Kindia : après le décès de Mamadou Djouma Bah, condamné pour fraude au baccalauréat, son père appelle à la clémence pour les autres élèves

L’émotion est vive à Kindia après le décès de Mamadou Djouma Bah, un candidat au baccalauréat unique, session 2026, condamné dans une affaire de fraude aux examens. Le jeune homme, âgé de 18 ans, est décédé dans la nuit du lundi 20 juillet 2026 à l’hôpital régional Dr Alpha Oumar Diallo, quelques jours seulement après avoir purgé une peine de détention. Sous le choc, son père, Boubacar Bah, revient sur cette épreuve douloureuse et interpelle les autorités sur le sort réservé aux autres élèves impliqués dans cette affaire.
Mamadou Djouma Bah n’aura pas survécu aux semaines qui ont suivi sa condamnation. Accusé de fraude lors des épreuves du baccalauréat unique 2026, le candidat avait été reconnu coupable et incarcéré avec d’autres élèves. Son décès, survenu quelques jours après cette procédure judiciaire, suscite une vive émotion au sein de sa famille et de plusieurs habitants de Kindia.
Encore bouleversé par la disparition de son fils, Boubacar Bah affirme n’avoir jamais pu connaître la version des faits de ce dernier.
« Mon enfant était venu à Kindia depuis la 8ᵉ année jusqu’au baccalauréat. Cette année, lors du bac, il a eu le malheur d’être accusé de fraude et conduit devant les autorités. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans la salle d’examen jusqu’à ce qu’il soit éliminé et condamné, car il n’a pas eu le temps de m’expliquer », confie-t-il.
Le père du défunt indique également que son fils présentait déjà un état de santé fragile avant son incarcération. Selon lui, les deux semaines passées en détention auraient aggravé sa situation.
« Quand ils les ont arrêtés, ils les ont envoyés en prison, où ils sont restés pendant 14 jours. Mon enfant n’était pas en bonne santé. Il souffrait de rhumatismes et ne supportait pas le froid », explique-t-il. 
Au-delà de son deuil, Boubacar Bah invite les autorités à faire preuve de davantage de discernement dans le traitement des dossiers impliquant des candidats aux examens nationaux. Sans remettre en cause l’application de la loi, il estime que les décisions prises devraient également prendre en considération l’avenir des jeunes.
« Je demande aux autorités de faire beaucoup plus attention. Moi, je pensais qu’un élève, un médecin ou un militaire ne devait pas être condamné, parce que ce sont des personnes qui servent ou serviront la nation. C’est l’élève d’aujourd’hui qui deviendra demain policier, gendarme ou même président. Mais je ne connais pas la loi, c’est simplement ce que je pense », déclare-t-il.
Dans un dernier appel, le père du jeune disparu exhorte les autorités compétentes à examiner avec diligence la situation des autres candidats condamnés dans cette affaire. Il redoute que d’autres familles ne soient confrontées à un drame similaire.
« Je demande aux autorités de prendre leurs responsabilités et de faire en sorte que les autres élèves condamnés soient libérés avant qu’ils ne perdent, eux aussi, la vie », lance-t-il.

Le décès de Mamadou Djouma Bah intervient dans un contexte où la lutte contre la fraude aux examens demeure une priorité des autorités éducatives et judiciaires. Cette affaire relance toutefois le débat sur l’équilibre entre la nécessaire répression des actes de fraude et la prise en compte de la situation humaine et sanitaire des personnes poursuivies.
Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info
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