Du martyre à l’exil : le combat d’un militant de l’UFDG pour sa survie et sa liberté

Le parcours de ce militant de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) illustre à lui seul les dérives politiques et les violations des droits humains qui ont marqué la vie de nombreux citoyens guinéens au cours des dernières années. Originaire de Dabola mais installé à Kankan Koura dans la préfecture de Kankan, bastion de l’ancien parti au pouvoir sous le président Alpha Condé, Lamine Kanté a subi arrestations, tortures et humiliations pour un seul motif : son engagement politique au sein du principal parti d’opposition.
Pendant le régime du président Alpha Condé, militer pour l’UFDG à Kankan relevait de l’acte de bravoure.
« J’ai été arrêté et séquestré à plusieurs reprises, simplement parce que j’assumais mon appartenance à l’UFDG », confie l’intéressé.
Le point culminant de son calvaire survient en octobre 2020, à la veille de la présidentielle. À cette période, il participe activement à la préparation de la réception du leader de son parti, Cellou Dalein Diallo, prévue à Kankan le 11 octobre. L’événement sera finalement empêché par les partisans du pouvoir à Tokonou. S’ensuivra une vague d’arrestations massives : « Ils ont lancé une véritable chasse aux sorcières. J’ai été arrêté chez moi, tard dans la nuit, puis transféré à Conakry. »
À Conakry, il dit avoir subi tortures et humiliations avant d’être incarcéré durant de longs mois. Il ne retrouvera la liberté que le 7 septembre 2021, deux jours après le renversement du régime Alpha Condé par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD).
« J’ai été libéré avec d’autres détenus politiques, dont Fonikè Mengue et Ablaye Bah. »
Mais cette liberté sera de courte durée.
Installé à Bambeto, dans la commune de Ratoma, il reprend timidement une vie normale. Cependant, l’arrestation et l’expulsion de Cellou Dalein Diallo de son domicile en février 2022 rallument les tensions.
« Nous avons protesté pacifiquement contre cette injustice. C’est là que j’ai été arrêté à nouveau, torturé, cette fois avec la complicité des membres de ma propre famille, simplement parce que j’étais malinké et militant de l’UFDG », déplore-t-il avec amertume.
Il explique que, dans sa région d’origine, être à la fois de la même ethnie que le président de la Transition et membre d’un parti d’opposition est perçu comme une trahison.
En mai 2023, les Forces Vives de Guinée coalition de partis politiques et d’organisations de la société civile appellent à des manifestations citoyennes sur tout le territoire pour réclamer le retour à l’ordre constitutionnel et la libération des détenus politiques.
Le militant répond à cet appel. Mais dans la nuit du 17 au 18 mai, il est à nouveau enlevé.
« Ils sont venus me chercher chez moi. J’ai été battu et jeté en prison. »
Grâce à l’aide d’amis, il parvient à s’évader et à quitter clandestinement le pays, avant de trouver refuge aux États-Unis.
Aujourd’hui exilé, l’homme espère que son histoire attirera l’attention des autorités américaines et des défenseurs des droits humains.
« Les États-Unis incarnent la justice, la liberté et la dignité humaine. J’espère que ma voix sera entendue et que je pourrai reconstruire ma vie dans un pays où les droits fondamentaux sont respectés. »
Dans ses mots, se mêlent douleur, dignité et espoir.
« Que Dieu bénisse les États-Unis et tous les Américains », conclut-il, la voix tremblante mais pleine de gratitude.
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