calendrier scrupuleusement respecté. Cette mesure vise à renforcer […]]]>

La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a reçu ce dimanche, 31 août 2025, un lot de nouveaux billets, conformément au calendrier annoncé par le Gouverneur, Dr Karamo KABA. D’autres commandes sont prévues et seront réceptionnées d’ici la fin de l’année, dans le cadre d’un calendrier scrupuleusement respecté.

Cette mesure vise à renforcer l’approvisionnement des banques commerciales et des distributeurs automatiques, afin de répondre aux besoins immédiats de la population et des opérateurs économiques.

Mais injecter des billets ne suffit pas.

Il est essentiel de rappeler que la crise actuelle du cash n’est pas une crise de production ou de distribution, mais une crise de circulation. En effet, un peu plus de 94 % des billets émis restent hors du circuit bancaire, conservés par les particuliers ou dans l’économie informelle. Résultat : une rareté artificielle du cash, malgré les efforts d’injection.

C’est pourquoi la BCRG agit sur deux fronts :

  • Assurer l’approvisionnement en billets pour répondre aux

Besoins immédiats ;

  • Travailler sur des solutions durables : bancarisation, paiements électroniques, confiance dans le système bancaire.

Plus que jamais, la sortie de crise dépend d’une responsabilité collective : ramener les billets dans le circuit bancaire et adopter progressivement les solutions digitales pour bâtir une économie plus moderne et résiliente.

La Cellule de Communication

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Crise de billets en Guinée (Par Mamadou Hawa Diallo) https://planete7.info/crise-de-billets-en-guinee-par-mamadou-hawa-diallo/ Tue, 19 Aug 2025 18:19:52 +0000 https://planete7.info/?p=45097 Le Gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée a eu raison de dire que la Guinée fait face à une crise de billets, et non à une crise de liquidité. Quand les gens n’arrivent pas à retirer leur argent, on parle souvent des deux, mais ce n’est pas la même chose. Le […]]]>

Le Gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée a eu raison de dire que la Guinée fait face à une crise de billets, et non à une crise de liquidité. Quand les gens n’arrivent pas à retirer leur argent, on parle souvent des deux, mais ce n’est pas la même chose.

Le problème en Guinée est national et dure depuis un moment : il manque tout simplement de billets physiques dans le pays, ce qui confirme que ce n’est pas une simple crise de liquidité, qui se résout généralement très vite. Une crise de billets est bien plus complexe et demande une action forte du gouvernement et de la Banque centrale.

En résumé:

  • Dans une crise de liquidité, le problème est que ta banque n’a pas assez de cash immédiatement et par exemple si tu reviens demain ou après-demain, elle pourra peut-être te servir, parce qu’elle aura reçu de nouveaux billets de la Banque centrale, le problème est temporaire.
  • Dans une crise de billets, le problème est que le pays n’a pas assez de billets et tant que la Banque centrale n’imprime pas plus de billets, le problème reste bloqué.

La solution annoncée par la Banque centrale de Guinée est de se tourner vers les imprimeurs de billets pour accélérer les livraisons. Le plan prévoit l’arrivée progressive de plusieurs milliards de francs guinéens d’ici la fin de l’année. L’objectif est de lever les plafonds de retraits et de redonner confiance à la population.

C’est une bonne première étape, mais imprimer des billets à la dernière minute n’est qu’une solution de court terme. Pour éviter que ce genre de crise se répète, il faut penser à des solutions structurelles.

  • Réformer l’économie : La Guinée a besoin de politiques économiques stables. Quand les citoyens ont confiance en leur monnaie, ils ont moins besoin de garder des tonnes de billets sur eux.
  • Intégrer l’économie informelle : Une grande partie des transactions en Guinée se fait en espèces. Il faut encourager l’utilisation des paiements numériques pour réduire la pression sur les billets et mieux suivre les flux d’argent.
  • La diversification les sources de revenus : Le pays est trop dépendant des mines. Développer d’autres secteurs rendra l’économie plus solide et la monnaie plus stable.
  • Gagner la confiance des gens : Les gens qui ne font pas confiance aux banques gardent leur argent sous le matelas. Le système bancaire doit donc être plus accessible, et il faut garantir que l’argent des clients est en sécurité.
  • Travailler tous ensemble : L’État, la Banque centrale et les banques privées doivent collaborer en permanence pour suivre la demande en temps réel et éviter les ruptures de stock.

