Guinée : l’intelligence artificielle s’invite dans les programmes de formation à l’université de Sonfonia

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À l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les programmes de formation marque une nouvelle étape dans l’adaptation de l’enseignement supérieur aux mutations technologiques. Si les enseignants-chercheurs y voient une opportunité d’améliorer les apprentissages et de renforcer les compétences numériques des étudiants, ils soulignent également l’urgence de former les apprenants à un usage responsable et maîtrisé de cet outil.

L’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les pratiques d’apprentissage, de recherche et de production des connaissances. Face à cette transformation, les universités sont confrontées à un défi majeur : adapter leurs programmes et leurs méthodes pédagogiques aux nouvelles exigences du monde professionnel, sans compromettre la qualité de la formation ni les principes fondamentaux du travail académique.

En Guinée, l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia entend prendre part à cette évolution. L’intégration de l’intelligence artificielle dans les programmes de formation figure désormais parmi les préoccupations de ses responsables universitaires et de ses enseignants-chercheurs.

Pour Pathé Netchetaye, chef du département des lettres et sciences du langage, la question a déjà été abordée au sein des instances de décision de l’établissement.

« Lors de notre dernier conseil universitaire, nous avons évoqué ce problème, et cela se trouve déjà en cours. Mais cela ne concerne pas seulement l’enseignement supérieur, c’est pour tout le monde. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est un outil incontournable dans la formation », explique-t-il.

Au-delà de son introduction dans les cursus universitaires, l’enjeu est de préparer les étudiants à comprendre les possibilités offertes par cette technologie, mais aussi ses limites. Recherche documentaire, traitement de l’information, assistance à la rédaction ou encore acquisition de nouvelles compétences : les applications de l’intelligence artificielle sont nombreuses. Encore faut-il que les apprenants sachent s’en servir avec discernement.

Cette volonté d’adaptation se traduit notamment par un travail sur les maquettes pédagogiques. Dr Oumar Sacko, enseignant-chercheur au département des lettres et sciences du langage, affirme avoir consacré une partie importante de ses vacances à la préparation de ces nouveaux contenus.

« Personnellement, j’ai travaillé sur la notion de l’IA pendant les grandes vacances. J’ai consacré toutes les vacances à travailler sur les maquettes et je peux dire que je fais partie des artisans de ce nouveau programme », souligne-t-il.

Pour cet enseignant-chercheur, l’évolution des technologies impose aux établissements d’enseignement supérieur de revoir leurs approches afin de rester en phase avec les transformations du monde contemporain. L’université ne peut, selon lui, ignorer un outil qui prend une place croissante dans les pratiques professionnelles et les activités intellectuelles.

« Vraiment, c’est salutaire, mais il faut suivre le rythme. Le monde évolue et il faut retenir que le monde est devenu un village planétaire où l’intelligence artificielle est un outil de travail », insiste-t-il.

Cette évolution pose ainsi la question de la place des compétences numériques dans la formation des étudiants guinéens. L’objectif n’est plus seulement de transmettre des connaissances théoriques, mais également de donner aux futurs diplômés les moyens de s’adapter à un environnement professionnel en constante mutation.

Si l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives pédagogiques, son utilisation soulève également des préoccupations. La fiabilité des informations générées, le risque de plagiat, la dépendance aux outils numériques et le respect des règles académiques figurent parmi les défis auxquels les établissements doivent faire face.

Pour Dr Oumar Sacko, la priorité est donc de permettre aux étudiants de maîtriser cet outil plutôt que de l’utiliser sans en comprendre les mécanismes.

« Aujourd’hui, le problème, c’est de savoir comment l’utiliser. C’est pourquoi nous avons décidé, dans le cours d’informatique, d’associer l’intelligence artificielle afin que les étudiants puissent l’utiliser à bon escient », précise-t-il.

Cette approche met en évidence un enjeu essentiel : faire de l’intelligence artificielle un outil d’accompagnement de l’apprentissage, et non un substitut à l’effort intellectuel. Les étudiants doivent pouvoir s’appuyer sur ses fonctionnalités tout en conservant leur capacité à analyser, vérifier les informations, construire un raisonnement et produire un travail personnel.

La transformation des programmes ne se limite d’ailleurs pas à l’intelligence artificielle. Selon Dr Oumar Sacko, de nouveaux enseignements, notamment en éthique, en déontologie et en entrepreneuriat, ont également été introduits. Ils viennent compléter les cours d’anglais et d’informatique déjà existants, dans une perspective de diversification et de renforcement des compétences.

L’introduction de ces matières traduit l’importance accordée à une formation qui ne se limite pas aux savoirs techniques, mais qui prend également en compte les responsabilités professionnelles, les principes éthiques et les capacités d’initiative des futurs diplômés.

À Sonfonia, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les programmes de formation ouvre de nouvelles perspectives pour l’enseignement supérieur. Mais sa réussite dépendra aussi de la capacité des enseignants et des étudiants à s’approprier ces outils, ainsi que de la mise en place de pratiques pédagogiques adaptées.

Pour cette première expérience, Dr Oumar Sacko appelle l’ensemble des acteurs concernés à s’engager dans cette dynamique et à privilégier les bonnes pratiques.

Au-delà de l’introduction d’une nouvelle technologie dans les cursus universitaires, l’enjeu est de préparer une génération d’étudiants capable d’évoluer dans un monde où les compétences numériques occupent une place grandissante. Pour l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, le défi consiste désormais à transformer cette évolution en un véritable levier d’apprentissage, de recherche et d’innovation, tout en préservant l’esprit critique, la rigueur scientifique et l’intégrité académique.

Antoine Neima pour Planete7.info

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