Crise environnementale en Guinée : il est temps de sonner l’alarme ! (Par Amadou Lamarana Bah, Auteur)

La Guinée est au bord d’un basculement écologique. Chaque jour qui passe, nos forêts s’effondrent, notre climat se dérègle, nos déchets s’accumulent. Pourtant, cette triple crise, déforestation, changement climatique, gestion chaotique des ordures, reste sous-estimée, ignorée, voire banalisée. Il est temps de tirer la sonnette d’alarme.
Des forêts sacrifiées sur l’autel de l’indifférence
Nos forêts, celles du Fouta-Djalon, de la Guinée Forestière, de nos littoraux, sont les poumons de notre nation. Elles régulent le climat, filtrent l’air, protègent les sources d’eau et abritent une biodiversité précieuse. Et pourtant, elles sont abattues sans répit.
Le bois de chauffe, indispensable à la majorité des ménages, est exploité sans plan de reboisement. L’agriculture sur brûlis continue de ravager des milliers d’hectares. Et les exploitants illégaux opèrent en toute impunité, alimentant un cercle vicieux : désertification, érosion des sols, baisse des rendements agricoles. Cette urgence écologique est un crime silencieux contre les générations futures.
Un climat qui se dérègle, une Guinée en danger
La Guinée n’est pas le principal émetteur de gaz à effet de serre, mais elle en paie le prix fort. Sécheresses prolongées, inondations destructrices, montée des eaux dans les zones côtières : les conséquences du changement climatique bouleversent nos cycles agricoles, appauvrissent nos sols et compromettent notre sécurité alimentaire.
La vulnérabilité est aggravée par l’urbanisation incontrôlée, la destruction des mangroves, et l’absence criante de plans d’adaptation. Sans une stratégie nationale de résilience climatique, nous condamnons notre pays à subir au lieu d’agir.
Les déchets : un fléau visible, un traitement invisible
Dans nos villes comme dans nos villages, les déchets s’entassent. Caniveaux bouchés, rivières polluées, fumées toxiques dans les quartiers populaires : c’est le quotidien de millions de Guinéens. Aucun système de tri, peu de centres de traitement, des décharges à ciel ouvert… et une prolifération de maladies hydriques et respiratoires.
La gestion des déchets n’est pas qu’une question de salubrité : c’est un enjeu économique (avec le potentiel du recyclage), un enjeu sanitaire, et une question de dignité.
Que faire ? Propositions pour une Guinée verte et résiliente
Il ne suffit plus de dénoncer, il faut proposer. Voici quatre axes d’action urgents et prioritaires :
1. Réformer la gouvernance environnementale
Créer une véritable police verte, renforcer les institutions, faire appliquer la loi. L’impunité doit cesser.
2. Restaurer les écosystèmes
Lancer un reboisement massif, protéger les zones humides, créer des centres modernes de tri et de recyclage.
3. Adopter une transition énergétique propre
Favoriser l’accès au gaz, aux foyers améliorés, à l’énergie solaire pour sortir de la dépendance au bois.
4. Éduquer et mobiliser la population
Inclure l’écologie dans les écoles, impliquer les jeunes, organiser des campagnes nationales de sensibilisation.
Conclusion : la Guinée doit choisir son avenir
L’environnement ne peut plus être relégué au second plan. Il est au cœur de notre santé, de notre économie, de notre souveraineté. La Guinée doit choisir entre la continuité du désastre ou la rupture écologique. Ce combat ne peut être gagné sans une volonté politique forte, sans l’engagement des citoyens, et sans une vision claire du futur.
Il n’y aura pas de développement durable sans environnement sain. Agissons tant qu’il est encore temps.
Amadou Lamarana Bah
Auteur de « La Haine d’un Orphelin »
Consultant, Analyste des questions socio-politiques et économiques
Email:amadoudouhahoudein@gmail.com
Tel: 622 23 18 25
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