Accès à l’eau potable – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Sun, 07 Jun 2026 16:24:13 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Accès à l’eau potable – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Koura (Pita) : quand boire de l’eau propre devient un rêve, des centaines d’habitants vivent au rythme de la boue. https://planete7.info/koura-pita-quand-boire-de-leau-propre-devient-un-reve-des-centaines-dhabitants-vivent-au-rythme-de-la-boue/ Sun, 07 Jun 2026 15:48:49 +0000 https://planete7.info/?p=56920 Dans ce village enclavé du Fouta, l’eau potable reste une denrée rare. Ici, hommes, femmes et enfants n’ont d’autre choix que de s’approvisionner dans une rivière à l’eau trouble, partagée avec le bétail et exposée à toutes sortes de contaminations. Une réalité alarmante qui met quotidiennement en péril la santé de centaines de personnes. À […]]]>

Dans ce village enclavé du Fouta, l’eau potable reste une denrée rare. Ici, hommes, femmes et enfants n’ont d’autre choix que de s’approvisionner dans une rivière à l’eau trouble, partagée avec le bétail et exposée à toutes sortes de contaminations. Une réalité alarmante qui met quotidiennement en péril la santé de centaines de personnes.

À Koura, trouver de l’eau pour boire relève d’un véritable parcours du combattant. Dès les premières heures de la journée, les habitants parcourent de longues distances pour atteindre une rivière devenue leur unique source d’approvisionnement. Mais l’eau qu’ils ramènent à la maison est loin d’être propre. Chargée de boue, d’impuretés et de débris, elle est pourtant utilisée pour boire, cuisiner et satisfaire les besoins quotidiens des familles.

Au bord de ce cours d’eau, le désespoir se lit sur les visages. Assise près des bidons qu’elle vient de remplir, Alarba Diallo raconte le calvaire vécu par les populations.

« Nous souffrons énormément. L’endroit où nous puisons l’eau est très éloigné et cette eau est extrêmement sale. Nous sommes obligés de la filtrer avant de la consommer. Nous demandons aux autorités et aux personnes de bonne volonté de nous aider à obtenir une pompe afin que nous puissions enfin avoir accès à une eau potable », implore-t-elle.

La situation devient encore plus préoccupante pendant la saison des pluies. Les eaux de ruissellement charrient toutes sortes de déchets vers la rivière, accentuant les risques de contamination et d’épidémies.

Pour Naby Moussa Sylla, l’absence totale d’infrastructures hydrauliques dans la localité constitue une menace permanente pour la population.

« Cette rivière sert à la fois aux hommes et aux animaux. Nous consommons cette eau tous les jours faute d’alternative. Nous ne disposons d’aucune pompe, ni dans notre secteur ni dans les autres secteurs de la localité. Quand il pleut, toutes les eaux sales se déversent dans cette rivière. Nous sommes exposés à de nombreux dangers sanitaires. Nous demandons aux autorités et aux bonnes volontés de nous venir en aide », alerte-t-il.

Dans ce village oublié des réseaux modernes d’approvisionnement en eau, certains habitants ont recours à des méthodes rudimentaires pour tenter de rendre l’eau consommable. Des moustiquaires servent de filtres improvisés afin de retenir une partie des impuretés avant toute consommation.

Une situation que décrit avec émotion Oustaz Oumar Sylla.

« Nous utilisons des moustiquaires pour filtrer l’eau avant de la boire. Malgré cela, elle reste trouble et ressemble souvent à de la boue. Nous vivons d’énormes difficultés, mais le manque d’eau potable est de loin le problème le plus grave. L’eau est indispensable à la vie. Nous demandons humblement aux autorités et aux personnes de bonne volonté de nous aider à obtenir une source d’eau potable pour sauver nos familles », témoigne-t-il.

Au-delà des difficultés quotidiennes, c’est toute une communauté qui vit sous la menace constante des maladies hydriques. Diarrhées, infections gastro-intestinales et autres pathologies liées à la consommation d’eau insalubre constituent des risques permanents pour les habitants, particulièrement les enfants.

Face à cette urgence sanitaire, les populations de Koura lancent un vibrant appel à la solidarité. La réalisation d’un forage ou l’installation d’une pompe moderne pourrait changer radicalement leur quotidien, préserver des vies et offrir à des centaines de familles ce qui devrait être un droit fondamental : l’accès à une eau potable et sécurisée.