 Mamadou Hawa Diallo, Consultante

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Rencontre entre la BCRG et l’APB sur les solutions à la crise du cash en Guinée https://planete7.info/rencontre-entre-la-bcrg-et-lapb-sur-les-solutions-a-la-crise-du-cash-en-guinee/ Tue, 19 Aug 2025 14:04:57 +0000 https://planete7.info/?p=45064 Le mardi 19 août 2025, la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a tenu, en son siège, une rencontre de concertation avec l’Association Professionnelle des Banques (APB). Les échanges ont porté sur les voies et moyens de sortie de la crise du cash que traverse actuellement le pays. En ouverture des travaux, le […]]]>

Le mardi 19 août 2025, la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a tenu, en son siège, une rencontre de concertation avec l’Association Professionnelle des Banques (APB). Les échanges ont porté sur les voies et moyens de sortie de la crise du cash que traverse actuellement le pays.

En ouverture des travaux, le Premier Vice-Gouverneur de la BCRG, El Hadj Mohamed Lamine CONTÉ, a salué la présence des membres de l’APB et a rappelé les efforts déjà consentis par la Banque Centrale, notamment la réduction des délais de commande de billets afin d’alimenter l’économie nationale. Il a toutefois précisé que la fabrication et les émissions de billets doivent se faire dans le respect de normes strictes de sécurité et de durabilité, imposant des délais incompressibles.

Le Vice-Gouverneur a également souligné que, malgré les récents efforts de mise en circulation, une grande partie des billets ne réintègre pas le circuit bancaire, fragilisant ainsi la disponibilité de cash dans le système financier.

L’objectif de cette rencontre a donc été double :

  • Recueillir les difficultés rencontrées par les banques et les solutions déjà mises en œuvre ;
  • Identifier des mesures concertées pour garantir un meilleur approvisionnement en cash et favoriser le retour des billets dans le système bancaire.

De leur côté, les représentants de l’APB ont mis en avant la nécessité de restaurer la confiance des agents économiques, condition essentielle à une amélioration durable de la circulation fiduciaire. Un consensus s’est dégagé autour d’un ensemble de propositions pratiques à mettre en œuvre dans les meilleurs délais.

Les deux parties ont, en outre, convenu de profiter de cette crise comme une opportunité d’accélérer la bancarisation et la digitalisation des paiements, solution structurelle et durable pour réduire la dépendance excessive au cash.

Les deux parties ont également convenu de travailler de concert pour améliorer, dans les jours à venir, la disponibilité du cash dans le système financier.

En conclusion, la BCRG et l’APB se sont réjouies de la portée des discussions et ont convenu d’instaurer un canal de concertation régulier, orienté vers des solutions communes pour la relance et la solidité de l’économie nationale.

BCRG

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Billets usés en Guinée: une problématique persistante au cœur de la crédibilité du système monétaire (Par Safayiou Diallo) https://planete7.info/billets-uses-en-guinee-une-problematique-persistante-au-coeur-de-la-credibilite-du-systeme-monetaire-par-safayiou-diallo/ Mon, 18 Aug 2025 14:05:49 +0000 https://planete7.info/?p=45020 En Guinée, les billets utilisés dans les transactions sont presque tous usés depuis plusieurs années. La BCRG, l’institution responsable de l’émission et de la protection de la monnaie, ne remplirait pas complètement son rôle à ce sujet. Pourtant, la qualité de la monnaie fiduciaire constitue un indicateur fondamental de la santé du système financier. Ainsi, […]]]>

En Guinée, les billets utilisés dans les transactions sont presque tous usés depuis plusieurs années. La BCRG, l’institution responsable de l’émission et de la protection de la monnaie, ne remplirait pas complètement son rôle à ce sujet. Pourtant, la qualité de la monnaie fiduciaire constitue un indicateur fondamental de la santé du système financier. Ainsi, la prolifération de billets de banque dégradés et usés suscite beaucoup d’interrogations, d’autant plus que l’émission récente des nouveaux billets de GNF 20 000, ainsi que l’annonce concernant ceux de GNF 10 000, devait justement permettre de répondre au besoin urgent de remplacer les billets usés, qui devraient normalement être démonétisés et détruits.

