Conflit Iran–Israël–États-Unis : Ibrahim Kallo analyse les origines et les enjeux d’une guerre aux répercussions mondiales.

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Depuis le 28 février 2026, une nouvelle guerre secoue le Moyen-Orient opposant l’Iran à une coalition formée par Israël et les États-Unis. Malgré l’élimination du Guide suprême iranien lors des premières frappes, le régime de Téhéran continue de résister. Dans un entretien accordé à nos confrères de Guinéematin.com, le juriste et analyste géopolitique Ibrahim Kallo décrypte les origines de ce conflit, ses enjeux stratégiques et les perspectives d’évolution de la crise.

Pour analyser les enjeux et les implications de ce conflit, le juriste, expert en aide internationale et analyste en géopolitique mondiale, Ibrahim Kallo, a livré son analyse.
«Ce jour-là, une série de frappes aériennes conduites par une coalition israélo-américaine a ciblé le régime des mollahs en République islamique d’Iran, entraînant la perte tragique de plusieurs dignitaires du Corps des gardiens de la révolution islamique, y compris celle du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei », explique-t-il.

Selon l’analyste, l’opération baptisée « Epic Fury » aurait officiellement pour objectif de réduire les menaces iraniennes contre les intérêts occidentaux : « Baptisée l’opération “Epic Fury”, cette opération vise, selon la Maison Blanche, à contrer des capacités de nuisance et des menaces imminentes que l’Iran pourrait faire peser sur les intérêts américains et mondiaux. Cependant, de nombreux analystes géopolitiques s’interrogent sur les réelles motivations économiques qui sous-tendent cette intervention », souligne Ibrahim Kallo.

Il estime également que la politique énergétique de l’Iran pourrait constituer un facteur déterminant : « Il est à noter que l’Iran, en vendant ses ressources pétrolières à des prix inférieurs à ceux du marché aux puissances du bloc oriental, comme la Chine, opère également en dehors du système de dollars, soulevant ainsi des questions sur l’impact de cette stratégie sur l’économie capitaliste », précise-t-il.

Au-delà de l’aspect économique, l’expert met en avant le rôle stratégique de l’Iran dans l’équilibre régional : « Il convient également de souligner que l’Iran incarne une forme de résistance face aux tendances hégémoniques israélo-américaines dans la région. Cela engendre non seulement des tensions avec l’État hébreu, mais suscite aussi des inquiétudes concernant le programme nucléaire iranien. Ainsi, la situation demeure délicate et mérite une attention soutenue de la part de la communauté internationale pour mettre fin aux hostilités et favoriser la paix et la stabilité au Moyen-Orient », analyse-t-il.

Pour comprendre cette crise, Ibrahim Kallo remonte également aux origines historiques des tensions entre l’Iran et les États-Unis : « Les racines de cette crise remontent à 1979, lorsqu’une révolution populaire éclata en Iran sous l’impulsion de l’Ayatollah Rouhollah Khomeini. Issu de l’exil, celui-ci a orchestré le renversement du Shah Mohammad Reza Pahlavi, à la tête d’une monarchie caractérisée par son alignement pro-occidental », rappelle-t-il.

Cette révolution a conduit à la création de la République islamique d’Iran, marquant une rupture profonde avec l’Occident : « Cette révolution a conduit à l’instauration de la République islamique, approuvée par un référendum à plus de 98 % en faveur du changement, consacrant ainsi l’Ayatollah Khomeini en tant que premier Guide suprême jusqu’à son décès », poursuit l’analyste.

Il évoque également l’épisode marquant de la crise des otages américains à Téhéran : «Devenu impopulaire à cause de sa gouvernance dictatoriale, le Shah fut contraint à l’exil aux États-Unis. Hantés par des velléités du Shah à déstabiliser le nouveau régime islamique, de nombreux étudiants révolutionnaires ont pris en otage 52 diplomates au sein de l’ambassade américaine à Téhéran pendant 444 jours, tout en exigeant l’extradition du Shah pour être jugé en Iran par les nouvelles autorités. Cet épisode marqua la rupture définitive des relations entre l’Iran et les États-Unis », explique-t-il.
L’expert insiste également sur la structure religieuse et politique du pouvoir en Iran :
« Il est également crucial de distinguer entre l’ayatollah et le mollah. Les mollahs représentent les érudits islamologues constituant les gardiens de la théocratie chiite en Iran, alors que les ayatollahs se démarquent en tant que cercles d’élite parmi ces gardiens. Leur expertise approfondie en jurisprudence, théologie, éthique et philosophie islamique leur confère le titre d’ayatollah », précise Ibrahim Kallo.

Enfin, l’analyste évoque les perspectives militaires du conflit : « Le président Trump a conditionné l’arrêt des frappes militaires à la capitulation du régime iranien, bien que ce dernier détienne encore des atouts significatifs, notamment en matière de drones, de missiles balistiques et d’avions de chasse. Ses capacités aériennes demeurent également sous-utilisées ; l’armée iranienne n’a pas encore dit ses derniers mots », affirme-t-il.

Toutefois, la situation interne en Iran reste complexe : « Bien que le régime soit de plus en plus impopulaire parmi une partie de la population iranienne, il existe des craintes générales quant à une ingérence étrangère dans les affaires du pays, ce qui pourrait conforter l’Iran à ne pas lâcher du lest », conclut-il.

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