bauxite – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Thu, 06 Aug 2026 11:18:16 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg bauxite – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Convention minière avec Nimba Mining Company : Djiba Diakité évoque un tournant historique pour la souveraineté minière de la Guinée https://planete7.info/convention-miniere-avec-nimba-mining-company-djiba-diakite-evoque-un-tournant-historique-pour-la-souverainete-miniere-de-la-guinee/ Thu, 06 Aug 2026 11:16:27 +0000 https://planete7.info/?p=61014 La signature de la première convention minière entre l’État guinéen et Nimba Mining Company (NMC), société détenue à 100 % par l’État, marque une étape inédite dans l’histoire du secteur extractif national. Présent à la cérémonie, le ministre Directeur de Cabinet de la Présidence de la République et président du Comité stratégique de Simandou, Djiba […]]]>

La signature de la première convention minière entre l’État guinéen et Nimba Mining Company (NMC), société détenue à 100 % par l’État, marque une étape inédite dans l’histoire du secteur extractif national. Présent à la cérémonie, le ministre Directeur de Cabinet de la Présidence de la République et président du Comité stratégique de Simandou, Djiba Diakité, a salué un « moment historique » qui ouvre la voie à une nouvelle ère de souveraineté minière et de valorisation des ressources naturelles du pays.

Prenant la parole à l’occasion de cette signature, Djiba Diakité a rappelé le caractère exceptionnel de cette convention, qu’il présente comme la toute première conclue depuis l’indépendance de la Guinée avec une entreprise entièrement détenue par l’État.

« C’est la première convention minière de la République de Guinée depuis notre indépendance avec une société détenue à 100 % par l’État guinéen. Pour la première fois de son histoire, la Guinée est désormais en mesure d’exploiter elle-même son minerai de bauxite et d’en assurer la commercialisation sur les marchés internationaux », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’exploitation et de la commercialisation de la bauxite, le ministre Directeur de Cabinet a réaffirmé l’ambition des autorités de développer une véritable industrie de transformation locale. Selon lui, l’objectif est de franchir progressivement les différentes étapes de la chaîne de valeur, en commençant par la production d’alumine avant d’aboutir, à terme, à la fabrication d’aluminium sur le territoire national grâce à Nimba Mining Company et aux autres entreprises publiques du secteur.

Djiba Diakité a également souligné que cette convention établit un cadre durable pour le développement de NMC, tout en accordant une place centrale au contenu local, à la formation des compétences nationales, à la création d’emplois, au développement des communautés et à la transparence dans la gestion des ressources minières.

À cette occasion, il a rendu hommage aux membres du Comité stratégique de Simandou, aux membres du Gouvernement, aux partenaires industriels ainsi qu’aux équipes techniques qui ont contribué à l’aboutissement des négociations ayant conduit à la signature de cette convention.

Tout en saluant cette avancée, le président du Comité stratégique de Simandou a insisté sur la nécessité de transformer rapidement cet engagement en résultats concrets. Pour lui, cette signature ne constitue pas un aboutissement, mais le point de départ d’une nouvelle phase de mise en œuvre.

« Les attentes du Président de la République sont élevées. Nous devons accélérer l’exécution des engagements pris et produire des résultats à la hauteur des ambitions de notre pays, conformément à la vision du programme Simandou 2040 », a-t-il affirmé.

Estimant que les progrès réalisés en quelques mois démontrent la capacité de la Guinée à concrétiser des projets d’envergure, Djiba Diakité a conclu en appelant l’ensemble des acteurs à poursuivre leurs efforts avec méthode, engagement et patriotisme afin de faire de cette convention un levier majeur de la transformation économique et industrielle du pays.

Sylla Ama pour Planete7.info

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Nimba Mining Company : la Guinée signe sa première convention minière avec une société détenue à 100 % par l’État, un tournant historique pour sa souveraineté minière https://planete7.info/nimba-mining-company-la-guinee-signe-sa-premiere-convention-miniere-avec-une-societe-detenue-a-100-par-letat-un-tournant-historique-pour-sa-souverainete-miniere/ Thu, 06 Aug 2026 08:30:17 +0000 https://planete7.info/?p=61002 L’histoire minière de la Guinée vient de s’écrire en lettres capitales. Au Petit Palais de la Présidence de la République, les autorités ont procédé à la signature de la toute première convention minière conclue, depuis l’indépendance du pays, au profit d’une société détenue à 100 % par l’État guinéen, avec des capitaux exclusivement nationaux. Un […]]]>

L’histoire minière de la Guinée vient de s’écrire en lettres capitales. Au Petit Palais de la Présidence de la République, les autorités ont procédé à la signature de la toute première convention minière conclue, depuis l’indépendance du pays, au profit d’une société détenue à 100 % par l’État guinéen, avec des capitaux exclusivement nationaux. Un acte présenté comme une rupture majeure dans la gouvernance des ressources naturelles et comme l’un des symboles les plus forts de la politique de souveraineté économique portée par le président de la République, Mamadi Doumbouya.

Au-delà de la portée juridique de cette convention, les autorités y voient la naissance d’un véritable champion national capable d’assurer l’exploitation, la commercialisation et, à terme, la transformation des ressources minières sur le territoire guinéen.

La cérémonie, présidée par le ministre directeur de cabinet de la Présidence et président du Comité stratégique de Simandou, Djiba Diakité, s’est déroulée en présence du ministre secrétaire général de la Présidence, le général Amara Camara, de plusieurs membres du gouvernement, des conseillers de la Présidence ainsi que des responsables de la Nimba Mining Company (NMC).

Premier à prendre la parole, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, a rappelé que cette avancée est le fruit d’un long travail diplomatique ayant permis de résoudre les différends qui opposaient l’État guinéen à l’ancienne compagnie minière.

Selon lui, cette signature dépasse largement le cadre d’une simple convention.

