bauxite – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Thu, 19 Mar 2026 19:44:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg bauxite – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Encadrement des exportations de bauxite : Nimba Mining Company salue la décision du Ministre Bouna Sylla https://planete7.info/encadrement-des-exportations-de-bauxite-nimba-mining-company-salue-la-decision-du-ministre-bouna-sylla/ Thu, 19 Mar 2026 19:44:08 +0000 https://planete7.info/?p=52705 Un grand gagnant, la République de Guinée La Guinée va encadrer ses volumes d’exportation de bauxite d’ici début avril. Les exportations ont progressé de 25 % en 2025, pour atteindre 183 millions de tonnes. Dans le même temps, les prix FOB Port Guinée ont chuté de près de 50 %, sous l’effet conjugué d’une offre […]]]>

Un grand gagnant, la République de Guinée

La Guinée va encadrer ses volumes d’exportation de bauxite d’ici début avril. Les exportations ont progressé de 25 % en 2025, pour atteindre 183 millions de tonnes. Dans le même temps, les prix FOB Port Guinée ont chuté de près de 50 %, sous l’effet conjugué d’une offre excédentaire et d’une hausse des coûts logistiques. Des marges sous pression pour l’ensemble des acteurs, et des recettes fiscales en recul pour l’État.

Ce que le monsieur le Ministre a annoncé n’est pas un quota au sens strict. C’est une mesure d’alignement : ramener les productions 2026 aux niveaux inscrits dans les études de faisabilité des projets. Produire ce qui avait été planifié.

Cette logique, NMC la partage pleinement.

Depuis notre création en août 2025, notre trajectoire a toujours été séquencée : 1,5 million de tonnes en 2025, 10 millions en 2026, 14 millions à maturité. Une logique industrielle de long terme, alignée avec les priorités stratégiques de l’État guinéen.

La valeur de la bauxite guinéenne ne se défend pas en produisant plus. Elle se défend en produisant mieux, de façon plus structurée, et en orientant progressivement le secteur vers davantage de transformation locale.

C’est la direction que NMC s’est fixée dès le premier jour.

]]>
52705
Guinée : la grande braderie silencieuse de la bauxite et de ses richesses invisibles https://planete7.info/guinee-la-grande-braderie-silencieuse-de-la-bauxite-et-de-ses-richesses-invisibles/ Wed, 25 Feb 2026 01:47:58 +0000 https://planete7.info/?p=51845 À l’aube, lorsque la brume salée enveloppe un port minéralier de Guinée, un navire s’éloigne, chargé de bauxite. Cette image, désormais familière, illustre l’intégration rapide du pays dans les flux mondiaux de matières premières, principalement à destination de la Chine. Toutefois, derrière cette performance quantitative se profile une interrogation stratégique : la Guinée vend-elle l’intégralité […]]]>

À l’aube, lorsque la brume salée enveloppe un port minéralier de Guinée, un navire s’éloigne, chargé de bauxite. Cette image, désormais familière, illustre l’intégration rapide du pays dans les flux mondiaux de matières premières, principalement à destination de la Chine. Toutefois, derrière cette performance quantitative se profile une interrogation stratégique : la Guinée vend-elle l’intégralité de la valeur contenue dans son minerai ?

La Guinée détient environ 7,4 milliards de tonnes de réserves de bauxite, soit près d’un tiers des ressources mondiales selon le United States Geological Survey. En 2025, les exportations auraient atteint entre 180 et 183 millions de tonnes. Vendue autour de 70 à 75 dollars la tonne, la bauxite brute aurait généré environ 13 milliards de dollars de chiffre d’affaires. À première vue, ces chiffres traduisent un succès spectaculaire. Cependant, à l’analyse, ils révèlent une fragilité structurelle : la valeur captée demeure limitée parce que l’essentiel des exportations s’effectue sans transformation locale.

En effet, la bauxite guinéenne est un minerai composite. Outre l’alumine, elle contient en moyenne 144 kg d’oxydes de fer, 90 kg de silice et d’argiles, ainsi qu’environ 35 kg de dioxyde de titane par tonne. Or, dans la pratique contractuelle dominante, seule la teneur en alumine fonde la tarification. Les autres composantes sont considérées comme des « impuretés » et pénalisent le prix. Pourtant, ces éléments disposent de marchés internationaux dynamiques : le fer pour les pigments et matériaux, la silice et le kaolin pour la céramique et le papier, le dioxyde de titane pour les peintures industrielles, sans oublier le gallium, stratégique pour les semi-conducteurs.

Dès lors, la comparaison financière redevient centrale. Sur une base de 180 millions de tonnes exportées, les volumes d’oxydes de fer, de silice et de TiO₂ contenus dans le minerai représenteraient, selon des hypothèses prudentes de prix internationaux, une valeur brute théorique comprise entre 16 et 40 milliards de dollars. Autrement dit, la valeur potentielle des composantes dites « secondaires » pourrait dépasser largement les 13 milliards de dollars générés par la vente brute du minerai. Certes, cette estimation suppose séparation, transformation et accès aux marchés spécialisés ; néanmoins, elle met en lumière l’ampleur de la rente latente non captée.

Sur le plan fiscal, l’écart est tout aussi révélateur. En appliquant un taux moyen de taxe d’exportation de 2 % sur la valeur FOB de la bauxite brute, l’État percevrait environ 250 millions de dollars. Cependant, si les éléments valorisables intégrés au minerai faisaient l’objet d’une valorisation ou d’une taxation distincte, les recettes publiques potentielles pourraient augmenter de plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires. Ainsi, la perte observée n’est ni marginale ni conjoncturelle ; elle découle d’un modèle contractuel centré exclusivement sur l’alumine.

