Kindia : un géologue met en garde contre les constructions anarchiques, sources d’éboulements meurtriers

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Face à la multiplication des éboulements meurtriers en Guinée, la voix des experts se fait de plus en plus pressante. Alpha Ousmane Sow, géologue de profession, rencontré ce jeudi à Kindia, a tiré une nouvelle sonnette d’alarme sur les dangers liés aux constructions anarchiques et au manque de régulation dans l’aménagement urbain.

Selon lui, les causes de ces drames sont doubles : naturelles, mais aussi profondément humaines.
« Il y a d’abord le fait naturel, mais il y a aussi le fait humain. Beaucoup de personnes construisent dans des zones où elles ne devraient pas. On retrouve des concessions sur des terrains instables ou dans le lit des cours d’eau, ce qui fragilise le sol et augmente le risque d’éboulement. Il faut absolument lancer une alerte », a-t-il prévenu.

Le géologue identifie plusieurs facteurs aggravants : l’érosion, la pluviométrie, le détournement des lits de rivières et surtout l’urbanisation anarchique. « Lorsque le sol perd sa structure interne à cause des fortes pluies et des constructions inadaptées, il devient instable et finit par céder », a-t-il détaillé.

À cela s’ajoute l’accumulation des eaux de ruissellement, qui modifie les cours d’eau et finit par provoquer des glissements de terrain. Mais ce qui inquiète le plus l’expert, c’est l’absence de mesures préventives. « Il existe des zones où il est strictement interdit de construire, mais l’État laisse faire. Des maisons s’élèvent sur des collines ou au bord de falaises, sans aucune restriction. Et c’est seulement après les drames que les autorités réagissent », regrette-t-il.

Pour Alpha Ousmane Sow, la responsabilité est partagée. L’État doit délimiter clairement les zones constructibles et interdire celles à haut risque, tandis que la population doit adopter des comportements responsables. « Éviter de construire au bord des ravins, sur les pentes ou dans les lits de rivières est une nécessité vitale », insiste-t-il.

Le spécialiste lie également la recrudescence des catastrophes aux effets du changement climatique. « Dans plusieurs régions du monde, on observe incendies, inondations et pluies diluviennes. Tout cela est lié au réchauffement climatique, provoqué par le CO₂ mais aussi par la vapeur d’eau qui accentue les précipitations », a-t-il expliqué.

Avant de conclure, il plaide pour une véritable stratégie de sensibilisation à l’échelle nationale. « L’État doit aller vers les populations avec une information claire, accessible, de proximité, porte à porte. Prévenir vaut toujours mieux que guérir », a martelé le géologue.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info 

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