Malheureusement, les anciens billets seraient toujours mal retirés de la circulation. Comme le relève Financial Afrik, « les billets usés se retrouvent régulièrement dans les coffres des banques primaires qui peinent à reverser ces billets hors d’usage à la BCRG ».

Causes structurelles de la circulation de billets usés:

Plusieurs facteurs structurels expliquent la détérioration rapide des billets en Guinée. Selon les statistiques publiées par la BCRG, près de 71 % de la masse monétaire est détenue par le public, ce qui traduit une forte préférence pour l’utilisation du cash. Le gouverneur de la BCRG lui-même reconnaît cette « trop grande utilisation du cash » comme l’une des causes majeures. En conséquence, les coupures de faible valeur (500, 1 000 ou 2 000 GNF) sont très sollicitées, passant d’une main à l’autre des centaines de fois chaque jour, ce qui accélère leur usure prématurée.

Par ailleurs, les billets de grosse valeur (GNF 10 000 et GNF 20 000) représentent près des deux tiers de la valeur totale détenue par le public, selon le rapport annuel 2022 de la BCRG. Cette donnée montre clairement que les billets à forte dénomination sont également très demandés. Ce contexte, combinant forte pression sur les billets et préférence pour les grandes coupures, complique les échanges et prolonge la circulation des coupures les plus fragiles.

S’y ajoutent des insuffisances logistiques, mais surtout organisationnelles, au sein de la Banque centrale, qui aggravent le problème. En Guinée, le système de dépôt et retrait des billets usés ne fonctionne pas correctement. Le retrait efficace des billets obsolètes n’est pas assuré : faute d’équipements adaptés ou de procédures claires, les banques secondaires accumulent ces billets usés jusqu’à former ce que l’on appelle communément une « brique », soit environ 1 000 billets, avant de les acheminer à la BCRG. Et même à ce stade, leur versement n’est pas facile. Normalement, une fois remis, ces billets doivent être démonétisés et remplacés par des billets neufs.

Ce n’est pas un hasard si les transports de numéraire vers les agences intérieures sont limités. Par exemple, le rapport annuel 2022 de la BCRG indique que les transferts de fonds vers les agences de province sont passés de 513 à seulement 23 milliards GNF entre 2021 et 2022, soit une baisse de 490 milliards. Ces chiffres illustrent une forte diminution dans la distribution des billets neufs à travers le pays. En pratique, la Banque centrale ne parvient pas à collecter et à recycler efficacement les billets usés. Pourtant, en 2022, elle a installé à Labé une unité automatisée de traitement des billets (comprenant triage, contrôle d’authenticité et broyage pour destruction), mais cette technologie n’est pas encore déployée dans les autres régions administratives où elle est nécessaire.

En outre, en l’absence d’un tri systématique des billets collectés, des coupures salies ou déchirées circulent toujours inutilement, contrairement aux pratiques de la BCEAO qui procède « périodiquement au retrait de circulation puis à la destruction des billets en mauvais état ».

Pour finir sur les causes, il est important de noter que nous-mêmes, en tant qu’utilisateurs, ne manipulons pas toujours les billets avec soin, ce qui favorise leur usure rapide. Il est courant de plier les billets de façon désordonnée, voire de les jeter lors des célébrations, avec le risque qu’ils soient piétinés ou autrement endommagés, ce qui conduit à des déchirures et salissures. C’est pourquoi la BCEAO souligne que la durée de vie des billets dépend autant de leur qualité d’émission que du soin apporté par les usagers. En Guinée, l’éducation à une bonne tenue de la monnaie est encore insuffisante, ce qui, combiné aux autres facteurs, alimente la problématique des billets usés.