« Nous vivons aujourd’hui un jour historique. Historique parce que la Guinée, depuis son indépendance, avait toujours rêvé de faire ce que nous allons faire aujourd’hui, c’est-à-dire avoir la maîtrise totale de ce que Dieu lui a donné. Cette signature nous montre qu’enfin la Guinée parle de sa souveraineté, une souveraineté respectueuse de celle des autres, une souveraineté mûrie. »

Le chef de la diplomatie guinéenne a insisté sur le fait que cette victoire a été obtenue grâce au dialogue et à une diplomatie qu’il qualifie de « feutrée mais responsable », ouvrant ainsi la voie à la création de la Nimba Mining Company.

Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a replacé cette signature dans la continuité de l’accord transactionnel global signé le 4 mai 2026, estimant qu’il constitue la preuve de la capacité de la Guinée à résoudre les litiges miniers dans le respect des engagements contractuels.

Pour lui, cette convention traduit avant tout la volonté politique des plus hautes autorités de renforcer la gouvernance du secteur minier tout en offrant davantage de sécurité juridique aux investisseurs.

« La convention que nous signons traduit la volonté du Président de la République de renforcer la gouvernance du secteur minier, de consolider la sécurité juridique des investissements et de garantir que l’exploitation de nos ressources naturelles contribue pleinement au développement économique et social de notre pays pour une souveraineté minière retrouvée. »

Le ministre a également rappelé que la reprise de la société par l’État a déjà permis l’exportation des premières tonnes de bauxite quelques mois seulement après la finalisation du processus.

Pour le directeur général de la Nimba Mining Company, Patrice Huilier, cette convention vient concrétiser un projet lancé exactement un an auparavant avec la création officielle de la société par décret présidentiel.

Il a dressé un premier bilan qu’il juge encourageant.

Aujourd’hui, la société emploie près de 2 000 salariés et sous-traitants, dont 98 % sont de nationalité guinéenne, et affiche déjà cinq millions de tonnes de bauxite extraites.

L’objectif affiché est désormais d’atteindre dix millions de tonnes produites et exportées avant la fin de l’année 2026.

« Beaucoup ont rêvé dans le monde de ce projet, et la République de Guinée l’a fait », a-t-il affirmé, saluant la concrétisation d’un « champion national d’extraction et de transformation des ressources naturelles ».

Moment fort de la cérémonie, l’intervention de Djiba Diakité a donné le ton de ce que les autorités considèrent comme une véritable révolution dans la gestion des ressources minières nationales.

Le président du Comité stratégique de Simandou a rappelé qu’il s’agit de la première convention minière signée depuis l’indépendance avec une entreprise intégralement détenue par l’État guinéen.

« Pour la première fois de l’histoire de notre pays, la République de Guinée sait désormais exploiter son minerai de bauxite. La République de Guinée sait également désormais commercialiser elle-même son minerai de bauxite sur les marchés internationaux. »

Mais, selon lui, l’ambition ne s’arrête pas à l’exportation.

L’objectif est désormais d’aller vers la transformation industrielle.

« À un horizon raisonnable, la République de Guinée transformera sa bauxite en commençant par l’alumine, avant de produire un jour de l’aluminium sur le sol guinéen avec des entreprises de l’État. »

Djiba Diakité a également insisté sur les retombées attendues de cette convention, notamment le renforcement du contenu local, la formation des compétences nationales, la création d’emplois, le développement communautaire ainsi que la transparence dans la gestion des ressources naturelles.

Tout en félicitant les membres du gouvernement, du Comité stratégique de Simandou et l’ensemble des équipes ayant participé aux négociations, il a rappelé que cette signature ne représente qu’un point de départ.

« Cette signature n’est pas un aboutissement. Elle marque le commencement d’une nouvelle phase. Les attentes du Président de la République sont élevées et nous devons désormais accélérer l’exécution, honorer les engagements pris et produire des résultats à la hauteur des ambitions de notre pays. »

Plusieurs membres du Comité stratégique de Simandou ont pris la parole pour souligner la portée historique de cette convention.

Le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a mis en avant la protection des emplois ainsi que le retour de la confiance des partenaires internationaux.

Il a notamment annoncé la relance de la coopération avec les Émirats arabes unis, évoquant des investissements dans les infrastructures et l’agriculture.

Le ministre des Infrastructures, Facinet Sylla, a estimé que cette convention démontre que la Guinée est désormais capable de « prendre son destin minier en main », tout en exprimant le souhait de voir prochainement la bauxite transformée en alumine sur le territoire national.

Pour sa part, le ministre de l’Information, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, a insisté sur la protection des emplois après la reprise de la société par l’État.

Selon lui, aucun licenciement n’a été enregistré, ce qui traduit, a-t-il déclaré, la volonté des autorités de préserver les intérêts des travailleurs guinéens.

En consacrant officiellement la Nimba Mining Company comme société minière détenue à 100 % par l’État guinéen, cette convention ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire économique du pays.

Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement d’extraire les ressources naturelles, mais de construire progressivement une industrie minière nationale capable de créer davantage de valeur ajoutée, de générer des emplois qualifiés et de renforcer la souveraineté économique de la Guinée.

