
Le lycée Elhadj Boubacar Barry (EBB), l’un des plus grands établissements publics de la commune urbaine de Mamou, est totalement paralysé depuis le lundi 9 février 2026 à la suite d’un acte de sabotage d’une gravité exceptionnelle. Trois jours après les faits, ce mercredi 11 février, aucune activité pédagogique n’a pu reprendre, plongeant élèves, enseignants et parents dans une inquiétude grandissante.
Selon les constats effectués sur place, treize salles de classe ainsi que les bureaux de l’administration ont été délibérément scellés par des individus non identifiés. Les auteurs de l’acte ont utilisé une méthode particulièrement élaborée : les cadenas ont été obstrués à l’aide de barres de fer, de sable et de colle forte, rendant toute tentative d’ouverture impossible. La direction de l’établissement se retrouve ainsi dans l’incapacité totale d’accéder à ses locaux, entraînant un arrêt complet des cours.

Implanté dans le quartier Sêré, à environ quatre kilomètres du centre-ville de Mamou, le lycée Elhadj Boubacar Barry accueille des élèves de la 7e année jusqu’en classe de terminale. Il constitue un pilier du système éducatif local et scolarise plusieurs centaines d’apprenants issus de différents quartiers de la ville et de ses environs.
Face à cette situation alarmante, une réunion d’urgence se tient depuis 9 heures ce mercredi au sein même de l’établissement, réunissant les principales autorités éducatives et les acteurs communautaires. Sont notamment présents :
- l’Inspecteur régional de l’Éducation, Ahmadou Soumah ;
- le Directeur préfectoral de l’Éducation (DPE), Mamadou Bachir Baldé ;
- Elhadj Sigon Baldé, syndicaliste et conseiller communal ;
- M. Condé, représentant du syndicat des enseignants ;
- les enseignants du lycée ;
- le chef de quartier de Sêré ;
- ainsi que de nombreux parents d’élèves.
Les échanges, parfois vifs, portent sur des solutions immédiates et durables pour mettre fin à ces actes de vandalisme récurrents : clôture de l’établissement, sensibilisation accrue des parents pour un meilleur encadrement des élèves, recrutement d’un agent de sécurité permanent, voire mise en place d’un dispositif de surveillance communautaire.

Tour à tour, parents et enseignants ont exprimé leur indignation et leur lassitude face à la répétition de ces sabotages, qui, selon eux, ne datent pas d’hier. Ces incidents se seraient multipliés ces derniers mois, culminant avec cette fermeture forcée qui totalise déjà 72 heures d’interruption complète des cours.
Au-delà de l’acte en lui-même, ce sabotage met en lumière une crise plus profonde de la sécurité scolaire à Mamou. Il ne s’agit plus d’un simple fait divers, mais d’un signal d’alarme sur la fragilité de l’environnement éducatif. En attendant les conclusions de la réunion en cours, une chose est certaine : sans mesures fermes et rapides, c’est l’avenir académique de centaines d’élèves qui demeure en suspens.

À Mamou, l’école est aujourd’hui prise en otage. Et chaque jour perdu creuse un peu plus le fossé entre les discours sur l’éducation et la réalité du terrain.
Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info
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