Fédération Guinéenne de Football : le 27 octobre, un choix décisif pour l’avenir de notre football (Par Pathé Diallo)

À l’approche du 27 octobre, date annoncée pour une échéance électorale majeure à la Fédération Guinéenne de Football (FGF), l’heure est à la réflexion et à la responsabilité. Pour les membres statutaires, il ne s’agit pas simplement de choisir des dirigeants, mais de se prononcer sur une vision, une méthode et un avenir pour le football guinéen.
Notre football traverse depuis des années des difficultés qui interrogent sa capacité à se développer durablement : querelles d’ego, problèmes de gouvernance, insuffisance des infrastructures, faiblesses organisationnelles et difficultés à fédérer l’ensemble des acteurs autour d’un projet commun. Autant de défis qui appellent une prise de conscience collective et des choix à la hauteur des ambitions légitimes du football guinéen.
Le 27 octobre représente donc une occasion de réfléchir au-delà des personnes, des alliances et des intérêts particuliers. Il s’agit de donner la priorité à l’essentiel : le développement du football national.
Le football guinéen a besoin d’un projet, pas seulement d’un nom.
Dans cette perspective, les membres statutaires ont une responsabilité considérable. Leur choix doit reposer sur des critères concrets : la pertinence du programme proposé, la capacité à mobiliser les ressources, la transparence dans la gestion, le développement des infrastructures, la formation des jeunes, la valorisation du football féminin et la structuration des compétitions nationales.
Les grandes ambitions ne se mesurent pas uniquement aux discours ou à la notoriété des candidats. Elles se traduisent par des objectifs précis, des moyens adaptés et des engagements vérifiables. Le véritable enjeu est de savoir qui propose une vision cohérente, réaliste et durable pour sortir le football guinéen de ses difficultés.
Privilégier le projet à l’influence, la compétence aux apparences
La tentation de privilégier les relations, les influences ou les avantages immédiats ne doit pas faire oublier les enjeux de long terme. Les éventuelles contreparties financières ou matérielles ne sauraient remplacer les réformes structurelles dont notre football a besoin.
Les membres statutaires sont ainsi appelés à faire preuve de discernement et à examiner les propositions qui leur sont soumises avec lucidité. Il leur appartient de s’interroger sur la faisabilité des programmes, la crédibilité des engagements et les mécanismes prévus pour rendre compte de la gestion future de la Fédération.
Car le développement du football ne peut reposer sur des promesses ponctuelles. Il exige une politique cohérente de formation, un accompagnement des clubs, une meilleure organisation des championnats, des infrastructures adaptées et une attention particulière portée aux jeunes talents.
Réunifier la famille du football guinéen
Au-delà des infrastructures et des ressources financières, le football guinéen a également besoin de confiance. Les divisions et les antagonismes ne peuvent constituer un horizon permanent pour une discipline qui doit rassembler les populations autour d’une même passion.
La prochaine équipe dirigeante, quelle qu’elle soit, devra s’employer à restaurer le dialogue entre les clubs, les ligues, les dirigeants, les éducateurs, les arbitres, les joueurs et les autres composantes du football national. La recherche de l’intérêt collectif doit primer sur les ambitions individuelles.
Mettre la balle à terre, écouter les acteurs et construire des solutions consensuelles ne sont pas des signes de faiblesse. Ce sont des exigences indispensables pour bâtir une gouvernance responsable et donner au football guinéen les moyens de progresser.
Le développement doit commencer à la base, dans les écoles de football et les centres de formation, se poursuivre dans les clubs et les compétitions nationales, puis se refléter dans les performances des différentes sélections. Sans fondations solides, les ambitions de haut niveau risquent de rester des promesses.
Le devoir de responsabilité des membres statutaires
Le 27 octobre, les membres statutaires seront face à un choix dont la portée dépassera les intérêts immédiats de cette élection. Leur responsabilité sera de privilégier une vision capable de répondre aux attentes des acteurs du football et de contribuer à son développement sur le long terme.
Il ne s’agit pas de faire table rase du passé sans discernement, mais de tirer les enseignements des expériences précédentes, de préserver ce qui fonctionne et de réformer ce qui entrave les progrès. Le football guinéen a besoin de continuité dans les acquis, de rupture avec les pratiques inefficaces et d’une gouvernance fondée sur la transparence et la responsabilité.
Le moment est venu de replacer le jeu, la formation, les clubs et les jeunes au centre des priorités. Le moment est venu de faire du développement du football une ambition partagée plutôt qu’un instrument de rivalités.
Comme le dit l’adage, la balle est dans votre camp. À vous de jouer avec responsabilité, en gardant à l’esprit que le choix effectué aujourd’hui pèsera sur les perspectives de demain.
Car, au bout du compte, il ne s’agit pas seulement de désigner des dirigeants. Il s’agit de contribuer à bâtir un football guinéen mieux organisé, plus inclusif et plus ambitieux.
Le football guinéen mérite une vision, une gouvernance responsable et des actes à la hauteur de ses ambitions. Son avenir exige des choix réfléchis, courageux et tournés vers l’intérêt collectif.
Pathé Diallo
Journaliste – Directeur de publication de Planète7.info
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