Labé : à l’université de Hafia, les étudiants confrontés aux difficultés de logement

Chambres surpeuplées, installations sanitaires insuffisantes, loyers élevés… À l’université de Hafia, les conditions d’hébergement préoccupent plusieurs étudiants nouvellement orientés. Entre promiscuité, difficultés d’accès au logement et expériences plus satisfaisantes, les témoignages révèlent des réalités contrastées sur ce campus situé à une vingtaine de kilomètres de Labé.

Trouver un logement décent, disposer d’installations sanitaires suffisantes et vivre dans des conditions compatibles avec les exigences universitaires : autant de défis auxquels sont confrontés certains étudiants de l’université de Hafia, dans la préfecture de Labé. Alors que les nouveaux orientés découvrent leur environnement d’études, plusieurs d’entre eux dénoncent des conditions d’hébergement difficiles, marquées notamment par la surpopulation dans les dortoirs et l’insuffisance des infrastructures.

Pour Pierre Koli Zoumanigui, étudiant au département de microbiologie, la réalité est bien différente de celle qu’il imaginait avant son arrivée sur le campus. Il déplore notamment l’utilisation de certains magasins comme espaces d’hébergement, ainsi que la forte concentration d’étudiants dans les dortoirs publics.
« Les logements qui sont là, ce n’est pas ce qu’on pensait avant de venir. Ce sont des magasins qui sont occupés par les étudiants. Même les dortoirs que le gouvernement a réservés pour les étudiants ne sont pas dans les conditions attendues. Dans le dortoir où nous sommes, nous sommes douze dans une chambre, avec des lits superposés comme dans un camp militaire », témoigne-t-il.

Au-delà de la promiscuité, l’accès aux installations sanitaires constitue une autre difficulté. Mohamed Lamine Kourouma, étudiant en première année de licence (L1), estime que les infrastructures disponibles restent insuffisantes au regard du nombre d’étudiants hébergés.
« Les dortoirs publics ne sont pas prévus pour tout le monde. Il n’y a pas assez de places et il n’y a qu’une seule toilette pour plus de 150 personnes », déplore-t-il.
Ces témoignages mettent en lumière les difficultés que peut entraîner une forte concentration d’étudiants dans des espaces d’hébergement dont les capacités semblent, selon eux, limitées.
Pour certains nouveaux étudiants, les problèmes de logement commencent bien avant leur installation à Hafia. La recherche d’une chambre à distance peut également se transformer en mauvaise surprise, malgré les sommes engagées pour anticiper leur arrivée.

Pepe Daïkolon Pogomou en a fait l’expérience. Après avoir négocié un logement depuis N’Zérékoré, il pensait avoir réglé la question de son hébergement avant de rejoindre son établissement.
« Lorsque les orientations sont sorties, nous sommes restés à N’Zérékoré et avons négocié une chambre à 1 800 000 francs guinéens. Nous avons payé une avance de 1 200 000 francs guinéens. À notre arrivée, on nous a dit qu’ils n’acceptaient plus les garçons et qu’ils allaient loger les filles. Ils nous ont finalement restitué l’argent », raconte-t-il.

Si l’avance lui a finalement été restituée, cet épisode illustre les incertitudes auxquelles certains étudiants sont confrontés dans leur recherche de logement. Pour ceux qui viennent de loin, ces difficultés peuvent compliquer davantage l’installation et l’adaptation à la vie universitaire.
Toutefois, les témoignages recueillis ne dressent pas un tableau entièrement négatif des conditions d’hébergement à l’université de Hafia. Certains étudiants se disent satisfaits de leur prise en charge et de leur quotidien sur le campus.

C’est notamment le cas d’Aissatou Seydi Barry, étudiante en première année de licence, qui affirme n’avoir rencontré aucune difficulté particulière depuis son arrivée.
« Nous sommes très bien logés et, jusqu’à présent, nous n’avons aucun problème. Même avec la nourriture, nous mangeons bien aussi », assure-t-elle.
Son témoignage contraste avec ceux des étudiants qui dénoncent la promiscuité et l’insuffisance des installations sanitaires. Ces expériences différentes montrent que les conditions de vie ne sont pas nécessairement les mêmes pour tous les pensionnaires.
Au-delà des difficultés individuelles, la question de l’adéquation entre le nombre d’étudiants accueillis et les capacités d’hébergement disponibles se pose. Pour Luis Haba, étudiant en troisième année de licence (L3), une meilleure anticipation permettrait d’éviter que des étudiants se retrouvent dans des logements inadaptés.

Il préconise notamment une évaluation préalable des infrastructures avant le lancement des campagnes d’orientation.
« Avant de faire les orientations, qu’ils vérifient l’état des lieux pour savoir combien d’étudiants peuvent venir y résider dans de bonnes conditions », recommande-t-il.
À l’université de Hafia, les témoignages recueillis soulèvent ainsi un enjeu essentiel : celui des conditions d’accueil des étudiants dans un environnement propice à la poursuite de leurs études. Si certains se félicitent de leurs conditions de vie, d’autres décrivent des difficultés qui appellent, selon eux, des améliorations.

Entre besoins croissants en hébergement et capacités d’accueil à évaluer, le défi reste de permettre à chaque étudiant de disposer de conditions de vie compatibles avec ses ambitions universitaires.
Thierno Abdourahmane Diallo, correspondant à Labé pour Planete7.info
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