Kourala, toujours à l’épreuve de l’enclavement : deux ans après le drame, l’urgence reste entière

Dans le district de Kourala, relevant de la sous-préfecture de Hamana Balato dans la préfecture de Kouroussa, l’enclavement demeure une réalité quotidienne aux lourdes conséquences sociales. Plus de deux ans après le tragique chavirement d’une pirogue sur le fleuve Niger, qui avait coûté la vie à six élèves candidats à l’examen d’entrée en 7ᵉ année en juin 2023, les causes structurelles de ce drame restent largement inchangées.
L’accès à Kourala continue de dépendre presque exclusivement d’une unique pirogue, aujourd’hui sans moteur, utilisée par les habitants pour rejoindre Balato. Une traversée périlleuse, devenue un passage obligé pour se rendre au centre de santé, au marché ou à l’école. « C’est notre seul moyen de déplacement. Quand un malade doit être évacué, la situation devient critique », confie Diada Keïta, résident du district, rencontré sur les berges du fleuve.

Sur le plan sanitaire, les carences sont tout aussi préoccupantes. Kourala ne dispose que d’un service de pédiatrie rudimentaire, alors que le centre de santé de référence se trouve à Balato. L’évacuation des patients, notamment en cas d’urgence, relève souvent du parcours du combattant, accentuant les risques pour les populations les plus vulnérables.
Cette pirogue est également indispensable pour accéder au marché hebdomadaire de Balato, organisé chaque mercredi. Une contrainte majeure pour les activités commerciales et agricoles, qui freine les échanges économiques et aggrave la précarité des ménages.

À ces difficultés s’ajoute une grave pénurie d’eau potable, particulièrement marquée durant la saison sèche. « Il n’existe aucun forage public à Kourala. Les rares points d’eau appartiennent à des particuliers », déplore Diada Keïta. Une situation qui pèse lourdement sur les femmes et les enfants, contraints de parcourir de longues distances pour s’approvisionner.
Face à cet isolement persistant, les populations de Kourala lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires au développement. Elles réclament la construction d’un pont pour sécuriser la traversée du fleuve Niger, ainsi que la réalisation de forages publics afin de garantir l’accès à l’eau potable.
Au-delà de Kourala, cette situation illustre les défis persistants du désenclavement des zones rurales en Guinée. Elle rappelle surtout l’urgence d’investissements structurants et durables pour améliorer les conditions de vie des populations et prévenir la répétition de drames évitables.
Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info
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