Cette réalité confirme l’analyse de Raúl Prebisch et Hans Singer (1950) sur la détérioration des termes de l’échange pour les économies spécialisées dans les produits primaires. De même, les travaux de la Banque mondiale (2019) rappellent que la part de rente captée par un pays dépend étroitement de la qualité des contrats et de la capacité de négociation de l’État. En conséquence, exporter brut revient à externaliser la majeure partie de la valeur ajoutée vers les pays transformateurs.

Pourtant, cette situation peut être corrigée de manière graduelle. Il s’agirait, d’une part, d’intégrer dans les conventions minières des mécanismes de rémunération tenant compte de la composition réelle du minerai et, d’autre part, de développer des capacités locales de pré-bénéfication et de raffinage. L’expérience de l’Indonésie, qui a progressivement limité l’exportation de minerais bruts afin de stimuler la transformation domestique, montre qu’un changement de trajectoire est possible. Par ailleurs, l’exemple de la Norvège illustre comment une rente extractive peut être convertie en capital financier durable grâce à un fonds souverain rigoureusement géré.

En définitive, la véritable question n’est pas celle du volume exporté, mais celle de la valeur captée. Chaque navire quittant un port minéralier guinéen transporte aujourd’hui environ 70 à 75 dollars par tonne de bauxite déclarée ; cependant, il embarque potentiellement une valeur additionnelle qui, cumulée à l’échelle annuelle, pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ainsi, pour les décideurs guinéens, l’enjeu stratégique est clair : transformer une puissance minière quantitative en puissance économique qualitative. La Guinée maîtrise l’extraction ; il lui appartient désormais de maîtriser la valeur.

 

Avec lepetitdeputé

]]>
51845
Chambre des Mines : Karifa Condé fixe les priorités et réaffirme le rôle stratégique de la CBG https://planete7.info/chambre-des-mines-karifa-conde-fixe-les-priorites-et-reaffirme-le-role-strategique-de-la-cbg/ Mon, 16 Feb 2026 23:24:15 +0000 https://planete7.info/?p=51549 Président de la Chambre des Mines de Guinée et directeur général de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), Karifa Condé affiche une ambition claire : consolider la gouvernance du secteur minier guinéen, renforcer la crédibilité institutionnelle de la Chambre et promouvoir un modèle d’exploitation plus responsable, conforme aux standards internationaux. À la tête d’une […]]]>

Président de la Chambre des Mines de Guinée et directeur général de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), Karifa Condé affiche une ambition claire : consolider la gouvernance du secteur minier guinéen, renforcer la crédibilité institutionnelle de la Chambre et promouvoir un modèle d’exploitation plus responsable, conforme aux standards internationaux.

À la tête d’une institution vieille de plus de six décennies et représentant plus de 70 entreprises minières, Karifa Condé entend inscrire son mandat dans la continuité, tout en impulsant une nouvelle dynamique fondée sur le dialogue, la sécurité et la responsabilité sociétale.

« La Chambre des Mines de Guinée est une institution reconnue depuis plus de 60 ans. Ma priorité est de poursuivre le travail engagé par mes prédécesseurs et de faire en sorte que la Chambre demeure un interlocuteur privilégié du gouvernement et des autorités publiques, notamment lors des réformes législatives du secteur minier », affirme-t-il.

Pour le nouveau président, la Chambre doit continuer à jouer pleinement son rôle d’interface entre l’État et les opérateurs, en contribuant activement à la mise en œuvre des politiques publiques. « Nous nous positionnons comme un intermédiaire fiable, capable d’accompagner le gouvernement. Un autre pilier de notre action est la sécurité de nos membres opérant en Guinée. Enfin, la responsabilité sociétale des entreprises est un principe non négociable pour tous les acteurs du secteur », souligne-t-il.

Dans cette perspective, une réforme interne est engagée afin de moderniser l’institution et l’aligner sur les standards internationaux. « Nous procédons actuellement à la révision de nos statuts afin d’introduire un cadre plus clair et plus rigoureux, conforme aux normes internationales en matière d’environnement, d’éthique et de gouvernance », précise Karifa Condé.

Parallèlement à ses fonctions à la Chambre des Mines, il dirige la Compagnie des Bauxites de Guinée, pilier historique du secteur extractif national. Fondée en 1963, la CBG occupe une place singulière dans l’économie guinéenne, tant par son ancienneté que par sa structure actionnariale.

« CBG est la plus ancienne entreprise minière de Guinée et la seule où l’État détient 49 % du capital, contre 51 % pour Halco Mining », rappelle-t-il.

Un modèle qui confère à l’entreprise un poids économique considérable. « Le gouvernement guinéen perçoit également 65 % des revenus générés. Cela positionne la CBG comme un acteur majeur de l’économie nationale », explique le directeur général.

Sur le plan international, la production de la CBG alimente des chaînes de valeur industrielles stratégiques. La bauxite extraite en Guinée est exportée vers de grandes multinationales comme Alcoa, Rio Tinto ou Dadco, qui la transforment en alumine puis en aluminium, utilisé notamment dans les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile.