Impacts sur l’économie et la confiance :

Dans un pays où 71 % de la monnaie circule sous forme d’espèces, il ne devrait normalement pas y avoir de difficulté à obtenir des billets propres. Le processus devrait fonctionner de manière à éviter tout dysfonctionnement ou ralentissement économique. La crise de liquidité que nous continuons à subir trouve sa source non seulement dans un manque de confiance entre différents acteurs économiques, mais surtout dans l’incapacité de la BCRG à remplacer rapidement les billets usés. Cela soulève des questions sur la maîtrise réelle de la masse monétaire par cette institution. Si elle la maîtrisait parfaitement, la situation ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Pour restaurer la confiance, il est crucial d’injecter sur le marché les GNF 2 600 milliards récemment annoncés, même si cela entraîne une légère inflation nécessaire à une croissance économique saine. En effet, lorsque les transactions quotidiennes deviennent plus complexes, surtout pour les paiements d’importation ou les petits achats en espèces, il est clair que l’économie est fragilisée.

De plus, du point de vue monétaire, la persistance des billets anciens nourrit aussi les craintes inflationnistes. Certains économistes rappellent que si les anciens billets ne sortent pas progressivement de la circulation au fur et à mesure que de nouveaux billets sont émis, la masse monétaire effective pourrait augmenter, entraînant une pression à la hausse sur les prix. Par ailleurs, la « crise des billets » nuit à la crédibilité de la Banque centrale et de la monnaie nationale. Les rumeurs et désinformations qui ont circulé après le braquage de GNF 21 milliards et concernant la validité des nouvelles coupures, avant que la BCRG ne reprenne la main, ont affecté la confiance des acteurs économiques. L’Union des Consommateurs de Guinée a même demandé à la BCRG davantage de transparence sur l’origine de cette crise afin de « restaurer la confiance » auprès de la population. Dans un contexte où l’épargne reste majoritairement thésaurisée en liquide, toute défiance vis-à-vis du franc guinéen pousse les citoyens vers des valeurs alternatives (dollarisation informelle, or) ou à renoncer en partie à la traçabilité de leurs capitaux.

Solutions concrètes pour la BCRG :

Pour inverser cette tendance, la Banque centrale dispose de plusieurs leviers. Sur le plan technique, elle doit intensifier la production et la distribution de billets neufs de qualité. L’utilisation de supports plus résistants (par exemple, des billets en polymère comme en Mauritanie) pourrait tripler la durée de vie des billets. Par ailleurs, la BCRG doit généraliser le tri et la destruction des billets usés, comme cela a été introduit à Labé en 2022. La mise en place d’unités automatisées de traitement dans toutes les agences permettrait d’éliminer les billets dégradés (déchirés, marqués ou très sales) et de recycler uniquement les coupures en bon état.

Sur le plan organisationnel et comportemental, la solution passe également par une meilleure communication. La BCRG pourrait lancer une large campagne de sensibilisation pour expliquer comment manipuler et conserver les billets, selon l’exemple de ce qui a été fait dans l’UEMOA.

Pour restaurer la confiance à moyen terme, la stratégie la plus durable consiste à réduire la dépendance au cash. Comme le préconisent les autorités, il faut encourager au maximum les paiements dématérialisés – virement bancaire pour les salaires de la fonction publique, développement du mobile banking, et accélération de l’interopérabilité des fintechs – afin de limiter l’usure des billets en circulation. Cette approche est en phase avec la tendance régionale vers davantage de digitalisation : en Guinée, plus de 50 % de la population utilise déjà le mobile money, un potentiel important à exploiter pour transférer progressivement les transactions hors espèces.

En résumé, la gestion des billets usés en Guinée est un défi à la croisée de problèmes techniques, culturels et organisationnels. La Banque centrale doit agir simultanément sur ces différents fronts afin de restaurer la qualité et la crédibilité de la monnaie nationale. Une amélioration conjointe de l’émission, de la logistique de distribution, et de l’éducation monétaire permettra de venir à bout de cette problématique persistante, et ainsi renforcer la confiance des Guinéens dans leur franc.

