
À Kankan, le prix du cola a fortement augmenté, passant de 600 000 à 2 250 000 francs guinéens le sac de 50 kilogrammes. Cette hausse fragilise l’activité des détaillantes et alourdit les dépenses des familles, pour lesquelles ce produit demeure incontournable dans les cérémonies traditionnelles.
Au marché Dibida de Kankan, le cola se négocie désormais à des prix qui pèsent aussi bien sur les commerçantes que sur les familles. En l’espace de quelque temps, le coût du sac de 50 kilogrammes est passé de 600 000 à 2 250 000 francs guinéens. Une augmentation qui bouleverse les habitudes commerciales et suscite des inquiétudes à l’approche des cérémonies traditionnelles, notamment les mariages.

Rencontrée ce dimanche 11 octobre 2026, Salematou Traoré, détaillante de cola au marché Dibida, décrit les difficultés auxquelles elle est confrontée. Entre hausse du prix d’achat et frais de transport, ses marges commerciales se réduisent considérablement.
« Nous achetions les sacs de 50 kilogrammes à 600 000 GNF. Aujourd’hui, nous les prenons à 2 250 000 GNF. Ces colas viennent de Guéckédou et de N’Zérékoré. Avant, après l’achat et les frais de transport, nous pouvions revendre le kilogramme à 25 000 GNF. Mais aujourd’hui, le prix d’achat atteint déjà 45 000 GNF le kilogramme, sans compter le transport. Nous sommes donc obligées de le revendre entre 50 000 et 55 000 GNF pour nous en sortir », explique-t-elle.
Au-delà des difficultés commerciales, cette flambée des prix se répercute sur les préparatifs des mariages. Dans les traditions locales, le cola occupe une place importante lors de nombreuses cérémonies. Son acquisition représente désormais une dépense supplémentaire pour les familles qui souhaitent respecter les coutumes.

Salematou Traoré constate déjà les inquiétudes des futurs mariés face à cette situation.
« Les futurs mariés ont peur face au prix du cola. Nos coutumes exigent sa présence dans toutes les cérémonies. Même si tu as l’argent, rien ne peut se faire sans le cola. Aujourd’hui, il coûte très cher », déplore-t-elle.
Pour les détaillantes, les conséquences de cette hausse dépassent également le cadre commercial. Leur activité constitue une source de revenus essentielle pour la prise en charge des dépenses quotidiennes de leurs ménages. Une situation qui préoccupe particulièrement Fanta Keïta, elle aussi vendeuse de cola au marché Dibida.

« Nous sommes très inquiètes, parce que cette activité nous permet de subvenir aux besoins de nos enfants. Nos maris font de leur mieux, mais ils ne peuvent pas tout faire. Nous aussi, les femmes, nous les aidons beaucoup grâce à cette activité », souligne-t-elle.
Face à ces difficultés, les commerçantes appellent les autorités à intervenir pour favoriser un retour à des prix plus abordables. Selon Fanta Keïta, les explications avancées jusqu’ici font notamment référence à l’état des routes et à la hausse des prix dans les zones d’approvisionnement.
« Nous demandons aux autorités de nous venir en aide. Lorsque nous abordons cette question, on nous explique que l’état des routes n’est pas bon et que le prix a également augmenté à la source », indique-t-elle.
Entre renchérissement du prix d’achat, frais de transport et baisse des marges, les détaillantes de Kankan font face à une situation de plus en plus préoccupante. Pour les familles, la hausse du prix du cola alourdit le coût des cérémonies traditionnelles, notamment les mariages. Commerçantes et consommateurs espèrent désormais une évolution favorable des prix de ce produit, dont la place dans les pratiques coutumières reste essentielle.
Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info
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