Mining Indaba 2026 : Dr Ibrahima Diogo trace la voie d’une Guinée minière souveraine et industrielle

À l’approche du prestigieux forum Investing in African Mining Indaba 2026, prévu du 9 au 12 février au Cap, en Afrique du Sud, Dr Ibrahima Diogo, spécialiste guinéen des mines, livre une lecture stratégique de ce rendez-vous mondial. Pour lui, l’événement dépasse largement le cadre d’une rencontre sectorielle : il représente une opportunité historique pour repositionner la Guinée dans la géopolitique internationale des ressources naturelles.
Pour Dr Ibrahima Diogo, parler de Mining Indaba 2026, « ce n’est pas simplement évoquer un événement minier global, c’est ouvrir une fenêtre sur la place de la Guinée dans la géopolitique mondiale des ressources ». Dans un contexte marqué par la transition énergétique, les tensions géopolitiques et la recomposition des chaînes d’approvisionnement, l’expert estime que la Guinée se trouve à un moment charnière de son histoire économique et industrielle.
Selon lui, Mining Indaba n’est pas une foire commerciale, mais « une véritable arène de pouvoir » où se croisent capitaux, États, multinationales, banques de développement et grandes visions stratégiques. La participation guinéenne doit donc être pensée avec méthode et doctrine, afin de permettre au pays de dialoguer d’égal à égal avec les investisseurs, de défendre une souveraineté minière assumée et de se repositionner comme un acteur industriel africain émergent, fondé sur la transformation locale et la valeur ajoutée.
Au centre de cette vision se trouve le projet Simandou, considéré comme l’un des plus importants gisements de fer au monde. Pour Ibrahima Diogo, Simandou doit dépasser le statut de simple projet minier pour devenir un véritable levier de refondation nationale. « Nous devons en faire un projet d’État », insiste-t-il.
Il plaide pour une approche intégrée, faisant de Simandou un moteur de développement des infrastructures, du rail, des ports, de l’énergie et de l’industrialisation lourde. À ses yeux, le projet doit envoyer un message clair à la communauté internationale : la Guinée pense désormais en décennies, et non plus en cycles courts d’exportation brute. L’enjeu fondamental étant de transformer le fer en acier, et l’acier en emplois, compétences locales et puissance économique durable, dans une logique de bénéfices partagés.
Premier producteur mondial de bauxite, la Guinée est également une terre d’or, exploitée aussi bien industriellement qu’artisanalement. Pourtant, Dr Diogo estime que le pays reste enfermé dans une logique purement extractive. « La vraie richesse n’est pas dans le sol, elle est dans ce que l’on en fait », affirme-t-il.
Mining Indaba 2026 devrait, selon lui, être l’occasion de négocier des projets de transformation structurants : raffineries d’alumine, unités industrielles locales, partenariats technologiques et accès aux marchés internationaux. Concernant l’or, il plaide pour une meilleure traçabilité, une valorisation locale et une intégration dans une stratégie de souveraineté financière, afin de faire de ce métal précieux un levier de développement national.
Dr Diogo inscrit également sa réflexion dans un cadre géopolitique global marqué par l’augmentation de la demande en minerais liée à la transition énergétique, et par les rivalités entre grandes puissances pour le contrôle des ressources stratégiques. Dans ce contexte, l’Afrique devient centrale, mais aussi convoitée.
Pour la Guinée, cela implique la nécessité de diversifier ses sources de financement, en s’appuyant sur les banques, les fonds souverains et les institutions multilatérales, tout en sécurisant des partenariats stratégiques et non prédateurs. « La souveraineté minière commence aujourd’hui par la souveraineté financière et contractuelle », souligne-t-il, estimant que chaque projet doit être pensé dans une logique d’intérêt national à long terme.
Pour Dr Ibrahima Diogo, aucune transformation locale n’est possible sans infrastructures solides et, surtout, sans énergie abondante, fiable et compétitive. Routes, rails et ports sont indispensables, mais l’énergie constitue, selon lui, la véritable matière première de l’industrialisation.
Il insiste sur la nécessité d’une vision énergétique intégrée, combinant hydroélectricité, solaire, thermique et réseaux industriels. « Investir dans les mines sans investir dans l’énergie, c’est condamner la transformation locale », avertit-il. Transformer la bauxite en alumine, le fer en acier ou l’or en valeur financière nationale exige une politique énergétique pensée pour l’industrie, et non uniquement pour la consommation domestique.
En définitive, Dr Ibrahima Diogo voit en Mining Indaba 2026 une opportunité historique pour la Guinée, à condition qu’elle soit portée par une vision claire, des messages cohérents et une continuité stratégique de l’État. « Une opportunité sans vision devient une occasion manquée », prévient-il.
Pour lui, la Guinée dispose aujourd’hui des ressources, de l’histoire et de la légitimité nécessaires pour changer de paradigme : passer du statut de pays riche en minerais à celui de nation souveraine par l’industrie. Si Simandou en est le symbole, la bauxite la base et l’or la mémoire, alors l’énergie et les infrastructures en seront la clé. Un chemin ambitieux, mais indispensable pour inscrire durablement la Guinée dans la nouvelle géographie économique mondiale.
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