À travers cette convention, le gouvernement entend faire de la maîtrise de la chaîne de valeur minière, de l’exploitation à la transformation, l’un des piliers du programme de développement socio-économique Simandou 2040, avec l’ambition affichée de faire des richesses du sous-sol un véritable levier de prospérité au bénéfice des générations présentes et futures.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

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La Guinée a arrêté de vendre sa terre. Reste à savoir jusqu’où elle ira. https://planete7.info/la-guinee-a-arrete-de-vendre-sa-terre-reste-a-savoir-jusquou-elle-ira/ Thu, 23 Jul 2026 19:15:19 +0000 https://planete7.info/?p=59920 Il y a une phrase du ministre des Mines guinéen que je n’arrive pas à oublier. M.Bouna Sylla, l’an dernier, devant des investisseurs : « Nous sommes aujourd’hui le plus grand producteur de bauxite au monde, mais aucune raffinerie n’a été construite depuis l’époque coloniale. » Soixante-cinq ans d’indépendance. Zéro raffinerie. Et pendant ce temps, […]]]>

Il y a une phrase du ministre des Mines guinéen que je n’arrive pas à oublier. M.Bouna Sylla, l’an dernier, devant des investisseurs : « Nous sommes aujourd’hui le plus grand producteur de bauxite au monde, mais aucune raffinerie n’a été construite depuis l’époque coloniale. »

Soixante-cinq ans d’indépendance. Zéro raffinerie. Et pendant ce temps, 182 millions de tonnes de bauxite sorties du sol guinéen en 2025, chargées sur des navires, transformées ailleurs, revendues au monde entier sous forme d’aluminium.

Cette phrase n’était pas un constat. C’était une annonce.

Ce qui s’est passé en dix-huit mois.

Mars 2025, SPIC lance la construction d’une raffinerie d’alumine adossée à une centrale électrique de 250 MW. Un milliard de dollars. Quelques mois plus tard, West China Alumina Guinea engage un projet similaire, 1,2 milliard. Puis le 13 juin 2026, à Lisso-Demougala près de Boffa, le groupe CHINALCO pose la première pierre de sa filiale Chalco : 1,68 milliard de dollars, 1,2 million de tonnes d’alumine par an. C’est la première fois que ce géant chinois construit une raffinerie hors de ses frontières.

Trois raffineries engagées. Le gouvernement en vise cinq d’ici 2030. Et il ne compte pas s’arrêter à l’alumine : Conakry cherche déjà des investisseurs pour une usine d’aluminium, dernière marche de la chaîne de valeur.

Un pays qui, il y a deux ans, n’avait rien.

Le détail que tout le monde survole.

Relisez la première ligne du paragraphe précédent. SPIC ne construit pas une raffinerie. Il construit une raffinerie et une centrale électrique de 250 mégawatts.

Ce n’est pas un bonus. C’est une condition de survie du projet.

Une raffinerie d’alumine, techniquement, c’est le procédé Bayer : on attaque la bauxite à la soude caustique sous haute température et haute pression pour en extraire l’alumine. Cela demande une puissance électrique considérable, de la vapeur en continu, de l’eau en très grande quantité, et une chaîne d’approvisionnement en soude caustique qui, elle, sera importée. Une interruption d’alimentation ne ralentit pas la production : elle l’arrête, avec des conséquences sur l’installation elle-même.

Or le taux d’accès à l’électricité en Guinée tourne autour de 44 %, et bien moins en zone rurale. Aucun industriel sérieux ne va brancher une usine à 1,7 milliard de dollars sur un réseau national qu’il ne contrôle pas.

D’où cette règle simple, qu’on ne lit nulle part dans les communiqués : chaque projet de transformation en Guinée arrive avec sa propre production d’énergie. Le vrai goulot d’étranglement de l’industrialisation guinéenne n’est pas le minerai, ni même le capital. C’est le kilowatt.

Et il y a un sujet dont on parle encore moins : les boues rouges. Le procédé Bayer génère, pour chaque tonne d’alumine produite, une à deux tonnes de résidus alcalins qu’il faut stocker sur des surfaces immenses, étanchéifier, surveiller pendant des décennies. À Boffa, à Boké, dans des zones où l’agriculture et la pêche font vivre les populations, ce n’est pas une clause de style. C’est le sujet qui décidera de l’acceptabilité de ces usines dans dix ans.

Puis l’or, et là c’est un décret.

Le 3 juillet 2026, Son Excellence Monsieur le Général Mamadi Doumbouya, Président de la République de Guinée, signe un texte qui ne laisse aucune ambiguïté. L’exportation d’or brut est interdite. Est considéré comme brut tout or dont la pureté est inférieure à 99,5 %. Seuls les lingots raffinés en Guinée, certifiés par une raffinerie agréée sur le territoire, pourront franchir la frontière. Quatre-vingt-dix jours de transition, puis l’interdiction devient totale.

Cette fois, ce n’est plus une incitation. C’est une contrainte légale.

L’outil industriel suit : la Nimba Gold Refinery, à Gbessia, affiche une capacité de 2 000 kilos par jour, extensible au double. L’une des plus importantes du continent. Les montants en jeu expliquent la fermeté. Avec un cours de l’or entre 3 200 et 3 400 dollars l’once cette année, une production nationale de 15 à 20 tonnes représente entre 1,6 et 2,2 milliards de dollars. Chaque gramme qui partait brut emportait avec lui la marge du raffineur, celle du négociant, celle du transformateur. Tout cela se jouait ailleurs.

Mais un décret ne s’applique qu’à ce qu’on peut voir.

C’est ici qu’il faut être honnête, sinon l’analyse ne vaut rien.

La filière aurifère guinéenne reste largement dominée par l’orpaillage artisanal. Des dizaines de milliers de personnes, dispersées sur les zones de Siguiri, Mandiana, Kouroussa, avec des circuits de collecte qui traversent les frontières bien avant d’atteindre un comptoir officiel.

Interdire l’exportation d’or brut, c’est fermer une porte à ceux qui passaient déjà par la porte. Ceux qui empruntaient d’autres chemins continueront de les emprunter, et la mesure pourrait même les y encourager.

Le décret le sait, d’ailleurs : il prévoit la création d’un registre national de traçabilité aligné sur les normes de l’OCDE. C’est la vraie mesure structurante du texte, bien plus que l’interdiction elle-même. Un raffinage obligatoire sans traçabilité produit une statistique. Un raffinage obligatoire avec traçabilité produit une filière.

