Matam : un corps sans vie retrouvé, la drogue Kush au cœur des inquiétudes

Un nouveau drame lié à la drogue secoue la commune de Matam, à Conakry. Dans la matinée de ce mercredi 2 juillet 2025, un corps sans vie a été découvert au quartier Matam 2, non loin du littoral. La victime, dont l’identité demeure inconnue, serait, selon les premières constatations, une nouvelle victime présumée de la drogue appelée « Kush », dont les effets dévastateurs continuent de faire des ravages dans la capitale guinéenne.
Joint par nos soins, Ousmane Camara, président du conseil de quartier de Matam 2, a exprimé une vive inquiétude face à la recrudescence de cas similaires. « Ce n’est malheureusement pas un fait isolé. Ces dernières semaines, Matam fait face à une véritable prolifération de cas de jeunes retrouvés morts, souvent dans des conditions similaires. Nous sommes confrontés à un réseau structuré de consommation de drogue, principalement sur le littoral où de jeunes gens, pour la plupart non identifiés, se réunissent régulièrement », dénonce-t-il.
Malgré les alertes lancées à plusieurs reprises, les autorités locales semblent démunies face à ce fléau. « Nous manquons cruellement de moyens pour lutter efficacement contre ces réseaux. À chaque découverte macabre, tout semble indiquer une intoxication liée à la consommation de Kush. Malheureusement, ces jeunes viennent de divers quartiers et ne sont pas connus dans notre communauté », explique M. Camara.
La situation prend une tournure d’autant plus critique que les populations locales commencent à refuser l’inhumation des corps non identifiés dans les cimetières du quartier. Une mesure radicale désormais appuyée par les responsables religieux. « Aujourd’hui, nous avons enregistré au moins neuf ou dix cas similaires. Les imams du quartier ont décidé de ne plus autoriser les enterrements sans identification formelle. Trop souvent, les familles se manifestent après les funérailles, quand il est déjà trop tard », déplore-t-il, visiblement dépassé.
Face à cette crise silencieuse mais meurtrière, le président du conseil de quartier appelle les autorités compétentes à une réponse urgente et structurée. « Cette drogue provoque un arrêt brutal des fonctions vitales. Il est impératif d’installer des postes de sécurité (PA) dans les zones sensibles. La présence des forces de l’ordre pourrait décourager ces regroupements de jeunes. Nous n’avons plus le luxe de l’indifférence, il faut agir vite et de manière concertée », alerte-t-il.
À Matam, comme dans plusieurs quartiers de Conakry, la Kush n’est plus une simple drogue de rue. Elle est devenue un tueur silencieux, qui frappe aveuglément et endeuille des familles, dans l’indifférence générale.
Mohamed Diallo pour Planete7.info
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