Au-delà des performances économiques, Karifa Condé met en avant l’engagement environnemental et social de l’entreprise. « Grâce à la qualité de nos ressources et à nos standards opérationnels, la CBG figure parmi les principaux producteurs mondiaux de bauxite. Les critères ESG sont au cœur de notre stratégie. Nous accordons une importance particulière au bien-être des communautés riveraines ainsi qu’à celui de nos employés, directs et indirects », assure-t-il.

Dans un secteur en pleine mutation, le nouveau président de la Chambre des Mines prône une gouvernance exigeante et responsable. « Notre direction est composée d’entreprises de premier plan qui nous imposent les normes les plus élevées. C’est cette rigueur qui fait la différence et qui garantit la durabilité de nos activités », conclut Karifa Condé.

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
51549
IBS Group signe un partenariat stratégique avec Nimba Mining Company pour l’exploitation de Tinguilinta https://planete7.info/ibs-group-signe-un-partenariat-strategique-avec-nimba-mining-company-pour-lexploitation-de-tinguilinta/ Fri, 30 Jan 2026 17:10:45 +0000 https://planete7.info/?p=50945 IBS Group annonce la signature d’un contrat majeur de sous-traitance minière avec Nimba Mining Company SA pour une durée initiale de 5 ans. Ce partenariat 100 % guinéen vise l’exploitation complète de 32 millions de tonnes de bauxite, le renforcement des capacités locales et la création d’emplois durables dans la région de Boké. Annonce ci […]]]>

IBS Group annonce la signature d’un contrat majeur de sous-traitance minière avec Nimba Mining Company SA pour une durée initiale de 5 ans. Ce partenariat 100 % guinéen vise l’exploitation complète de 32 millions de tonnes de bauxite, le renforcement des capacités locales et la création d’emplois durables dans la région de Boké.

Annonce ci dessous :

IBS Group x 𝗡𝗶𝗺𝗯𝗮 𝗠𝗶𝗻𝗶𝗻𝗴 𝗖𝗼𝗺𝗽𝗮𝗻𝘆 𝗦𝗔

IBS Group est fier d’annoncer la signature d’un contrat majeur de sous-traitance minière avec Nimba Mining Company SA (NMC) pour l’exploitation du site de Tinguilinta.
Ce partenariat stratégique, 100 % guinéen, s’inscrit pleinement dans la dynamique de développement du secteur minier national.

Cette étape clé a été marquée par la signature du partenariat entre Aguibou Ly , CEO d’IBS Group, et 𝗣𝗮𝘁𝗿𝗶𝗰𝗲 𝗟’𝗛𝘂𝗶𝗹𝗹𝗶𝗲𝗿, Directeur Général de Nimba Mining Company SA.

🔹 Points clés du partenariat :
→ Durée initiale : 5 ans
→ Volume minimum : 32 millions de tonnes de bauxite
→ Opérations minières complètes : forage, extraction, découverture, transport, concassage et réhabilitation de la mine.

À travers ce partenariat, IBS Group réaffirme sa mission :

✔ développer une expertise minière nationale solide
✔ renforcer les capacités des acteurs locaux
✔ créer une valeur durable pour les communautés, notamment dans la région de Boké, avec la création de centaines d’emplois directs

IBS Group x 𝗡𝗶𝗺𝗯𝗮 𝗠𝗶𝗻𝗶𝗻𝗴 𝗖𝗼𝗺𝗽𝗮𝗻𝘆 𝗦𝗔Nous remercions Nimba Mining Company SA pour sa confiance et nous nous réjouissons de construire ensemble un écosystème minier guinéen performant, responsable et tourné vers l’avenir.

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
50945
Entre rumeurs malveillantes et réalité, AGB2A-GIC a bel et bien repris son exploitation https://planete7.info/entre-rumeurs-malveillantes-et-realite-agb2a-gic-a-bel-et-bien-repris-son-exploitation/ Fri, 16 Jan 2026 19:25:56 +0000 https://planete7.info/?p=50543 L’Alliance Guinéenne de la Bauxite, de l’Alumine et de l’Aluminium (AGB2A), constituée de Guinea International Corporation (GIC) et SD Mining, était en amodiation avec Axis Minerals, titulaire d’un permis d’exploitation jusqu’en mai 2025. À la suite de tensions internes, GIC et SD Mining ont séparé en mars 2022 leurs opérations sur le titre minier. Ce […]]]>

L’Alliance Guinéenne de la Bauxite, de l’Alumine et de l’Aluminium (AGB2A), constituée de Guinea International Corporation (GIC) et SD Mining, était en amodiation avec Axis Minerals, titulaire d’un permis d’exploitation jusqu’en mai 2025.

À la suite de tensions internes, GIC et SD Mining ont séparé en mars 2022 leurs opérations sur le titre minier. Ce permis a depuis Mai 2025 été officiellement retiré et réintégré dans le portefeuille de l’État, qui en demeure aujourd’hui le propriétaire.

Il convient de souligner que la reconversion réussie d’un haut cadre dans le secteur privé, là où beaucoup ont échoué, ne saurait être perçue comme une faute mais plutôt comme une illustration de son patriotisme et de sa capacité à bâtir une entreprise privée solide et compétitive.

L’accord global – qui a débouché sur l’autorisation provisoire d’exploitation, récemment signé, et qui prend en compte les deux parties exploitant le permis désormais contrôlé par l’Etat – signé entre AGB2A-GIC et les autorités guinéennes est pleinement conforme, puisqu’il engage l’État et ses responsables au plus haut niveau.