L’exécution se jugera là, pas dans l’annonce.

La logique est devenue systématique.

Bauxite, puis or. Ce n’est pas une succession de décisions isolées, c’est une doctrine. Elle porte même un nom : Simandou 2040, le programme qui structure l’ambition industrielle guinéenne autour de trois minerais. La bauxite. L’or. Et le fer.

Le fer, justement. Simandou, c’est 21 à 22 milliards de dollars d’investissement, 650 kilomètres de voie ferrée neuve, un port en eaux profondes, une capacité dimensionnée jusqu’à 120 millions de tonnes par an. Le plus grand gisement de fer inexploité de la planète entre en production.

Et pour l’instant, ce minerai partira brut.

Si la doctrine est cohérente, le fer est le prochain sur la liste. Mais soyons précis sur ce que cela impliquerait, parce que ce n’est pas une raffinerie de plus.

Transformer du minerai de fer localement, cela veut dire soit des hauts fourneaux, qui exigent du coke métallurgique que la Guinée n’a pas et devrait importer, soit de la réduction directe, qui consomme du gaz naturel que la Guinée n’a pas non plus. Dans les deux cas, la contrainte énergétique n’est plus de 250 mégawatts mais d’un autre ordre de grandeur. Sans compter que l’acier est un produit lourd, à faible valeur au kilo, dont l’économie dépend entièrement de la proximité du marché de destination.

Autrement dit : la bauxite se transforme parce que l’alumine se transporte bien et se vend cher. Pour le fer, l’équation est différente, et la première étape réaliste ressemble plutôt à des boulettes de minerai enrichi qu’à des bobines d’acier.

Cela ne veut pas dire que ça n’arrivera pas. Cela veut dire qu’il ne faut pas confondre le calendrier politique et le calendrier industriel.

Le vrai sujet est peut-être ailleurs.

Pendant qu’on regarde les mines, il se passe la même chose dans les champs. Sauf que là, personne n’a signé de décret.

Au salon SADEN, en juin dernier à Conakry, une entrepreneure du secteur agroalimentaire résumait la situation : plus de 80 % de la production agricole guinéenne est vendue à l’état brut.

Prenez l’anacarde. Cent cinquante mille producteurs. Deux cent mille hectares de plantations. Et en 2024, mille cinq cents tonnes transformées sur place. Moins de 1,4 % de la récolte. Le reste part vers l’Inde et le Vietnam, où la noix est décortiquée, grillée, conditionnée, puis revendue sur les marchés mondiaux.

Le Sénégal, qui connaît exactement le même problème, a fait le calcul. Le kilo de noix brute se vend autour de 700 francs CFA. Transformé, il vaut entre dix et quinze mille francs. Un facteur quatorze à vingt et un.

Appliquez ce ratio aux volumes guinéens et vous obtenez l’ordre de grandeur de ce qui s’évapore chaque année, sans que personne n’en parle.

La mangue raconte la même histoire. Cent cinquante mille tonnes produites, exportées en frais quand elles ne pourrissent pas sur place faute de débouché, pendant que l’Europe achète de la mangue séchée et du jus conditionné, de préférence bio. Le débouché existe. L’outil, non.

Pourquoi l’un avance et pas l’autre.

Il y a une différence de nature entre les deux mondes, et elle explique tout.

Dans les mines, l’État dispose de tous les leviers. Il attribue les permis, il négocie les conventions, il peut interdire une exportation d’un trait de plume. Un décret suffit à réorienter une filière, parce qu’en face il y a une poignée d’opérateurs industriels identifiés, avec des capitaux, des obligations contractuelles et beaucoup à perdre.

Dans l’agriculture, il n’y a personne à convoquer. Cent cinquante mille producteurs d’anacarde dispersés entre la Haute Guinée et la Guinée maritime, des circuits de collecte informels, des acheteurs qui traversent les frontières. On ne décrète pas la transformation d’une filière atomisée.

Et le blocage n’est pas seulement politique, il est technique. Une unité de transformation agroalimentaire, c’est une chaîne du froid qui ne doit jamais s’interrompre, donc encore de l’électricité. C’est une certification sanitaire reconnue à l’export, qui suppose un laboratoire, des procédures, des audits. C’est un calibrage de capacité face à une production saisonnière : une unité de séchage de mangues tourne quatre mois par an et doit amortir sur douze. Et c’est un accès au financement pour des porteurs de projets qui n’ont ni garanties bancaires ni historique de crédit.

Chacun de ces points est surmontable. Aucun ne se règle par décret.

Ce que j’observe depuis le terrain.

Un dernier point, qui vient de ce que je vis dans mon métier plutôt que des communiqués officiels.

Il ne suffit pas qu’un pays décide de s’industrialiser. Encore faut-il que l’industrie mondiale réponde présente.

J’ai consulté récemment six fournisseurs internationaux, tous européens ou nord-américains, pour un équipement industriel destiné à une infrastructure guinéenne. Trois n’ont jamais répondu ou se sont désistés sans motif technique réel. Sur les trois offres reçues, aucune n’incluait le transport ni le dédouanement. Les délais annoncés vont de quatre à six mois, hors logistique. Et pour deux d’entre elles, il fallait contractualiser avec deux entités dans deux pays différents.

Ce n’est pas anecdotique, c’est structurel. Beaucoup d’industriels européens traitent encore l’Afrique de l’Ouest comme une zone de risque commercial plutôt que comme un marché. Ils répondent tard, chiffrent en départ usine et laissent au client le soin de résoudre tout ce qui se passe après le quai.

Pendant ce temps, les acteurs chinois arrivent avec un package complet : financement, équipement, construction, et parfois la centrale électrique qui va avec. Ce n’est pas un hasard si les trois raffineries d’alumine guinéennes sont chinoises.

La question n’est donc pas seulement de savoir si la Guinée veut transformer. C’est de savoir qui viendra

équiper cette transformation, et à quelles conditions.

