De l’autodétermination à la souveraineté du modèle de développement (Par Abdoulaye Keita)

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Le discours du Président de la République , Son Excellence Monsieur Mamadi DOUMBOUYA à la tribune de l’ONU apparaît comme la traduction, sur la scène internationale, des orientations contenues dans le document de politique étrangère de notre pays, récemment présenté dans les locaux du Ministère des Affaires étrangères.

Tout en réaffirmant la volonté de notre pays de refuser toute importation de modèle ou d’orientation dans la conduite des destinées de la Nation, le Président a démontré que la voie suivie par la Guinée s’inscrit dans une dynamique déjà empruntée par plusieurs pays qui ont choisi de s’affranchir de modèles ne correspondant pas nécessairement à leurs réalités socioculturelles. Cette démarche constitue, en quelque sorte, le prolongement de cette aspiration à l’autodétermination qui avait conduit les États africains à conquérir leur indépendance.

Loin de traduire une quelconque volonté de rupture avec la coopération internationale, à laquelle la Guinée demeure profondément attachée, ce discours constitue plutôt une invitation à repenser les mécanismes de coopération et les modèles de développement. Il s’agit de construire des politiques publiques davantage adaptées aux réalités, aux ressources et aux aspirations propres à chaque société.

C’est précisément ce changement de paradigme que la Guinée entend porter : ne pas rejeter les expériences venues d’ailleurs, mais s’en inspirer, les adapter et, lorsque cela est nécessaire, construire ses propres réponses. Plusieurs pays d’Asie et du Moyen-Orient ont démontré qu’il était possible de transformer profondément une économie en s’appuyant sur ses réalités nationales, ses ressources et une vision stratégique de long terme.

La portée du discours présidentiel réside donc également dans son caractère concret. Il ne s’agit pas d’une vision abstraite, mais d’une orientation qui entend se traduire progressivement dans les faits. Les investissements dans la transformation locale, notamment avec la construction en cours de trois raffineries ainsi que de la plus grande raffinerie d’or d’Afrique , illustrent cette volonté de ne plus se limiter à l’exploitation et à l’exportation des matières premières, mais de créer davantage de valeur sur le territoire national.

En définitive, le message porté à la tribune des Nations Unies peut être compris comme l’affirmation d’une ambition : participer pleinement au système international, coopérer avec les autres nations, mais en demeurant maître de ses choix, de ses priorités et de son modèle de développement.

La Guinée ne revendique donc pas l’isolement ; elle revendique la capacité de choisir. Elle ne rejette pas la coopération ; elle souhaite qu’elle contribue davantage à ses propres objectifs de transformation. Et surtout, elle entend passer progressivement d’une logique où l’Afrique consomme des modèles à une logique où elle participe elle-même à leur conception.

𝐀𝐛𝐝𝐨𝐮𝐥𝐚𝐲𝐞 𝐊𝐄𝐈𝐓𝐀
𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞𝐫 é𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞
𝐀𝐦𝐛𝐚𝐬𝐬𝐚𝐝𝐞 𝐝𝐞 𝐆𝐮𝐢𝐧é𝐞 à 𝐏𝐚𝐫𝐢𝐬

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