Artisanat Guinéen – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Thu, 10 Apr 2025 07:38:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Artisanat Guinéen – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Le canari en péril : quand la modernité étouffe un savoir-faire ancestral https://planete7.info/le-canari-en-peril-quand-la-modernite-etouffe-un-savoir-faire-ancestral/ Thu, 10 Apr 2025 07:38:08 +0000 https://planete7.info/?p=40327 À l’heure où la modernisation transforme les habitudes de consommation, certains objets traditionnels peinent à survivre. C’est le cas du canari, ce récipient en argile longtemps prisé pour conserver l’eau fraîche, mais désormais relégué au rang de souvenir dans de nombreux foyers guinéens. Mercredi dernier, notre reporter est allé à la rencontre d’un acteur de […]]]>

À l’heure où la modernisation transforme les habitudes de consommation, certains objets traditionnels peinent à survivre. C’est le cas du canari, ce récipient en argile longtemps prisé pour conserver l’eau fraîche, mais désormais relégué au rang de souvenir dans de nombreux foyers guinéens. Mercredi dernier, notre reporter est allé à la rencontre d’un acteur de ce secteur en déclin, Issiaga Soumah, vendeur de canaris à Conakry.

« Aujourd’hui, le marché est morose. Les clients se font rares. Autrefois, ils venaient nombreux et régulièrement. Désormais, même ceux qui viennent discutent longuement les prix », explique Issiaga, avec une pointe de nostalgie. Pour lui, la désaffection du public s’explique par l’essor des équipements modernes de réfrigération : « Avant, dans les villages, tout le monde buvait l’eau du canari. Maintenant, c’est l’eau glacée du congélateur qui a pris le dessus. »

Au-delà de la perte culturelle, le vendeur pointe également du doigt les conséquences sanitaires : « Beaucoup de gens souffrent aujourd’hui de ballonnements et de troubles digestifs à cause de l’eau trop froide. Le canari, c’est plus qu’un simple objet : c’est un allié pour la santé. » Et d’ajouter : « Certains ne voient dans le canari qu’un récipient pour préparer des remèdes traditionnels, mais il a bien plus d’usages au quotidien. »

Malgré son attachement à ce patrimoine, Issiaga Soumah se heurte à des réalités difficiles : manque d’espaces de stockage, vols fréquents et absence de site de vente sécurisé. « Nos conditions de travail sont précaires. Nous n’avons ni magasin, ni véritable emplacement fixe. »

Conscient du rôle que joue le canari dans la culture et la santé, Issiaga lance un vibrant appel : « Je demande à tous les Guinéens de valoriser notre patrimoine. L’eau de canari est bénéfique pour la santé. Si on l’utilise régulièrement, on peut réduire les risques de certaines maladies à 80%. » Avant de conclure : « J’en appelle aux autorités : accompagnez-nous dans la sauvegarde de ce métier. Ce n’est pas qu’un commerce, c’est un pan de notre identité. »

Entre traditions oubliées et modernité imposée, les vendeurs de canaris, comme Issiaga, tentent de préserver un héritage qui ne demande qu’à revivre.

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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Guinée – Métier de tapissier : Entre passion et défis, Oumar Sadjo Bah interpelle les autorités https://planete7.info/guinee-metier-de-tapissier-entre-passion-et-defis-oumar-sadjo-bah-interpelle-les-autorites/ Tue, 18 Feb 2025 15:17:10 +0000 https://planete7.info/?p=38351 Comme bien d’autres professions artisanales, le métier de tapissier en Guinée est confronté à de nombreux obstacles. Entre la difficulté d’accès aux matières premières et l’irrégularité des commandes, les artisans peinent à vivre pleinement de leur activité. À cela s’ajoutent des problèmes de sécurisation des espaces de travail et des impayés qui fragilisent davantage leur […]]]>

Comme bien d’autres professions artisanales, le métier de tapissier en Guinée est confronté à de nombreux obstacles. Entre la difficulté d’accès aux matières premières et l’irrégularité des commandes, les artisans peinent à vivre pleinement de leur activité. À cela s’ajoutent des problèmes de sécurisation des espaces de travail et des impayés qui fragilisent davantage leur quotidien.

C’est dans ce contexte que notre rédaction est allée à la rencontre d’Oumar Sadjo Bah, maître tapissier et propriétaire d’un atelier. Ce dernier a accepté de partager son expérience, marquée par des hauts et des bas, mais aussi par une résilience admirable.

« Actuellement, la situation du pays est difficile. En plus, notre atelier est installé dans une zone réservée, ce qui nous expose constamment à des menaces de déguerpissement. Nous vivons dans l’incertitude et rencontrons de nombreuses difficultés », confie-t-il avec amertume.

