Congrès extraordinaire de l’UFD : Mamadou Baadiko Bah prône un sursaut démocratique et une implication citoyenne

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L’Union des Forces Démocratiques (UFD) a tenu, ce vendredi 2 mai 2025 à l’hôtel Mariador-Résidence de Conakry, son sixième congrès extraordinaire, une première depuis 2015. L’événement a marqué un tournant stratégique dans la relance des activités du parti, sous la houlette de son président, Mamadou Baadiko Bah, qui a livré un discours fort en engagements citoyens, en plaidoyer pour la démocratie et en critique lucide des dérives institutionnelles.

Dans une atmosphère solennelle, entouré de militants, de membres de partis politiques alliés et de délégations venues de l’intérieur du pays et de la diaspora, Baadiko Bah a salué la mobilisation exceptionnelle qui a permis la tenue de ces assises. « C’était des retrouvailles importantes », a-t-il déclaré, rappelant que le dernier congrès du parti remontait à près de dix ans. Un retard dû, selon lui, à une période d’instabilité politique et institutionnelle.

Ce congrès est perçu comme un moment de refondation. « Nous espérons fermement que ce sera un nouveau départ pour le parti », a souligné le président de l’UFD, insistant sur la nécessité d’ancrer l’action politique dans les réalités concrètes des populations. Loin des slogans, il prône une approche fondée sur l’amélioration tangible des conditions de vie des citoyens : « Ce sont des préoccupations majeures aujourd’hui, et elles devraient être celles de tout patriote. »

Baadiko Bah a profité de cette tribune pour rappeler que sans l’état de droit, aucune avancée n’est possible. Il a insisté sur le rôle crucial de la liberté d’expression dans une démocratie vivante : « Si on n’a pas le droit de critiquer l’action des dirigeants, il n’y a pas de raison qu’ils changent. » Il appelle à juger les dirigeants non sur leurs intentions ou discours, mais sur les effets concrets de leurs décisions dans la vie quotidienne des citoyens.

Dans un appel vibrant à l’action citoyenne, le leader de l’UFD a exhorté les militants à s’impliquer dans la création d’associations de proximité : « L’État ne peut pas tout faire. Il ne faut pas tout attendre de lui. » Il regrette également le retrait progressif des ONG, autrefois très actives en Guinée, en raison d’un manque de collaboration et d’engagement local : « Les gens se comportaient comme si tout leur était dû, sans contribuer ni se mobiliser pour leurs propres besoins. »

Malgré les contraintes financières, le congrès a réuni des délégués de 24 préfectures et communes du pays. Les représentations de l’UFD à l’étranger, notamment aux États-Unis, en France, en Belgique et au Gabon, ont également participé, apportant un soutien financier et intellectuel. « Nos compatriotes vivant à l’étranger nous ont transmis des contributions précieuses sur les réalités qu’ils vivent au quotidien, en particulier les difficultés croissantes liées à la montée de l’extrême droite et aux politiques migratoires en Europe », a précisé Baadiko Bah.

Avec ce congrès, l’UFD affiche clairement sa volonté de se repositionner sur l’échiquier politique guinéen. En plaçant la question des libertés fondamentales, de la justice et de la participation citoyenne au cœur de ses préoccupations, le parti veut incarner une alternative crédible et engagée. Mamadou Baadiko Bah conclut sur un appel à l’unité et à la responsabilité : « Pour que le pays avance, chaque citoyen doit se sentir concerné et acteur de son propre avenir. »

Ce congrès extraordinaire, par la clarté de ses messages et la diversité de ses participants, marque sans conteste une étape décisive dans la relance de l’Union des Forces Démocratiques. Un pari de renouveau que le parti semble déterminé à tenir.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

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