Il est important de préciser que c’est après le retrait du titre minier à Axis Minerals que le gouvernement guinéen, de façon souveraine a, dans son intérêt légitime et primordial, d’accorder cette autorisation provisoire à GIC et à SD Mining.

Cette décision responsable a favorisé la poursuite de l’activité assurant à l’Etat des revenus réels, mais elle permet surtout de préserver des milliers d’emplois créés dans la zone de Boffa et Fria.

Les paiements issus de l’amodiation initiale qui avait permis à l’entreprise d’investir massivement dans le secteur de la bauxite seront versés directement au Trésor public, garantissant une transparence financière et des retombées positives pour le pays.

AGB2A-GIC est une société minière guinéenne légalement constituée, contrôlée à 100 % par des intérêts nationaux. Elle génère au minimum 3000 emplois, maintient ses comptes en Guinée et place ses recettes dans des banques locales.

L’entreprise a déjà investi plus de 313 millions de dollars américains, notamment dans la construction du port le plus moderne de sa zone d’opération. Son impact sur les communautés de Boffa et Fria est tangible : routes communautaires, forages, rénovation d’écoles et appui alimentaire direct aux familles.

Ces éléments démontrent que la reprise d’activités d’AGB2A-GIC repose sur des bases légales et économiques solides, et qu’elle contribue de manière significative au développement national et local.

Oumar Soumah

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
50543
Après plusieurs mois d’arrêt forcé, AGB2A-GIC a repris ses activités https://planete7.info/apres-plusieurs-mois-darret-force-agb2a-gic-a-repris-ses-activites/ Mon, 29 Dec 2025 19:18:25 +0000 https://planete7.info/?p=50107 L’administrateur général d’AGB2A-GIC, Ahmed Kanté, peut enfin afficher un sourire. Après plus de sept mois d’arrêt consécutif au retrait du permis d’exploitation auparavant attribué à Axis Minerals, la société filiale Guinea International Corporation (GIC), contrôlée exclusivement par des intérêts guinéens, a obtenu il y a quelques jours l’autorisation officielle du ministère des Mines et de […]]]>

L’administrateur général d’AGB2A-GIC, Ahmed Kanté, peut enfin afficher un sourire. Après plus de sept mois d’arrêt consécutif au retrait du permis d’exploitation auparavant attribué à Axis Minerals, la société filiale Guinea International Corporation (GIC), contrôlée exclusivement par des intérêts guinéens, a obtenu il y a quelques jours l’autorisation officielle du ministère des Mines et de la Géologie pour reprendre ses activités d’extraction et d’exportation de bauxite dans les zones de Boffa et Fria.

Cette décision, bien que « provisoire », marque un tournant dans le feuilleton minier qui a tenu en haleine les Guinéens et met fin à une période de blocage marquée par des tensions et des manœuvres laborieuses.

Pour célébrer l’événement, une cérémonie de lecture du Saint Coran s’est tenue le mardi 23 décembre 2025, réunissant sages, religieux, employés, responsables de la société ainsi que les populations riveraines de la mine.

Selon nos sources, AGB2A-GIC a déjà relancé l’extraction depuis cinq jours et attend désormais la programmation des navires pour l’exportation. Lors de l’arrêt des travaux, près de six millions de tonnes de bauxite étaient restées stockées sur place.

L’entreprise, qui ambitionnait de porter sa production annuelle de dix à quinze, voire dix-huit millions de tonnes en 2025, pourrait reconduire les mêmes objectifs en 2026.

Les investissements réalisés par AGB2A-GIC sont considérables : au moins 313 millions de dollars américains ont été consacrés aux infrastructures (routes minières et communautaires, forages, etc.), sans compter la réfection d’une école, la prise en charge du personnel enseignant et l’appui alimentaire direct aux familles.

Parmi les réalisations concrètes de la société figure surtout la construction du port minier le plus moderne de la zone, situé à proximité d’autres exploitants.

La reprise de l’exploitation s’inscrit dans le cadre du nouveau modèle de redevances minières adopté par le gouvernement guinéen. Désormais, l’État percevra directement les royalties auprès d’AGB2A-GIC et de son concurrent installé sur l’autre moitié du permis minier, ce qui devrait accroître les recettes publiques et renforcer la transparence dans la gestion des ressources naturelles.

Une excellente nouvelle pour l’économie guinéenne, le secteur minier représentant plus de 20 % du PIB du pays et près de 80 % des exportations. La bauxite, dont la Guinée détient le tiers des réserves mondiales connues, demeure un pilier de cette croissance.

Oumar Camara

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
50107
Le trésor que tout le monde voit…sauf nous. ( Par Mamadou Bachir BARRY) https://planete7.info/le-tresor-que-tout-le-monde-voit-sauf-nous-par-mamadou-bachir-barry/ Fri, 21 Nov 2025 21:23:07 +0000 https://planete7.info/?p=48572 La Guinée sait qu’elle est riche en bauxite, en or, en fer, c’est devenu une vérité tellement répétée qu’elle en a perdu sa force, mais lorsque tu discutes avec des géologues, avec des ingénieurs, avec ceux qui passent leurs journées dans des zones que personne n’évoque dans les débats publics, tu comprends que notre connaissance […]]]>

La Guinée sait qu’elle est riche en bauxite, en or, en fer, c’est devenu une vérité tellement répétée qu’elle en a perdu sa force, mais lorsque tu discutes avec des géologues, avec des ingénieurs, avec ceux qui passent leurs journées dans des zones que personne n’évoque dans les débats publics, tu comprends que notre connaissance réelle du pays est encore loin d’être complète, parce qu’il existe des régions entières où les études n’ont jamais dépassé la surface, des anomalies géologiques identifiées depuis des années mais jamais explorées en profondeur, des indices de minerais stratégiques que le reste du monde s’arrache déjà mais que nous ne prenons même pas le temps d’examiner sérieusement, ce qui veut dire que ce pays est peut-être encore plus riche que ce que nous croyons, simplement parce qu’il n’a pas encore terminé de se découvrir lui-même.

