Kankan : les chauffeurs de gros-porteurs s’opposent aux nouvelles mesures communales

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À Kankan, les chauffeurs de gros-porteurs contestent les nouvelles mesures prises par les autorités communales pour désengorger les principales artères de la ville. Ils dénoncent notamment l’interdiction du déchargement des marchandises en journée, qu’ils jugent difficilement applicable et préjudiciable à leurs activités.

À Kankan, la tension monte entre les chauffeurs de gros-porteurs et les autorités communales. Depuis le début de la semaine, une opération de libération des principales artères de la ville, notamment les espaces habituellement utilisés pour le stationnement et le déchargement des camions, est menée par la commune.

Présentée comme une mesure visant à améliorer la circulation et à lutter contre l’occupation anarchique de la voie publique, cette décision suscite cependant la colère des transporteurs. Ces derniers estiment que l’interdiction du déchargement pendant la journée perturbe considérablement leurs activités et met en péril certaines marchandises.

« Nous sommes là ce matin pour dénoncer ce que nous subissons. À Kankan, depuis lundi, les camions n’arrivent pas à faire le déchargement. Le maire a pris des mesures interdisant le déchargement pendant la journée. Et la nuit, nous avons des problèmes d’insécurité. On ne peut pas s’exposer à décharger les marchandises des gens », déplore Oury Bah, chauffeur.

Pour les transporteurs, le problème dépasse la simple question de stationnement. Ils craignent que l’impossibilité de décharger dans des conditions normales n’entraîne d’importantes pertes pour les commerçants, notamment pour les produits sensibles à la chaleur.

« Cela ne pourra pas marcher. Nous demandons au maire de revenir sur sa décision afin qu’on puisse décharger librement nos camions. Il est important de lui rappeler que certaines marchandises commencent déjà à se décomposer. Il y a du beurre, des oignons et d’autres produits qui ne résistent pas à la chaleur. Ces marchandises commencent déjà à pourrir », alerte Oury Bah.

Le chauffeur dénonce également d’autres dispositions prises par la commune, notamment les restrictions concernant la circulation des motos-tricycles ainsi que la fermeture des magasins à partir de 18 heures.

Face à cette situation, les transporteurs brandissent désormais la menace d’une suspension de l’acheminement des gros-porteurs vers Kankan si aucun compromis n’est trouvé avec les autorités.

« S’il n’y a pas de consensus, le syndicat a aussi pris la mesure d’arrêter toute circulation des gros-porteurs vers Kankan jusqu’à nouvel ordre. Nous sollicitons l’accompagnement des commerçants dans ce sens. À la Chambre de commerce, si vous vendez, c’est parce que nous, les chauffeurs, amenons vos marchandises. C’est nous qui souffrons à leur place parce que nous détenons leurs marchandises. Ce n’est pas dans la violence qu’on règle les problèmes », prévient-il.

De son côté, Ibrahima Sory Barry, transporteur, appelle les autorités à privilégier le dialogue afin d’éviter une escalade de la situation. Il affirme que 18 chauffeurs auraient été interpellés dans le cadre de l’opération avant d’être libérés sous caution.

« Rien ne peut changer dans ce pays sans nous, les transporteurs. Nous demandons aux autorités de Kankan de raisonner le maire de la commune pour qu’il mette la balle à terre et qu’on aille à une table de négociation pour une entente convenable », plaide-t-il.

Selon lui, les chauffeurs seraient mobilisés depuis plusieurs jours pour trouver une issue à la crise. Il affirme également que les 18 personnes interpellées auraient été libérées après le paiement d’une caution de 25 millions de francs guinéens.

Au-delà de la contestation des mesures communales, les transporteurs disent vouloir éviter toute confrontation. Ils réclament l’ouverture urgente d’un cadre de concertation avec les autorités afin de parvenir à un compromis prenant en compte les impératifs de circulation, la sécurité des chauffeurs et la nécessité de préserver les marchandises.

Alors que la commune entend désengorger les artères de Kankan, les transporteurs, eux, demandent que cette volonté soit conciliée avec les réalités du commerce et du transport de marchandises. Sans dialogue, la menace d’une interruption de l’acheminement des gros-porteurs vers la ville pourrait davantage perturber l’approvisionnement des marchés locaux.

Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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