Safayiou DIALLO

Économiste

 

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Crise de liquidité et lien supposé avec la maladie hollandaise en République de Guinée https://planete7.info/crise-de-liquidite-et-lien-suppose-avec-la-maladie-hollandaise-en-republique-de-guinee/ Sun, 29 Jun 2025 17:10:52 +0000 https://planete7.info/?p=43322 À la suite de l’article publié dimanche dernier sur la crise de liquidité que traverse actuellement le système bancaire guinéen, certains collègues ont suggéré que cette situation pourrait être le signe avant-coureur d’une maladie hollandaise. Cette hypothèse mérite d’être examinée, à la lumière du contexte guinéen et des fondements économiques du concept. 1. La maladie […]]]>

À la suite de l’article publié dimanche dernier sur la crise de liquidité que traverse actuellement le système bancaire guinéen, certains collègues ont suggéré que cette situation pourrait être le signe avant-coureur d’une maladie hollandaise.
Cette hypothèse mérite d’être examinée, à la lumière du contexte guinéen et des fondements économiques du concept.

1. La maladie hollandaise : c’est quoi ?

La notion de « maladie hollandaise » renvoie à une situation observée dans les pays exportateurs de ressources naturelles, où un afflux massif de devises entraîne des déséquilibres économiques. Le terme a été formalisé notamment par les économistes Corden et Neary (1982).
Deux mécanismes principaux sont à l’œuvre :
– L’appréciation du taux de change réel, qui pénalise les secteurs exportateurs non liés aux ressources (industrie, agriculture) en les rendant moins compétitifs ;
– La réallocation des ressources économiques (main-d’œuvre, capitaux) vers le secteur extractif, au détriment des autres secteurs productifs.

Ces mécanismes entraînent une désindustrialisation relative et une vulnérabilité accrue aux chocs de prix sur les matières premières. Toutefois, ce cadre ne correspond pas entièrement à la situation actuelle de la Guinée.

2. La crise de liquidité guinéenne : un phénomène distinct

La crise actuelle de liquidité n’est pas provoquée par une surabondance de devises, mais plutôt par un problème d’intermédiation financière et d’absorption monétaire. En Guinée, il faut rappeler qu’une grande partie des devises générées par le secteur minier ne passe pas par le circuit bancaire national. Elles sont souvent conservées à l’étranger ou circulent dans le secteur informel.
Dans un contexte marqué par la défiance envers les institutions bancaires, les ménages et dans une certaine mesure les entreprises de très petite taille évitent le recours aux banques. Ce qui empêche la mobilisation de l’épargne, assèche les liquidités disponibles pour les crédits, et désactive les canaux traditionnels de financement de l’économie.
Il ne s’agit donc pas d’une crise provoquée par une rente excessive ou une surévaluation monétaire, mais d’un manque de ressources circulant dans le système bancaire local, aggravé par les limites imposées à la création monétaire par la Banque centrale, qui cherche à éviter une poussée inflationniste.

3. Pourquoi la Guinée n’est pas, à ce stade, dans une logique typique de maladie hollandaise

– Un tissu productif encore peu exposé
Dans les pays frappés par la maladie hollandaise, le secteur extractif en essor entre en concurrence directe avec des secteurs existants (industrie manufacturière, agriculture exportatrice), qu’il finit par affaiblir. En Guinée, ces secteurs sont encore très peu développés. L’industrie est embryonnaire et l’agriculture d’exportation reste marginale. Il n’y a donc pas de base productive suffisamment forte pour être « évincée » par la croissance minière.

– Pas de surévaluation du franc guinéen
Un autre critère central de la maladie hollandaise est l’appréciation du taux de change réel, qui freine les exportations hors ressources. En Guinée, cela ne se vérifie pas. Les recettes minières sont très partiellement rapatriées, souvent conservées à l’étranger ou canalisées via l’informel. Le franc guinéen ne s’est pas apprécié (cf. CR du comité de politique monétaire de la BCRG de juin 2025). Le marché des changes reste en grande partie segmenté, informel et instable.

– Une économie cloisonnée
Le secteur minier en Guinée fonctionne de manière relativement isolée du reste de l’économie. Il emploie peu de main-d’œuvre locale, recourt à très peu de sous-traitance nationale, et transfère peu de technologie. Ce cloisonnement limite aussi bien les effets d’entraînement positifs que les déséquilibres macroéconomiques. C’est une économie à deux vitesses, dont les flux ne sont pas encore suffisamment connectés pour déclencher les effets typiques de la maladie hollandaise.