Notre défi n’est pas l’extraction, c’est d’avoir mis trop de poids sur une seule ressource

La bauxite fait tourner une bonne partie de l’économie nationale, nul ne le nie, mais cette dépendance presque totale à un seul minerai crée une fragilité que peu de gens mesurent vraiment, parce que les marchés internationaux changent vite, parfois brutalement, et qu’aujourd’hui déjà, le recyclage d’aluminium prend de l’ampleur, les industriels cherchent des matériaux alternatifs, des pays comme l’Indonésie redéfinissent leur stratégie minière, et la Chine, principal acheteur, réorganise ses priorités, ce qui signifie que rester accrochés à une seule ressource, sans développer le reste, revient à vivre sur une seule jambe tout en espérant courir loin, ce qui n’a jamais été une stratégie gagnante pour aucun pays.

La mine ne crée pas la richesse, ce sont les activités invisibles autour d’elle qui la créent

Quand on observe une mine de l’extérieur, on voit des camions, des engins géants, des charges qui partent vers le port, mais quand tu regardes ce qui fait réellement tourner une mine moderne, tu te rends compte que ce n’est pas l’extraction qui pèse le plus, mais une multitude de services et de compétences dont on ne parle presque jamais : la mécanique lourde, la maintenance industrielle de haute précision, les laboratoires d’analyse minérale, les systèmes électriques complexes, les chaînes logistiques internes, les opérations de sécurité, les logiciels de supervision, les ateliers qui fabriquent ou réparent des pièces spécialisées, les équipes formées qui gèrent l’automatisation, et tout cela représente des milliards sur des années, mais comme ces activités ne sont pas encore maîtrisées localement à grande échelle, ce sont des milliards qui sortent du pays discrètement, sans bruit, alors que c’est exactement là, dans ces chaînes invisibles, que se trouve la véritable opportunité pour la Guinée, car ce que nous ne faisons pas encore, d’autres le font à notre place.

Le futur de la mine appartient à ceux qui maîtrisent les compétences, pas à ceux qui possèdent la roche

Pendant longtemps, on a réduit les métiers miniers à quelques images simples : conducteurs d’engins, soudeurs, géologues, mais aujourd’hui les mines les plus performantes du monde fonctionnent avec des opérateurs de drones, des analystes de données géologiques, des techniciens capables de diagnostiquer des engins à distance, des spécialistes en géotechnique qui anticipent les instabilités, des ingénieurs en automatismes, des modélisateurs 3D, des responsables environnementaux hautement formés, et ce sont ces métiers-là qui construisent la valeur de demain, car un pays qui développe ses compétences monte automatiquement dans la chaîne de valeur, ce qui veut dire que la Guinée, si elle forme sérieusement ses jeunes à ces nouveaux métiers, n’aura plus seulement des mines, elle aura une expertise, et l’expertise vaut toujours plus cher que le minerai.

Simandou n’est pas un projet, c’est un changement de dimension

Simandou n’est pas seulement une affaire de fer, et ceux qui s’arrêtent à cela passent à côté de l’essentiel, car Simandou, dans sa véritable portée, c’est le plus grand corridor ferroviaire jamais construit dans ce pays, un port moderne, des routes nouvelles, un axe qui peut transformer des régions entières, attirer des activités économiques totalement indépendantes de la mine, et connecter des territoires qui n’ont jamais été connectés depuis l’indépendance, ce qui veut dire que la mine, tôt ou tard, s’épuisera, mais les infrastructures, elles, resteront, et c’est leur usage après le minerai qui déterminera si Simandou aura été un simple épisode ou un tournant national.

La Guinée n’a pas seulement un sous-sol riche.

Elle a un espace immense à structurer autour de ce sous-sol.

La vraie prospérité d’un pays minier n’a jamais dépendu du minerai lui-même, mais de sa capacité à créer des ateliers locaux, des PME industrielles, des centres de formation technique, des entreprises spécialisées dans la maintenance, des laboratoires, des unités de transformation, des corridors logistiques polyvalents, tout ce que nous n’avons pas encore construit, pas parce que nous ne pouvons pas, mais parce que nous n’avons pas encore pris la décision de le faire avec cohérence et ambition, et c’est justement cette absence de construction qui représente aujourd’hui notre plus grande marge de progression.

La Guinée est un pays riche, mais pas seulement parce que son sous-sol l’est ; elle est riche parce qu’elle possède un potentiel encore intact, un espace de possibilités que peu de pays ont encore, une jeunesse qui peut apprendre vite, des territoires encore sous-explorés, des industries qui n’attendent que des fondations pour naître, et une histoire minière qui n’en est qu’à son premier chapitre, ce qui veut dire que la vraie question n’est pas de savoir ce que contient la terre, mais ce que nous déciderons de bâtir autour de ce que nous n’avons pas encore développé, et c’est dans cette réponse que se trouve toute la trajectoire future du pays.

