Mamou : un patient assassiné à l’hôpital régional, l’indignation et les interrogations grandissent

Un drame d’une rare violence a endeuillé l’hôpital régional de Mamou dans la nuit du mardi 21 au mercredi 22 avril 2026, ainsi que le quartier Tambassa. Mamadou Kenda Doumbouya, peintre d’une quarantaine d’années, marié et père de trois enfants, a été mortellement poignardé alors qu’il était hospitalisé pour une tuberculose osseuse.
Les faits se seraient produits aux environs de 20h10. Selon Thierno Amadou Barry, président du conseil de quartier de Tambassa et proche de la victime, l’agresseur a réussi à s’introduire dans la chambre du patient pendant que celui-ci se trouvait seul, son épouse s’étant momentanément absentée pour la prière à la mosquée.

« Il a été poignardé six à sept fois au ventre par son agresseur. L’objectif était clairement de tuer sur-le-champ », a-t-il témoigné, dénonçant de graves défaillances sécuritaires au sein de l’établissement hospitalier.
À son retour, l’épouse de la victime a découvert son mari sans vie, gisant dans sa chambre. Une scène décrite comme insoutenable par les proches.
Pour Thierno Amadou Barry, ce drame soulève de lourdes interrogations : « Mourir à l’hôpital pour une autre cause que celle de son admission est inadmissible. La sécurité des patients et la responsabilité du personnel doivent être questionnées. »
Face à la gravité des faits, une délégation composée de responsables administratifs, sécuritaires, sanitaires, religieux et notables s’est rendue ce jeudi 23 avril au domicile de la famille endeuillée à Tambassa. Conduite par Mamadou Saïdou Diallo, chef de cabinet du gouvernorat de Mamou, elle a exprimé ses condoléances et annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Selon les autorités, le parquet de Mamou, sous la direction du procureur Morice Onivogui, a été saisi afin de faire toute la lumière sur ce crime et d’identifier les auteurs.
Pour l’heure, le corps de Mamadou Kenda Doumbouya repose à la morgue de l’hôpital régional, en attendant les résultats de l’autopsie et l’autorisation d’inhumation.
Ce meurtre, survenu en plein établissement sanitaire, met en lumière de sérieuses préoccupations sur la sécurité des structures hospitalières publiques. L’absence ou la faiblesse des dispositifs de surveillance et de contrôle des accès est notamment pointée du doigt.
Au-delà de l’émotion, ce drame relance le débat sur la protection des patients dans les hôpitaux guinéens. Les autorités sont désormais attendues sur des mesures concrètes pour renforcer la sécurité et restaurer la confiance au sein des structures de santé.
Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info
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