Mamou : la communauté kissia se mobilise pour l’assainissement et appelle à un sursaut collectif

Balais, pelles, dabas et coupe-coupe à la main, des membres de la communauté kissia ont investi, ce samedi, plusieurs artères de la commune urbaine de Mamou dans le cadre d’une vaste opération citoyenne d’assainissement. Une mobilisation qui vise à contribuer à la lutte contre l’insalubrité, mais aussi à sensibiliser les populations sur leur responsabilité dans la préservation du cadre de vie.
Dès les premières heures de la matinée, jeunes, femmes, sages et doyens de la communauté ont répondu massivement à l’appel. Sur la route nationale numéro 1, principale artère traversant la ville, les volontaires se sont attelés au curage des caniveaux, au nettoyage des abords de la chaussée et à l’évacuation des dépotoirs sauvages.

Dans une ville carrefour où la question de l’assainissement demeure un défi quotidien, cette initiative entend apporter une réponse citoyenne à l’insalubrité qui affecte plusieurs quartiers et espaces publics.
L’opération s’est déroulée en présence des autorités communales, notamment du maire de Mamou, Mamoudou Alpha Bhouria Diallo. Le premier responsable de la commune a salué l’engagement de la communauté kissia et reconnu son implication régulière dans les actions d’assainissement.
« Je suis là avec la communauté kissienne qui a décidé une fois de plus, comme elle a toujours fait, de venir en aide à cette ville carrefour de Mamou dans le cadre de l’assainissement », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette mobilisation intervient dans un contexte où la commune multiplie les initiatives pour améliorer la propreté de la ville. Il a notamment évoqué le rôle joué par les femmes balayeuses, dont l’action contribue, selon lui, au maintien de la salubrité dans les rues de Mamou.
« Qui parle aujourd’hui du développement parle aussi de la propreté », a rappelé le maire, avant d’exprimer la gratitude du conseil communal envers la communauté kissia, qu’il considère comme pleinement engagée dans la vie de la cité.
Cette sortie constitue, selon le maire, la sixième opération d’assainissement organisée depuis son élection. Une dynamique qu’il souhaite voir se poursuivre et s’élargir à l’ensemble des composantes de la population.

Pour Saa Julien Leno, président de la jeunesse kissia de Mamou, cette opération ne constitue pas une première. La communauté, explique-t-il, participe régulièrement aux actions d’assainissement organisées dans la commune.
Avec l’appui matériel de la mairie, les volontaires ont pu mener à bien les travaux sur la route nationale numéro 1.
« Ce n’est pas une première pour nous. Nous sommes déjà connus par rapport à cela. À chaque fois qu’il y a besoin d’assainissement au sein de la commune urbaine, nous venons en aide », a-t-il expliqué.
Le responsable de la jeunesse rappelle notamment la participation de la communauté, l’année dernière, à une opération d’assainissement de la résidence du gouverneur. Cette fois, le choix s’est porté sur la route nationale numéro 1, où les volontaires ont procédé au curage des caniveaux et à l’élimination de plusieurs points d’accumulation de déchets.

Mais au-delà de la mobilisation de sa propre communauté, Saa Julien Leno souhaite voir les autres composantes de la population s’engager à leur tour.
« L’assainissement, ce n’est pas pour quelqu’un, c’est pour nous-mêmes », insiste-t-il, soulignant le lien entre l’insalubrité et certains problèmes de santé publique.
Pour lui, les dépotoirs sauvages constituent notamment des lieux favorables à la prolifération des moustiques et peuvent contribuer à l’exposition des populations à certaines maladies.
« Que toutes les communautés emboîtent le pas pour qu’on puisse venir en aide à la commune et rendre propre notre ville », a-t-il lancé.
Présent aux côtés des volontaires, le lieutenant Mathieu Camara, chef de la Brigade de recherche de Mamou, a lui aussi pris part à l’opération. Il a appelé les habitants à ne pas considérer l’assainissement comme la seule responsabilité des autorités ou de quelques groupes organisés.
« Nous voulons vraiment participer et rendre cette ville propre. C’est pourquoi les jeunes sont sortis massivement », a-t-il expliqué.
Son message aux populations est sans détour : chacun doit prendre sa part de responsabilité dans la lutte contre l’insalubrité.
« Nous ne sommes pas les seuls à salir cette ville et nous ne serons pas les seuls à la nettoyer. Ils n’ont qu’à faire preuve de bonne volonté », a-t-il exhorté.
Au-delà du nettoyage des rues et du curage des caniveaux, la mobilisation de la communauté kissia pose une question essentielle : celle de la responsabilité collective dans la préservation de l’environnement urbain.

À Mamou, les autorités communales peuvent multiplier les opérations d’assainissement, mais leur efficacité dépend également du comportement quotidien des citoyens : ne pas jeter les déchets dans les caniveaux, éviter la création de dépotoirs sauvages et participer aux initiatives communautaires.
L’opération menée par la communauté kissia se veut ainsi bien plus qu’une simple journée de nettoyage. Elle constitue un message adressé à l’ensemble des habitants de Mamou : la propreté d’une ville ne peut être durable que si chacun y contribue.
Dans cette ville carrefour, les initiateurs espèrent désormais que d’autres communautés s’inspireront de cette mobilisation pour renforcer la dynamique citoyenne et faire de l’assainissement une responsabilité partagée.
Car, à Mamou, la bataille pour une ville plus propre ne se gagnera pas seulement avec des balais et des pelles. Elle se gagnera surtout par un changement durable des comportements et par une mobilisation collective.
Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info
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