Mini-golf en Guinée : huit ans de persévérance pour faire naître un sport nouveau

Ce samedi, à l’occasion d’une rencontre avec de jeunes passionnés de sport et d’entrepreneuriat, deux figures majeures du mini-golf africain ont partagé une histoire inspirante : celle de la naissance du premier parcours de mini-golf Made in Guinea. Une aventure portée par la vision de Kaba Ibrahima, ambassadeur du mini-golf en République de Guinée, et renforcée par le parcours sportif d’exception de Aboubaka Sidiki Kourouma, vice-champion d’Afrique 2018.
Tout commence en 2018, au Ghana. Cette année-là, la Guinée participe pour la première fois à la Coupe d’Afrique des Nations de mini-golf, une discipline encore peu connue sur le continent. À l’issue de la compétition, Kaba Ibrahima est désigné ambassadeur du mini-golf en Guinée par les instances internationales, avec pour mission de promouvoir ce sport et de poser les bases d’une future fédération nationale.
« C’est une confiance placée en moi par la Fédération mondiale. J’ai même reçu un trophée de reconnaissance pour ma contribution à la promotion du mini-golf en Afrique », explique-t-il.

De retour en Guinée, l’ambassadeur multiplie les démarches auprès des opérateurs économiques. Objectif : trouver des partenaires pour implanter les premiers parcours. Mais le projet se heurte rapidement à un obstacle majeur : le financement.
Importer des installations depuis l’étranger, notamment de Chine, coûte entre 5 000 et 20 000 dollars par parcours. Un montant inaccessible sans soutien institutionnel ou privé.
« Pendant des années, nous avons cherché des sponsors. Malheureusement, aucun n’a répondu favorablement. Mais j’ai refusé d’abandonner », confie Kaba Ibrahima.
Huit ans plus tard, en 2026, le rêve devient enfin réalité. Grâce à des fonds propres, au soutien d’amis et surtout à l’ingéniosité locale, le projet prend une nouvelle direction : produire les parcours en Guinée.

Plutôt que d’importer, l’équipe décide de faire confiance aux artisans guinéens. Menuisiers, métalliers, techniciens : un savoir-faire local est mobilisé pour concevoir un mini-golf respectant les standards internationaux.
« Nous avons contacté la Fédération africaine, étudié les normes, fait des recherches et planifié chaque étape. Aujourd’hui, ce parcours est validé par la Fédération africaine », se félicite l’ambassadeur.

Chaque piste est pensée comme une œuvre unique. Les designs, inspirés de la créativité des concepteurs, varient selon les formes, les obstacles et les niveaux de difficulté.
« C’est comme de l’art. Il y a toujours la touche de l’artiste dans chaque parcours », souligne-t-il.
Contrairement à certaines disciplines exigeantes physiquement, le mini-golf se veut inclusif et accessible. Enfants, jeunes, adultes, hommes, femmes : tout le monde peut pratiquer.
« Il n’y a pas de critères physiques particuliers. Il suffit de s’entraîner, d’avoir de la précision et de la constance », explique Kaba Ibrahima.
Mais au-delà du loisir, le projet porte une ambition plus large : créer une nouvelle catégorie de sportifs en Guinée et ouvrir des perspectives professionnelles.

Selon les standards internationaux, un joueur professionnel peut gagner jusqu’à 12 000 dollars par an, faisant du mini-golf une véritable opportunité économique.

À ses côtés, Aboubacar Sidiki Kourouma, vice-champion d’Afrique 2018, incarne cette reconversion réussie. Ancien footballeur semi-professionnel, il découvre le mini-golf presque par hasard.
« Au départ, c’était une rigolade. Moi, j’étais plus football, lui basket. Mais avec l’entraînement, c’est devenu un vrai défi », raconte-t-il.
Lors de la compétition au Ghana, après un premier jour difficile où il se classe 18e sur plus de 60 participants, il opère une remontée spectaculaire.
« J’ai arrêté de regarder les autres. Je me suis concentré sur moi-même. À la fin, je suis passé de la 7e à la 2e place. »
Un exploit qui dépasse la performance individuelle.
« C’était le drapeau guinéen que nous portions. Représenter la Guinée et monter sur le podium pour notre première participation, c’était exceptionnel. »

Aujourd’hui, la Guinée est devenue le troisième pays d’Afrique de l’Ouest à disposer d’un parcours de mini-golf. Une avancée saluée par la Fédération africaine, qui a déjà invité officiellement le pays à la prochaine Coupe des Nations prévue en septembre.
Mieux encore : la caution de participation a été prise en charge par la Fédération africaine elle-même.
« Il est impératif maintenant d’organiser un tournoi national pour sélectionner les meilleurs joueurs qui représenteront la Guinée », annonce Kaba Ibrahima.
Les deux ambassadeurs lancent un message fort aux autorités : accompagner ce projet afin de déployer des parcours dans toutes les communes et préfectures du pays.
« Le mini-golf peut se pratiquer après le travail. C’est un sport simple, ludique et porteur d’avenir », insiste l’ambassadeur.
À la jeunesse guinéenne, le message est clair : « N’abandonnez jamais. Ce projet a pris huit ans avant de voir le jour. La persévérance finit toujours par payer. »
À travers cette initiative, la Guinée ne se contente pas d’introduire un nouveau loisir. Elle pose les bases d’un nouveau sport national, porteur d’espoir, d’emplois et d’ambitions continentales.
Un petit parcours, mais un grand pas pour le sport guinéen.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
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