À Koura, l’eau n’est pas seulement une question de confort. Elle est devenue une question de survie.

Sylla Ama,correspondant à Kindia pour Planete7.info

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Tembaya (Kindia) : un district en marge du développement, entre abandon et résilience https://planete7.info/tembaya-kindia-un-district-en-marge-du-developpement-entre-abandon-et-resilience/ Wed, 22 Apr 2026 15:30:12 +0000 https://planete7.info/?p=54293 À seulement cinq kilomètres de Friguiagbé, dans la commune urbaine de Kindia, le district de Tembaya incarne les profondes disparités d’accès aux services sociaux de base en Guinée. Privée d’électricité, d’eau potable, d’infrastructures sanitaires adéquates et de ressources éducatives suffisantes, cette localité vit au rythme des difficultés quotidiennes, dans une quasi-indifférence. Pourtant, Tembaya n’est pas […]]]>

À seulement cinq kilomètres de Friguiagbé, dans la commune urbaine de Kindia, le district de Tembaya incarne les profondes disparités d’accès aux services sociaux de base en Guinée. Privée d’électricité, d’eau potable, d’infrastructures sanitaires adéquates et de ressources éducatives suffisantes, cette localité vit au rythme des difficultés quotidiennes, dans une quasi-indifférence.

Pourtant, Tembaya n’est pas une zone enclavée au sens géographique strict. Ancien district relevant de la sous-préfecture de Friguiagbé, il bénéficie d’une proximité relative avec le centre administratif. Mais cette position n’a pas suffi à impulser son développement. Au contraire, la localité semble figée dans un retard structurel persistant.

L’absence d’électricité reste l’une des préoccupations majeures des habitants. Dans une zone où les localités environnantes sont déjà raccordées au réseau, Tembaya fait figure d’exception. Une situation difficile à accepter pour les populations, qui dénoncent une inégalité flagrante.

« Nous sommes entourés de villages électrifiés, mais ici, rien. Nos démarches n’ont jamais abouti. Nous demandons simplement à bénéficier du minimum », déplore Dr Alseny Bangoura, président du district.

L’accessibilité constitue un autre défi de taille. La route menant à Tembaya est dans un état de dégradation avancé, rendant les déplacements particulièrement difficiles, surtout en saison des pluies. Cet enclavement de fait complique l’accès aux services essentiels, notamment en matière de santé.

Sur le plan sanitaire, la situation est critique. Depuis 1986, les habitants attendent la finalisation d’un centre de santé dont la construction n’a jamais été achevée, malgré la pose de la première pierre. Faute d’infrastructure, les populations parcourent plusieurs kilomètres pour se faire soigner, une contrainte particulièrement lourde pour les femmes enceintes.

Face à cette inertie, les jeunes du district ont entrepris, avec des moyens limités, la construction d’un mur pour relancer le projet. Une initiative qui illustre à la fois leur engagement et le désengagement des pouvoirs publics.

L’éducation, pilier du développement, est également fragilisée. L’unique école primaire de Tembaya, créée en 1958, fonctionne aujourd’hui dans des conditions précaires. Près de 700 élèves y sont encadrés par un seul enseignant pour six classes.

« Une école avec un seul enseignant ne peut pas répondre aux besoins. Nous avons dû recruter deux enseignants communautaires, financés par les parents d’élèves », explique un responsable local. Chaque famille contribue ainsi à hauteur de 20 000 francs guinéens par mois pour pallier l’absence de personnel enseignant.

L’accès à l’eau potable demeure tout aussi problématique. Le district ne dispose que d’un seul forage pour l’ensemble de sa population, insuffisant pour couvrir les besoins quotidiens.

Au fil des années, les promesses formulées lors des campagnes électorales n’ont jamais été concrétisées. Ce décalage entre discours et actions alimente un sentiment d’abandon chez les habitants.

« Depuis 1958, la seule réalisation de l’État ici reste l’école primaire et un centre de santé inachevé. À chaque élection, on nous fait des promesses, mais rien ne change », regrette un notable.

Malgré ce tableau préoccupant, les populations de Tembaya refusent de céder au fatalisme. Elles continuent de plaider pour une prise en compte effective de leurs besoins, appelant les autorités et les partenaires au développement à intervenir de manière concrète et durable.