4. Les mécanismes prévus pour anticiper et éviter les effets de rente

Malgré l’absence de symptômes classiques, les autorités guinéennes semblent prendre au sérieux les risques liés à la dépendance minière. Deux (sur plusieurs) outils particulièrement intéressants sont en cours de développement pour renforcer la résilience de l’économie et éviter toute dérive.

– Un fonds souverain en cours de structuration qui aura vocation à :
-Stabiliser les finances publiques face à la volatilité des cours mondiaux ;
-Lever des fonds de manière anticipée pour couvrir les besoins de financement ;
-Épargner pour les générations futures en capitalisant une partie des recettes extractives ;
-Investir stratégiquement dans les secteurs prioritaires : santé, éducation, infrastructures, agriculture, énergie.

-Diversification économique autour de :
-Développement de l’agriculture à valeur ajoutée à travers des agropoles ;
-Appui à l’industrie légère, aux infrastructures logistiques et à la transformation locale des ressources ;
-Promotion de chaînes de valeur nationales, pour garder plus de richesse sur le territoire.
-Etc…

La situation actuelle de la Guinée ne reflète pas, à ce stade, un scénario classique de maladie hollandaise. La crise de liquidité bancaire observée s’explique davantage par une désintermédiation financière et une faible intégration des ressources minières dans le système économique local, que par une surchauffe monétaire.
Cela dit, la vigilance reste nécessaire. L’intensification de l’activité minière, en particulier avec le projet Simandou, pourrait faire émerger de nouveaux risque. La réussite des politiques publiques proactives (création du fonds souverain, diversification productive, formation du capital humain, et renforcement de la gouvernance) sera décisive pour que la Guinée transforme sa rente minière en levier de développement durable, et non en malédiction des ressources.

MS Diao Baldé
Enseignent, Master 2 Économie, Université de Grenoble.

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Karamo Kaba gouverneur de la BCRG : « Le travail acharné triomphe, même face aux mensonges et aux calomnies véhiculés par une certaine presse » https://planete7.info/karamo-kaba-gouverneur-de-la-bcrg-le-travail-acharne-triomphe-meme-face-aux-mensonges-et-aux-calomnies-vehicules-par-une-certaine-presse/ Mon, 02 Jun 2025 18:58:05 +0000 https://planete7.info/?p=42363 Pour la première fois le gouverneur de la banque centrale de Guinée aborde le sujet lié au détournement présumé de plusieurs tonnes d’or par l’institution qu’il dirige. C’était à l’occasion de la finale de ligue des champions remportée par le PSG à Munich samedi dernier. S’exprimant sur la victoire tant recherchée par le club français […]]]>

Pour la première fois le gouverneur de la banque centrale de Guinée aborde le sujet lié au détournement présumé de plusieurs tonnes d’or par l’institution qu’il dirige. C’était à l’occasion de la finale de ligue des champions remportée par le PSG à Munich samedi dernier.

S’exprimant sur la victoire tant recherchée par le club français après plusieurs décennies, le patron de la Banque centrale de Guinée a profité pour tacler une certaine presse qui, selon lui véhicule des mensonges. Nous vous proposons l’intégralité de son message posté sur son compte LinkedIn professionnel :

« Samedi soir, nous avons assisté à un match particulièrement captivant, couronné par une belle victoire du PSG.

Au-delà de la passion et des émotions fortes que ce sport peut faire naître, cette victoire parisienne nous rappelle plusieurs enseignements essentiels :

  1. L’obstination et la détermination finissent toujours par payer,
  2. Le travail acharné triomphe, même face aux mensonges et aux calomnies véhiculés par une certaine presse,
  3. L’esprit d’équipe,
  4. La stratégie,
  5. La solidarité,
  6. La discipline,
  7. Et surtout, le respect des autres — y compris le fait de ne pas accuser à tort des personnes d’actes qu’elles n’ont pas commis.

 

Bravo au PSG ! »

 

Pathé Diallo pour Planete7.info 

 

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