Ce que ça change pour un industriel.

Hier, la Guinée était un fournisseur de matière première. Demain, c’est un site de transformation. Ce ne sont pas les mêmes besoins, ni les mêmes partenaires, ni les mêmes équipements.

Une raffinerie d’alumine, ce sont des besoins en énergie, en sécurité industrielle, en détection gaz, en protection incendie, en maintenance et en formation, sur vingt ans. Une unité agroalimentaire, ce sont des chaînes de froid, des certifications, des normes d’export. Un corridor minier, ce sont des systèmes de pesage, de contrôle, de traçabilité.

Rien de tout cela ne se fabrique en Guinée aujourd’hui. Tout cela devra venir de quelque part.

Ceux qui arriveront quand tout sera construit trouveront les places prises.

Reste la question que je pose sincèrement, et à laquelle je n’ai pas de réponse définitive : après la bauxite, l’or et bientôt le fer, qui portera la transformation agricole ? L’État n’a pas les mêmes leviers. Les investisseurs internationaux regardent les mines, pas les vergers. Et les producteurs, eux, n’ont ni le capital ni l’accès au marché.

C’est peut-être là que le prochain chantier guinéen doit s’ouvrir.

 

 

John Monteron

Fondateur HEXAGUARD GROUP | Connecte les institutions aux investisseurs, les investisseurs et industriels aux projets concrets — Afrique de l’Ouest et centrale

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UMS et Renault Trucks célèbrent dix ans d’un partenariat stratégique au service de la logistique minière en Guinée https://planete7.info/ums-et-renault-trucks-celebrent-dix-ans-dun-partenariat-strategique-au-service-de-la-logistique-miniere-en-guinee/ Tue, 07 Jul 2026 15:40:10 +0000 https://planete7.info/?p=58634 Le Groupe UMS et Renault Trucks marquent cette année une décennie de partenariat stratégique au service de la logistique minière en Guinée. Depuis dix ans, les deux partenaires conjuguent leurs expertises afin d’améliorer la performance, la sécurité et la durabilité des opérations de transport, notamment dans le bassin minier de Boké, principal pôle d’exploitation de […]]]>

Le Groupe UMS et Renault Trucks marquent cette année une décennie de partenariat stratégique au service de la logistique minière en Guinée. Depuis dix ans, les deux partenaires conjuguent leurs expertises afin d’améliorer la performance, la sécurité et la durabilité des opérations de transport, notamment dans le bassin minier de Boké, principal pôle d’exploitation de la bauxite du pays.

Bâti sur la confiance, l’excellence opérationnelle et l’innovation, ce partenariat accompagne les activités logistiques de grande envergure menées par UMS dans des environnements particulièrement exigeants. Au fil des années, il s’est traduit par le déploiement d’une importante flotte de véhicules, le renforcement des compétences des équipes locales et l’intégration de solutions technologiques destinées à optimiser les performances opérationnelles.

Dans une publication diffusée sur sa page LinkedIn, le Groupe UMS souligne que cette collaboration repose sur une ambition commune : garantir la performance, la disponibilité et la sécurité des opérations tout en développant des solutions adaptées aux réalités du terrain.

Cette coopération s’est progressivement consolidée grâce au partage d’expertise entre les deux entreprises, à la formation continue des conducteurs et des mécaniciens guinéens, ainsi qu’à l’exploitation des données techniques permettant d’améliorer la fiabilité et l’efficacité des véhicules.

Pour Héloïse Marchyllie, chargée de la Communication stratégique et des Affaires institutionnelles du Groupe UMS, cette décennie de collaboration illustre la capacité de l’entreprise à nouer des partenariats durables avec les plus grands constructeurs mondiaux.

« Cette décennie illustre la capacité d’UMS à construire des partenariats solides avec les plus grands constructeurs mondiaux et à faire vivre, sur le terrain, une véritable coopération entre la Guinée et la France au service d’un secteur stratégique pour le pays », a-t-elle déclaré.

La responsable met également en avant les résultats concrets de cette collaboration, résumés par quelques chiffres emblématiques : 350 camions mobilisés, 66 millions de kilomètres parcourus et des équipes guinéennes formées localement, témoignant de l’ampleur des investissements réalisés dans le développement des compétences et la modernisation de la chaîne logistique.

À travers ce partenariat avec Renault Trucks Africa LAPAC, le Groupe UMS réaffirme sa volonté de poursuivre le développement d’une logistique minière robuste, fiable et durable, au service de la compétitivité du secteur extractif et du développement industriel de la Guinée.

Selon Héloïse Marchyllie, une présentation plus complète de cette décennie de collaboration sera dévoilée le 17 juillet prochain, avec un retour détaillé sur les principales réalisations et les perspectives de ce partenariat stratégique.

Sylla Ama pour Planete7.info

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Simandou 2040 : Nimba Mining Company accélère sa marche industrielle et franchit un nouveau cap https://planete7.info/simandou-2040-nimba-mining-company-accelere-sa-marche-industrielle-et-franchit-un-nouveau-cap/ Wed, 01 Jul 2026 18:10:09 +0000 https://planete7.info/?p=58197 Plus de 4 millions de tonnes de bauxite exportées, une chaîne logistique renforcée et un engagement renouvelé pour le contenu local : Nimba Mining Company (NMC) affiche ses ambitions dans la dynamique du programme Simandou 2040. Face au Comité stratégique de Simandou 2040, Nimba Mining Company a dévoilé ses performances du premier semestre 2026 et […]]]>

Plus de 4 millions de tonnes de bauxite exportées, une chaîne logistique renforcée et un engagement renouvelé pour le contenu local : Nimba Mining Company (NMC) affiche ses ambitions dans la dynamique du programme Simandou 2040.

