Femmes et Crises Sanitaires : Vers une Réduction des Inégalités de Genre en Guinée

Ce mardi, à la Maison de la Presse de Conakry, Dr Fassou Mathias Grovogui, Coordinateur du projet CEA-PCMT, a animé une conférence de presse conjointe avec la Coalition des Femmes Leaders de Guinée (COFEL), le Centre d’Excellence d’Afrique pour la Prévention et le Contrôle des Maladies Transmissibles (CEA-PCMT), et l’ONG Amref Health Guinée. L’occasion pour lui de présenter un projet d’envergure, financé par le Centre de Recherche pour le Développement International du Canada, visant à réduire les inégalités entre hommes et femmes, exacerbées dans les contextes de crise sanitaire.

Selon Dr Mathias Grovogui, cette initiative a pour objectif de produire des preuves tangibles sur les difficultés spécifiques rencontrées par les femmes en période de crise, avec un focus particulier sur la pandémie de Covid-19. En Guinée, comme ailleurs, les femmes sont confrontées à des inégalités qui se manifestent tant dans le milieu de travail que dans la sphère familiale et communautaire. Ces inégalités sont amplifiées en période de crise sanitaire, où les femmes, déjà vulnérables, se retrouvent souvent encore plus marginalisées.

<< Ce projet de deux ans vise à identifier les défis auxquels les femmes sont confrontées dans ces contextes, mais aussi à mettre en œuvre un plan de plaidoyer pour réduire ces inégalités, notamment à travers l’amélioration des politiques publiques>>, a-t-il souligné.

Dr Fassou Grovogui a précisé que la réduction des inégalités entre les sexes, bien que nécessitant des efforts soutenus à tous les niveaux de la société, reste d’abord une question politique. << La décision finale revient aux politiques, certes. Il s’agit d’un processus long, impliquant les institutions, les écoles, mais aussi l’implication de la communauté >> , a-t-il déclaré.

Le projet se veut également une solution pratique à des défis concrets. Par exemple, les femmes qui travaillent dans des secteurs comme l’agriculture, souvent à la marge des politiques étatiques et sans salaire fixe, ont vu leurs conditions de vie se dégrader avec la fermeture des frontières. <<Nous avons vu l’exemple de la pomme de terre dans le Fouta, où des solutions inter-pays pourraient permettre de lever ces obstacles >>, a-t-il ajouté. En période de crise, les vulnérabilités socio-économiques des femmes sont exacerbées, et il est crucial de développer des stratégies pour les soutenir.

L’étude menée dans le cadre du projet a permis de recueillir des témoignages de femmes à travers tout le pays. Si Conakry a été plus touchée par la crise sanitaire, le projet a veillé à garantir une représentativité nationale. << Nous avons mené une étude nationale pour recueillir les expériences des femmes à travers le pays. Il ne s’agissait pas seulement de Conakry. Nous avons aussi pris en compte des zones comme le Fouta >> , a expliqué le Coordinateur.

Bien que le projet ait couvert près de 200 femmes, Dr Grovogui a insisté sur l’importance de la portée de cette initiative qui concerne au final plus de la moitié de la population guinéenne, soit environ 52%. << Ce n’est pas juste une question de quelques femmes. Il s’agit d’un enjeu qui touche toute la société >>, a-t-il conclu avec force.

Cette conférence a été l’occasion de rappeler l’importance de l’engagement collectif, réunissant des acteurs institutionnels, des organisations de la société civile et des experts en santé publique pour bâtir une Guinée plus égalitaire. Pour Dr Grovogui, l’avenir réside dans l’éducation des jeunes filles, leur autonomisation, et la sensibilisation des hommes à leur rôle dans la réduction des inégalités.

À travers ce projet, la Guinée s’engage sur la voie d’un changement profond, visant à offrir aux femmes non seulement des preuves de leur résilience face aux crises, mais aussi des solutions concrètes pour améliorer leur situation. Une promesse de transformation sociale qui, à terme, pourrait contribuer à une société plus juste et inclusive.

Ce projet, mené dans le cadre de l’initiative « Les Femmes s’élèvent », fait écho aux préoccupations grandissantes pour une meilleure prise en compte du genre dans les stratégies de gestion des crises sanitaires, et s’inscrit dans la vision d’un avenir où les inégalités de genre ne seraient plus un frein au développement.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

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