Siguiri : des agents du RAVEC transformeraient le recensement en source de revenus

À Siguiri, le processus de recensement biométrique dans le cadre du Programme National RAVEC, censé être gratuit et accessible à tous, est aujourd’hui entaché de dérives préoccupantes. Des agents en charge de l’enregistrement sont accusés d’exiger des paiements illégaux aux citoyens, en violation flagrante des directives officielles.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur le terrain, la situation s’est dégradée ces dernières semaines. « Tout allait bien au début : on venait avec l’extrait de naissance, et l’enregistrement se faisait automatiquement. Mais depuis peu, c’est devenu un véritable désordre », déplore Abdourahmane Diallo, un citoyen qui s’est confié à notre rédaction. Il affirme avoir été témoin direct de scènes d’extorsion dans un centre de recensement de la commune urbaine.
Ce mardi, Abdourahmane Diallo s’est présenté au centre accompagné de son épouse et de son jeune frère de 15 ans. À leur grande surprise, un montant de 120 000 GNF leur aurait été exigé soit 60 000 GNF par personne sous prétexte de dossiers incomplets. Face à leur refus de payer, la réaction des agents aurait été sans appel : « On nous a tout simplement demandé de quitter la salle. J’ai insisté, mais ils m’ont sommé de libérer les lieux », raconte-t-il, visiblement choqué.
Il ajoute avoir vu d’autres citoyens se plier à ces demandes pécuniaires sur place. « Moi, je n’ai rien payé lors de mon propre recensement, mais hier encore, j’ai vu des gens donner de l’argent devant moi. »
Indigné par ces pratiques qu’il qualifie « d’injustes et inacceptables », M. Diallo lance un appel aux autorités locales : « Je ne sais pas si les responsables de quartier sont informés, mais ils devraient l’être. Ce genre d’abus ne doit pas rester impuni. »
Alors que le RAVEC vise à moderniser l’état civil et à garantir une base de données fiable pour les citoyens guinéens, ces allégations d’extorsion viennent entacher la crédibilité du processus. Une enquête indépendante s’impose pour faire la lumière sur ces agissements et restaurer la confiance des populations.
Mohamed Diallo pour Planete7.info
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.