Face au Comité stratégique de Simandou 2040, Nimba Mining Company a dévoilé ses performances du premier semestre 2026 et présenté les grandes avancées enregistrées depuis la reprise de ses opérations. Une étape importante pour l’entreprise qui entend désormais consolider sa place dans le paysage minier guinéen.

La rencontre, tenue le 30 juin 2026 à Conakry, s’est déroulée sous la présidence de Djiba Diakité, ministre directeur de Cabinet de la Présidence de la République et président du Comité stratégique de Simandou 2040. Autour de la table, les responsables de NMC ont exposé les résultats opérationnels et financiers de la société ainsi que les perspectives à court et moyen terme.

Au cœur des annonces : le franchissement du seuil des 4 millions de tonnes de bauxite exportées depuis la relance des activités. Une performance présentée par l’entreprise comme le résultat des efforts engagés pour optimiser sa production et renforcer son dispositif industriel.

Nimba Mining Company a également mis en avant la montée en puissance de sa chaîne logistique intégrée, articulée autour de la mine, du transport ferroviaire et des infrastructures portuaires. Un modèle qui, selon la société, permet d’améliorer l’efficacité opérationnelle et d’accompagner la croissance progressive des capacités de production.

Au-delà des chiffres, la présentation a aussi mis l’accent sur les enjeux liés au développement national. La société a réaffirmé son engagement en faveur du contenu local, de la formation et de la valorisation des compétences guinéennes, avec l’objectif de faire davantage bénéficier l’économie nationale des retombées de l’exploitation minière.

Les échanges ont enfin porté sur les projets structurants en cours et la contribution de NMC aux ambitions du programme Simandou 2040, qui place les ressources minières au centre d’une stratégie d’industrialisation, de diversification économique et de création de valeur pour la Guinée.

À travers ce bilan, Nimba Mining Company affiche une volonté claire : poursuivre sa transformation industrielle tout en s’inscrivant dans la vision d’un secteur minier davantage intégré au développement économique et social du pays.

Sylla Ama pour Planete7.info

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Boffa : Djiba Diakité réaffirme l’ambition de faire de la Guinée une puissance industrielle à travers Simandou 2040 https://planete7.info/boffa-djiba-diakite-reaffirme-lambition-de-faire-de-la-guinee-une-puissance-industrielle-a-travers-simandou-2040/ Mon, 15 Jun 2026 16:09:47 +0000 https://planete7.info/?p=57293 Le lancement des travaux de construction de la raffinerie d’alumine de Chalco, samedi 13 juin 2026 à Boffa, marque une nouvelle étape dans la stratégie de transformation économique portée par les autorités guinéennes. À cette occasion, le ministre directeur de cabinet de la Présidence et président du Comité stratégique de Simandou, Djiba Diakité, a réaffirmé […]]]>

Le lancement des travaux de construction de la raffinerie d’alumine de Chalco, samedi 13 juin 2026 à Boffa, marque une nouvelle étape dans la stratégie de transformation économique portée par les autorités guinéennes. À cette occasion, le ministre directeur de cabinet de la Présidence et président du Comité stratégique de Simandou, Djiba Diakité, a réaffirmé la volonté de l’État de faire de la Guinée une véritable puissance industrielle en Afrique.

Cette nouvelle infrastructure industrielle, considérée comme la troisième raffinerie d’alumine réalisée en Guinée sous le leadership du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, s’inscrit dans la vision de développement à long terme du programme Simandou 2040. Elle vise à renforcer la transformation locale des ressources minières et à accroître la valeur ajoutée de l’industrie extractive nationale.

Prenant la parole devant les autorités, les partenaires industriels et les populations locales, Djiba Diakité a souligné la portée stratégique de cet investissement pour l’avenir économique du pays.

« Chaque investissement industriel stratégique rapproche la Guinée de sa souveraineté économique. Chaque emploi créé, c’est une famille qui retrouve l’espoir », a-t-il déclaré.

Pour le président du Comité stratégique de Simandou, la Guinée est désormais engagée dans une dynamique qui dépasse le simple rôle d’exportateur de matières premières. L’ambition affichée est de bâtir une économie plus résiliente, fondée sur la transformation locale des ressources naturelles et la création de richesses sur le territoire national.

« La Guinée ne veut plus seulement être un grand pays de bauxite. Elle veut devenir une puissance industrielle africaine, capable de transformer ses ressources, d’imposer ses priorités et de bâtir son développement avec autorité, responsabilité et une souveraineté politique, économique et sociale pleinement assumée au service du bien-être de nos populations », a affirmé Djiba Diakité.

À travers la réalisation de la raffinerie de Chalco, les autorités entendent accélérer le développement de la chaîne de valeur minière, favoriser la création d’emplois qualifiés et stimuler une croissance économique durable. Ce projet s’inscrit pleinement dans les objectifs du programme Simandou 2040, présenté comme le principal levier de transformation structurelle de l’économie guinéenne pour les décennies à venir.

Au-delà de son importance industrielle, cette infrastructure symbolise également la volonté des autorités de faire de la transformation locale des ressources naturelles un pilier central de la souveraineté économique nationale.

Sylla Ama pour Planete7.info

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Guinée, GAC et EGA : un accord stratégique majeur pour relancer le secteur de la bauxite https://planete7.info/guinee-gac-et-ega-un-accord-strategique-majeur-pour-relancer-le-secteur-de-la-bauxite/ Wed, 06 May 2026 12:50:55 +0000 https://planete7.info/?p=55028 La République de Guinée, en partenariat avec GAC et EGA, a scellé un accord amiable visant à mettre fin à leur différend et à relancer durablement la coopération dans le secteur bauxitique. Ce compromis prévoit notamment des compensations, un transfert d’actifs et la reprise des accords d’approvisionnement. Communiqué ci-joint :]]>

La République de Guinée, en partenariat avec GAC et EGA, a scellé un accord amiable visant à mettre fin à leur différend et à relancer durablement la coopération dans le secteur bauxitique. Ce compromis prévoit notamment des compensations, un transfert d’actifs et la reprise des accords d’approvisionnement.