Les ressources naturelles ne créent pas la richesse ; c’est la manière dont un pays les utilise qui en décide.”Joseph Eugene Stiglitz : Prix Nobel d’Économie (2001)

Mamadou Bachir BARRY

Talent Acquistion Specialist | HR Manager | Six Sigma & Lean | Founder & CEO of BARRY & Partners Investment | Author of Guinée : Le temps…

 

 

]]>
48572
AGB2A-GIC a demandé un moratoire au ministère des Mines et proposé un plan de sortie de crise https://planete7.info/agb2a-gic-a-demande-un-moratoire-au-ministere-des-mines-et-propose-un-plan-de-sortie-de-crise/ Tue, 11 Nov 2025 14:23:50 +0000 https://planete7.info/?p=48197 Le 10 novembre 2025, la société guinéenne AGB2A-GIC a officiellement saisi le ministère des Mines et de la Géologie pour solliciter un délai raisonnable dans l’application de la mesure de retrait de ses équipements miniers sur le périmètre précédemment attribué à Axis Minerals. Cette démarche intervient dans un climat de tension croissante autour de la […]]]>

Le 10 novembre 2025, la société guinéenne AGB2A-GIC a officiellement saisi le ministère des Mines et de la Géologie pour solliciter un délai raisonnable dans l’application de la mesure de retrait de ses équipements miniers sur le périmètre précédemment attribué à Axis Minerals. Cette démarche intervient dans un climat de tension croissante autour de la gouvernance du secteur minier, marqué par des décisions jugées précipitées.

Dans sa correspondance, AGB2A-GIC rappelle avoir investi plus de 300 millions de dollars dans le développement de la zone, notamment pour la construction d’infrastructures stratégiques, dont un port considéré comme le plus moderne du secteur. L’entreprise détient encore un stock de six millions de tonnes de bauxite sur le site et propose un plan de continuité d’exploitation.

Elle s’engage à verser immédiatement 125 millions de dollars sur un total de 250 millions, en contrepartie de la poursuite de ses activités sur le périmètre concerné. Elle propose également de payer deux dollars par tonne de bauxite, soit le tarif initialement appliqué à Axis Minerals dans le cadre du contrat d’amodiation annulé.

AGB2A-GIC alerte sur les conséquences sociales d’une exécution brutale de la décision ministérielle, qui entraînerait la perte de plus de 3000 emplois. Elle appelle à une gestion équitable et transparente du dossier, tenant compte des investissements réalisés et de l’impact socio-économique sur les communautés locales.

Cette lettre fait suite à une notification du ministère des Mines, datée du 6 novembre et signée par le secrétaire général Aboubacar Kourouma, ordonnant à AGB2A-GIC et à SD Mining d’évacuer leurs équipements avant le 10 novembre.

Cette injonction, perçue comme brutale, s’inscrit dans une série de décisions controversées, dont un protocole d’accord signé en juillet 2025 entre le ministre Bouna Sylla et SD Mining pour l’attribution du permis retiré à Axis, finalement annulé sous pression médiatique.

Depuis la rupture entre GIC et SD Mining en 2022, les deux sociétés opèrent séparément. AGB2A-GIC dénonce un traitement inéquitable, soulignant que SD Mining a pu exporter son stock via le port de Kokaya, contrairement à elle.

Ces faits alimentent les critiques sur une gestion du secteur minier entachée d’improvisation, de favoritisme et de conflits d’intérêts.

Face à cette situation, AGB2A-GIC exhorte le ministère des Mines à reconsidérer sa position et à engager un dialogue constructif. Elle plaide pour une gouvernance minière fondée sur la transparence, l’équité et l’intérêt national, afin de préserver les acquis, protéger les emplois et garantir une exploitation responsable des ressources naturelles.

Alpha Sow

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
48197
La Guinée vers sa souveraineté minière et la redéfinition de son modèle de développement. https://planete7.info/la-guinee-vers-sa-souverainete-miniere-et-la-redefinition-de-son-modele-de-developpement/ Thu, 17 Jul 2025 14:48:03 +0000 https://planete7.info/?p=43812 En reprenant le contrôle de plus de 180 permis miniers entre mai et juillet 2025, avec en point marquant, la résiliation de la convention de Guinea Alumina Corporation (GAC), la Guinée est en train de poser les bases d’un nouveau modèle économique : celui de la souveraineté sur ses ressources naturelles car le 27 mai, l’arrêté A/2025/520 […]]]>

En reprenant le contrôle de plus de 180 permis miniers entre mai et juillet 2025, avec en point marquant, la résiliation de la convention de Guinea Alumina Corporation (GAC), la Guinée est en train de poser les bases d’un nouveau modèle économique : celui de la souveraineté sur ses ressources naturelles car le 27 mai, l’arrêté A/2025/520 a inscrit l’ensemble de ces titres dans les réserves stratégiques de l’État, une mesure qui empêche toute rétribution automatique et confère à l’État un contrôle exclusif et souverain.

Ce processus, en l’analysant bien, loin d’être une succession de décrets et d’arrêtés, s’inscrit dans un ensemble cohérent : d’abord en mars par le lancement du premier projet de raffinerie d’alumine par SPIC à Boffa et ce depuis des décennies et tout récemment, la mise en place de la Guinéenne des Transports Maritimes (GUITRAM) par l’Etat, une société dédiée au transport maritime et la régulation de l’exportation de la bauxite (avec un objectif légal de 50% des volumes exportés). L’initiative s’accompagne également du lancement officiel de l’indice Guinea Bauxite Index (GBX), une innovation majeure qui permet à la Guinée de fixer un prix national de référence pour sa bauxite, brisant sa dépendance aux indices étrangers.

