Durée du mandat en Guinée : la société civile s’inquiète d’un glissement vers le pouvoir absolu

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À peine dévoilé, le projet de la nouvelle Constitution continue de susciter de vives réactions, notamment au sein de la société civile guinéenne. L’une des dispositions phares du texte  l’allongement du mandat présidentiel de cinq à sept ans alimente les controverses et ravive les inquiétudes sur la gouvernance et la stabilité institutionnelle du pays.

Parmi les voix qui s’élèvent, celle d’Ibrahima Balayah Diallo, acteur engagé de la société civile, se veut critique et lucide. Contacté par notre rédaction, il s’interroge sur les motivations réelles derrière cette proposition : « Cinq ou sept ans, la question n’est pas tant la durée que la conception même de la continuité de l’État. On nous répète que l’État est une continuité. Si un dirigeant initie des projets, rien n’empêche son successeur de les poursuivre. Pourquoi alors faire croire qu’il faut impérativement un long mandat pour tout achever ? Cela relève d’une fuite en avant orchestrée par des courtisans qui cherchent à tromper les dirigeants », déplore-t-il.

Pour ce militant, la personnalisation excessive du pouvoir est un danger récurrent en Guinée : « Ce culte du moi, cette sacralisation du président comme s’il était un demi-dieu, freine le développement démocratique. Le président n’est pas omniscient ni omnipotent. Il y a 17 millions de Guinéens, donc potentiellement 17 millions de présidentiables. Il faut sortir de cette logique où une seule personne serait indispensable », insiste-t-il.

Au-delà de la question du mandat, Ibrahima Balayah Diallo alerte également sur les dérives politiques qui ont marqué l’histoire récente du pays : « Ce que je condamne, ce sont les coups d’État militaires, mais aussi les coups d’État constitutionnels. Ils trahissent l’esprit républicain », affirme-t-il avec fermeté.

Interrogé sur une éventuelle candidature du chef de la junte au pouvoir, le Général Mamadi Doumbouya, l’acteur de la société civile reste prudent, mais vigilant : « Je ne veux pas faire de procès d’intention. Le Général n’a pas encore déclaré sa candidature. Toutefois, il se trouve aujourd’hui tiraillé entre son serment du 5 septembre 2021, le contenu de la Charte de la transition et les appels incessants de ses partisans à se présenter. Il est littéralement entre le marteau et l’enclume », analyse-t-il.

Et d’ajouter : « Lorsqu’il annoncera sa décision, je serai plus explicite dans mes commentaires. Pour l’instant, je préfère garder espoir. Personnellement, je suis convaincu qu’au dernier moment, la sagesse primera sur les passions populaires. »

Dans un contexte de transition sensible, cette prise de position illustre les inquiétudes d’une partie de la société civile face à un projet de Constitution qui, loin de faire consensus, pose des interrogations majeures sur l’avenir démocratique de la Guinée.

 

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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