Kankan : le garde des Sceaux brandit la menace de sanctions contre les magistrats défaillants

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En mission dans le ressort de la cour d’appel de Kankan, ce vendredi 9 octobre 2026, le ministre de la Justice, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a fermement appelé les magistrats à mettre fin aux lenteurs judiciaires et aux manquements professionnels. Il a également annoncé un projet de création de trois nouvelles cours d’appel pour rapprocher davantage la justice des justiciables.

Le ton est donné : les manquements aux obligations professionnelles ne resteront plus sans réponse. En déplacement à Kankan, le ministre de la Justice, garde des Sceaux et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a adressé un avertissement ferme aux magistrats, les exhortant à accélérer le traitement des dossiers et à assumer pleinement leurs responsabilités.

Cette mise en garde est intervenue lors d’une rencontre avec les acteurs judiciaires de la préfecture, au cours de laquelle plusieurs difficultés entravant le bon fonctionnement des juridictions ont été exposées. Parmi les préoccupations soulevées figurent le manque de personnel, l’insuffisance des équipements et les retards enregistrés dans le traitement des procédures.

Au cours de sa visite, le garde des Sceaux s’est également rendu à la maison d’arrêt de Kankan, au tribunal de première instance (TPI) ainsi qu’à la cour d’appel. Ces déplacements lui ont permis de s’enquérir des conditions de détention et de travail des acteurs de la chaîne judiciaire.

Présentant la situation de sa juridiction, le premier président de la cour d’appel de Kankan, Simon Pierre Lamah, a fait état de 238 dossiers jugés sur les 379 reçus depuis le début de l’année 2026.

Malgré ces résultats, le fonctionnement de la cour reste confronté à plusieurs contraintes. Simon Pierre Lamah a notamment déploré l’insuffisance de chambres correctionnelles et le déficit de greffiers. La juridiction ne dispose que de cinq greffiers pour quinze magistrats, une situation qu’il estime contraire aux exigences légales.

Le responsable judiciaire a également attiré l’attention sur les difficultés rencontrées par les justiciables pour suivre leurs procédures en appel. L’éloignement de la juridiction et le manque de moyens financiers conduisent certains d’entre eux à abandonner leurs démarches.

À ces obstacles s’ajoutent les frais de transport judiciaire jugés excessifs ainsi que les absences non autorisées de certains responsables judiciaires, autant de difficultés qui affectent le fonctionnement des services et la célérité des procédures.

La cour dispose néanmoins d’un groupe électrogène de 100 kVA et organise des audiences criminelles chaque semaine, selon les précisions fournies par son premier président.

Face aux difficultés exposées, Ibrahima Sory 2 Tounkara a annoncé un projet de création de trois nouvelles cours d’appel, notamment à N’Zérékoré, à Labé et une cour d’appel de commerce. Cette initiative, envisagée par le président de la République, vise à rapprocher les juridictions des citoyens et à faciliter l’accès à la justice.

Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de réduire les lenteurs judiciaires et d’assurer un meilleur suivi des procédures, particulièrement au niveau des cours d’appel.

« Il ne faut pas que la cour d’appel soit le cimetière des procédures. Soyez donc proactifs dans le traitement des dossiers », a-t-il lancé aux magistrats, les invitant à accélérer l’examen des affaires et à programmer régulièrement les audiences criminelles.

Au-delà des difficultés matérielles et humaines, le garde des Sceaux a tenu à rappeler que les contraintes auxquelles les juridictions sont confrontées ne sauraient justifier les manquements aux obligations professionnelles.

Sur ce point, le ministre a affiché une position ferme, prévenant que les magistrats qui ne remplissent pas correctement leurs missions s’exposeraient à des mesures disciplinaires prévues par les textes en vigueur.

« On ne va plus hésiter à sanctionner le magistrat qui ne fera pas bien son travail », a-t-il averti.

À travers cette déclaration, Ibrahima Sory 2 Tounkara entend mettre l’accent sur la responsabilité individuelle des acteurs judiciaires et sur la nécessité de garantir un traitement diligent des dossiers.

Le ministre a enfin réaffirmé la volonté des autorités d’améliorer les conditions de travail des professionnels de la justice. Un double enjeu se dessine ainsi pour les juridictions de Kankan : renforcer leurs capacités opérationnelles et veiller au respect des obligations professionnelles afin de rendre la justice plus accessible et plus efficace.

Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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