Communiqué ci-joint :

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Encadrement des exportations de bauxite : Nimba Mining Company salue la décision du Ministre Bouna Sylla https://planete7.info/encadrement-des-exportations-de-bauxite-nimba-mining-company-salue-la-decision-du-ministre-bouna-sylla/ Thu, 19 Mar 2026 19:44:08 +0000 https://planete7.info/?p=52705 Un grand gagnant, la République de Guinée La Guinée va encadrer ses volumes d’exportation de bauxite d’ici début avril. Les exportations ont progressé de 25 % en 2025, pour atteindre 183 millions de tonnes. Dans le même temps, les prix FOB Port Guinée ont chuté de près de 50 %, sous l’effet conjugué d’une offre […]]]>

Un grand gagnant, la République de Guinée

La Guinée va encadrer ses volumes d’exportation de bauxite d’ici début avril. Les exportations ont progressé de 25 % en 2025, pour atteindre 183 millions de tonnes. Dans le même temps, les prix FOB Port Guinée ont chuté de près de 50 %, sous l’effet conjugué d’une offre excédentaire et d’une hausse des coûts logistiques. Des marges sous pression pour l’ensemble des acteurs, et des recettes fiscales en recul pour l’État.

Ce que le monsieur le Ministre a annoncé n’est pas un quota au sens strict. C’est une mesure d’alignement : ramener les productions 2026 aux niveaux inscrits dans les études de faisabilité des projets. Produire ce qui avait été planifié.

Cette logique, NMC la partage pleinement.

Depuis notre création en août 2025, notre trajectoire a toujours été séquencée : 1,5 million de tonnes en 2025, 10 millions en 2026, 14 millions à maturité. Une logique industrielle de long terme, alignée avec les priorités stratégiques de l’État guinéen.

La valeur de la bauxite guinéenne ne se défend pas en produisant plus. Elle se défend en produisant mieux, de façon plus structurée, et en orientant progressivement le secteur vers davantage de transformation locale.

C’est la direction que NMC s’est fixée dès le premier jour.

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Guinée : la grande braderie silencieuse de la bauxite et de ses richesses invisibles https://planete7.info/guinee-la-grande-braderie-silencieuse-de-la-bauxite-et-de-ses-richesses-invisibles/ Wed, 25 Feb 2026 01:47:58 +0000 https://planete7.info/?p=51845 À l’aube, lorsque la brume salée enveloppe un port minéralier de Guinée, un navire s’éloigne, chargé de bauxite. Cette image, désormais familière, illustre l’intégration rapide du pays dans les flux mondiaux de matières premières, principalement à destination de la Chine. Toutefois, derrière cette performance quantitative se profile une interrogation stratégique : la Guinée vend-elle l’intégralité […]]]>

À l’aube, lorsque la brume salée enveloppe un port minéralier de Guinée, un navire s’éloigne, chargé de bauxite. Cette image, désormais familière, illustre l’intégration rapide du pays dans les flux mondiaux de matières premières, principalement à destination de la Chine. Toutefois, derrière cette performance quantitative se profile une interrogation stratégique : la Guinée vend-elle l’intégralité de la valeur contenue dans son minerai ?

La Guinée détient environ 7,4 milliards de tonnes de réserves de bauxite, soit près d’un tiers des ressources mondiales selon le United States Geological Survey. En 2025, les exportations auraient atteint entre 180 et 183 millions de tonnes. Vendue autour de 70 à 75 dollars la tonne, la bauxite brute aurait généré environ 13 milliards de dollars de chiffre d’affaires. À première vue, ces chiffres traduisent un succès spectaculaire. Cependant, à l’analyse, ils révèlent une fragilité structurelle : la valeur captée demeure limitée parce que l’essentiel des exportations s’effectue sans transformation locale.

En effet, la bauxite guinéenne est un minerai composite. Outre l’alumine, elle contient en moyenne 144 kg d’oxydes de fer, 90 kg de silice et d’argiles, ainsi qu’environ 35 kg de dioxyde de titane par tonne. Or, dans la pratique contractuelle dominante, seule la teneur en alumine fonde la tarification. Les autres composantes sont considérées comme des « impuretés » et pénalisent le prix. Pourtant, ces éléments disposent de marchés internationaux dynamiques : le fer pour les pigments et matériaux, la silice et le kaolin pour la céramique et le papier, le dioxyde de titane pour les peintures industrielles, sans oublier le gallium, stratégique pour les semi-conducteurs.

Dès lors, la comparaison financière redevient centrale. Sur une base de 180 millions de tonnes exportées, les volumes d’oxydes de fer, de silice et de TiO₂ contenus dans le minerai représenteraient, selon des hypothèses prudentes de prix internationaux, une valeur brute théorique comprise entre 16 et 40 milliards de dollars. Autrement dit, la valeur potentielle des composantes dites « secondaires » pourrait dépasser largement les 13 milliards de dollars générés par la vente brute du minerai. Certes, cette estimation suppose séparation, transformation et accès aux marchés spécialisés ; néanmoins, elle met en lumière l’ampleur de la rente latente non captée.

Sur le plan fiscal, l’écart est tout aussi révélateur. En appliquant un taux moyen de taxe d’exportation de 2 % sur la valeur FOB de la bauxite brute, l’État percevrait environ 250 millions de dollars. Cependant, si les éléments valorisables intégrés au minerai faisaient l’objet d’une valorisation ou d’une taxation distincte, les recettes publiques potentielles pourraient augmenter de plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires. Ainsi, la perte observée n’est ni marginale ni conjoncturelle ; elle découle d’un modèle contractuel centré exclusivement sur l’alumine.

