Éducation : absentéisme scolaire, les patrouilles sécuritaires pour remettre les élèves sur le chemin des classes

Alors que certains élèves désertent les salles de classe pendant les heures d’apprentissage pour fréquenter les rues, les maquis et les lieux de loisirs, les autorités ont engagé des opérations de surveillance et de contrôle. Une initiative saluée par Mohamed Fidel Camara, directeur général de l’École Les Nouveaux Horizons, qui appelle toutefois à une implication accrue des parents dans le suivi de leurs enfants.
L’absentéisme scolaire s’impose comme une préoccupation grandissante dans le paysage éducatif. En pleine journée scolaire, des élèves sont parfois aperçus loin de leurs établissements, préférant les rues, les kiosques et les lieux de loisirs aux salles de classe. Face à cette situation, les autorités ont décidé de renforcer la surveillance à travers le déploiement de patrouilles sécuritaires, avec pour objectif de ramener les élèves dans les établissements et de restaurer la discipline pendant les heures de cours.
Cette mesure reçoit un accueil favorable de la part de plusieurs acteurs du secteur éducatif. Parmi eux, Mohamed Fidel Camara, directeur général de l’École Les Nouveaux Horizons, qui estime que cette réponse sécuritaire constitue un moyen de dissuasion important. Il insiste néanmoins sur la nécessité d’agir également à la racine du problème : au sein des familles.
Pour ce responsable éducatif, la prévention de l’absentéisme commence d’abord par un encadrement parental rigoureux. Les familles doivent, selon lui, s’assurer que leurs enfants respectent les horaires scolaires, adoptent de bonnes habitudes quotidiennes et se rendent effectivement dans leurs établissements.
« Le premier niveau de prévention repose sur la responsabilité parentale. Les parents doivent assurer un suivi régulier de leurs enfants, veiller à ce qu’ils se couchent suffisamment tôt afin de se rendre à l’école à l’heure et s’intéresser quotidiennement à leur évolution, à leur comportement ainsi qu’aux changements qu’ils peuvent observer chez eux. Il ne suffit pas simplement d’envoyer un enfant à l’école, encore faut-il s’assurer qu’il y arrive et qu’il y reste pendant les heures d’apprentissage », explique-t-il.
Au-delà de la présence effective des élèves en classe, Mohamed Fidel Camara attire également l’attention sur le relâchement observé autour de certaines activités éducatives et citoyennes, notamment la montée des couleurs. Il regrette que cette cérémonie, qui devrait contribuer à la formation civique des apprenants, soit parfois considérée comme une simple formalité.
« Les élèves doivent apprendre à arriver tôt à l’école afin de participer à la montée des couleurs. Malheureusement, nous constatons aujourd’hui une certaine banalisation de cette cérémonie par certains élèves, voire par quelques enseignants. Pourtant, elle représente un moment important de rassemblement, de transmission des valeurs civiques et de sensibilisation. Les informations et les messages éducatifs qui y sont communiqués doivent être pris au sérieux », souligne-t-il.
Concernant précisément le dispositif sécuritaire mis en place pour lutter contre les sorties irrégulières et l’abandon des cours, le directeur général de l’École Les Nouveaux Horizons ne cache pas sa satisfaction. Il y voit une réponse concrète face aux comportements de certains élèves qui profitent des heures d’enseignement pour investir les espaces publics.
« Nous apprécions particulièrement cette initiative des autorités éducatives et des services de sécurité. Le déploiement des patrouilles dans les différentes zones de la ville est une mesure salutaire. Elle permettra d’interpeller les élèves qui, au lieu d’être en classe, se promènent dans les rues pendant les heures de cours. La plupart de ces jeunes se retrouvent dans les maquis, les kiosques et d’autres lieux de loisirs. Il est donc important que chacun comprenne que les heures de cours sont exclusivement réservées à l’apprentissage », affirme-t-il.
Le responsable rappelle par ailleurs que les élèves interpellés pourraient être conduits auprès de l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), afin de vérifier les raisons de leur présence hors des établissements scolaires. Une démarche qui, selon lui, doit également amener les parents à prendre pleinement conscience de leur responsabilité dans le suivi de leurs enfants, particulièrement lorsque ceux-ci quittent leur établissement sans autorisation.
Cette responsabilité parentale demeure, à ses yeux, l’un des maillons essentiels de la lutte contre l’absentéisme. Il déplore notamment l’attitude de certaines familles qui, après avoir procédé à l’inscription de leurs enfants, ne s’assurent plus suffisamment de leur assiduité ni de leur comportement en milieu scolaire.
« Aujourd’hui, certains parents ont tendance à penser que dès lors qu’ils ont envoyé leurs enfants à l’école, leur responsabilité est entièrement accomplie. Pourtant, il n’en est rien. Les parents doivent rester informés de la situation scolaire de leurs enfants, vérifier régulièrement leur présence et maintenir un contact permanent avec les établissements. Il n’existe pas de meilleur investissement que celui que l’on fait dans l’éducation et l’avenir de son enfant », insiste-t-il.
À l’endroit des élèves, Mohamed Fidel Camara lance un appel à la prise de conscience et à davantage de responsabilité. Il les exhorte à mesurer la valeur de l’éducation et à tirer profit des possibilités d’apprentissage et d’encadrement dont ils disposent aujourd’hui.
« J’invite tous les élèves à faire preuve de responsabilité et à consacrer les heures de cours à leur apprentissage. Aujourd’hui, ils ont la chance de bénéficier d’établissements scolaires et d’un encadrement de proximité. Autrefois, certains élèves étaient obligés de parcourir de longues distances pour accéder à une école. Aujourd’hui, les possibilités sont beaucoup plus accessibles. Il faut donc saisir cette opportunité, faire preuve de sérieux et comprendre que l’école est avant tout un lieu de formation et de construction de l’avenir », conclut-il.
Si les patrouilles sécuritaires peuvent contribuer à freiner les sorties irrégulières et à dissuader les élèves tentés de déserter les salles de classe, leur efficacité dépendra aussi de la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés. La lutte contre l’absentéisme scolaire ne saurait reposer uniquement sur les contrôles : elle exige un engagement constant des parents, des enseignants, des responsables d’établissements et des autorités éducatives. Car au-delà de la discipline, c’est l’avenir des élèves et la qualité de leur formation qui sont en jeu.
Antoine Neima pour planète7.info
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