« Les ressources minières doivent devenir une richesse pour tous les Guinéens » : la vision d’Aminata Bangoura-Diallo

Pour la Cheffe de Cabinet du ministère des Mines et de la Géologie, la véritable richesse de la Guinée ne réside plus uniquement dans son sous-sol, mais dans sa capacité à transformer ses ressources minières en emplois, en industries et en prospérité durable. Entre réformes, digitalisation, transparence et ambition autour du programme Simandou, elle expose sa vision d’un secteur appelé à devenir le principal levier de transformation économique du pays.
La Guinée possède l’un des sous-sols les plus riches du continent. Bauxite, fer, or ou encore diamant placent le pays parmi les grandes puissances minières africaines. Pourtant, pour les autorités, l’enjeu ne se limite plus à l’extraction des ressources. L’objectif est désormais de faire de cette richesse naturelle un véritable moteur de développement économique et social.
C’est la conviction portée par Aminata Bangoura-Diallo, Cheffe de Cabinet du ministère des Mines et de la Géologie. Dans un entretien accordé à notre rédaction, elle détaille les priorités de son département et les réformes engagées pour inscrire durablement le secteur minier au service des Guinéens.
Pour elle, le principal défi est clairement identifié.
« Notre véritable défi n’est plus seulement d’extraire nos ressources, mais de les transformer en développement durable. Cela passe par davantage de contenu local, la transformation industrielle, la création d’emplois qualifiés, des infrastructures durables et une redistribution équitable des retombées économiques au bénéfice des populations. »
Cette ambition constitue aujourd’hui l’un des piliers de la politique gouvernementale. Au ministère des Mines, le travail consiste autant à attirer les investissements qu’à veiller à ce que les bénéfices de l’exploitation profitent réellement au pays.
Dans cette dynamique, le programme Simandou occupe une place centrale. Considéré comme le plus grand projet minier de l’histoire de la Guinée, il est appelé à produire des effets bien au-delà de l’exploitation du minerai de fer.
Pour Aminata Bangoura-Diallo, Simandou doit avant tout servir de catalyseur au développement national.
« Le Programme Simandou représente bien plus qu’un projet minier : c’est un programme de transformation nationale. Notre responsabilité est de faire en sorte qu’il devienne un levier de diversification économique, de développement industriel, de montée en compétences de notre jeunesse et de création de valeur pour les générations présentes et futures. »
Cette vision s’accompagne d’une série de réformes engagées par le département. Parmi elles figurent la construction de raffineries sur le territoire national ainsi que la modernisation de l’administration minière à travers la digitalisation des procédures.
La Cheffe de Cabinet cite notamment le lancement de Damanda, la plateforme numérique dédiée à la gestion des titres et autorisations minières.
« La transparence est aujourd’hui une condition indispensable de la confiance. Le Gouvernement œuvre au renforcement des mécanismes de gouvernance, à la modernisation des procédures, à la digitalisation de plusieurs services, au respect des cadres réglementaires ainsi qu’au dialogue avec les différentes parties prenantes. »
Selon elle, cette réforme vise à rendre l’administration plus performante, plus transparente et plus accessible, tout en sécurisant davantage les opérations du secteur.
Au sein du ministère, Aminata Bangoura-Diallo joue un rôle stratégique de coordination. Elle veille à la mise en œuvre des orientations du ministre, au suivi des dossiers prioritaires et à la cohérence des actions menées par les différentes directions.
Cette culture du résultat lui vaut une réputation de grande rigueur. Surnommée par certains collaborateurs « Aminator » ou encore « le Karcher », elle assume pleinement cette image.
« Si ces surnoms traduisent le fait que je suis exigeante, rigoureuse et attachée aux résultats, alors je les assume. Mon exigence ne porte jamais sur les personnes ; elle porte sur la qualité du travail, le respect des délais, la discipline et le sens du service public. »
Enfin, alors que l’activité minière est régulièrement pointée du doigt pour ses conséquences environnementales, la Cheffe de Cabinet estime qu’il est possible de concilier exploitation des ressources, protection des écosystèmes et développement des communautés.
« Il ne faut pas opposer développement économique et protection de l’environnement », soutient-elle, rappelant que le véritable développement est celui qui crée durablement de la richesse tout en préservant les ressources naturelles.
À travers cette vision, Aminata Bangoura-Diallo défend une approche où la performance économique s’accompagne d’une gouvernance renforcée, d’une industrialisation progressive et d’une meilleure redistribution des retombées minières. Une orientation qui traduit la volonté affichée des autorités de faire du secteur extractif le socle de la transformation économique de la Guinée.
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