Au-delà des contraintes liées à l’espace de travail, l’artisan déplore également l’incivisme de certains clients : « Certains viennent récupérer des fauteuils et disparaissent sans solder leur dette. C’est un manque de respect pour notre labeur. »

Mais l’épreuve la plus douloureuse pour lui reste l’incendie de son atelier en 2020, un drame qui lui a coûté une perte estimée à près de 29 millions de francs guinéens. Malgré cette tragédie, il a su se relever, non sans peine : « Aujourd’hui, je me débrouille comme je peux pour subvenir à mes besoins, sans avoir à m’endetter. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est toujours mieux que ce que j’ai vécu à cette époque. »

Face à ces difficultés, Oumar Sadjo Bah plaide pour un accompagnement des pouvoirs publics, notamment en matière d’infrastructures adaptées : « Si les autorités nous aident à obtenir un emplacement stable et sécurisé, ce serait un grand soulagement. Nous voulons travailler dignement, sans crainte d’être chassés du jour au lendemain. Avoir un métier, c’est une fierté, et nous préférons bâtir notre avenir ici plutôt que de partir à l’aventure dans l’incertitude. J’interpelle le Président Mamadi Doumbouya afin qu’il prenne en compte la situation des jeunes ouvriers comme nous. »

Dans un pays où l’entrepreneuriat artisanal joue un rôle clé dans l’économie locale, les doléances de ces artisans méritent d’être entendues. Un soutien structurel pourrait non seulement garantir la pérennité de leur métier, mais aussi contribuer à lutter contre le chômage des jeunes en Guinée.

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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À la rencontre de maître Mohamed Diallo, artisan du bambou : défis et perspectives d’un métier ancestral https://planete7.info/a-la-rencontre-de-maitre-mohamed-diallo-artisan-du-bambou-defis-et-perspectives-dun-metier-ancestral/ Wed, 01 Jan 2025 18:42:42 +0000 https://planete7.info/?p=36501 Pratiqué depuis des décennies, l’art de transformer le bambou en meubles et fauteuils continue de perdurer en Guinée, malgré de nombreux défis. Ce mercredi 1er janvier 2025, notre rédaction s’est rendue auprès de maître Mohamed Diallo, artisan reconnu dans ce domaine. Il partage les réalités de son métier et lance un appel aux autorités pour […]]]>

Pratiqué depuis des décennies, l’art de transformer le bambou en meubles et fauteuils continue de perdurer en Guinée, malgré de nombreux défis. Ce mercredi 1er janvier 2025, notre rédaction s’est rendue auprès de maître Mohamed Diallo, artisan reconnu dans ce domaine. Il partage les réalités de son métier et lance un appel aux autorités pour davantage de soutien.

Maître Diallo, avec des années d’expérience, évoque les difficultés rencontrées dans l’exercice de son métier. Parmi elles, l’accès à la matière première reste une contrainte majeure.

« Nous évoluons petit à petit. Tout ce que nous fabriquons, c’est avec nos mains. Nous avons commencé cette activité depuis l’époque du feu Général Lansana Conté. Les matériaux, nous les cherchons dans les villages reculés de Guinée et collaborons avec des fournisseurs. Cependant, les clients se font rares et, souvent, nous ne parvenons pas à vendre au prix que nous souhaiterions, » confie-t-il.

Il ajoute que la nature même de leur travail impose des contraintes techniques :
« Nos matériaux doivent être travaillés immédiatement après leur arrivée des villages, car une fois secs, ils deviennent difficiles à manipuler. Parfois, nous recevons des commandes, mais si les fournisseurs tardent à livrer, cela devient problématique. Les clients sont souvent pressés, et si nous ne respectons pas les délais, cela peut nuire à notre réputation. »

Malgré les nombreuses embûches, maître Mohamed Diallo reste optimiste et reconnaît certaines actions de l’État.
« Même si l’État ne nous a pas soutenus financièrement, nous bénéficions de cet espace, qui appartient à l’État. Plusieurs déguerpissements ont eu lieu aux alentours, mais ici, on nous a seulement demandé de reculer un peu. Cela nous a permis de continuer notre activité. »

Toutefois, l’artisan appelle à une aide plus concrète pour structurer leur métier :
« Nous souhaitons que les autorités construisent un centre pour nous ou aménagent cet endroit afin de faciliter notre travail. »

L’histoire de maître Mohamed Diallo et de son art est celle d’un savoir-faire ancestral qui mérite attention et valorisation. Face à la raréfaction des clients et aux difficultés logistiques, son témoignage est un rappel de l’importance de soutenir ces artisans qui perpétuent un patrimoine unique en Guinée.

 

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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