Mamou : des journalistes outillés pour contrer les discours de haine et renforcer la cohésion sociale

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Depuis le 27 avril 2026, la ville de Mamou accueille un atelier stratégique de deux jours dédié au renforcement des capacités des professionnels des médias face aux discours de haine, à la désinformation et aux appels à la violence.

Organisée par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), en partenariat avec le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée, et avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement, de l’UNICEF et du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, cette initiative réunit une trentaine de journalistes venus de la région.

Au-delà du simple renforcement technique, l’atelier vise la mise en place de comités régionaux de veille citoyenne. Ces structures auront pour mission de surveiller, analyser et anticiper les contenus médiatiques et numériques susceptibles d’alimenter les tensions sociales. L’objectif est clair : faire des journalistes de véritables acteurs de prévention, capables d’intervenir en amont des crises.

Présidant la cérémonie d’ouverture, Mamadi Kandja Keïta, Directeur de cabinet du Gouverneur de Mamou, a insisté sur la nécessité d’une « autodéfense démocratique », soulignant que la régulation des discours ne peut reposer uniquement sur l’État sans compromettre les libertés fondamentales. Il a appelé les journalistes à incarner une vigilance responsable, fondée sur la neutralité, la rigueur et la prévention.

Cet atelier s’inscrit dans un programme national déjà déployé dans plusieurs régions, notamment Kindia, Kankan, Nzérékoré et Faranah. À Mamou, les participants suivent des modules pratiques axés sur :

  • le rôle des médias face aux discours de haine,
  • les techniques de collecte et de vérification de l’information,
  • la mise en place et l’animation de mécanismes de veille citoyenne.

Coordinateur du projet, Tolno Noël Tamba a rappelé que cette initiative répond à un contexte marqué par des défis sociopolitiques persistants. Selon lui, les discours de haine constituent une menace directe pour la stabilité, en exacerbant les divisions et en fragilisant le tissu social.

Il a également souligné que les futurs comités auront un rôle clé : détecter les contenus à risque, promouvoir des messages de paix et renforcer la collaboration entre médias, autorités et société civile.

Pour Habib Samaké, secrétaire général régional du SPPG, cet atelier marque une avancée significative dans la moralisation du paysage médiatique guinéen. Il estime que des journalistes mieux formés permettront de réduire les dérives professionnelles, mais aussi les sanctions et suspensions souvent liées à des manquements éthiques.

« Prévenir vaut mieux que guérir », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité d’anticiper les crises plutôt que d’y réagir.

À travers cette initiative, les partenaires entendent transformer durablement le rôle des médias en Guinée. Il ne s’agit plus seulement d’informer, mais aussi de protéger le vivre-ensemble en combattant activement les discours toxiques.

Dans un contexte national où les tensions sociopolitiques restent sensibles, cet atelier marque une étape importante vers l’émergence d’une presse plus éthique, proactive et engagée. Une presse capable de jouer pleinement son rôle de rempart contre la haine et de levier pour une paix durable.

 

Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

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