Dakar Court 2025 : Isabelle Kolkol Loua, la voix guinéenne de la critique cinématographique sacrée à l’international

sonoco sites

Sous les applaudissements et l’émotion palpable, Isabelle Kolkol Loua a foulé le tarmac de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré, trophée en main. La journaliste, scénariste, réalisatrice et productrice guinéenne revient de Dakar auréolée du Grand Prix du Meilleur Article Cinématographique à Dakar Court 2025, distinction obtenue pour sa critique du film « Bord à bord » de la réalisatrice tunisienne Sahar El Echi.

Face à la presse et à ses proches venus l’accueillir, la lauréate n’a pas caché sa fierté. « Représenter la Guinée, un pays où le cinéma peine encore à s’imposer face à des nations comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, et revenir avec un trophée, c’est une immense fierté », a-t-elle confié. Pour elle, ce prix est la preuve que « le travail, la rigueur et la volonté peuvent tout changer ».

Mais au-delà de la reconnaissance personnelle, Isabelle Kolkol Loua insiste sur la portée symbolique de cette récompense. « Ce trophée est celui de la production journalistique cinématographique. Un cinéma sans communication, sans écriture critique, ne peut pas évoluer », martèle-t-elle. Elle rappelle que la critique de cinéma n’est ni une attaque ni un jugement, mais un outil d’explication, de contextualisation et de progression, tant pour le public que pour les créateurs.

Dans un discours pédagogique et engagé, elle a appelé les cinéastes guinéens à accepter la critique comme un levier de croissance. « Il ne s’agit pas d’amitié ou d’animosité. La critique aide à comprendre ce que le film veut dire, dans son contexte politique, culturel et sociologique. Elle permet aux réalisateurs de grandir », a-t-elle expliqué, soulignant que les cinémas africains les plus avancés disposent tous de critiques formés et investis.

La lauréate est également revenue sur son parcours de formation à Dakar, qu’elle qualifie de décisif. Bien qu’aguerrie à l’écriture journalistique, elle reconnaît que la critique cinématographique obéit à des codes précis. « Je suis allée apprendre auprès de grandes figures de la critique africaine comme Olivier Barlet et Baba Diop. Cet apprentissage est un plus pour le cinéma guinéen », a-t-elle déclaré, déterminée à transmettre ces connaissances à d’autres jeunes passionnés.

Déjà actrice du paysage cinématographique national, Isabelle Kolkol Loua voit désormais la critique comme une extension naturelle de son art. Son ambition : contribuer à faire rayonner les films guinéens, susciter la curiosité du public local et international, et créer un discours critique capable de donner envie de voir et de comprendre les œuvres.

Elle n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude envers les autorités culturelles guinéennes, notamment l’ONACIG, dont l’appui et la convention avec la Direction de la cinématographie sénégalaise ont rendu possible sa participation à la formation à Dakar. « Il faut oser demander. Je l’ai fait, et j’ai été soutenue », a-t-elle rappelé, saluant également le soutien de sa famille et de ceux qui croient en son engagement.

Avec ce Grand Prix, Isabelle Kolkol Loua ne signe pas seulement une victoire individuelle. Elle pose un acte fort en faveur d’un journalisme cinématographique structuré, indispensable à l’essor et à la reconnaissance du cinéma guinéen sur la scène africaine et internationale.

 

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.

Accueil
Radio
Tv
Replays