Cette réalité confirme l’analyse de Raúl Prebisch et Hans Singer (1950) sur la détérioration des termes de l’échange pour les économies spécialisées dans les produits primaires. De même, les travaux de la Banque mondiale (2019) rappellent que la part de rente captée par un pays dépend étroitement de la qualité des contrats et de la capacité de négociation de l’État. En conséquence, exporter brut revient à externaliser la majeure partie de la valeur ajoutée vers les pays transformateurs.

Pourtant, cette situation peut être corrigée de manière graduelle. Il s’agirait, d’une part, d’intégrer dans les conventions minières des mécanismes de rémunération tenant compte de la composition réelle du minerai et, d’autre part, de développer des capacités locales de pré-bénéfication et de raffinage. L’expérience de l’Indonésie, qui a progressivement limité l’exportation de minerais bruts afin de stimuler la transformation domestique, montre qu’un changement de trajectoire est possible. Par ailleurs, l’exemple de la Norvège illustre comment une rente extractive peut être convertie en capital financier durable grâce à un fonds souverain rigoureusement géré.

En définitive, la véritable question n’est pas celle du volume exporté, mais celle de la valeur captée. Chaque navire quittant un port minéralier guinéen transporte aujourd’hui environ 70 à 75 dollars par tonne de bauxite déclarée ; cependant, il embarque potentiellement une valeur additionnelle qui, cumulée à l’échelle annuelle, pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ainsi, pour les décideurs guinéens, l’enjeu stratégique est clair : transformer une puissance minière quantitative en puissance économique qualitative. La Guinée maîtrise l’extraction ; il lui appartient désormais de maîtriser la valeur.

 

Avec lepetitdeputé

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Chambre des Mines : Karifa Condé fixe les priorités et réaffirme le rôle stratégique de la CBG https://planete7.info/chambre-des-mines-karifa-conde-fixe-les-priorites-et-reaffirme-le-role-strategique-de-la-cbg/ Mon, 16 Feb 2026 23:24:15 +0000 https://planete7.info/?p=51549 Président de la Chambre des Mines de Guinée et directeur général de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), Karifa Condé affiche une ambition claire : consolider la gouvernance du secteur minier guinéen, renforcer la crédibilité institutionnelle de la Chambre et promouvoir un modèle d’exploitation plus responsable, conforme aux standards internationaux. À la tête d’une […]]]>

Président de la Chambre des Mines de Guinée et directeur général de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), Karifa Condé affiche une ambition claire : consolider la gouvernance du secteur minier guinéen, renforcer la crédibilité institutionnelle de la Chambre et promouvoir un modèle d’exploitation plus responsable, conforme aux standards internationaux.

À la tête d’une institution vieille de plus de six décennies et représentant plus de 70 entreprises minières, Karifa Condé entend inscrire son mandat dans la continuité, tout en impulsant une nouvelle dynamique fondée sur le dialogue, la sécurité et la responsabilité sociétale.

« La Chambre des Mines de Guinée est une institution reconnue depuis plus de 60 ans. Ma priorité est de poursuivre le travail engagé par mes prédécesseurs et de faire en sorte que la Chambre demeure un interlocuteur privilégié du gouvernement et des autorités publiques, notamment lors des réformes législatives du secteur minier », affirme-t-il.

Pour le nouveau président, la Chambre doit continuer à jouer pleinement son rôle d’interface entre l’État et les opérateurs, en contribuant activement à la mise en œuvre des politiques publiques. « Nous nous positionnons comme un intermédiaire fiable, capable d’accompagner le gouvernement. Un autre pilier de notre action est la sécurité de nos membres opérant en Guinée. Enfin, la responsabilité sociétale des entreprises est un principe non négociable pour tous les acteurs du secteur », souligne-t-il.

Dans cette perspective, une réforme interne est engagée afin de moderniser l’institution et l’aligner sur les standards internationaux. « Nous procédons actuellement à la révision de nos statuts afin d’introduire un cadre plus clair et plus rigoureux, conforme aux normes internationales en matière d’environnement, d’éthique et de gouvernance », précise Karifa Condé.

Parallèlement à ses fonctions à la Chambre des Mines, il dirige la Compagnie des Bauxites de Guinée, pilier historique du secteur extractif national. Fondée en 1963, la CBG occupe une place singulière dans l’économie guinéenne, tant par son ancienneté que par sa structure actionnariale.

« CBG est la plus ancienne entreprise minière de Guinée et la seule où l’État détient 49 % du capital, contre 51 % pour Halco Mining », rappelle-t-il.

Un modèle qui confère à l’entreprise un poids économique considérable. « Le gouvernement guinéen perçoit également 65 % des revenus générés. Cela positionne la CBG comme un acteur majeur de l’économie nationale », explique le directeur général.

Sur le plan international, la production de la CBG alimente des chaînes de valeur industrielles stratégiques. La bauxite extraite en Guinée est exportée vers de grandes multinationales comme Alcoa, Rio Tinto ou Dadco, qui la transforment en alumine puis en aluminium, utilisé notamment dans les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile.

Au-delà des performances économiques, Karifa Condé met en avant l’engagement environnemental et social de l’entreprise. « Grâce à la qualité de nos ressources et à nos standards opérationnels, la CBG figure parmi les principaux producteurs mondiaux de bauxite. Les critères ESG sont au cœur de notre stratégie. Nous accordons une importance particulière au bien-être des communautés riveraines ainsi qu’à celui de nos employés, directs et indirects », assure-t-il.

Dans un secteur en pleine mutation, le nouveau président de la Chambre des Mines prône une gouvernance exigeante et responsable. « Notre direction est composée d’entreprises de premier plan qui nous imposent les normes les plus élevées. C’est cette rigueur qui fait la différence et qui garantit la durabilité de nos activités », conclut Karifa Condé.

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