C’est peut-être le projet Simandou qui symbolise le mieux cette dynamique nouvelle sur le secteur minier. Longtemps vu comme une utopie, un miracle tant sa réalisation a été jonchée de rebondissements, le projet est en train de devenir aujourd’hui une réalité : les travaux du chemin de fer transguinéen avancent rapidement et seraient même terminés selon certaines communications des partenaires du projet, les infrastructures portuaires prennent forme, et l’investissement est au rendez-vous. C’est comme un rêve qui commence enfin à se réaliser. C’était totalement impensable et il faut le reconnaître et féliciter la témérité, le courage, l’abnégation et la capacité des acteurs de la Transition à fédérer des techniciens de haut niveau pour les différentes étapes de négociation et d’exécution de ce projet emblématique et duquel la Guinée peut très bien tirer partie et engranger son développement socioéconomique.

Le parcours engagé jusqu’à présent relève d’une remarquable cohérence stratégique. Il faut le dire, c’est un quasi sans faute et cela d’autant plus qu’il est rare de voir un pays afficher, dans un laps de temps aussi court, une telle clarté d’orientation, une fermeté assumée dans ses décisions, et une vision aussi structurée de la transformation de ses ressources naturelles en levier de développement.

Tout praticien de l’économie du développement, en mobilisant les outils d’analyse, verrait ici un véritable cas d’école. En effet, la Guinée se trouve aujourd’hui face à une occasion historique, peut-être la dernière à cette échelle, de refonder son modèle de croissance sur des bases endogènes, résilientes et souveraines. Ce moment de bascule lui permet d’élaborer un modèle de développement hybride, puisant à la fois dans les expériences empiriques et dans les doctrines éprouvées du Sud global : le développementalisme qui confère à l’État un rôle central dans la planification industrielle ; l’industrialisation orientée vers l’exportation, permettant d’intégrer les chaînes de valeur mondiales à partir de la transformation locale des ressources ; un nationalisme économique assumé autour de la maîtrise des matières premières ; et enfin, une stratégie de financement autonome, rompant progressivement avec la dépendance historique à l’aide extérieure ou aux investissements conditionnés par des logiques exogènes.

Cette convergence entre ambition politique, alignement stratégique et exécution pragmatique constitue une fenêtre rare dans l’histoire économique d’un pays à revenu intermédiaire. À condition d’y inscrire une gouvernance à la hauteur, d’assurer la montée en compétences techniques, et de ne pas céder à l’impatience ou aux influences court-termistes, la Guinée a aujourd’hui les moyens de transformer cette dynamique en un modèle reproductible à l’échelle continentale.

Pour faire de sorte que cette transformation économique devienne irréversible, il faut aller au bout de la logique engagée au niveau des mines. Et cela suppose de franchir une nouvelle étape, plus audacieuse encore : bâtir en Guinée une industrie intégrée de transformation de la bauxite.

En tant que premier producteur mondial de bauxite et détenteur des plus vastes réserves prouvées, la Guinée ne peut plus se satisfaire du statut de simple fournisseur de matières premières à faible valeur ajoutée. L’enjeu aujourd’hui dépasse le volume exporté : il s’agit d’un repositionnement stratégique dans les chaînes de valeur mondiales à travers la transformation locale de la bauxite, d’abord en alumine, puis en aluminium. C’est là que se joue la souveraineté industrielle du pays.

Pour construire cette industrie, il est impératif de mobiliser des ressources financières considérables. Or, la bauxite elle-même, jusqu’ici exportée à bas prix, peut devenir la source de financement principale de cette transformation. En 2025, le prix moyen de la tonne de bauxite est d’environ 16 $ à la mine, 50 $ en FOB et jusqu’à 93 $ en CIF. Chaque tonne exportée représente, en l’état actuel, un revenu moyen d’environ 15 $ pour l’État. Mais ce chiffre pourrait croître considérablement si l’État prenait en charge une partie de la chaîne de commercialisation.

Le modèle proposé repose sur le fait que l’État, via ses structures publiques (comme SOGUITRADE, la filiale de la SOGUIPAMI à opérationnaliser ou mettre en place un équivalent chargé de la commercialisation), vende lui-même une partie de la bauxite produite en FOB (jugé plus simple), tout en sous-traitant la logistique (production, chargement, transport, travaux d’aménagement, restauration, etc.) à des opérateurs privés guinéens.

L’objectif que l’on pourrait se fixer en 2026 est de commercialiser directement 25 millions de tonnes, soit un volume équivalent à celui d’un acteur comme la Société des Mines de Boké (SMB). Si les coûts logistiques (sur un itinéraire moyen de 70 km) et les charges d’exploitation restent en dessous de 15 $ par tonne, et si l’on suppose une marge nette très prudente de 25 $, l’État pourrait dégager près de 650 millions de dollars dès la première année. En appliquant une croissance annuelle projetée de l’activité de 30 %, le pays pourrait accumuler plus de 1 milliard de dollars en moins de 3 ans ; c’est équivalent à l’investissement annoncé par SPIC pour sa raffinerie d’alumine à Boffa. Cette dynamique permettrait de financer une infrastructure industrielle sans recours excessif à l’endettement extérieur, tout en assurant des retombées directes pour le tissu économique national en créant un effet de ruissellement pour les prestataires guinéens impliqués dans la chaîne logistique. Ceux-ci pourraient capter, sur la même période, près de 900 millions de dollars, contribuant à l’émergence d’un véritable secteur privé industriel national.

