Crise dans l’éducation en Guinée : les enseignants accentuent la pression face à l’enlisement des négociations

Le climat social demeure sous tension dans le secteur de l’éducation en Guinée. Plus de deux mois après la date prévue pour la reprise des discussions entre le gouvernement et les syndicats, les engagements issus du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 peinent toujours à se traduire en actions concrètes, suscitant frustration et inquiétude au sein du corps enseignant.
Cet accord prévoyait pourtant une relance des négociations à la fin du mois de février. Mais depuis, aucune avancée notable n’a été enregistrée, selon les responsables syndicaux, qui dénoncent un non-respect du calendrier convenu et un manque de volonté dans la mise en œuvre des engagements pris.
Face à cette situation qu’ils qualifient d’impasse, les syndicats de l’éducation changent de stratégie et se tournent vers leur base. Le Syndicat national de l’éducation (SNE) annonce la tenue d’une assemblée générale décisive ce samedi 11 avril 2026 à la Bourse du travail, à Conakry.
« Nous nous appuyons sur un document officiel issu du protocole d’accord, qui fixait la reprise des négociations à fin février. Aujourd’hui, nous sommes en avril sans aucun résultat tangible », déplore le secrétaire général adjoint du SNE, Aboubacar Diesto Camara.
Cette rencontre vise à faire le point sur les démarches entreprises par les représentants syndicaux et à partager avec les enseignants les conclusions des échanges menés avec les autorités. Pour le SNE, il s’agit également de renforcer la transparence et d’impliquer pleinement la base dans les orientations à venir.
« Le syndicat agit conformément à la volonté des enseignants. Les décisions qui seront prises émaneront de l’assemblée générale et seront scrupuleusement appliquées », précise le responsable syndical.
Si l’option d’une grève n’est pas encore officiellement envisagée, elle n’est pas totalement écartée. Les syndicats privilégient pour l’heure la voie du dialogue, tout en avertissant contre une absence prolongée de réaction des autorités.
« La grève n’est pas à l’ordre du jour pour le moment. Mais le silence ne peut être une option durable. Si rien n’évolue, nous serons amenés à en tirer toutes les conséquences », prévient-il.
Les syndicats appellent ainsi le gouvernement à renouer rapidement le fil du dialogue et à considérer les organisations professionnelles comme des partenaires essentiels dans la recherche de solutions durables aux défis du système éducatif.
Dans ce contexte, l’assemblée générale du 11 avril pourrait marquer un tournant déterminant dans ce bras de fer latent entre les syndicats et les autorités, sur fond de revendications persistantes et d’attentes croissantes des enseignants guinéens.
Antoine Neima pour Planete7.info
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