L’électrification, l’accès à l’eau potable, la construction d’un centre de santé fonctionnel et le renforcement du système éducatif figurent parmi les priorités urgentes. Autant de leviers essentiels pour sortir ce district de l’ombre et lui offrir des perspectives de développement à la hauteur de son potentiel.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info 

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Kindia – Koliady étouffe sous les gravats : les populations dénoncent les ravages d’une exploitation minière incontrôlée https://planete7.info/kindia-koliady-etouffe-sous-les-gravats-les-populations-denoncent-les-ravages-dune-exploitation-miniere-incontrolee/ Wed, 30 Jul 2025 13:06:38 +0000 https://planete7.info/?p=44349 À Koliady, dans la préfecture de Kindia, le désespoir grandit au rythme des détonations et des passages de camions surchargés. Ce village autrefois paisible, aux terres fertiles et à l’eau limpide, paie aujourd’hui un lourd tribut à l’exploitation minière d’une carrière installée depuis plusieurs années. Privés de leurs terres agricoles, d’eau potable et d’infrastructures sociales […]]]>

À Koliady, dans la préfecture de Kindia, le désespoir grandit au rythme des détonations et des passages de camions surchargés. Ce village autrefois paisible, aux terres fertiles et à l’eau limpide, paie aujourd’hui un lourd tribut à l’exploitation minière d’une carrière installée depuis plusieurs années. Privés de leurs terres agricoles, d’eau potable et d’infrastructures sociales de base, les habitants crient leur détresse et interpellent les autorités.

À l’image de nombreux riverains, Sékou Camara ne cache plus sa colère. « Ce bas-fond, c’était notre richesse. On y cultivait du riz deux fois par an. Aujourd’hui, il est rempli de gravier et de sable. Avant de semer, il faut déblayer avec une brouette », explique-t-il, la voix empreinte de frustration. La terre nourricière d’antan est devenue stérile, étouffée par les rejets de la carrière.

Le quotidien des habitants est rythmé par le va-et-vient incessant de camions. Fodé Moussa Camara déplore l’état catastrophique des routes et l’absence totale de retombées locales : « Nos maisons tremblent chaque jour, mais personne ne nous écoute. Nous avons demandé un forage, sans succès. Nous ne recevons que des maladies et de la poussière. »

Les habitants pointent également du doigt l’isolement de la localité. « Vous avez vous-même dû abandonner votre moto pour venir jusqu’ici à pied », lance Saliou Moussa Camara, dépité. « Pas d’école, pas de centre de santé, pas même une mosquée. Nous vivons comme au siècle dernier », dénonce-t-il.

L’eau potable, pourtant essentielle, est désormais un luxe à Koliady. Fatou Sylla, mère de famille, témoigne : « Dès qu’il pleut, l’eau devient trouble à cause des ruissellements de la carrière. Pour éviter les maladies, on est obligés d’acheter de l’eau en sachet. Ce n’est pas vivable. »

L’absence d’infrastructures éducatives et la pauvreté croissante plombent l’avenir des enfants de Koliady. « Il faut 10 000 francs guinéens par jour pour scolariser un enfant. Beaucoup de familles n’en ont pas les moyens », alerte Saliou Moussa Camara. Le transport est un autre casse-tête : les routes étant impraticables, même les moto-taxis refusent d’y circuler.

Malgré les promesses faites par les exploitants miniers et les autorités locales, la population affirme ne voir aucun changement tangible. Aboubacar Bangoura, président du conseil de quartier, est amer : « La commune perçoit 10 % des revenus de la carrière, mais nous ne savons pas ce que cela représente concrètement pour notre communauté. Nous sommes laissés pour compte. »

Face à cette situation qu’ils jugent insupportable, les habitants de Koliady lancent un appel pressant au gouvernement et aux élus locaux. Ils réclament :

  • L’accès urgent à l’eau potable ;
  • La réhabilitation des routes et la construction d’infrastructures sociales de base ;
  • Des compensations justes pour les terres agricoles perdues ;
  • Une implication effective dans la gestion des revenus issus de l’exploitation minière.

« Nous respectons l’État. Mais il est temps qu’on nous considère comme des citoyens à part entière », insistent les riverains. À défaut d’une réponse rapide, certains envisagent de passer à des formes de protestation plus visibles.

Koliady, symbole d’un développement sans concertation, appelle à la justice sociale et à la dignité humaine. Le silence ne peut plus durer.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info 

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