Ce schéma pragmatique repose sur une articulation vertueuse entre la souveraineté sur les ressources, la captation directe de revenus miniers, et le développement d’une base productive locale.

Pour que cette stratégie atteigne son plein potentiel, les revenus générés par la vente directe de la bauxite pourraient être orientés vers le Fonds souverain que les autorités guinéennes projettent de mettre en place pour gérer les fonds tirés du Simandou. Ce fonds, bien gouverné, pourrait devenir un véritable outil de capitalisation nationale, capable de financer les infrastructures industrielles et énergétiques nécessaires à la transformation locale des minerais. La même logique pourrait être appliquée notamment à l’or.

Enfin, les investissements matériels ne suffiront pas ; il faudra anticiper l’ensemble de l’écosystème industriel : former les ingénieurs et techniciens, développer une logistique portuaire moderne et efficace, et construire une diplomatie économique proactive afin de sécuriser les marchés pour l’alumine et l’aluminium guinéens. Ce travail de structuration en amont est essentiel pour garantir la viabilité à long terme du modèle.

Aujourd’hui, tous les éléments fondamentaux sont réunis : ressources, stratégie, volonté politique, outils institutionnels. Il ne manque plus que la dernière impulsion, celle qui permet de passer d’une ambition à une réalité industrielle, en allant jusqu’au bout du chemin tracé.

 

Mamadou Saliou DIAO BALDÉ
Expert Senior Financement – ONU et Banques de développement
Enseignant Master 2 Économie – Université de Grenoble (France)
baldemsaliou@hotmail.com

]]>
43812
La bauxite guinéenne face aux enjeux géoéconomiques européens et mondiaux. (Par Oumar Totiya Barry) https://planete7.info/la-bauxite-guineenne-face-aux-enjeux-geoeconomiques-europeens-et-mondiaux-par-oumar-totiya-barry/ Sun, 29 Jun 2025 10:42:23 +0000 https://planete7.info/?p=43309 Un article récemment publié dans la revue « Défense » fait état de discussions engagées entre l’Union européenne et la République de Guinée en vue de la conclusion d’un accord visant à sécuriser l’approvisionnement européen en bauxite. Actuellement, l’UE dépend à 63 % de la Guinée pour cette ressource, ce qui place le vieux continent dans une […]]]>

Un article récemment publié dans la revue « Défense » fait état de discussions engagées entre l’Union européenne et la République de Guinée en vue de la conclusion d’un accord visant à sécuriser l’approvisionnement européen en bauxite. Actuellement, l’UE dépend à 63 % de la Guinée pour cette ressource, ce qui place le vieux continent dans une situation de dépendance critique vis-à-vis d’un seul pays fournisseur.

Cette situation géopolitique, renforcée par la publication en décembre 2024 par l’OTAN d’une liste de 12 ressources jugées stratégiques pour la défense de ses États membres, incluant l’aluminium, les tensions entre les États-Unis et la Chine pour l’accès aux terres rares et l’offensive des américains pour une « main mise totale » sur les ressources minières de la RDC, illustrent l’intensification des manœuvres diplomatiques des grandes puissances pour sécuriser l’accès aux matières premières critiques. Ces luttes stratégiques s’organisent, entre autres, sur le monopole technologique de la Chine dans l’industrie des terres rares et autres, la domination des entreprises occidentales dans le segment de la recherche géologique, la transformation en aval et l’accès au capital via un soutien politique et stratégique accru à des fleurons industriels nationaux.

Dans ce contexte, les pays dotés de ressources stratégiques, comme la Guinée, sont appelés à repenser profondément leur paradigme de gouvernance minière. Il ne s’agit plus de se limiter à une économie de rente fondée essentiellement sur la taxation des entreprises extractives ou l’acquisition de part dans l’actionnariat des entreprises minières. Désormais, la compétition mondiale impose une domination au travers d’une économie du savoir, fondée sur le développement d’un véritable savoir-faire technologique, industriel et stratégique en matière d’exploitation et de valorisation des ressources.

Disposer d’un potentiel géologique, aussi riche soit-il, ne suffit plus pour garantir une position avantageuse dans la chaîne de valeur minière. La domination géoéconomique ne repose plus uniquement sur les réserves naturelles, mais sur la capacité à les rechercher, à les extraire, à les transformer, à maîtriser les procédés industriels, et à peser dans les négociations internationales en mobilisant une diplomatie des ressources minières pro actives.

C’est à cette condition que les États comme la Guinée pourront non seulement accroître leur part dans la répartition des revenus issus de l’industrie minière, mais aussi s’affirmer comme des acteurs stratégiques incontournables dans la nouvelle configuration des rapports de force internationaux autour des ressources critiques. Le temps des discours pompeux sur « nous sommes un scandale géologique » est révolu, désormais sommes en face d’un monde où les rapports de force dans les mines sont structurés par le savoir-faire, le capital et la technologie.

 

Oumar Totiya Barry, Enseignant-Chercheur en Géopolitique des ressources minières et passionné d’histoire 

]]>
43309