Expulsés, oubliés, abandonnés : Cellou Dalein Diallo donne une voix aux Guinéens de Rosso

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En exil depuis plusieurs années, l’ancien Premier ministre et leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, a posé un geste de solidarité ce matin en se rendant à Rosso, ville frontalière entre la Mauritanie et le Sénégal. Il a rencontré plus de 300 Guinéens expulsés du territoire mauritanien, bloqués depuis près de trois mois dans des conditions humaines alarmantes.

À travers ce déplacement, l’opposant exilé a voulu briser le silence qui entoure le sort tragique de ses compatriotes. « Ils vivent dans un dénuement total sur les deux rives du fleuve Sénégal, infestées de moustiques, exposés à toutes les intempéries, sans assistance sanitaire ni alimentaire », a-t-il déclaré.

Parmi les exilés, des femmes, certaines enceintes ou nourrices, des enfants au visage émacié, et des personnes âgées affaiblies par l’attente et les souffrances. Tous partagent une même détresse et un seul espoir : regagner leur terre natale, la Guinée. « Ils implorent Allah de leur venir en aide, de leur permettre de retrouver leur pays. C’est un appel à la conscience de la nation », a lancé Cellou Dalein Diallo.

Ce drame humanitaire, passé sous les radars médiatiques et institutionnels, interroge. Pourquoi un tel silence ? Où est l’État guinéen face à cette urgence ? Les voix solidaires se font rares, alors que l’abandon est criant. Le président de l’UFDG en exil dénonce une « indifférence inacceptable » et appelle les autorités guinéennes à prendre leurs responsabilités : « L’État doit organiser sans délai le rapatriement de ces compatriotes, leur offrir une prise en charge digne et réintégrer leur situation dans une politique nationale de protection des citoyens à l’étranger. »

Ce déplacement de Cellou Dalein Diallo, au-delà de sa portée symbolique, ravive la question de l’engagement politique en faveur des plus vulnérables. En pleine transition guinéenne, il soulève un enjeu fondamental : celui du respect des droits humains, même en dehors des frontières nationales.

Sur le terrain, l’urgence est palpable. L’exil n’efface ni la citoyenneté, ni la souffrance. Il rappelle, avec une force poignante, que l’humanité ne connaît pas de frontières quand il s’agit de solidarité.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

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